Ça va chauffer !

J‘avais envie de dire mon indignation quant à l’opération de propagande ( et d’effacement de la mémoire) qui est en cours depuis quelques mois. Le nucléaire serait LA solution pour la transition énergétique. C’est un grand mensonge. Il arrange ceux qui veulent relancer leurs bénéfices grâce au nucléaire, ceux qui ne veulent pas dire que la réduction des consommations, gaspillages, sur consommations et surgaspillages sont une grande partie de la solution. On veut tout changer…mais en faisant comme avant. Et pourtant il y a eu Chernobyl, Fukushima. Et pourtant on ne sait toujours pas faire autrement que de refiler nos déchets nucléaires aux générations qui suivent et cela dans un vertige historique extraordinaire. Nos ancêtres qui vivaient il y a 10 000 ans nous ont laissé que peu de choses ; nous en avons rempli quelques musées. Que nos descendants se rassurent l’héritage que nous leur ferons sera bien plus conséquent et embarassant et encore pire si l’on relance la construction de réacteurs nucléaires.

Jean Luc Landi, dont je connais l’engagement depuis des années, m’a envoyé la lettre qu’il a rédigée à l’adresse d’un président de la République qui dit, plus souvent qu’il ne conviendrait « Je » et « J’AI décidé».

Plutôt de réécrire un article sur le sujet je publie cette lettre qui résume bien le problème auquel nous sommes confrontés.

Bonne lecture

David Grosclaude

            Ainsi donc, not’bon maîtr’ a décidé. Le président Macron ne voit pas d’autres solutions que de relancer le nucléaire civil (Quid du nucléaire militaire ? Mais peut-être que les deux vont ensemble !). La justification serait que c’est le seul moyen d’entrer dans « l’ère de la décarbonation ». Pendant un siècle, on nous a « convaincus » que liberté (de circuler), consommation et progrès passaient par l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz, en taisant les études qui montraient que les émissions dues à la combustion des énergies fossiles amplifieraient le fameux effet de serre.

La centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Le Morvandiau, wikimédia commons)

            Comme il devient difficile de nier le lien entre utilisation de l’énergie fossile et réchauffement climatique, le Président de la République, ainsi qu’une grande partie de la classe politique, et quelques lobbies ayant intérêt (à court terme !) à la relance du nucléaire, tout ce beau monde veut nous engager dans la course aux réacteurs (EPR, puis réacteurs « de poche »). Les mêmes qui ont favorisé l’exploitation des énergies fossiles, à outrance, plaident maintenant pour la gentille énergie décarbonée que serait le nucléaire. Comment faire confiance à ces opportunistes à courte vue ?

            M. Macron, où est le débat, éclairé, sur ce que signifie la relance du nucléaire ? Débat qui n’a jamais eu lieu en France, même pas au début des programmes de De Gaulle (bombe) ou de Giscard (centrales électriques). Soit on a considéré que les citoyens étaient, et sont toujours, trop ignares pour se faire une idée, soit il y a des choses à cacher.

            Si l’on se fie aux déclarations récentes d’éminents personnages politiques, on redécouvre les inconditionnels du nucléaire comme les membres de LR et une bonne partie de LREM, les repentis (communistes et RN), les hésitants (PS) et les opposants à toute relance (EELV et LFI). Est-ce que les communistes seraient sous la pression de certains syndicats d’EDF et autres acteurs du nucléaire ?

            Concernant les lobbies, en dehors des entreprises directement chargées du développement de la filière du nucléaire civil, on peut penser que les constructeurs, marchands de béton, mais aussi l’industrie militaire ont beaucoup à gagner dans cette relance. Et comment ne pas imaginer l’effet d’aubaine pour les élus qui plaident pour la nucléarisation de leur territoire (voir les déclarations de M. Bertrand qui, probablement, viendra habiter au pied des centrales qu’il appelle de ses vœux!). Ils pourront se payer tous les aménagements qu’ils voudront avec les retombées (fiscales) des installations nucléaires, en attendant d’autre retombées moins sympathiques.

            Si le génie français pose comme principe que la relance du nucléaire peut nous sortir de l’incertitude concernant l’approvisionnement en énergie, il faut considérer que cela doit pouvoir s’appliquer à toute la planète.

            Faisons un calcul simple. Nous avons actuellement 56 réacteurs regroupés dans 18 centrales qui fournissent environ 70 % de l’électricité consommée en France. La population française représente moins d’un centième de la population mondiale. Ainsi, si nous transposons le modèle français à la planète, cela nécessiterait l’existence plus de 5 600 réacteurs répartis sur le globe au prorata des populations… Actuellement environ 450 réacteurs sont en activité dans le monde. Et nous, nous sommes déjà les champions de la concentration de réacteurs en rapport avec le nombre d’habitants. Nous faisons mieux que les États-Unis avec leurs 100 réacteurs pour 5 fois plus d’habitants…

            Alors, allons-nous proposer notre  french way of life à tous les peuples en manque d’électricité ? D’une certaine manière oui, mais sans projet précis ni SAV garanti. Car le destin de la filière française est lié à l’espoir de vente de notre camelote de haute technologie (surgénérateurs ? EPR finlandais ? Flamanville ? mini-réacteurs ?) à l’étranger.

            Mais il ne suffit pas de vendre une centrale sur le papier, il faut en garantir la construction, la livraison, l’exploitation, la maintenance, puis envisager le démantèlement. Est-ce que tout cela est chiffré et programmé ?

            D’autre part, est-ce que n’importe quel état peut garantir à 100 % la sécurité de l’exploitation d’une centrale nucléaire durant 30, 40, 50, 60 ans ? Non. Est-ce qu’un état non démocratique se soumettra à une agence internationale d’inspection de ses installations nucléaires ? (Corée du Nord, Iran, Russie, Chine, Pakistan… ?) Pas sûr. Est-ce que les états proclamés démocratiques, aujourd’hui, sont transparents sur leurs installations ? (Inde, États-Unis, France, Grande-Bretagne… ?) Pas sûr.

            Alors, il y aura des états dignes de posséder des centrales et d’autres indignes, comme c’est le cas pour l’armement nucléaire ?

            M. Macron et autres pro-nucléaires, votre choix ressemble plus à une fuite en avant qu’à une décision pensée, pesée et inscrite dans l’avenir. Nous parlons d’une technologie mal maîtrisée et difficilement maîtrisable (cf. Tchernobyl et Fukushima pour les accidents les plus spectaculaires) dont les conséquences, en cas de grave défaillance, défient l’imagination.

            – Pouvez-vous donner un exemple de démantèlement achevé d’une installation nucléaire où il n’y a plus de risque radioactif ? Si oui, combien cela a-t-il coûté ? Et combien cela a-t-il pris de temps ?

            – Pouvez-vous garantir l’élimination des déchets, sans conséquences sur l’environnement et la santé des personnes ? à Bure ???

            – Pouvez-vous garantir l’exploitation et la maintenance de toutes les centrales, avec risque zéro ? Non, pardon pour la question, personne ne le peut.

            – Avons-nous assez d’uranium sur notre territoire ou bien dépendons-nous d’un autre état pour l’approvisionnement ? A quel prix ?

            – Connaissez-vous les conditions dans lesquelles on procède à la surveillance et à la maintenance de certaines parties des centrales avec sous-traitance systématique et perte du savoir-faire ? Il y a eu des enquêtes et des témoignages spontanés recueillis auprès de « nettoyeurs ».

            – Y aura-t-il assez d’eau dans 5 ans, 10 ans, 20 ans, 40 ans pour refroidir les centrales ?

            – Si ce n’est pas pour une raison naturelle ou accidentelle (sécheresse, inondation, incendie, séisme, mouvement de terrain, chute d’aéronef…) qu’un désastre sera causé, ce pourrait être par volonté destructrice des hommes (attentat, conflit armé localisé, guerre continentale). En cas de désastre, comment garantirez-vous la protection des populations et comment envisagez-vous l’exode de millions de personnes fuyant les zones contaminées ?

            – Avez-vous visité Tchernobyl ou Fukushima ? Si oui, qu’en pensez-vous ?

            – Imaginez-vous, Bordeaux, Toulouse ou Paris inhabitables pour des centaines ou des milliers d’années ?

            – Imaginez-vous l’effet de sidération, de panique et les angoisses qui surgiront après la catastrophe ? Continuerez-vous alors d’exploiter ce qui restera de réacteurs, même contre l’avis des populations, en militarisant toutes les zones nucléarisées ? Ou bien déciderez-vous de tout arrêter en sachant qu’il faudra démanteler les centrales pendant des décennies ? Avez-vous chiffré cela ?

            Vous hypothéquez, avec une certaine arrogance (ou est-ce de l’inconscience ?), notre avenir et surtout celui de nos enfants. Ayez le courage de vous opposer aux petits docteurs Folamour du nucléaire civil et militaire qui vous conseillent et surtout ayez de l’imagination. Vous en manquez cruellement.

            Je ne connais pas l’œuvre de Paul Ricœur, que vous avez côtoyé, mais demandez-vous ce que le philosophe aurait pensé de tout cela.

            Vous pardonnerez, j’espère, les passages quelque peu insolents mais ils sont à la mesure de ma colère et de mon désarroi.

                       Salutations respectueuses.

                                   Un citoyen qui essaie de se projeter dans l’avenir.

                                                                                                         J-L LANDI

Et tout redevi(e)nt comme avant !

Et tout redevient comme avant !

Mais avant ce n’était ni bien ni mieux.

La pandémie de Coronavirus et surtout le premier confinement semblait avoir fait prendre conscience d’un certain nombre de fragilités de notre société et avait donné l’impression que les priorités ne seraient plus jamais les mêmes après la crise que ce qu’elles étaient avant.  Le « monde d’après » comme l’on disait, serait différent.

Force est de constater qu’il n’est en rien différent et qu’au contraire tout redevient comme avant et encore plus, si l’on pouvait le dire ainsi.  

Les instruments de mesure du bien-être n’ont pas changé et pourtant nous nous étions bien promis de ne plus faire les erreurs du passé.

Chacun disait avoir pris conscience, à la suite des confinements, que « l’avoir » était moins important que « l’être ».

Pourtant la croissance comme seul et unique élément de mesure de ce bien-être est revenue en force. Depuis quelques mois par exemple, l’idée d’un monde identique au précédent mais électrique au lieu d’être pétrolier, est l’idéologie à la mode.

Cela annonce le retour en force de la consommation de masse, du gaspillage énergétique entre autres. De la voiture à moteur thermique nous passerions sans difficulté à la voiture électrique et le tour serait joué. Jamais une telle propagande n’a été aussi forte, soutenue par des messages ainsi que par des aides financières n’ayant d’autre but que la remise sur les rails d’une industrie automobile en perte de vitesse.

Choisir la bonne voie

Ainsi on laisse croire que 9 milliards d’humains sur la planète demain, pourront allègrement reproduire la vie des six milliards d’hier, rien que par le miracle de l’électricité. C’est un leurre. Nous devons clairement dire que la civilisation de l’automobile telle que nous l’avons connue depuis 50 ans est morte et qu’elle ne peut être recopiée, même sous une forme électrique. Ce n’est pas un modèle viable. La question des déchets, du bilan carbone, du recyclage et de la ressource en matières premières reste posée, et cela de façon plus aigüe après la crise sanitaire qu’avant.

Nous devons inventer un autre modèle, basé sur la sobriété, la recherche du mieux et pas du plus.

    La version enthousiaste et même naïve de la sortie de crise que l’on nous sert aujourd’hui ramène sur le devant de la scène des thèmes extrêmement sérieux tel celui de la prolongation du nucléaire. Pourtant les deux épisodes catastrophiques que sont Tchernobyl et Fukushima ne sont pas réglés à ce jour. A l’échèlle de l’histoire de l’humanité ils ont eu lieu hier et ne sont donc pas de l’histoire ancienne. Les tonnes de matériaux radioactifs dorment sous leur fragile sarcophage à Tchernobyl et des millions de mètres cube d’eau contaminée attendent une solution au Japon. Cela n’empêche pas les tenants de cette industrie de tout faire pour dire que sans nucléaire on ne pourra pas lutter contre le changement du climat. C’est faux. D’autres schémas existent.

Le nucléaire est un choix politique avant tout, un choix très lucratif aussi pour certains. Il participe à renvoyer dans le futur des problèmes pour lesquels nous n’avons pas la moindre solution (déchets) et à faire peser sur le présent un risque que nous pouvons évaluer mais que l’on cache, ou que l’on veut oublier.  

De la même façon l’idée selon laquelle le e-commerce serait la panacée est un leurre. La frénésie de consommation peut être camouflée pendant quelques mois par cette nouvelle façon de consommer mais elle ne tardera pas à faire reapparaitre des problèmes connus et à faire apparaître des problèmes sociaux et environnementaux graves (salaires des travailleurs, circulation incontrôlée de marchandises, bilan carbone catastrophique, etc.).

D’autres thèmes méritent d’être traités en cette sortie de crise mais ils ne sont malheureusement pas dans les préoccupations de nos dirigeants, obsédés qu’ils sont par leur campagne présidentielle.

Quelques exemples parmi d’autres :

—la crise sanitaire et sa gestion nous ont montré les limites du système centralisé à la française ;

—le télétravail vendu comme une panacée pose un certain nombre de problèmes qui ne sont pas résolus ;

—l’éducation et l’enseignement par le numérique a donné des idées afin de réduire les moyens donnés à l’éducation et afin de réduire la place de l’humain dans la transmission des savoirs.

Le monde d’après

Le monde d’après, vu de cette façon, est un monde plus inégalitaire que celui d’avant. D’ailleurs durant la crise la richesse s’est concentrée encore un peu plus sur un nombre plus réduit de personnes et de pays.

De façon plus locale on constate en Occitanie (et dans d’autres régions) que cette sortie de crise apporte une autre crise : celle du logement. Le confinement a donné des envies d’achat de résidences secondaires à la partie la plus aisée de la population dans des zones qui sont déjà en situation immobilière tendue.

Il en résulte une difficulté de plus en plus grande de logement pour les jeunes et ceux qui ont de bas salaires. C’est sans parler du développement des pratiques de location touristique par des particuliers, location échappant à tout contrôle et à toute fiscalité.

Ce sera mieux demain…si on le décide

    Une sortie de crise en se grisant d’une liberté retrouvée qui nous permettrait de goûter à nouveau aux plaisirs de l’hyper-consommation est une façon de se voiler la face. C’est un choix politique que nous ne partageons pas. Nos gouvernants semblent se contenter de cette situation parce qu’elle peut assurer leur réelection.

Il apparaît surtout qu’ils ne savent pas ou ne veulent pas apprendre à faire autrement.

Tout est reparti comme avant.

Le « c’était bien avant ! » n’est pas loin du « c’était mieux avant ! » dont on connaît les limites.

Cette attitude ne laisse rien présager de bon. C’est un constat que nous faisons. Très peu de leçons ont été tirées de la crise sanitaire qui semble se terminer. Les déclarations selon lesquelles nous aurions tous pris conscience de la crise écologique qui ne fait que comencer ne semblent pas avoir beaucoup de valeur. Il manque des actes et une volonté politique.

Les messages envoyés depuis près de trois ans par plusieurs groupes sociaux, de façon diverse et variée, ne sont pas entendus. Ces messages vont de l’abstention aux élections en passant par les manifestations de rue et jusqu’au refuge dans les théories complotistes. Certes les trois ne sont pas de même nature mais ils expriment un malaise.

Ce malaise crée une situation très favorable au développement d’idéologies simplistes, au repli identitaire nationaliste, au racisme, à l’égoïsme.    

Lo monde a cambiat, mas nosautres, qué volèm cambiar ?

Al cap de quasi doas annadas d’una situacion sanitària problematica e paralizanta, nos trobam a la pòrta d’un periòde electorau qu’es important per nosautres e per totas las occitanas e los occitans.

  • Sabèm que las grandas questions ecologicas poiràn èstre resolvudas sonque en tornant lo poder als territòris nòstres, amb una preocupacion de proximitat entre los que decidisson e los que vivon las decisions al quotidian.
  • Sabèm que salvarem pas la diversitat biologica sens salvar la diversitat lingüistica e culturala.

Lo monde a cambiat. Aquò es pas novèl per nosautres, mas pauc a pauc la societat a pres consciéncia de l’enjòc que representa lo cambiament climatic e la luta que cal menar per s’i acarar.

Aquela luta se pòt pas menar en justificant per l’urgéncia, o las pretendudas  urgéncias qu’espelisson en diferents domènis, de mandar a las escobilhas totas las procupacions que son las nòstras : culturalas, lingüisticas, politicas e socialas.  

Es donc del territòri occitan estant que devèm prendre en compte aquela question.

  1. Nòstre territòri serà, e o es dejà, particularament tocat per aquel cambiament.

—Las zònas de montanhas coneisseràn de cambiaments importants qu’auràn de consequéncias economicas, socialas, demograficas e ecologicas. De reconversions son obligatòrias e devon èstre preparadas.

La question de l’aiga serà centrala per las annadas que venon e nos devèm preparar a pensar una reparticion e una gestion justa e inteligenta d’aquela riquesa.

Lo torisme tanben aurà de prendre una orientacion novèla

L’agricultura de montanha serà impactada.

—Lo climat en Occitània cambiarà e portarà de causas novèlas coma una obligacion de reconversion de l’agricultura de plana.

Lo passatge a una agricultura respectuosa de l’environament es ara una causa que far consènsus. Es çò que disèm dempuèi de temps ; ara i sèm.

Calrà modificar las culturas, las produccions e evidentament anar encara mai luènh dins la transformacion sus plaça d’aquelas produccions.

Los circuits bracs son tanben ara plebiscitats. Es una de la possibilitats per tornar territorializar l’economia. Es una autra faiçon de dire : « volèm viure e trabalhar al país ». Nòstre biais de consumir es d’ara enlà remés en causa. Cal anar mai luenh, apregondir aquela via.

Lo cambiament climatic es tanben una rason mai per remetre en causas una forma d’urbanisme qu’a artificializat fòrças susfàcias e que ven aumentar los risques d’inondacions e autras catastròfas d’aquesta natura.

—La demografia es un enjòc. Podèm pas daissar lo territòri occitan se cambiar en una zòna que, en mai de vielhir, seriá una zòna de residéncia pels sols retirats aisiats e amonedats de l’Euròpa, que vendrián per i acabar lor vida. Es un fenomèn qu’a de consequéncias socialas ( dificultats pel joves per trobar un lotjament per exemple) mas tanben de consequéncias politicas e culturalas.

L’amainatjament del territòri es tanben un enjòc. Tornar donar una vida a de vilas mejanas que se morisson es un desfís màger. Aquò se fa per una politica que torna territorializar l’economia segur, mas tanben que permet als estatjants dels territòris d’aver de servicis publics de qualitat. Es tota la question de la ruralitat e de la mièja-ruralitat. Aquela ruralitat dèu èstre vista de faiçon modèrna en prenent en compte las questions d’amainatjament (transpòrts, energia, lòcs de formacion, servicis au public, comèrci etc…) e de biais de produsir, de trabalhar e de consumir.

Devèm prepausar de responsas a aquelas questions mas per aquò far, o sabèm, cal que nòstres territòris ajan un minimum de poder de decision en matèria politica, sociala, economica, culturala e fiscala.

  • Per totas aquelas rasons podèm sonque constatar que, a l’ora que parlam, la luta contra lo cambiament climatic e la destruccion dels espacis naturals, se fa, en cò nòstre, dins un contèxte de recentralizacion. Es donc impossible de poder menar correctament aquel combat vital contra l’escaloriment climatic.

Totas las decisions pòdon pas venir del centre qu’es incapable de prendre de decisons diferenciadas. Es evident en matèria d’energia, d’agricultura, d’urbanisme e de transpòrts.

L’afortiment del centralisme es pas solament una question que pertòca las institucions e lo domèni politic, mas tòca tanben lo domèni dels transpòrts( reactivacion de la politica de TGV costosa e inutila per exemple). La reactivacion de l’ideologia nucleara, las mesuras insufisentas dens lo domeni de las energias novèlas e la mesa en plaça d’un sistèma qu’es copiat sus l’ancian es un perilh ; que los profièits del solelh o del vent per exemple o de l’idroelectricitat anen pas de faiçon justa tanben a las regions « productoras » mas a de grandas enterpresas o pel sol profieit de regions ja desvolopadas, mòstra plan que las leçons de ger son pas plan compresas.

Nosautres pensam tanben que la sobrietat serà la clau primièra. Voler tornar far l’ancian monde mas en electric es pas possible. Es una engana.

La reflexion suls transpòrts collectius per donar una vertadièra alternativa a l’automobila es indispensabla. Es una reflexion que cal menar tanben per las zònas ont uei l’automobila es indispensabla (zònas ruralas o sens infraestructuras).

Cal reabilitar mai de linhas de trins que foguèron abandonadas e se cal ne cal crear de novèlas. Cal desvolopar los trams/trins per los espacis mieg-rurals o mieg-urbans.

  • Lo centralisme politic s’afortís. Es una vertadièra ataca contra la democracia. Segur s’agís pas de denegar que i aguèt una vertadièra crisi sanitària qu’èra pas de bon gerir ; mas cadun a vist que lo centralisme de las decisions e de la gestion d’aquela crisi aviá pas portat en eficacitat, al contrari.

De mai, de crisi en crisi, o de pretendudas crisis en pretendudas crisis còps que i a, vesèm que lo poder d’Estat respon per una mena d’urgéncia permanenta, que siá dins lo domèni de la securitat, dens lo domèni sanitari o per las questions ligadas a las migracions. Las leis especialas dictadas per lo poder central a un Parlament redusit a un lòc per enregistrar las decisions, s’amolonan. E sovent son de leis que s’aplican pas o que venon dire çò qu’una lei anciana aviá ja dit. Es de comunicacion. Los elegits locals son despoderats e l’administracion centrala ganha cada jorn mai de pes.

Las collectivitats pèrdon de pes budgetari e vivon de « dotacions » de l’Estat donc de la benvoléncia de l’Estat e d’un chantatge que pòt èstre ligat a aquel sistèma.

La fiscalitat locala o regionala existís quasi pas mai.

Las libertats son atacadas per aquel retorn del centralisme e per aquela situacion d’urgéncia permanenta qu’es venguda un biais de governar. S’agís sovent de crear un sentiment de paur e d’insecuritat per que los ciutadans se daissen menar. L’extrema dreta o a plan comprés e se desvolopa sus aquel terrenh amb una granda facilitat.

Los ciutadans an daissat de votar. La politica es considerada coma un gran concors de messorgas. Sus aquò las ideologias mai escuranhosas se pòdon far una plaça (complotisme, paurs injustificadas, credença en una luta entre civilizacions, etc…)

Lo resultat es que son los mai paures e los mai fragiles que patisson. La crisi que ven de se debanar o mòstra. La riquesa es de mai en mai dins las mans de mens de personas. Las inegalitats son mai grandas que fa dètz o vint ans.

La crisi ecologica costarà car als paures mentre que los mai rics se’n poiràn sortir. Pasmens respiram un aire comun e vivèm sul meteis planeta.

Volèm una vertadièra revolucion del poder. La descentralizacion dèu èstre audaciosa. Las collectivitats devon dispausar de poders.

L’Estat pretendiá simplificar las causas amb la reforma de las regions mas las a complicadas.

En realitat es lo centralisme qu’es de mal comprendre, qu’es tròp complèxe. De mai, tira lo poder de las mans de las populacions al profieit d’una administracion centrala mai que mai potenta.

Se cal donar de pròvas mai del refortiment del centralisme, podèm anar dins de domènis autres que çò politic. Lo monde mediatic francés es ara ipercentralizat ; la premsa regionala a perdut son influéncia e l’audiovisual regional existís pas en França, quand lo comparam amb la rèsta de l’Euròpa. Los debats se fan entre dos o tres canals de television que son a París. Son  aqueles que « fabrican » de candidats a la presidenciala

Tanben, dins de domènis que pòdon semblar consensuals, lo centralisme es a l’òbra. Los jòcs olimpics de 2024 de Paris seràn per exemple un còp de mai un gran moment de desequilibri en investiments entre regions e París.

Los exemples com aqueste se poirián multiplicar.

  • Nòstra identitat es denegada, coma la de fòrça territòris. Sufís de veire la situacion de nòstra lenga qu’es ara illegalizada. Segur avèm lo dret de la  parlar mas las ajudas que receb son mai que magrinèlas e pietadosas. Quand los deputats vòtan una lei per donar lo dret a nòstra lenga de s’ensenhar corrèctament (lei Molac e ensenhament per immersion) es lo Conselh Constitucional que denega als deputats lo dret de votar una lei que reconeis la dignitat d’un ensenhament eficaç de l’occitan e de las autras lengas de França.

Nos trobam ara dins una situacion de menaça permanenta per la lenga occitana. L’article 2 de la Constitucion servís d’arma absoluda per empachar tota evolucion linguistica en França.

L’Alliance Libre Européenne en Assemblée générale

L’Alliance Libre Européenne est en assemblée générale à Bruxelles. Plus de quarante partis politique d’Europe sont rassemblés dans l’ALE aujourd’hui. L’ALE/European Free Allianceen a profité pour fêter ses quarante ans puisqu’elle fut créée en 1981. Depuis 40 ansl’ALE n’a cessé de s’élargir à de nouveaux partis et elle est aujourd’hui présente dans la plupart des États de l’Union européenne. Dans la première partie de l’AG de nombreuses motions ont été débattues. Deux avaient trait à la question de l’enseignement immersif des langues minorisées : une évoquant la situation française et la situation du slovène en Autriche. Ces deux motions ont reçu le soutien de l’ensemble des partis tant la question est présente à divers niveaux dans les différents Etats d’Europe. D’autres motions ont permis d’évoquer et de dénoncer la situation à la suite de la guerre lancée par l’Azerbaïdjan contre l’Arménie et la province de Haut Karabagh. Les questions liées à l’eau et au changement climatique ont été évoquées aussi comme le problème du prix de l’énergie qui ne cesse d’augmenter et dont profitent de grandes entreprises privées alors que d’autres solutions de gestion publique des énergies nouvelles pourraient se mettre en place.

Andalucía por Sí, parti autonomiste d’Andalousie, demande que soit mise en place une politique plus décentralisée de la création de champs photovoltaïque afin que certaines régions ne soient pas des lieux où les grandes entreprises viennent implanter des fermes géantes sans que les profits générés ne profitent à la région et qu’elles soient parfois mises en place sans tenir compte des intérêts agricoles et environnementaux locaux. Un soutien a été exprimé par une motion aux habitants de l’Ile de La Palma (Canarias) touchée par l’éruption du volcan la Cumbre Vieja depuis presque un mois. Un nouveau parti a été accueilli au sein de l’ALE à l’occasion de cette AG, c’est un parti sicilien « Siciliani Liberi ». Le Partit Occitan est représenté par trois délégués au cours de cette Assemblée générale.

Las regions son pas contentas…e après qué ?

(Communiqué du Partit Occitan 1/10/21, texte français à la suite)

(Comunicat del Partit Occitan 1/10/21)

La  reduccion de las dotacions a las regions fan reagir la presidenta Carole Delga. Mas quand an lo poder a París, que siá la dreta o l’esquèrra, fan pas que de recentralizar. 

Las regions pagarán un còp de mai la factura de la politica de recentralizacion que s’afortís dempuèi que Macron es estat elegit.

Son 177 milions d’euros que las regions trobaràn de manca ! Es çò qu’es previst dins la lei de finanças per 2022. Aquò estonarà pas degun. Aquò fa d’annadas que, qual que siá lo poder en plaça a París, los mejans autrejats a las regions demesisson.

Lo president de uei e son govèrn recentralizan, tant que pòdon. Lo quinquenat de Hollande s’acabèt per un lamentable retalhatge de las regions qu’a desembocat sonque sus una complexitat encara mai granda de la pretenduda descentralizacion a la francesa.

Las economias faitas au prejudici de las regions an provocat una reaccion de la presidenta de l’Associacion de las Regions de França, Carole Delga. Mas son de paraulas qu’ausissèm regularament dempuèi 25 ans, a cada còp que talhan dins las ressorças de las regions.

Alavetz qué s’i passa un còp escriuts aqueles comunicats ? Res !

Mas quand an los mejans de descentralizar …o fan pas. Alara perqué s’estonar ?

Dempuèi 1998, quand Lionel Jospin anoncièt sens aver consultat las regions, qu’anava suprimir la part regionala de la taxa d’abitacion, a dreta o a l’esquèrra faguèron pas autra causa que recuolar.

Las regions an pas mai de ressorças fiscalas e vivon sonque de las dotacions (de la benvolença) de l’Estat.

Quand la presidenta de l’ARF afirma que lo govèrn respècta pas las regions e qu’aquestas devon dispausar de mejans per respondre a las demandas dels ciutadans, es vertat.

Mes après qué fasèm ? La regions « a la mesura de l’Euròpa » coma las presentava Manual Valls, foguèron pas qu’una engana.

Macron tanben se trufa de las regions. Esperam totjorn la reforma vertadièra, la descentralizacion vertadièra, coratjosa, la que donarà a las regions poder politic, poder economic e responsabilitats devant los ciutadans.

Les régions ne sont pas contentes…et après ?

La réduction des dotations aux régions fait réagir la présidente Carole Delga. Mais lorsqu’elles ont le pouvoir à Paris, la gauche ou la droite recentralisent. 

 Les régions vont encore faire les frais de la politique de recentralisation qui se renforce depuis le début du quinquennat de Macron.

177 millions d’euros en moins pour les régions ! C’est ce qui est prévu par la loi de finances pour 2022.

Cela n’étonnera personne. Cela fait des années que, quel que soit le pouvoir en place à Paris, les moyens des régions sont réduits.

Le président actuel et son gouvernement recentralisent à fond. Le quinquennat Hollande s’est achevé par un lamentable redécoupage des régions qui n’a débouché que sur une complexité encore plus grande de la prétendue décentralisation à la française.

Les économies faites sur le dos des régions fait réagir la présidente de l’Association des Régions de France, Carole Delga. Mais ce sont des mots que l’on entend régulièrement depuis 25 ans, à chaque fois que l’on taille dans les ressources des régions.

Que se passe t-il après les mots et les communiqués ? Rien !

Mais quand on a les moyens de décentraliser…on ne le fait pas. Alors pourquoi s’étonner.

Depuis 1998, lorsque Lionel Jospin annonça sans consulter les régions, la suppression de la part régionale de la taxe d’habitation il n’y a eu, de droite et de gauche, que des reculs. Les régions n’ont plus de ressources fiscales et ne vivent que des dotations (du bon vouloir) de l’Etat. Alors quand la présidente de l’ARF affirme que l’attitude du gouvernement n’est pas respectueuse et que les régions doivent disposer de moyens pour répondre aux attentes des citoyens, cela est vrai. Mais après, que fait on ? Les régions à taille européenne de Valls et Hollande furent une vaste escroquerie, Macron se moque des régions.

On attend toujours la vraie réforme, la vraie décentralisation, courageuse, celle qui donne aux régions du pouvoir politique, économique ainsi que des responsabilités devant les citoyens.