La solitude de la frite

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Cette campagne électorale présidentielle peut-elle tomber plus bas que là où elle se trouve déjà ?

J’avoue ! J’ai regardé le dernier débat de la primaire à droite. Rarement temps d’antenne n’avait été aussi vide de propositions. Les protagonistes n’avaient pourtant à la bouche que des phrases pour dire qu’ils voulaient parler des vrais sujets « qui intéressent les Français ».

Mais, à droite comme à gauche, on ne parle de rien si ce n’est de son nombril. Et tous le font. Ils vont tous se vautrer sur le canapé de l’animatrice de M6 pour y raconter leur vie, même Mélenchon qui y va pour dire que les questions personnelles n’intéressent pas les gens…mais il y va.

frites

Dans la vacuité du débat sortent quand même des sujets, ceux que l’extrême droite a imposés comme des sujets que les médias parisiens considèrent comme incontournables et dont ils débattent. Ils valident les préjugés en faisant par exemple de l’accueil de quelques dizaines de milliers de réfugiés une invasion. Ils utilisent aussi les attentats pour inventer encore et encore des propositions de lois qui viendraient régler tous les problèmes et protéger les citoyens alors que l’on sait que l’arsenal juridique actuel est largement suffisant.

Peu importe ! On stigmatise, on généralise, on caricature ; et ça marche. Mais ça désinforme. Et en désinformant on forme l’électorat et l’opinion, on prépare le terrain. Pour qui ? C’est bien là le problème. À ceux qui se taisent, attendent que chaque petite phrase vienne apporter un peu plus d’eau à leur moulin à paroles. À ceux qui nous ramènent au « c’était mieux avant ! ».

Parmi les phrases qui tuent j’ai retenu les gastronomiques et culinaires. N. Sarkozy expliquait il y a peu que dans les cantines scolaires il était contre les menus alternatifs. Tout cela devant une assistance qui se régalait de la phrase où il expliquait que ceux qui ne veulent pas de porc auront « double ration de frites » quand le menu sera jambon et frites.

Faux débat évidemment, puisque chacun sait que dans beaucoup de cantines il y a aujourd’hui des self-services avec des possibilités de choisir. De toute façon je rejoins la proposition faite par un député qui est de mettre en place dans toutes les cantines un menu végétarien. C’est pragmatique, et cela règle le problème tout en faisant de la pédagogie sur la surconsommation de viande.

Cette solution est pour moi une façon d’exprimer mon opposition au menu alternatif et au débat instrumentalisé sur le sujet. Ces questions ont été résolues de façon pragmatiques dans bon nombre de collectivités, sans stigmatiser personne et sans que la République ne recule. Pas la peine donc d’en faire un plat !

Et puis qu’est qu’ils ont tous avec leurs arguments alimentaires ? Il y avait le pain au chocolat de Copé (chocolatine pour les occitans de l’ouest) dont il ne connait même pas le prix. Il y a quelques années on avait déjà eu le fameux « et je ne vous parle pas de l’odeur ! ».

C’est donc ça le débat politique ! des vielles rengaines cuites et recuites !

Mais comment avons-nous pu laisser faire ça ? Comment acceptons-nous cette médiocrité ?

Ce ne serait pas grave s’il n’y avait pas derrière des discours haineux, des manifestations odieuses contre l’installation de quelques personnes qui viennent chez nous et que l’on voudrait renvoyer chez eux.

Il y avait en 1939 en Béarn un camp que l’on avait ouvert pour les soldats de l’armée républicaine espagnole, ceux de l’armée basque et pour les brigades internationales. Plus de 15 000 hommes entassés à Gurs. Quels commentaires ne pouvait-on lire dans la presse béarnaise de la part de ceux qui ne voulaient pas de ces gens ! Certains se consolaient de cette arrivée en disant « à quelque chose malheur est bon ! » parce que le barbelé était fourni par les entreprises locales ! Mais ils étaient 15 000, soit deux fois la jungle de Calais, et tous rompus à la guerre et au combat. Ils faisaient peur. Gurs en quelques semaines était devenue la deuxième ville du Béarn ! Ce camp, une fois vidé de ces soldats (partis pour beaucoup dans les maquis) Vichy choisit d’y accueillir les « indésirables » venus d’Allemagne, que les nazis souhaitaient voir internés en France.

Nous savons (ou nous devrions savoir) que le problème n’est pas de repousser aujourd’hui ceux qui arrivent à nos frontières mais comment nous allons faire demain avec ce problème qui risque bien de s’accentuer. Cette migration peut durer ; pour des raisons politiques, climatiques, économiques.

Voilà le débat et voilà ce que nous avons à choisir pour la génération future. Voilà ce dont il faudrait parler durant cette élection. Voilà ce que l’Europe doit résoudre et voilà pourquoi elle doit exister politiquement.

Alors que choisir pour nos enfants ? Soit nous les armons, et leur apprenons à fermer les frontières, soit nous leur préparons à faire un monde où ceux qui sont obligés de quitter leur terre pourront rester chez eux. Je ne crois pas à l’option dure et militaire. Ou alors ce sera un monde invivable. Sans compter que nous laisserons aussi à nos enfants le reste : la dette, le changement climatique, et une démocratie mourante qui seront les produits de notre fermeture.

Je ne fais pas d’angélisme et je sais qu’il y a des menaces et des ennemis qui profitent de la situation; je ne pense qu’à la sécurité de nos enfants. Elle est menacée aussi par nos peurs et nos renoncements. Ceux qui amalgament migrations, attentats, mise en danger des valeurs républicaines sont des aveugles. Continuons comme cela et nous serons débordés par nos propres peurs. Nous restreindrons nos libertés, nous nous ficherons les uns les autres. Et au final le menu sera unique, le même pour tous. Même pas sûr qu’il y aura quelque chose pour accompagner les frites ! Nous avons surtout besoin d’une bonne ration de démocratie.

On n’aime plus les Wallons !

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drapeau_wal_1Oh ! Les méchants Wallons ! Ils veulent faire capoter avec trois millions d’habitants un beau traité que tous les européens attendent depuis des années avec impatience ! C’est très mal !.

Les commentateurs s’en donnent à coeur joie pour dénoncer ces vilains petits canards de l’Europe, comme si chaque européen attendait que, enfin, l’on puisse commercer plus facilement avec le Canada. C’est bien connu : tout le monde sait ce qu’il y a dans ce traité. les négociations qui durent depuis des années ont rempli nos journaux, nous ont tenu en haleine !

Mais on se moque de nous. Ce traité dont personne ne connaissait les termes il y a à peine quelques mois, et dont la plupart des européens n’avaient pas entendu parler il y a à peine quelques jours, a été négocié comme le TAFTA, dans le plus grand secret et hors de tous les principes démocratiques de contrôle qui peuvent ( ou devraient) exister.

Et aujourd’hui on dénonce ces vilains Wallons (pourtant autrefois présentés comme de gentils francophones) qui bloquent un traité qui serait selon ses défenseurs un progrès, une source de développement et d’emplois. Les ingrâts !

Mais il faut les remercier au contraire. Le secret qui entoure les négociations commerciales avec les États-Unis et avec le Canada n’est pas acceptable. On entend çà et là de doctes économistes, et aussi des économistes autoproclamés, nous expliquer que ces traités ce serait 1% voire 2% de croissance de plus pour l’Europe. Des emplois et du développement pour tous. Mais ces chiffres sont ils aussi justes que ceux que l’on entend depuis des années sur le redémarrage de la « croissance » qui créera des « emplois » des deux côtés de l’Atlantique ?

Qui peut croire les spécialistes de ce système qui a provoqué par sa bulle immobilière et ses emprunts toxiques la catastrophe que certains pays européens ont connu ?

Qui peut accepter le principe des tribunaux arbitraux tel qu’il est prévu dans ces traités ?

Qui peut croire qu’il suffit de faire traverser l’Atlantique à un peu plus de marchandises pour créer de l’activité ? Qui peut faire croire cela à une génération qui a vécu les délocalisations ?

Qui peut croire à cette croissance à la mode ancienne ? Qui peut se fier à des responsables politiques qui ne tiennent même pas compte dans leur vision de l’économie de ce qui était, disaient ils il y a encore quelques mois, si important pour l’avenir de la planète à savoir la lutte contre le réchauffement climatique ?

On nous dit qu’il y a un mauvais traité qu’il faut renégocier et un tout petit, son petit frère, qu’il faut signer vite vite ! Sinon la honte s’abattra sur l’Europe et ses citoyens. On devrait être contents ils n’ont pas encore signé le plus nocif.

Mais non ! Il faut remercier les Walllons qui résistent et qui nous rappellent que la démocratie doit fonctionner si l’on veut faire accepter des décisions et si l’on veut que l’Europe existe autrement que comme un épouvantail si utile en ces jours de montée du nationalisme.

Il faut croire que ces Wallons qui avaient si bonne presse en France sont devenus infréquentables. Eux, les malheureux francophones que l’on disait maltraités par les méchants flamands. Eh bien ils ont bien changé. On ne les aime plus en France, dans les journaux, les radios et les télévisions !

C’est une bonne occasion aussi pour certains de dénoncer le danger du morcellement des États avec cette Wallonie et son parlement « regional» (mettre un accent de mépris en prononçant le mot ça fait mieux) qui refuse de faire ce qu’on lui dit.

Sauf que moi, citoyen européen, je n’ai jamais voté pour la Commission européenne, jamais voté pour les commissaires, jamais été informé de la moindre ligne contenue dans ce traité miracle !

Alors quand on me dit que le Parlement européen votera une fois le traité signé je me dis que si l’Europe respectait un peu plus les principes démocratiques je me sentirais mieux.

Alors merci les Wallons ! Vous non plus n’avez pas envie d’être mal…traités !

Simbèus occitans ! E après ?

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Montsegur

N’arribi pas a m’acontentar deus simbèus. Que sabi que vau benlhèu contrariar quauques personas dab çò qui va seguir e qui èi trantalhat a méter suu papèr. Totun, com non cau pas jamei aver paur d’alimentar lo debat qu’escrivi çò qui’m sembla poder esclairar un pauc la situacion de l’occitanisme.

Desempuish quauques mes, per manca de victòrias suu terrenh, que sia suu terrenh dit culturau o dit politic, l’occitanisme sembla de’s neurir de simbèus ( o de simbòlos).

Que vedi a paréisher un pauc pertot articles e comentaris a prepaus de çò que s’i a passat dimenge a Montsegur on l’avesque de Pàmias, Jean-Marc Eychenne, a demandat perdon pel lenhèr de 1244. De que n’i a que i veden un moment « istoric » un acte qui ei lo prumèr acte de repenténcia per un massacre contra los occitans. « Es lo primièr còp dins l’istòria » çò pòdi léger que demandan «  lo perdon per un crimi comés contra una partida del nòstre pòble ».

Vertat qu’estó un crimi e vertat qu’ei un acte important de la part d’un avesque. Que reconeishi que n’ei pas un acte shens significacion.

De la medisha faiçon, shens aver partatjat l’estrambòrd de quauques personas, que podem mentàver com un eveniment lo hèit qu’ua region pòrte lo nom de « Occitanie ».

Mes qu’èm plan obligats de reconéisher que demoram dens çò de simbolic, e arren mei.

Tanben, que mentavi la proposicion de lei depausada peus deputats socialistas que hè quauques dias ; un tèxte de qualitat segur mes qui n’arribarà pas au cap pr’amor lo calendari parlamentari qu’ei dejà clavat !

Ací tanben qu’em dens la simbolica ! e tanben dens la comunicacion politiciana e pre electorau. Totun que’n vedi enqüèra quauques uns a esperar que…

Solide los simbèus que comptan. Que soi estat de’us qui an pensat, e qui pensan enqüèra, que la ratificacion de la Carta europèa seré per exemple un acte simbolic important. Mes non l’avem pas jamei avuda a maugrat las promessas. Benlhèu pr’amor justament qu’aneré au delà deu simbèu.

Los simbèus qu’ajudan a caminar ; mes que cau aver mei que los simbèus entà aquò har. E quan legi en ua gaseta occitana qui en rason d’aqueths simbèus qui semblerén de’s multiplicar apèra a ua manifestacion unitària de l’occitanisme que m’interrògui.

Que soi d’acòrd entà que l’occitanisme e’s manifèste de faiçon unitària, que milierats de personas e s’amassen en favor de la lenga ; mes que’s cau avisar de non pas s’acontentar de la fòrça deus simbèus. Sols non pòden pas arren. Que son elements qui ajudan a méter en valor un projècte.

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Manifestacion en 2007 à Besièrs

Los simbèus que son l’emocion. Mes ua emocion non hè pas un projècte.

Un simbèu que’ns pòt ajudar a nos projectar.

Per tant esmaventa que sia estada per daubuns la decision d’aperar ua region « Occitanie » n’a pas avut la mendra consequéncia concreta en lo projècte occitanista. Ua region shens poder que pòrta un nom polit. Qu’avem ua satisfaccion simbolica. Enqüèra que lo vertadèr simbèu seré estat que s’aperèsse « Occitania » mes justament qu’averem passat lo sol nivèu simbolic entà entrar en ua batalha politica e quitament constitucionau.

Per tant esmavent que sia lo predic coratjós de l’avesque de Pàmias n’a pas tanpauc nada consequéncia sus l’anar de l’Occitania e deus occitans de uei.

Non pensetz pas que cèrqui a desvalorizar aqueras duas causas ni a desqualificar los que i an metut energia e estrambòrd mes que pausi sonque la question : e au delà deus simbèus que hèm ? On vam ?

Mentre que saludam aqueths simbèus d’autes simbèus tanben que prenen mei anar mei de plaça en lo paisatge occitan. Hòrt de simbèus d’un nacionalisme francés estret e còps que i a xenofòbe, que son recuperats per ua extrema dreta qui ganha terrenh en país occitan.

La politica de uei que fonciona sonque dab simbèus e ua simbolica simplista. Qu’avem vist quin utilizan Jeanne d’Arc a dreta o a esquèrra. Un aute que parla deus gallés ! D’autes que prepausan lo retorn simbolic a l’unifòrme dens las escòlas. L’istòria que hornaish materiau simbolic a fanègas on los uns e los autes van cercar çò qui vòlen e çò qui pòden manipular shens aver paur sovent d’estar ridicules.

De segur los simbèus qui son celebrats peus occitanistas, los qui parlavi en començar aqueth article, van a contrabriu de la lista qui acabi de balhar ; mes atencion de non pas acontentà’ns de jogar simbèus contra simbèus. Que serem segurament en estat d’inferioritat. E puish qu’ei a aqueth moment qui lo perilh ei gran.

Se los òmis s’opausan sonque dab simbèus qu’ei pr’amor los mots e las ideas e’us mancan.

Que se’n va temps donc de saber trobar los mots e de bastir un projècte.

Que se’n va temps de deishar aquera flaquesa permanenta d’un occitanisme qui n’a pas comprés que non i a pas dus mondes : d’un costat un qui hè politica e qui’s cascanteja las mans e de l’aute un aute qui hè accion culturau e accion lingüistica dab lo sentiment (faus evidentament) que seré a l’acès de las batalhas qui segoteishen la societat e lo monde.

Pr’amor, dens lo monde qui dessenhan quauques uns, e qui coneishen un succès electorau deu grans en país occitan, non i aurà pas nada plaça ni per l’un ni per l’aute.

Alavetz se’s cau arregaudir de quauques victòrias simbolicas qu’ei prumèr e abans tota causa entà las véder com elements qui nos averteishen que entà estar occitans doman que cau saber prepausar un projècte de societat en loquau los occitans auràn ua plaça. Qu’ei la rason qui hè que soi federalista, autonomista, herotjament europèu e vertadèrament inquiet. E donc tostemps engatjat e occitanista…

David Grosclaude

TAFTA et CETA c’est pareil ! C’est NON !

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Troadec

TAFTA ou CETA c’est la même chose. Plusieurs collectivités ont délibéré pour dire non au TAFTA. Maintenant l’idée est de faire passer le CETA.  C’est le même traité de libre-échange  mais avec le Canada, avec les mêmes risques pour les services publics .Les Etats européens risquent de le signer. Christian Troadec prends position sur le CETA comme il l’avait fait pour TAFTA

Christian Troadec a pris position contre le traité TAFTA depuis déjà plusieurs mois. Sa position sur le CETA est la même.

TAFTA et CETA c’est le même combat.

Christian Troadec a dit non au TAFTA en tant que maire de la commune de Carhaix qui s’est déclarée « commune hors TAFTA » lors du vote d’une motion qui s’est déroulé le 20 octobre 2015. C’est à l’unanimité que le conseil municipal de la commune bretonne a voté ce texte.

« Les candidats à l’élection présidentielle doivent prendre position sur ce projet de traité » explique Christian Troadec qui ajoute que : «  si le traité devait être ratifié il mettrait en péril des services publics essentiels pour notre vie, les livrerait aux multinationales qui pourraient ainsi imposer des normes en totale contradiction avec notre vision d’un développement durable et partagé ».

Pour le maire de Carhaix, le danger réside aussi dans le fait que les communes et autres collectivités seraient exposées à des règles nouvelles au même titre que les États, rendant impossible le soutien à l’économie locale.

Il estime que ce texte serait profitable en premier lieu aux multinationales de pays, qui sont bien loin d’accepter les règles indispensables ( écologiques, sociales et culturelles) qui permettraient de réduire les risques et les menaces de la crise climatique. Il faut demander au gouvernement de ne pas signer ce traité. Il ne faut pas que Matthias Fekl, Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargé du Commerce extérieur, signe ce texte.

 

C’est quoi l’équité républicaine ?

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Troadec

Liberté, équité (?)  et fraternité 

Ce doit être la nouvelle devise de la République si l’on en croit les règles qui viennent d’être confirmés par le Conseil Constitutionnel concernant l’élection présidentielle.

C’est bien selon la règle de « l’équité » que seront traités les candidats à l’élection présidentielle

sur les médias. L’équité c’est un principe très louable mais qui n’a aucune base juridique. On se demande comment le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel va faire pour vérifier l’équité.

Surtout que nous sommes dans le pays le plus centralisé qui soit et qui concentre sur une toute petite surface toutes les télévisions et les radios de portée hexagonale

Christian Troadec a réagi  avec ce communiqué :

« L’annonce par le Conseil Constitutionnel des nouvelles régles concernant l’élection présidentielle montre que les principes républicains sont bien malmenés.

Le principe « d’égalité des candidats » dans les médias est remplacé par celui « d’équité » qui n’a aucun fondement juridique. Il signifie simplement que les candiadats des grands partis, ou prétendus tels, seront mieux traités que les autres et continueront de monopoliser la parole politique. Cela signifie que les médias feront ce que bon leur semble en fonction des sondages, des coups médiatiques des uns et des autres. Au mieux ce sera peut-être lié à la représentatitivité de telle ou telle formation en oubliant que celle-ci date d’une élection passée qui n’a donc plus beaucoup de sens à ce jour.

L’existence des candidats dépendra donc d’un système médiatique hypercentralisé, concentré à Paris. Cette situation française est unique en Europe et parasite la démocratie.

Tout est fait pour écarter ceux qui ont autre chose à dire que le ronron habituel que l’on entend depuis des semaines sur les antennes de télévision et de radio.

Tout est fait pour décourager les élus qui auraient l’intention de signer en faveur de tel ou tel candidat qui n’a pas accès de façon quotidienne aux grands médias.

La règle qui veut que tous les élus qui signeront en faveur d’un candidat verront leur nom publié, fait que le secret du vote n’existe plus. Il incitera bon nombre d’élus à l’abstention, c’est à dire à ne parrainer personne par peur des pressions qui peuvent être exercées sur eux par d’autres élus qui ont ces moyens de pression.

C’est une mécanique dangereuse qui est en train de se mettre en place. C’est une machine à empêcher l’expression de projets nouveaux et d’idées nouvelles, alors même que jamais l’image de la politique n’a été aussi mauvaise auprès des citoyens. »

Christian Troadec

 

Une réforme qui ne vaut rien…n’est pas une réforme qui ne coûte rien

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valls
En 2014 Manuel Valls était venu devant le congrès de l’Association des Régions de France à Toulouse. Il devrait revenir le 29 septembre prochain devant le congrès de l’ARF qui se déroule à Reims. Il parlera sans doute de ces 600 millions que réclament les régions

Une réforme qui ne vaut rien…n’est pas une réforme qui ne coûte rien

La réforme territoriale n’a pas fini de se mettre en place. Il manque encore quelques 600 millions pour que les régions puissent exercer leurs responsabilités. Un impôt nouveau ? Tout le monde en veut mais personne ne veut en endosser la responsabilité.

Que la dernière réforme territoriale ne vaille rien…nous le savions déjà. A force de mettre de l’eau dans leur vin, les responsables de la haute administration avec l’aide du gouvernement et de quelques élus, sont arrivés à nous pondre une réforme des collectivités à laquelle personne ne comprend rien et qui n’a rien simplifié.

Mais elle devait avoir au moins la vertu de nous permettre de faire des économies. On le disait mais personne ne le croyait puisque les responsables de cette merveilleuse réforme, qui n’a abouti qu’à faire des régions sans identité, n’ont pas osé décider de la suppression du niveau départemental par exemple. Résultat : nous avons toujours autant d’élus mais nous avons rajouté les métropoles et fait des « régions à taille européenne » dont la fusion entraine des discussions sans fin et va occuper les administrations régionales pour les cinq années à venir. Tout cela sous le regard de l’État central qui, tenu par la gauche ou par la droite, n’a que mépris pour les collectivités territoriales qu’il considère comme des enfants qu’il faut surveiller en permanence.

Après avoir fait semblant de réformer, voilà maintenant qu’il faut tenir les promesses. Certes pas de grandes promesses, mais cependant des petites qui sont difficiles à tenir.

On a donné aux régions la compétence concernant le soutien aux TPE et aux PME. Cette compétence était auparavant celle des départements. Mais, et pour cela l’État central est passé maitre, on a oublié de prendre l’argent aux départements pour le donner aux régions. Et bien entendu les départements n’ont pas proposé de faire un chèque aux nouveaux porteurs de cette compétence. Les régions ( qui sont passées à droite pour la plupart d’entre elles depuis la réforme) cherchent aujourd’hui 600 millions d’euros pour exercer cette compétence nouvelle.

On a donc imaginé de créer pour cela un impôt nouveau, un Taxe Spéciale d’Equipement Régional qui serait un petit 0,5 à 0,6% sur la taxe foncière des propriétés bâties et sur la cotisation foncière des entreprises. Donc on avait imaginé une ligne nouvelle d’imposition qui allait toucher particuliers et entreprises.

Un accord avait été annoncé en juin, fruit d’une discussion entre entre le gouvernement et l’Association des Régions de France ( désormais tenue par la droite). Mais finalement cela ne se fera pas. Des élus de droite ont senti que ça passerait mal puisque cet impôt serait compris comme un impôt régional alors même que c’est l’État qui devait le collecter et en décider le taux.

Bref, la bonne vieille méthode était à l’oeuvre. C’est l’État qui décide, qui ramasse et qui répartit. mais en revanche il fait porter le chapeau aux collectivités en les accusant de dépenser trop.

Mais que ce soit la droite ou la gauche c’est pareil. Personne n’a jamais voulu remettre en cause le système qui fait que les collectivités sont financées en très grande partie par des dotations de l’État et grâce à des impôts qu’elles ne votent pas. Cela arrange finalement tout le monde.
Quand il manque de l’argent ou quand il faut en trouver, les élus locaux disent que c’est la faute du gouvernement et quand il faut trouver de l’argent pour de nouvelles compétences, l’État fait savoir que les collectivités ne sont vraiment pas responsables et qu’elles dépensent trop.

C’est exactement ce qui vient de se passer avec cette taxe nouvelle qui est morte avant d’avoir vécu. Le premier ministre a décidé de l’abandonner parce que les présidents de régions ne voulaient pas porter le chapeau d’un nouvel impôt. En revanche ils prendraient bien les 600 millions si on disait au contribuable que c’est le gouvernement de gauche qui a pris la décision. On est en campagne électorale !

De l’autre côté, à gauche, le président de la République ayant promis, juré, qu’il n’y aurait pas d’impôt nouveau on était un peu coincé . Mais ce sont les mêmes qui ont voulu une réforme qui ne devait rien coûter et même générer des économies. Et pourtant il manque 600 millions à l’appel !

Au registre des souvenirs cette annonce qui avait été faite en 2000 par le premier ministre Lionel Jospin lorsqu’il avait décidé de faire baisser la pression fiscale sur les ménages : il annoncait au 20 h de TF1 la disparition de la part régionale de la taxe d’habitation et son remplacement par une dotation d’État aux régions. Les régions avaient appris la nouvelle en regardant la télé !

Déjà l’État reprenait la main en enlevant aux régions une part de leurs revenus et…de leur responsabilité. En démocratie quand on vote l’impôt on est responsable devant les contribuables électeurs. Mais visiblement plus personne ne veut être responsable de rien. La démocratie va donc mal.

David Grosclaude

La «Nouvelle Aquitaine » a t-elle perdu ses langues ?

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J’ai reçu pas mal de messages de personnes qui s’émeuvent que le journal de la « Nouvelle Aquitaine » ne publie même pas un seul article en basque ou en occitan. Avant la fusion il y avait toujours une place pour nos langues. Certes ce n’était que très symbolique mais c’était une façon de dire que la Région assumait sa diversité linguistique. Visiblement la nouvelle région est devenue lisse. Pourtant à la page 3 du dit journal on trouve toute une série d’explications sur le pourquoi du nouveau nom de la Région. Et on peut lire en titre : « Faire vivre notre pluralité »! Voilà une pluralité bien singulière.

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Voici la lettre que j’envoie ce jour au président de la région « Nouvelle Aquitaine »

Ací la letra que mandi uei au president de la Région « Nouvelle Aquitaine »

 

 Le 7 septembre 2016

à M.le président de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Monsieur le président,

Si j’ai été très honoré de ce que l’on a pu dire au Conseil régional d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes sur mon engagement en faveur de la langue occitane, j’ai pourtant comme l’impression de ne pas en avoir fait assez. En effet je m’aperçois que le journal de la nouvelle région ne publie même pas une ligne en langue occitane ou en langue basque, comme c’était le cas avant la fusion.
Je ne suis pas naïf au point de penser que la publication de tels articles soit un élément majeur dans une politique linguistique, cependant, je suis convaincu que cette publication, bien que très insuffisante, avait pour vocation de montrer aux habitants de ce territoire que les langues étaient prises en compte par le Conseil Régional. C’est de l’ordre du symbole.
Alors, quand ou oublie, ou quand on sacrifie, les symboles, cela signifie que l’on envoie un message. Ce message est interprété par certains habitants de notre région de façon simple : ils pensent que la nouvelle région veut se débarasser de ses langues ; c’est pour eux un message très négatif.
Je sais bien que l’on va me répondre qu’il s’agit d’un oubli, d’une erreur. Peut-être ! Mais il y a des oublis et des erreurs qui parlent plus que des actes volontaires.
Si dans le logiciel de la nouvelle région on avait intégré la question linguistique ce ne serait pas arrivé.
Je le regrette et j’estime que c’est un très mauvais signe pour la politique future de la nouvelle région.
Cordialement

David Grosclaude