« Température ressentie » Et vous ? Comment utilisez vous votre thermomètre ?

Publié le

Il est un temps où l’on utilisait l’expression : « casser le thermomètre afin de ne pas savoir si le malade a de la fièvre » pour fustiger les responsables politiques suspectés de na pas vouloir traiter les problèmes,

Dans le domaine thermique vient de sortir une nouvelle expression qui fait florès : il s’agit de la « température ressentie ». Afin, peut-être, de rendre encore plus angoissantes les quelques heures de froid que nous avons connues, somme toute banales pour un hiver, certains ont cru bon d’habiller la température sous abri d’un calcul qui définirait une température plus vraie que la vraie, en y ajoutant la vitesse du vent.

Si j’étais moqueur je dirais que l’on a oublié l’âge du capitaine. Mais restons sérieux.20180228_102732_resized (1).jpg

Admettons que ce calcul soit juste, ou pour le moins justifié. Il n’en reste pas moins que le succès de cette nouveauté ne cesse de m’interroger.

Pourquoi d’un coup a t-on besoin de relativiser une donnée que tout le monde avait assimilé à savoir la température sous abri. Certes le vent nous dépouille de cette petite couche d’air chaud qui nous maintient dans un confort relatif lorsque l’air est immobile. Mais que je sache nous sommes peu nombreux à nous promener nus alors qu’il fait une température sous abri en dessous de zéro. Il conviendrait donc de rajouter au calcul un indice correspondant à la couche de vêtements et à la résistance au vent de cette couche. Ainsi nous aurions une température ressentie sans abri mais habillés. Cela deviendrait compliqué !

Vous vous demandez certainement pourquoi je me préoccupe d’un sujet tel que celui-la. Pour tout dire c’est plus l’acceptation par la société de cette nouveauté que la nouveauté qui me pose question. La réussite médiatique de cette « température ressentie » ne peut être sans signification.

Si l’expression du thermomètre que l’on casse est parfois pertinente pour critiquer ceux qui gouvernent, je crois que la « température ressentie » doit nous alarmer sur la façon dont nous considérons notre environnement social, politique, culturel.

Il me semble que le succès de la « température ressentie » est la preuve que nous sommes bien tombés dans la société du « sentiment de … ». A bas les données objectives et vive la société du ressenti ! Comme cela est dangereux !

Il y a le sentiment d’insécurité par exemple. Celui qui est « ressenti » comme l’on dit par de plus en plus de monde, alors même que jamais nous n’avons vécu dans une société aussi sécurisée et aussi sûre que la nôtre. Il y a sur cela des données objectives. Pourtant ce sentiment d’insécurité, que l’on décline parfois parfois en « insécurité culturelle » est celui qui est nourri par les fameux : « avec tout ce que l’on voit et quand on sait tout ce que l’on sait on a bien raison de penser tout ce que l’on pense ».

Bref , alors même que, par exemple, la question des réfugiés est posée dans les termes anxiogènes que nous connaissons, pour les territoires et les populations qui accueillent (je ne parle pas du côté anxiogène que représente l’exil pour le réfugié ; on n’en tient visiblement peu compte) on voit s’implanter la notion de « température ressentie ». Et c’est bien avec ce même pseudo calcul que fonctionnent les politiques des pays qui voient arriver des réfugiés. Un sentiment d’invasion se diffuse, comme si l’on avait multiplié le nombre de réfugiés par la vitesse du vent. Cela crée des effets pervers. Cela provoque une surenchère répressive, une volonté sécuritaire qui se traduit par une fringale législative.

La « température ressentie » dans notre société pourrait être interprétée comme étant le résultat d’une donnée, à laquelle on ajouterait le vent médiatique qui finit par s’auto alimenter. Et ce qui est valable sur la question des réfugiés est vrai pour bien d’autres sujets.

Et ce vent médiatique je n’en vois pas l’origine que dans les médias classiques mais aussi dans les enquêtes d’opinion qui servent à gouverner. Toutes ces enquêtes ne sont rien d’autre que la mesure du « avec tout ce que l’on voit et quand on sait tout ce que l’on sait…». Nous sommes gouvernés au thermomètre et à la température ressentie.

Nous agissons comme si, face au résultat que nous donne le thermomètre, ayant fait le calcul de la température ressentie, nous décidions de jouer à celui qui se mettra le plus de couches pour se protéger du vent.

Mais nous sommes nous-mêmes les producteurs du vent.

Tout devient sujet d’alertes et d’alarme. Rien n’est plus normal . Tout devrait être lisse et uniforme. On ne supporte plus la diversité des cultures, des climats, des langues, des croyances. La vie devrait être un long fleuve tranquille. Toute différence, toute variation est une agression. Il pleut il y a trop d’eau ! Il neige il y a trop de neige ! Il fait soleil il fait trop chaud ! etc…Ainsi pour faire de l’humour un maire d’une commune du nord de l’hexagone a pondu un arrêté municipal où il ordonne au soleil de briller tous les jours et à la pluie de tomber trois fois par semaine…et de nuit. Quel ennui ce serait ! Mais la chose a plu aux médias qui en ont parlé. Ils ne font que répondre à la demande de la société.

Franchement je ressens avec tout cela un étrange sentiment. Je m’interroge sur les médias qui acceptent de diffuser ces éléments de dramatisation alors même que leur métier est de nous protéger contre les « températures ressenties », c’est à dire les fausses nouvelles. Il existe des façons de vérifier des faits pour éviter que des Trumps et d’autres ne nous fassent le coup de « tout est faux » sous entendu « ça me donne le droit de dire n’importe quoi ».

Cela nous éviterait de longs et inutiles débats sur les propos enregistrés d’un responsable politique qui taille des costards à ses copains. Parce que je ne sais pas comment vous le ressentez, mais que des médias responsables de la diffusion de ces propos nous gratifient de débats pseudo éthiques sur la diffusion ou pas de tels propos a de quoi vous faire réfléchir sur qui doit tenir le thermomètre. Les médias, qui dans notre société se piquent d’être un pouvoir, sont le seul pouvoir qui n’est jugé que par lui même. Faut-il que l’on s’ennuie pour en arriver là !

Tiens justement ! Il y a cinquante ans un journaliste, un certain Pierre Viansson-Ponté écrivait son fameux article « la France s’ennuie » que le Monde publia le 15 mars. C’était deux mois avant mai 68 ! Prémonitoire ? Citons simplement cette phrase : « Heureusement, la télévision est là pour détourner l’attention vers les vrais problèmes : l’état du compte en banque de Killy, l’encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d’avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France ».

Nous savons pourtant que la démocratie a besoin de débats, de conflits, qu’il faut des majorités et des oppositions. C’est cela qui manque à ce jour. Il faut des idées, des projets et même des utopies. Sinon les problèmes se résolvent par la violence et non par le verbe et les arguments. Il n’y a alors plus de débat puisque tout le monde fonctionne avec la très relative précision de son thermomètre propre, indiquant évidemment sa « température ressentie ».

David Grosclaude

 

 

Publicités

Jogar dab los mots

Publié le

Mentre que Macron lança ua grana politica de desvolopament de la francofonia, Rajoy en Espanha que lança la medisha tà l’espanhòu. Que vòlen doblar lo nombre de locutors de las lors lengas d’Estats peus cinquanta ans qui arriban.

Cada mot pòrta ua vision, cada mot qu’ei donc ideologicament cargat. Qu’ei la rason qui hè que vau mei conéisher mantuas lengas entà estar segur d’aver mantuns punts de vista sus la realitat deu monde.

Franquelin Wikimedia Commons
Lo castèth de Villers-Cotterêts qui deveré estar, segon las declaracions de E.Macron « lo castèth de la francofonia ». Un simbèu qui’n ditz long sus la faiçon de considerar lo ròtle de la francofonia tau com la veden los responsables politics francés (fòto Franquelin-wikimedia commons)

Qu’ei la reflexion, qui n’a pas arren d’originau, qui’m hasèvi quan escotavi a la ràdio un jornalista explicar qu’en Corsega « les nationalistes tiennent l’assemblée ». Que volèva de segur díser que i èran majoritaris. Mes dens lo mot « tiéner » que i a quauquarren mei que dens l’auta formula. Que i a com un perhum de fòrça, com ua violéncia qui non ditz pas que son arribats per un vòte democratic.

Tanben, lo medish dia un quotidian que titolava : « le défi corse ». Los còrses que son donc a priori dens ua espròva de fòrça fàcia a ua França qui ei l’incarnacion de la serenitat e de la normalitat ? O lavetz lo quotidian a volut copiar los mots de la premsa espanhòla ( qui copia lo govèrn Rajoy) e qui parla sonque de « desafio catalán ».

Que i a longtemps que sentim lo mesprètz en la politica deus govèrns francés cap a la diversitat lingüistica e recentament lo president de la Republica parlava devant mainatges de Villers-Cotterêts de l’unificacion de la França per la lenga ; pr’amor abans que s’i parlavan pertot « différents patois ». Se i a ua causa segura qu’ei que Villers-Cotterêts n’avèva pas arren a véder dab lo biais de parlar deus estatjants deu reiaume.

 

Los còrses que riscan de passar moments deus complicats. Lo poder centrau n’ei pas briga dispausat a deishar la mendra possibilitat de reconéisher de faiçon concreta lo pòble còrse. Segur que parlan de « la spécificité » , de la « particularité » mes au delà non i vòlen pas pensar. Que sufeish de’s brembar que la ministra enviada en Corsega tà preparar lo viatge presidenciau qu’avèva explicat que la reconeishença d’un estatut de co-oficialitat tau còrse : « n’était pas envisageable ». Donc que vòu díser que non i cau pas quitament pensar.

E Macron qu’a clavat lo debat dab la soa intervencion en Corsega en exlicar que non i calèva pas pensar mes que tanpauc n’èra pas la pena de’n tornar parlar. Que i a mots qui non solament an un sens quan e’us emplegatz mes qui an un sens mei hòrt quan son prohibits d’emplec. Qu’ei lo cas de «co-oficialitat ».

Los mots que pesan enqüèra mei en un moment quan non gausan pas díser la vertat aus ciutadans e quan cau preservar lo consènsus mofle e quitament mothàs. Tè ! per exemple un ministre que parlava recentament de las pelejas qui esclatèn en un subèrmarcat enter consumidors qui volèvan profieitar a tot hòrt de las promocions sus aquera pasta de chocolat entà untar las tartinas. Lo ministre denonciava los responsables de la causa en disent que i avèva un problèma dab distributors qui hasèvan « des promotions agressives ».

Quantas personas son estadas agressadas per ua promocion ? Quantes nafrats per un topiòt de pasta de chocolat qui’us averé sautar a la garganta ? Non que cau gausar díser las causas : las promocions aqueras que revèlan la bestiesa umana e la situacion consumerista en laquau la nosta societat e dèisha los ciutadans. Mes un ministre non vòu pas díser aqueras causas. E totun qu’ei la realitat. Qu’òm se truque tà poder minjar en ua situacion de hamièra e de penuria que’s compren mes en aqueth cas ? Qu’ei sonque l’expression deu conèr uman revelat per un sistèma comerciau ridicule.

E tà acabar sus aquera question deus mots e de la lenga que’m permeti de me’n servir tà tornar díser que la question lingüistica ei ua de las mei politicas deu noste temps. Mentre que Macron lança ua grana politica de desvolopament de la francofonia (au nom de la diversitat culturau segur), Rajoy en Espanha que lança la medisha tà l’espanhòu. Los dus vòlen doblar lo nombre de locutors de las lors lengas d’Estats peus cinquanta ans qui arriban. Qu’ei un projècte d’ua portada politica, economica, sociau , ecologica qui non podem negligir.

En declarar que los còrses e poderàn estar bilingües s’ac vòlen e desvolopar la lor lenga s’ac vòlen, mes shens que tot aquò sia oficializat, E.Macron que hè véder l’interès qui pòrta a las questions de politica lingüistica. Dab l’episòdi de Villers-Cotterêts qu’a hèit véder quin èra capable de manipular la vertat istorica ; e dab lo son discors de Corsega qu’a decidit de tornar préner l’òbra deus qui vòlen la mort de la diversitat lingüistica suu territòri de la Republica. E çò qui ei grèu per la democracia e los principis republicans qu’ei de voler har créder qu’aquera politica lingüicida ei la sola qui’s posca maridar dab los dits principis republicans. En realitat desempuish quauques mes lo centralisme e lo parisianisme que s’arreviscolan e que parlan shens vergonha. Ua minoritat que’s vòu arrecaptar l’idea de Republica e la se guardar tà era soleta.

La question lingüistica Macron que la maneja. Que disèva en lo son discors sus l’Euròpa a la Sorbonne a prepaus de la dificultat de har l’Union europèa : « Notre fragmentation n’est que superficielle. Elle est en fait notre meilleure chance. Et au lieu de déplorer le foisonnement de nos langues, nous devons en faire un atout ! L’Europe doit être cet espace où chaque étudiant devra parler au moins deux langues européennes d’ici 2024. Au lieu de regretter le morcellement de nos contrées, renforçons les échanges ! » *

Dens lo cap deu president de la Republica quan parlatz còrse, occitan, breton,basco, catalan…n’ètz pas locutor d’ua lenga europèa, o se parlatz en mei lo francés n’ètz pas vertadèrament bilingüe !

Alavetz los mots que pèrden lo lor sens e tot s’acaba en blablablablablablabla

 

David Grosclaude

 

 

* 26 de seteme de 2017

Aus mens vesins…espanhòus / A mes voisins… espagnols

Publié le Mis à jour le

Mes chers voisins,

Il se trouve que je vis depuis des années à quelques kilomètres de la frontière de l’État espagnol. Quand j’étais enfant, votre pays m’a aidé à m’intéresser à la politique. C’était encore la dictature et mes parents, intelligents et engagés, allaient souvent de l’autre côté des Pyrénées. Ils y emmenaient leurs enfants. Ils racontaient ce qu’était ce Franco dont on espérait la fin de règne. Je compatissais déjà, très jeune. Puis la disparition vint. J’avais grandi. Je commençais à fréquenter vos poètes de langue castillane par la voix de Paco Ibanez mais aussi les autres, ceux d’autres langues, grâce aux voix de Raimon et Lluís Llach.

Tribunal_Constitucional.jpg
le tribunal constitutionnel , aujourd’hui au centre des débats (wikipedia commons)

Je me suis mis à aimer votre langue sans pour autant adhérer à la vision que certains d’entre vous en ont. Elle est superbe…comme toutes les langues et ne mérite pas d’être celle qui enterre les autres. Je vis en France et donc je sais ce qu’est un discours sur la francophonie triomphante ; donc le discours que certains d’entre vous utilisent sur la place de la langue castillane me dérange parfois. Mais peu importe ! J’ai aussi une colonne pour le négatif dans l’idée que je me fais de vous et pourtant celle du positif est plutôt bien remplie.

Pourtant j’en aurais eu des choses à vous reprocher mais comme je l’ai dit avant, c’est aussi à travers vous que j’ai commencé à aimer la politique. Vous avez enthousiasmé mes vingt ans avec votre démocratie renaissante. J’ai aimé votre façon de vous sortir de quarante ans d’obscurantisme même si une transition n’est jamais parfaite et demande beaucoup d’indulgence.

J’aime vos villes, j’aime votre (ou plutôt vos) façon de vivre, j’ai tremblé pour vous dans la nuit de 23 février 1981 en écoutant la radio jusqu’à l’aube. J’ai eu honte pour vous lors de l’affaire du GAL. Je n’ai cessé de penser et de dire que la violence de l’ETA était aux antipodes de mes convictions, mais je n’ai pas aimé votre façon de faire des lois d’exception. J’ai eu mal pour vous lors des attentats d’Atocha en 2004, honte aussi de voir votre gouvernement se dépatouiller si mal avec cette tragédie, et heureux de voir que vous l’aviez renvoyé dans ses foyers dans les jours qui suivirent.

Comme journaliste, j’ai même longtemps aimé votre façon de faire de l’information, de faire vivre des médias. J’ai aimé le retour de Taradellas, le retour des autonomies, la flamme renaissante de Gernika ; Bref, mon intérêt pour vous est un inventaire étrange, une somme de souvenirs et d’impressions à laquelle je mêle des images du proche Aragon auquel, en tant que béarnais, je ne peux être indifférent.

Je ne cache pas non plus ma proximité avec les catalans, par la langue si proche de la nôtre, l’occitane : des sœurs jumelles. Je ne méconnais pas les défauts des catalans car ils en ont, comme vous, comme nous les voisins d’en face. Mais ce qui se passe aujourd’hui dépasse mon entendement.

Oui, vous êtes mes voisins et aujourd’hui je ne vous comprends plus. Alors, je sais, on n’aime pas avec des conditions et je sais aussi qu’il faut éviter les généralisations. Vous n’êtes pas tous responsables des erreurs de vos gouvernants, et par les temps qui courent ils en font beaucoup.

Depuis 2006 ce fut une succession d’erreurs avec cette affaire de statut d’autonomie de Catalogne. J’ai vu peu à peu monter l’indépendantisme, par dépit ; par votre faute. J’ai pu constater que cette affaire était, en plus du reste, un rideau de fumée créé pour éviter que l’on ne se focalise trop sur cette immaturité démocratique qu’est la corruption et qui est florissante chez vous…mes voisins.

Depuis quelques semaines je suis un spectateur de ce qui se passe entre Madrid et Barcelone. J’étais à Barcelone le 1er Octobre. Je n’y ai vu que des gens pacifiques dont l’envie de voter me redonnait espoir en la démocratie alors que chez nous, vos voisins, on vote depuis longtemps à reculons et par défaut.

Une seule chose me venait en tête lors de ce dimanche d’octobre en voyant les cars de la police et de la garde civile dans les rues de Barcelone, c’était la phrase « Qué volen aquesta gent que truquen de matinada ? » que chante Maria del Mar Bonet. Je ne pouvais me sortir de la tête les vers de vos poètes comme Alberti qui écrit : « Qué dolor de papeles que ha de barrer el viento, qué tristeza de tinta que ha de borrar el agua ! Las palabras entonces no sirven, son palabras ». ( Quelle douleur de papiers doit balayer le vent, quelle tristesse d’encre doit effacer l’eau, les paroles alors ne servent plus , ce sont des paroles). Par bonheur on a évité la suite le fameux « balas, balas …» (balles, balles) qui sert de refrain à ce poème.

Depuis des semaines je regarde avec effarement votre télévision publique où j’ai entendu vos dirigeants, et bon nombre de commentateurs, accuser les médias publics catalans d’être malhonnêtes…Je les écoute et les regarde eux aussi et, franchement ils sont presque exemplaires surtout comparés à vos médias madrilènes devenus des caisses de résonance d’une propagande très gênante.

Maintenant, là où nous en sommes, c’est encore plus inquiétant. La chasse est ouverte. Tout sauf Puigdemont ! Il a pourtant gagné les élections voulues par votre gouvernement. C’est un fait, une réalité indéniable. Qui peut dire le contraire ? Les indépendantistes n’ont pas la majorité absolue ? Non, mais les partis anti-indépendantistes non plus ; ils sont même absolument minoritaires. C’est une réalité démocratique que vos dirigeants passent leur temps à nier en vous assénant des phrases telles que « tenemos que recuperar el sentido común » ( nous devons retrouver le bon sens) ou encore « hemos hecho lo que teníamos que hacer ! » (nous avons fait ce qu’il fallait faire). Je ne m’étends pas sur la platitude politique de telles phrases.

 

Je ne sais pas si Carles Puigdemont arrivera dans un coffre de voiture ( el maletero) évoqué par un de vos ministres, mais le fait de voir comment vos dirigeants de droite et de gauche cherchent pathétiquement à empêcher les députés catalans de voter comme les électeurs le leur ont demandé, me remplit d’inquiétude.

Je comprends que vous ne partagiez pas les idées indépendantistes, et c’est votre droit. Mais de là à tordre le droit dans tous les sens pour arriver à y faire passer les mots « estado de derecho » (état de droit) je crois que c’est une mission impossible qui ne fera que provoquer l’autodestruction du droit.

Je n’ai pas de leçons à vous donner, juste une impression, juste le point de vue de celui qui regarde de l’autre côté de la rue comment se comportent ses voisins. Vous en auriez certainement autant à mon service avec nos dirigeants qui n’ont rien à dire sur votre situation et qui soutiennent sans une vraie réflexion vos dirigeants. Je ne suis pas fier des non-dits de mon côté de la rue. J’attends vos remarques…écrivez nous !

Nous ne vivons pas du même côté de la rue mais nous sommes dans le même village, l’Europe. Qu’èm vesins ! Comme on dit en occitan . Somos vecinos ! Nous sommes voisins.

Les blessures, les coups de canif, et les coups de matraque à la démocratie me regardent, come tout ce qui se passe dans notre village. Que des gens soient en prison pour des opinions : cela me regarde aussi. C’est bien cela qui se passe même si vos dirigeants nient cette évidence.

Mais il y a quelque chose qui m’a fasciné : pas un seul acte violent durant des mois malgré les manifestations énormes organisées à Barcelone. A part le 1er octobre il n’y a pas eu de violence. Et là, je ne peux que me dire combien cela est précieux et surtout révélateur de la détermination de millions de gens qui, comme le disait un poète occitan ont « decidit d’aver rason » (décidé d’avoir raison).

Je citerai pour terminer celui qui écrivait en catalan comme en castillan, José Agustín Goytisolo, et qui dans un poème ultracélèbre donne la recette que sans aucun doute des millions de catalans doivent appliquer depuis des mois et des années à savoir :

« Otros esperan que resistas  (d’autres espèrent que tu résistes
que les ayude tu alegría                   que ta joie les aide
tu canción entre sus canciones.   et ta chanson parmi les leurs)

Nunca te entregues ni te apartes  (jamais ne te rends ni ne t’écarte
junto al camino, nunca digas            au bord du chemin ne dis jamais
no puedo más y aquí me quedo. ».  je n’en peux plus, je reste là ).

 

Voilà bien le problème du jour : vos dirigeants veulent à tous prix entendre : « no puedo más ! » (je n’en peux plus) de la part de leurs adversaires. Croyez vous qu’ils le diront et que tout rentrera dans l’ordre du « sentido común » ?

Non, les gouvernants espagnols et leurs soutiens n’on pas fait ce qu’ils devaient faire. « No han hecho lo que tenían que hacer ».

Ahora ! Hay que dialogar ! Oui, maintenant il faut dialoguer. Si j’osais, je vous dirais que c’est ce que commande le bon sens, (el sentido común) mais je prefère vous dire que c’est la règle simple et unique en démocratie. Je sais que celle-ci est chère à des millions d’entre vous.

David Grosclaude,

un vesin, un veí, un voisin, un vecino

Vendredi 19 janvier a Narbonne Divés 19 de genèr a Narbona

Publié le

2 Libes

Los Mots e lo baston / Les mots et le bâton

Que serèi doman divés qui vien a Narbona entà presentar lo men libe « Los mots e lo baston » convidat per País Nòstre
Je serai demain vendredi à Narbonne pour présenter mon livre « Les mots et le bâton »
Que serèi a 16h 30 dinc a 17h30 a la libraria « Le livre voyageur » 28 carrièra de l’anciana pòrta de Besièrs
e a 18H 00 a l’OSTAL OCCITAN farem una discussion a l’entorn del libre sus la politica lingüistica en favor de l’occitan. Mercés a Gisèla e Joan Pèire los dos jornalistas qu’animaràn lo debat.

Je serai dès 16h 30 à la librairie du Livre voyageur 28 Rue de l’ancienne porte de Béziers et

à 18H à l’OSTAL OCCITAN DE NARBONA pour une discussion autour du livre et de la politique linguistique en faveur de l’occitan

Se non podetz pas viéner aqueth libe se tròba en quauques bonas librarias o se pòt comandar
COMANDAR EN LINHA en occitan :
http://lasetmana.fr/…/185-%C2%AB-los-mots-e-lo-baston-%C2%BB
COMMANDER EN LIGNE en français : http://lasetmana.fr/…/186-%C2%AB-les-mots-et-le-baton-%C2%BB.

« Ce n’est pas envisageable ! » Une phrase d’une vacuité à pleurer

Publié le

banderòla
La co-officialité de la langue corse avec le français « n’est pas envisageable » parce que la langue de la République est la français. Cette affirmation même prononcée par un responsable gouvernemental n’a aucun sens. Quel rapport ? La co-officialité ne tue pas l’officialité , elle la partage. Il faudrait préciser donc que la Langue de la République est le français à l’exception de toutes les autres. Et là il faudrait expliquer pourquoi ! Et là le raisonnement deviendrait problématique.Il faudrait reconnaitre que l’on ne veut pas partager ou que l’on se refuse à mettre les langues au même niveau. Donc il y aurait une hiérarchie des langues. Des grandes, des belles et à côté des petites et des laides. Je crains que certains le pensent. Mais le diront ils ?
Il faudrait d’abord se demander si ceux qui sont citoyens français mais s’expriment parfois dans une autre langue sont moins citoyens français lorsqu’ils utilisent l’autre langue. Ce serait idiot. Mais certains le pensent sans doute…
Il faudrait peut-être tenter d’expliquer que le français est la seule langue républicaine…et donc que les autres ne le sont pas. Ce serait idiot aussi. Mais je n’exclue pas qu’ils soient nombreux à le penser…
Il n’y a rien à faire,  tout cela est idiot et n’est bâti que sur un présupposé qui est que le français est la langue qui défend des valeurs républicaines alors que les autres risquent de les souiller. Après tout c’est bien ce que disaient Grégoire et Barrère…il y a un peu plus de 200 ans !
La phrase qui consiste à dire que la co-officialité des langues « n’est pas envisageable cache en réalité le fait que le gouvernement ne veut pas dire que pour lui il « n’est pas question de l’envisager » ou mieux « qu’il ne veut même pas y penser ».
La question linguistique est une vraie question politique, une vraie question très sensible, hypersensible depuis des décennies et même plus.
Ceux qui sont victimes des préjugés dont nous connaissons la teneur ne « peuvent envisager » aucune autre sortie que la mort de nos langues même s’ils évoquent le droit à un « développement de ces langues.». C’est au cimetière que ce droit sera à même de s’exprimer si on les écoute. J’aimerais voir la tête de ceux qui pensent que la co-oficialité n’est pas envisageable si demain les canadiens décidaient que la co-officialité du français n’est pas envisageable dans leur État. Ah mais suis-je bête ! J’oublie que les tenants du « ce n’est pas envisageable » sont aussi ceux qui manient cet argument puissant, profond et sans appel qui est : « Mais non, ça n’est pas pareil ! ».

O.Junqueras demorarà en preson /O.Junqueras restera en prison

Publié le

Violence légale contre non-violence légitime
Violéncia legau contra non-violéncia legitima

Oriol Junqueres demorarà en preson. Per rasons d’opinion ? Pr’amor de non pas voler arrenegar las ideas qui son las soas. Benlèu i aurà monde en Espanha entà prepausar centres de desradicalizacion per catalans ?
Los darrèrs mes en Catalonha que’s debanèn s20171001_190501.jpghens nada violéncia de las parts deus independentistas. Que hèn los responsables europèus adara ? Que contunhan de considerar que la question ne’us pertòca pas ?

Que hè quauques mes la question èra un debat enter legalitat (tèxtes de lei e constitucion espanhòla) e legitimitat ( volontat exprimida peu pòble catalan). Desempuish las darrèras eleccions las causas son claras e lo pòble catalan qu’a elegit ua majoritat de deputats entà formar un parlament.

De deishar O.Junqueras en preson càmbia lo debat en ua oposicion enter la violéncia legau d’un costat e la non-violéncia legitima de l’aute.

En tant que democrata, en tant qu’europèu que’m sembla que devem causir tostemps la via de la non-violéncia. Alavetz que los responsables europèus s’amanegen de causir la solucion qui permeterà a l’Euròpa de demorar un territòri de patz e de non violéncia .

Oriol Junqueres restera en prison parce qu’il n’a pas voulu renier ses convictions. Il est donc un prisonnier d’opinion. Il reste à quelques penseurs espagnols à inventer des centres de déradicalisation pour catalans. Je ne vois pas d’autres solutions dans leur logique.
Il y a quelques mois la question catalane était le débat entre légalité ( constitution) et légitimité (référendum ), entre textes de lois et volonté exprimée par le peuple catalan.
Vu qu’il n’y a eu aucune violence, aucun blessé, aucun mort durant les derniers mois malgré les manifestations en faveur de l’indépendance, vu que les violences n’ont eu lieu que du fait des décisions du gouvernement espagnol (répression du 1er octobre e emprisonnements)
aujourd’hui le débat c’est entre la violence légale et la non violence légitime. Voilà un sujet de réflexion pour les démocrates et pour ceux qui en Europe ont encore envie de réfléchir et de penser l’avenir d’une Europe démocratique.

En tant que démocrate, en tant qu’européen j’ai tendance à choisir toujours la voie de la non violence et de la paix. …Bien sûr cela dépend de l’Europe que l’on veut.

Lo pòble de Catalonha qu’a decidit / Le peuple de Catalogne a décidé

Publié le

Article Bilingue

 

Lo pòble de Catalonha qu’a decidit

Qu’a decidit de tornar dar ua majoritat aus independentistas dab ua jornada electorau qui a vist ua participacion absoludament excepcionau en un país democratic europèu.

El president anuncia que el referèndum es farà l'1 d'octubre (09/06/2017)

Le peuple de Catalogne a décidé

Comme citoyens européens il faut se féliciter que ces élections se soient déroulées dans le calme, avec une participation absolument exceptionnelle, qui fait envie à bien des démocraties européennes.
Comme citoyens européens il faut se féliciter que ces élections se soient déroulées dans le calme, avec une participation absolument exceptionnelle, qui fait envie à bien des démocraties européennes.
Le peuple de Catalogne a décidé de reconduire une majorité indépendantiste. C’est la leçon que les dirigeants européens doivent comprendre, analyser. Ils doivent en tirer des conclusions. Le péril pour l’Europe serait de continuer à nier cette réalité tout en gardant le silence sur le péril qui se développe à l’Est de l’Europe, que ce soit en Autriche ou en Pologne.
Puigdemont a gagné son pari. Le scandale c’est que Oriol Junqueres, Jordi Sanchez, Jordi Cuixart et J. Forn soient encore en prison ce soir. C’est cela le scandale démocratique.
Ces élections catalanes ont montré que la droite espagnole a réglé ses comptes sur le dos de la Catalogne. Arrimadas vient de tuer politiquement Rajoy. C’est peut-être le seul bénéfice que recherchait son parti dans cette affaire. Certes cela lui donne l’impression d’avoir gagné…mais les vainqueurs sont ailleurs et tout le monde le sait.
Il reste donc maintenant aux députés catalans de se choisir un gouvernement. C’est leur affaire.
Pour nous ce qui compte c’est que à Madrid, à Paris, à Bruxelles et ailleurs on arrête de dire que ceux qui contestent l’organisation en états-nations centralisés sont tous des arriérés qui menacent l’Europe et la démocratie. Le message envoyé est justement celui d’une autre Europe, gouvernée autrement que par un club privé de chefs d’États et de gouvernements qui sont solidaires, quoi qu’il arrive. La démocratie est une chose compliquée qui demande aussi une capacité à se remettre en cause. Rajoy sera victime de ne l’avoir pas compris. Tant pis pour lui.

 

LO PÒBLE DE CATALONHA QU’A DECIDITCat 3 .jpg

Qu’a decidit de tornar dar ua majoritat aus independentistas dab ua jornada electorau qui a vist ua participacion absoludament excepcionau en un país democratic europèu.
Las causas que son donc claras. Que cau esperar que a Madrid, a Brusselas a París e endacòm mei lo messatge serà comprés. Rajoy qu’a perdut. Arrimadas de Ciudadanos qu’a tuat lo Partit Popular en Catalonha en se har mei espanholista que Rajoy.
Puigdemont qu’a sabut miar ua campanha electorau shens estar present e que confirma que n’a pas jamei deishat d’estar lo president de Catalonha.
Oriol Junqueras qu’a devut seguir la campanha desempuish la preson. Qu’ei aquesta situacion qui no’s pòt pas acceptar.
Tots los qui son en preson que deven sortir adara. Qu’ei ua exigéncia democratica que los responsables politics europèus non pòden escapar a aquera absoluda necessitat.
Qu’ei un messatge enviat a l’Euròpa. Aquesta qu’averà un aviéner sonque se sap escotar quan parla democracia. Que serà mei productiu que de guardar lo silenci quan a l’Èst, en Austria e en Polonha per exemple los principis democratics son denegats. Los perilhs per l’Euròpa e lo son aviéner non son pas en Catalonha. Los qui an reagit com un club privat de caps d’Estats e de govèrn en sostiéner de faiçon incondicionau a Rajoy que deverén pensar a aquò.
Per çò qu’ei de la seguida qu’ei au Parlament de Catalonha de decidir. Tot çò qui podem desirar com ciutadans europèus qu’ei que las causas segueishin en la via pacifica qui ei estada seguida dinc adara.