Mois: janvier 2014

Charte européenne des langues : les épouvantails ne font plus vraiment peur !

Publié le

La discussion sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires s’est déroulée comme prévue. Comme il n’y a plus le tribun du Front de Gauche à l’Assemblée pour agiter un épouvantail, le rôle était joué par H.Guaino, l’homme qui était la plume de N.Sarkozy et qui n’hésite pas à se revendiquer provençal.

Heureusement une grande majorité des députés semble favorable à l’idée d’une adoption de cette loi constitutionnelle qui permettrait de ratifier la Charte.

Du débat à l’Assemblée Nationale on pourrait ne retenir que la caricature que nous a présentée Henri Guaino à propos de la Charte. Mais heureusement il y avait autre chose. Le député Jean-Jacques Urvoas a été clair dans son explication, disant qu’il ne s’adressait ni aux convaincus ni aux opposants par principe mais plutôt à tous ceux chez qui cette question ne provoque pas d’émotion particulière et qui peuvent être sensibles aux arguments simplistes. Effectivement de ces arguments nous en avons entendus quelques uns et ils peuvent être ravageurs parfois. Mais en concluant que : « toute langue a le droit de vivre aussi petite soit-elle » le député socialiste a bien résumé la question.

Soutien du gouvernement

Quant à Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture elle a joué son rôle en promettant le soutien du gouvernement. On attend simplement maintenant un peu plus d’elle. Il serait urgent qu’elle pioche dans le rapport qui lui a été remis ils y a six mois et qu’elle mette sur la tables des avancées concrètes. Des propositions il y en a plein la centaine de pages du rapport. Peut-être le fera t-elle à l’occasion du vote de mardi prochain à l’Assemblée ? Je l’espère. Lors de la remise de ce rapport je lui avais demandé de faire mentir les pessimistes en ne mettant pas ce texte dans un tiroir. Elle m’avait répondu qu’il ne finirait pas aux oubliettes. J’ai donc quelque espoir qu’il en sortira quelque chose, d’autant plus qu’elle a déclaré devant les députés que : « la ratification de la Charte est attendue pour clarifier le statut des langues » et qu’elle soulignait hier que, si l’on était attachés aux principes républicains on devait comprendre que « l’égale dignité des langues » en faisait partie.

Image 

A la sortie de l’Assemblée où nous étions plusieurs élus régionaux en charge des langues. Ici en compagnie de Pascale Schmidiger de la Région Alsace et de Léna Louarn de la Région Bretagne

L’exception française : Capet et la Révolution !

Henri Guaino, le député UMP a voulu pour sa part absolument démontrer que la Charte était nocive et que l’on allait vers la destruction de la République. Son discours, commençant par des arguments qui se voulaient juridiques, s’est très vite transformé en évocation apocalyptique de l’avenir de la République si celle-ci ratifiait la Charte. Selon lui les ratificateurs de la Charte avancent masqués en faisant croire que ce texte est inoffensif. Puis, comme si cela ne suffisait pas, il a parlé de « l’exception française  » qui serait le produit à la fois de la dynastie capétienne et de la Révolution. « Le fédéralisme est votre idéal refoulé », « Toutes nos langues vivent dans le français » , « le français n’est pas une langue comme une autre », « vous voulez en finir avec l’unité linguistique ». Voilà quelques phrases qui résument l’intervention de H.Guaino qu’il terminait par un tonitruant

« Vous récusez le principe d’indivisibilité ! » le tout adressé à Jean-Jacques Urvoas et à,ses amis.

Cet affreux mélange d’arguments qui se veulent juridiques et politiques, donnent une sauce idéologique d’un autre âge mais qui auprès de certains fonctionne encore. On le verra dans les médias n’en doutons pas. Cette « exception française » dont parle Guaino est un permis de tuer les langues. Au nom de la langue française qui serait menacée ( un député de droite a même lancé à un moment : « ce ne sont pas les langues régionales qui sont menacées, c’est le français qui va disparaitre ! » ) on aurait le droit d’éliminer les autres qui seraient la menace…vieille rengaine de l’ennemi de l’intérieur !

Bref, on ne pouvait avoir Mélechon sur le sujet mais on avait Guaino ! Ne nous réjouissons cependant pas trop vite car Mélenchon n’était pas loin. Il avait envoyé une lettre de trois pages à tous les députés pour leur expliquer, en tant que député européen, toute la nocivité de la Charte et tous les dangers qu’elle fait courir à la République. Comme quoi ses prises de position sur le sujet sont d’une constance remarquable, de vraies convictions qui devraient amener à réfléchir ceux qui à gauche le suivent tout en défendant l’une ou l’autre de nos langues.

Soutien majoritaire

Les groupes qui ont suivi, ont soutenu le texte de la proposition de loi et refusé de soutenir la position de H.Guaino qui demandait que le texte ne soit pas étudié et déclaré irrecevable. Quant à la droite elle est divisée. Certains députés UMP n’ont pas suivi Guaino. Le député breton Marc le Fur (UMP et dont on sait l’engagement qui est le sien en faveur d’un statut des langues) il souhaitait même que l’on renvoie le texte en commission pour l’améliorer parce qu’il trouvait que l’on faisait la part trop belle à des remarques anciennes faites par le Conseil Constitutionnel. Peut-être n’a t-il pas tort, mais si l’on peut faire un premier pas faisons-le. Parce que l’on a quand même entendu —et c’est agréable à l’oreille— des députés rappeler que les députés peuvent modifier la constitution et pas les juges. Il est bon de rappeler des principes démocratiques de base.

 

La deuxième partie des débats s’est faite autour d’amendements à la proposition Urvoas. Marc le Fur pour l’UMP demandait à ce que l’on ne mette pas dans le texte de la proposition de loi les réserves faites en leur temps par le Conseil Constitutionnel (cf le texte de la proposition à la fin de cet article). Il estime que cela réduira la portée des engagements contenus dans la Charte.

Paul Molac, le député de l’UDB, était sur une position identique et proposait lui aussi des amendements.

Au final rien n’a été touché et c’est le texte du député socialiste breton qui a été adopté, sans surprise.

Politiquement la position de Marc le Fur se comprend. Il n’a aucun intérêt à se montrer minimaliste et il est dans l’opposition. Sans compter qu’il ne tient pas laisser, en Bretagne, à J.J Urvoas la place de meilleur défenseur de la langue. Il y a des régionales l’an prochain.

Paul Molac essayait aussi de limiter au maximum la portée des réserves contenues dans le texte de la proposition de loi ; mais il votera mardi en faveur même s’il n’est pas parvenu à le faire modifier.

Et maintenant ?

Que va t-il se passer maintenant ? Le texte va revenir pour un vote et puis, s’il est positif, si le Sénat s’en empare et le vote aussi, il restera au gouvernement de décider s’il peut présenter ce texte au Congrès pour modifier la constitution. C’est un choix qui demandera du temps donc ce n’est pas pour demain ; il faudra plusieurs mois. Mais n’oublions pas qu’à la fin de l’année il y a des sénatoriales qui seront influencées par les municipales à venir. Il ne faudrait pas que le Sénat bascule et fasse une place trop large aux amis de H.Guaino, même si en ce domaine les frontières partisanes ne sont pas toujours pertinentes.

Des décisions concrètes, vite !

 Mais, avant même tout cela il faudrait que le gouvernement prenne des décisions. Il peut rédiger un projet de loi qui serait un statut des langues, il peut piocher dans le rapport qui a été remis au mois de juillet à la ministre de la Culture.

Pour la loi il y a de la matière dans les propositions de loi déjà déposées et en particulier celle qui est prête depuis longtemps. Elle est le résultat du travail du groupe d’études parlementaires sur les langues auquel bon nombre de députés occitan ont participé et en particulier Martine Faure. Ce texte auquel Paul Molac a apporté aussi sa pierre pourrait servir de base pou la ministre de la Culture et le gouvernement. En réécrire un de A jusqu’à Z ne servirait à rien.

Urgence

 Il faut aussi qu’il se penche d’urgence sur le statut des écoles associatives et qu’il recherche une solution pour leur permettre d’exister et de se développer. Les derniers événements en Pays Basque et en Béarn montrent qu’il y a une volonté de la part du préfet des Pyrénénes-Atlantiques de faire appliquer sans aucune volonté de négocier et sans aucune indulgence la loi Falloux. Ainsi la Calandreta d’Artix est-elle clairement menacée d’expulsion. Et des ikastolas en Pays Basque sont menacées elles aussi.

Ce sont des écoles qui répondent à une demande et qui forment des enfants bilingues ; elles font un travail de service public. A côté d’elles existent des écoles bilingues ( dites à parité horaire ) de l’Éducation Nationale. Il y a de la place pour toutes, et particulièrement en Occitanie où le territoire est immense.

Il y a une grande variété de domaines où le gouvernement peut d’ores et déjà avancer en faisant légiférer le parlement ou alors par des moyens réglementaires.

Il y a aussi, et c’est important de mon point de vue, à donner aux régions une compétence particulière pour la mise en place de politiques linguistiques publiques. La première loi sur les collectivités en parle mais il faut préciser et donner les moyens. A cet égard les régions occitanes montrent la voie en proposant ( pour cinq d’entre elles à ce jour ) de travailler ensemble dans un Office Public de la Langue Occitane. Il va être créé et il serait bon que l’État s’y associe. Nous le lui demandons.

La ratification de la Charte sera donc un des éléments d’une politique nouvelle. Elle ne peut être le seul, c’est une évidence, mais elle a valeur de symbole, de message envoyé à l’opinion, au monde associatif, et aussi à l’extérieur des frontières de l’hexagone.

 

David Grosclaude

 

 

Le texte de la proposition de loi

 

Article unique

Après l’article 53-2 de la Constitution, il est inséré un article 53-3 ainsi

rédigé :

«

Art. 53-3.

La République peut ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée à Strasbourg le 5 novembre 1992, signée le 7 mai 1999, complétée par la déclaration interprétative exposant que :

« 1. L’emploi du terme de groupes” de locuteurs dans la partie II de la

Charte ne conférant pas de droits collectifs pour les locuteurs des langues régionales ou minoritaires, le Gouvernement de la République interprète la Charte dans un sens compatible avec la

Constitution, qui assure l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ;

« 2. Le d du 1 de l’article 7 et les articles 9 et 10 de la Charte posent un principe général n’allant pas à l’encontre de l’article 2 de la Constitution, en application duquel l’usage du français s’impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public, ainsi qu’aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics. »

 

 

Publicités

Régions, départements, communes : à qui la faute ?

Publié le

Faut-il réduire le nombre de régions et supprimer les départements ? Faut-il donner plus de pouvoirs aux collectivités ? Tout concourt à rendre difficile le diagnostic. La classe politique, l’administration, les médias, doivent tout au centralisme. Difficile de mordre la main qui vous nourrit. Difficile d’imaginer autre chose quand on croit que le monde parfait est un hexagone. Quand le centre fait son autocritique, il est indulgent.

 

Le gaspillage, le trop de dépenses serait dû à un trop de collectivités. Le fameux millefeuille serait le seul responsable de l’explosion de la dépense publique, dépense qui serait néfaste a priori.

C’est parti ! Il faut réduire le nombre de collectivités et le tour sera joué ! On voit des médias et des commentateurs prendre en main les ciseaux et retailler les régions, en fonction de critères plus ou moins farfelus. Pour les uns c’est la démographie, pour les autres la taille du territoire et pour quelques uns, mais rares, des critères historiques ou culturels.

On entend même des commentateurs donner des chiffres ahurissants de collectivités qui auraient embauché de façon irresponsable depuis quelques années. On oublie juste que les régions, par exemple, ont surtout pris en charge des personnels qui sont liés à leurs nouvelles compétences, en particulier les lycées. Autrefois ces personnels étaient payés par l’État, aujourd’hui par les régions. Ce ne sont pas des embauches. Mais on ne s’arrête pas là pour si peu et on accuse les collectivités d’avoir embauché sans compter, et le raisonnement se tient ; dans le flux médiatique ça passe.

Bref, ces élus locaux toujours aussi irresponsables, alors que le centre lui est sage, garant de l’égalité, économe, rationnel !

 

Fédéralisme : un gros mot !

 

On dénonce aussi le fait qu’il y aurait trop d’élus en ignorant des évidences. Par exemple, il y aurait trop de députés en France. Et les fins analystes comparent avec les États-Unis. Oui, si l’on ne prend que la Chambre des Représentants en la comparant à l’Assemblée Nationale ça pourrait se tenir ; mais il y a aux États-Unis des députés dans chacun des États. J’ai même entendu des commentateurs comparer avec la Russie, une fédération elle aussi, mais dont démocratie n’est pas la caractéristique première.

Les joyeux manipulateurs de ciseaux ne remettent jamais en cause le centralisme. Lui, il est le siège du pouvoir que personne ne peut contester.

Le mal n’est pas seulement dans le nombre de régions, de communes ou de collectivités en général. On ne changera rien si l’on ne se départit pas de nos habitudes fixées et figées par le centralisme bonapartiste. Avez vous entendu l’idée de réduire le nombre de préfets ?

Pourtant, il arrive que certains évoquent l’exemple allemand avec son fédéralisme et ses länder. Oui il faut s’en inspirer mais pas trop, disent ils . En effet dès que l’on évoque le mot fédéralisme on entend aussitôt parler de notre « tradition » qui ne serait pas compatible avec ce fédéralisme. Tout est dit !

Pas mal quand même d’évoquer la tradition ( d’abord quel âge a t-elle ? ) quand on n’a que le mot modernisation à la bouche pour dire qu’il faut bousculer la réalité. Mais y a t-il volonté de changer quoi que ce soit ?

Peut-être, mais surtout pas de fédéralisme ! Quelle horreur ! Pourtant c’est comme cela que l’on doit appeler un système qui donne à des régions des capacités réglementaires et même législatives, qui donne de l’autonomie aux régions. Mais je dis des horreurs. Des horreurs qui sont monnaie courante dans le monde et dans de grandes démocraties. Et l’Europe on en fait quoi, on la fait comment ? Centralisée, comme la France ?

 

Les petites métropoles et la Grande

 

Il faut réduire le nombre de communes, dit on ! C’est en cours. Les intercommunalités se mettent en place et commencent à entrer dans les moeurs. Il faut encore faire un effort sur l’élection des conseillers.

Il faut supprimer les départements ! Il y a longtemps que ceux qui comme moi sont des régionalistes, favorables à un statut des régions qui leur donnera plus d’autonomie, le disent.

J’entends bien tous les pourfendeurs de la dépense publique attaquer les collectivités et la complexité du système français. Pourtant personne n’a hurlé au moment de la création d’un nouveau niveau de gouvernement des territoires : les métropoles.

Vu de Paris les métropoles c’est une évidence puisque ces métropoles doivent nous mettre à l’heure de la mondialisation, être attirantes et tirer le développement de leur région. Mais elles ne seront rien à côté de la métropole du Grand Paris qui elle ( c’est écrit dans la loi) devra avoir un rôle de chef d’orchestre en quelque sorte. Elle assurera un développement de niveau national et européen. Ce sera LA métropole. Bref on ne change rien ! La pyramide est toujours là !

 

Elites provincialisées

 

Je ne peux m’empêcher de ressentir dans certains commentaires de la condescendance pour les élus et les populations des « territoires ». On ne dit plus « la Province » mais le parfum y est.

Il est vrai que des années de centralisme n’ont pas donné que de bonnes habitudes. Les élites se sont « provincialisées » et le centralisme des partis, des médias, des syndicats, de l’administration ne crée pas que de la responsabilité.

Il faut de vrais pouvoirs pour les régions. L’existence de pouvoirs capables de rééquilibrer le pouvoir du centre est une garantie de démocratie. Mais que peut-on faire quand c’est l’État qui tient seul les cordons de la bourse ? Quand l’État « distribue » des « dotations » aux collectivités peut-on dire que nous sommes en démocratie ? Il faut donner les moyens aux collectivités de prélever aussi l’impôt et ainsi les élus seront responsables face aux électeurs-contribuables. Il faut clarifier la fiscalité en disant qui prend pour qui, et pour quoi faire.

Quant au nombre de régions c’est faux débat. On peut trouver des exemples en Europe qui montrent que la taille n’a rien à voir avec l’efficacité.

En réalité, ce qui est devant nos yeux et que l’on ne veut pas voir c’est que notre système est vieux et fatigué. Il nous rend aveugles. Il produit de l’inégalité, il est lourd face à l’innovation sociale, économique et institutionnelle, il est mortifère pour la diversité culturelle et linguistique, il est inopérant pour la mise en place de la transition écologique.

Dans cette situation tout concourt pour rendre difficile le diagnostic. La classe politique, l’administration, les médias doivent tout au centralisme. Difficile de mordre la main qui vous nourrit. Difficile d’imaginer autre chose quand on croit que le monde parfait est un hexagone.

 

David Grosclaude

 

BASTIR ! au servici d’un occitanisme de terrenh

Publié le

Los qui son candidats a las eleccions municipaus au nom de BASTIR ! qu’an decidit d’apregondir lo tribalh hèit dinc adara per l’occitanisme devath la soa fòrma associativa mei que mei. BASTIR ! qu’ei neishut entà har entrar l’occitanisme en la vita de cada dia deus occitans.

 

Perqué BASTIR ? Perqué anar a la batalha per aver ua influéncia sus l’anar de las causas e las decisions publicas ?

Que soi estat president de l’IEO e abans aquò que m’avèvan ensenhat que la « la fe shens òbras mòrta es ». E que i credi enqüèra.

Las òbras que pòden estar multifòrmas. L’occitanisme que mia accions de fòrma plan divèrsa mes qu’a tostemps avut reticéncias cap a las accions publicas, cap a l’afirmacion publica. Que m’a sovent arribat d’arregretar aquera timiditat.

Que m’engatgèi en 2004 com president de l’IEO en prepausar d’organizar ua grana manifestacion comuna a totas las associacions e capabla d’amassar tots los qui sentivan la necessitat de díser hòrt e per carrèras las reivindicacions de basa.

Solide qu i avó monde entà aprovar de tira aquera idea ; mes que n’i avó tanben entà’s demandar s’èra plan prudent pr’amor que i avèva un risc d’estar pauc nombrós e finalament de hicar a la lutz un cèrt flaquèr. E òc ! Que i avèva un risc. Mes quin avançar shens préner nat risc ?

Lo resultat que’u vedom en 2005 a Carcassona e que podom constatar que la preséncia qu’anè en créisher dinc a l’an passat a Tolosa on èram pas luenh de 30 000.

 

BASTIR ! qu’ei com investir

 

La volontat de montar un movement capable de presentar candidats a las eleccions municipalas que segueish la medisha logica. Se n’entram pas dens la decision publica, se ne’ns balham pas la capacitat de har espelir en mantuns endrets ua politica lingüistica publica non poderam pas mei avançar. Que seré com ua enterpresa qui deisharé d’investir o d’innovar. Que seré com ua tèrra qui non seré pas entertienguda e qui volerem totun que balhèsse ua recòlta.

BASTIR ! n’ei pas un partit politic mes que va suu terrenh dit politic. La question qu’ei de saber perqué deverem deishar aqueth terrenh a d’autes ? Perqué las decisions de las comunas on demoram los uns e los autes e deverén demorar luenh de çò que demandam e que credem juste.

Que pensam que las nostas ideas son talament justas e bonas que d’autes, en manca d’ideas o esmiraglats per la qualitat de la nosta pensada, e las van méter en aplicacion en plaça nosta ? Aquò n’a pas jamei existit enlòc.

 

L’occitanisme a l’espròva de la vita-vitanta

 

Los candidats de BASTIR ! per las municipalas qui arriban que hèn un tribalh indispensable. Qu’an passat acòrds en mantuas vilas, acòrds escriuts, qui essajaràn de méter en aplicacion. Solide los acòrds non son pas tostemps passats dab caps de listas qui son convençuts de las nostas ideas. Que i acòrds signats dab monde qui n’an pas jamei hèit la mendra accion qui’s poderé qualificar d’occitanista. E alavetz, que volem ? Convéncer los convençuts o ganhar terrenh en aparéisher com un element a préner en compte en la politica publica ?

Qu’avem tot a ganhar a entrar en las municipalitats petitas o granas. Com avèvam a ganhar a entrar en quauques conselhs regionaus. Segur, que cau participar a d’autes debats e méter lo noste occitanisme a l’espròva d’autas tematicas que la tematica culturau e lingüistica. Mes après tot qu’ei aquò la vita, la nosta e la de tots los qui viven en tèrra occitana. Que’s cau encuentar de las questions sociaus, economicas, d’urbanisme, de transpòrts e de tot çò que hè la nosta vita de cada dia.

Acòrds per ua politica publica

 

Qu’èi audit las reticéncias e las criticas de quauques occitanistas per exemple a l’anóncia d’un acòrd per temptar d’aver ua elegida a Tolosa en passar un acòrd dab la lista de Pierre Cohen. Que n’èi entenut d’autes a criticar d’autes acòrds passats en d’autas vilas.

Que calèva har ? Arren, esperar que las municipalas s’acabèssen e qu’arribèssen las decisions shens aver hèita la mendra pression, shens aver provat la nosta capacitat a préner las nostas responsabilitats ?

Qu’èi tanben audit los qui apròvan e qui considèran que cau passar a un nivèu navèth d’intervencion en la vita publica. Que’us encoratgi a viéner a BASTIR ! N’ei pas tròp tard entà integrar ua lista en tau o tau comuna petita o grana. Qu’avem besonh un occitanisme implicat en tèrra occitana, en las causas de cada dia. Que serà lo mei gran sostien entà que’s posca desvolopar lo tribalh hèit peu monde associatiu, peus artistas e creators de tot escantilh.

 

Ua auta pòrta d’entrada

 

A l’òra quan se parla de discutir ( lo 22 de genèr qui arriba) de l’oportunitat de ratificar la Carta europèa qu’ei indispensable d’aver un grop estructurat d’elegits en las diferentas collectivitats.

A l’òra quan se parla de dar a las regions la competéncias en matèria de promocion de las lengas ditas regionaus, qu’avem besonh relais en las autas collectivitats.

Cadun dab las soas conviccions politicas filosoficas o autas que i pòt participar peu biais de BASTIR !

Qu’ei aquò BASTIR ! : la possibilitat de’s hicar a l’òbra. Qu’ei lo parat d’obrir ua pòrta qui cèrcan desempuish annadas los qui’s demandan quin har entà que la question de la lenga entre vertadèrament en las tematicas qui son presas en carga per la societat occitana.

 

David Grosclaude

 

L’annada 2014 que serà çò qui la haram

Publié le

L’annada qui s’acaba non demorarà pas segur dens l’Istòria com ua annada de cambiaments pregonds. Mes non sabem pas çò que i a en gèrmi en aqueras annadas qui non son pas marcadas per eveniments deus grans.

Nosautes, en tot cas, qu’avem semiat. Que vederam çò qui darà la recòlta.

Dab la creacion de la television en occitan per internet qu’esperam la recòlta serà de las bonas. Que pensam que pòt ajudar la difusion de la lenga, de la creacion dens la lenga. Que pensam que pòt ajudar los artistas, los creators de tot escantilh.

N’avem pas deishat, tot au long de 2013, de díser çò que son las nostas demandas en favor de la lenga occitana. Que volem ua lei, la ratificacion de la Carta europèa, lo desvolopament d’ua politica publica en favor de l’occitan. Sonque causas naturaus en ua democracia, mes pas evidentas en França.

Qu’espèri, de la plaça a on soi, d’aver obrat per tot aquò e per d’autas causas enqüèra qui’m semblan importantas. Que devem sortir deu centralisme estofaire, d’aquera entrava permanenta a l’innovacion. Las questions ecologicas màgers que trobaràn responsas de qualitat dens un sistèma liberat deu bonapartisme centralista. Lo govèrn que trantalha sus totas aqueras questions com trantalhan los govèrns desempuish annadas. Arrés non gausan préner las decisions qui trencarén enfin dab decenias de politica centralista. Que vederam se i a ambicions en la politica fiscau dab la refòrma anonciada. Que cau repartir miélher las recèptas fiscaus enter Estat e collectivitats en dar ua vertadèra dinamica pròpia a las collectivitats, e prumèr a las regions.

E puish que cau pensar a tots los qui son shens tribalh, shens lo dequé entà víver. Aquestes que riscan de s’ahonir hens l’amarum. La crisi economica n’ei pas ua conselhèra de las bonas quan arriba la desesperança. La solidaritat qu’ei un dever mes inventar un monde on las riquessas son mei plan partatjadas qu’ei ua exigéncia de securitat entà tots.

 

Que i a centenats de rasons de desesperar segur, mes que i milierats de rasons d’aver esperanças e de seguir los combats dejà aviats.

En aquesta fin d’annada lo prumèr ministre qu’a prometut de sostiéner la demanda parlamentària de ratificacion de la Carta europèa e qu’anonciè tanben que la lei de descentralizacion serà mei regionalista que çò de dit quauques mes a. Tant de bon ! N’èm pas nocients e que demandam a véder. Qu’avem aprés a estar prudents.

Mes la prudéncia n’ei pas d’aténder que las causas se hàcian shens nosautes. Que devem pesar sus las decisions, on que siam, quau que sia la nosta posicion. Cadun que pòt pesar de on se tròba.

Qu’ei pr’amor d’aquò que soi estat un deus iniciators de BASTIR !

Que credi a l’engatjament e mei que jamei l’occitanisme non dèu pas deishar la plaça vueita. Que seré ua actitud demissionària qui, en temps de crisi, permet a la mediocritat de préner la plaça abandonada. E que la vedem a l’òbra devath la fòrma de populismes, d’ideas simplistas, de nacionalismes, de replec antieuropèu.

L’occitanisme qu’ei portaire d’un projècte per lo noste país, d’ua vision deu monde, de noste estant. Que devem har vàler aqueth punt de vista. Que i credem en tot saber que « la fe hens òbra, morta qu’ei ! ».

Que l’annada qui comença sia un còp de mei lo parat de cambiar las ideas en actes.

Que serà atau ua bona annada, plan granada ; qu’ei, tà vos e taus vòstes, çò que desiri per 2014.

 

David Grosclaude