Mois: mai 2014

Les leçons de l’Histoire ! Las leçons de l’Istòria (bilingue)

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On ne peut tirer des leçons que de ce que l’on connait. Si tous les électeurs ne connaissent pas l’histoire du siècle passé au point de comprendre les similitudes avec la situation actuelle, les responsables politiques sont impardonnables de ne pas la connaitre et de ne pas réagir plus vite.

Las leçons de l’Istòria ! Òc per los que vòlon plan prendre la pena de conéisser l’istòria. Lo vòte en favor de l’extrèma dreta nos met davant una situacion que lo sègle passat nos prepausèt ja. La classa politica a una responsabilitat de las grandas dins aquel afar. Subretot que, tre lendoman de las eleccions europèas, un gran partit prepausèt un espectacle pietadós. D’autres o faguèron abans e son de l’autre bòrd. Son d’argupments de mai per l’extrèma dreta.

Segur cal prepausar de solucions novèlas per las questions economicas (donc ecologicas) e las questions socialas. Benlèu poiriam tirar profièit de la reforma territoriala per cambiar un sistèma que favoriza la dramatizacion de cada eleccion locala e subretot que dona a cada còp l’ocasion als electors de votar contra lo cap de l’executiu mentre que la question es pas aquesta.

 

Le Choc ! C’est ce que la presse a dit. Mais depuis le temps que l’on en parle et que l’on sait que le mur est là, devant nous, on aurait pu ou dû s’y préparer. Mais est-il possible de se préparer à voir les idées simplistes gagner l’opinion sans se demander à quel moment on a oublié de dire des choses basiques. Visiblement les leçons de l’histoire ne suffisent pas. Il est vrai qu’il faut connaitre l’histoire pour en tirer les leçons. Pourtant elle est simple : chaque fois qu’une crise économique arrive, elle a les mêmes effets. Elle aggrave les injustices et les rend encore plus insupportables. Mais chaque fois les solutions simplistes se font passer pour du bon sens, à chaque fois on désigne des bouc-émissaires.

 

Le bon sens et le mélange mortel

 

Il se trouve aussi qu’à chaque fois des millions de personnes ont envie qu’on leur dise ce qu’elles souhaitent entendre. A chaque fois il y a des responsables politiques pour le leur dire : « Il faut faire des efforts », « la croissance va revenir ! » « Il faut relancer la croissance ! » etc… Et comme les voeux pieux ne suffisent pas , que les remèdes d’autrefois ne fonctionnent pas, il se trouve qu’arrivent ensuite ceux qui expliquent que le bon sens nous dit que le salut viendra d’un bon repli sur soi, qu’il faut chercher le mal chez ceux qui viennent d’ailleurs, que sans ceux-là tout ira mieux…

Vous ajoutez la petite dose d’antiparlementarisme qui vient pimenter le tout. N’oubliez pas la maladresse d’un système déboussolé qui n’arrive pas à se réformer et qui offre ainsi quelques scandales politico-financiers qui accréditent le fameux « tous pourris ». Voilà, le mélange mortel est prêt.

 

Je crois qu’il y a de la morbidité depuis quelques années dans la société, comme une envie de chaos. Cette envie elle est toujours diffusée par ceux qui pensent tirer profit de ce chaos, qui imaginent que de lui peut venir leur salut, leur chance. C’est le calcul des médiocres. C’est la théorie du « grand coup de balai ». Rien que cette expression soulève pour moi des effluves nauséabondes.

La classe politique doit certes commencer par balayer devant sa porte. Ce sera salutaire. Elle doit avoir le courage de dire ce qui n’est pas facile à entendre, même par elle. Non la croissance ne reviendra pas comme avant. Non, la question du chômage ne se résoudra pas avec les recettes d’hier. Non, la société de consommation que nous avons inventée ne peut combler toutes les insatisfactions. Oui il va falloir consommer autrement —et parfois moins— et il va falloir partager. Oui, certaines situations d’enrichissement qui font enfler le sentiment d’injustice, sont inacceptables et intolérables.

Mais oui aussi, nous devons reconnaitre que nous ne sommes pas les plus mal nourris, les plus mal logés, les plus maltraités sur la planète. Non, la compétition dont on nous rebat les oreilles ne se fera pas sans qu’il y ait des perdants et donc d’autres insatisfactions. Non, l’exportation, n’est pas la solution parce que la logique veut que les pays ne peuvent être tous excédentaires en même temps.

Il faut donc inventer autre chose. La solution ? Elle ne se trouve pas aujourd’hui dans les programmes des partis politiques installés. Elle n’est pas non plus chez ceux qui pensent avoir gagné hier.

Elle est ailleurs, éparpillée, éclatée. Il faut trouver le moyen d’agréger tout cela, d’en faire un programme cohérent, un projet identifiable.

Cependant me faites pas dire que les partis ne servent à rien. Ils sont en crise mais on finira par les réinventer parce qu’il n’y a pas de démocratie sans structuration des courants d’opinion. Mais tout cela demande des règles nouvelles, notamment un statut de l’élu, un vrai contrôle du cumul et des mandats successifs.

 

« On a tout essayé alors pourquoi pas eux ! »

 

Il ne faut surtout pas accepter l’idée que les solutions aux difficultés actuelles viendront seulement après qu’on ait essayé les solutions dont l’histoire nous dit qu’elles apportent la tempête. Se résigner, c’est accepter la morbidité dont je parlais. Il y en a assez d’entendre les médias banaliser l’extrême droite en diffusant de façon complaisante des micro-trottoir où l’on dit : « on a tout essayé, ça n’a pas marché, alors maintenant on peut bien essayer ceux-là ! ».

S’il est vrai que c’est dans la crise que l’on trouve parfois de nouvelles voies, des solutions audacieuses, que c’est dans la crise que notre imagination se surpasse, il serait préférable d’éviter la crise majeure et d’aller au fait, tout de suite.

Mais ça ne se fera pas en un coup de baguette magique. Cela aussi il faut le dire.

Nous devons en plus prendre en compte les blocages spécifiques à notre pays. On nous dit que la réforme des collectivités va venir très vite. Tant mieux si elle est audacieuse, intelligente, concertée.

Parce que le centralisme est un facteur bloquant supplémentaire à toute innovation économique, sociale, écologique, culturelle. Mais là aussi la classe politique dans son ensemble va devoir faire des efforts.

En effet, quand on écoute les commentaires autour de l’élection européenne, autour de la crise dans tel ou tel parti, on ne se préoccupe que de la future élection présidentielle en se demandant qui sera bien placé en 2017. Curieux paradoxe alors même que l’on disserte sur l’incapacité du même président à influer sur les réalités concrètes.

 

Ne pas polluer l’Europe avec nos idées monarchiques

 

 

Il faut des lieux de décision plus nombreux, plus variés. Il faut des contre pouvoirs. Il faut lâcher la bride aux régions et leur donner les moyens de construire des solutions plus adaptées au terrain dans tous les domaines.

Mais si la classe politique doit être innovante les citoyens doivent aussi se libérer de cette monarchie républicaine qui fait que chacun croit ( ou fait semblant de croire) qu’il y a un homme providentiel, un monarque inspiré qui peut sortir du suffrage universel une fois tous les cinq ans. Rien ne nous paralyse autant que ce rythme électoral, cette obsession présidentielle.

Je plaide pour que l’on dédramatise les élections et qu’on les désacralise. Je ne suis pas et n’ai jamais été favorable à une élection d’un président au suffrage universel ; pas plus en France qu’en Europe. N’allons pas polluer l’Europe avec cette idée monarchique !

Dédramatiser les élections c’est répartir le pouvoir et faire en sorte qu’il n’y ait pas une bataille électorale qui noie les autres. En clair, si les régions peuvent élire leurs assemblées et si on ne choisissait pas la même date pour toutes les élections régionales on décollerait ces scrutins des autres considérations. En Espagne toutes les communautés autonomes ne votent pas en même temps.

D’avoir collé le mandat présidentiel à celui des députés est une erreur. On connait les effets pervers de la chose. Quel paradoxe alors même que l’on prétendait donner plus de pouvoir au Parlement.

Notre système fait que chaque élection locale ou régionale se transforme en référendum sur la politique (au mieux) ou sur la personnalité (au pire) du monarque. Et alors tout bascule d’un côté ou de l’autre. Mais si l’on votait de façon décalée dans les régions par exemple, l’effet ne serait pas le même et la dramatisation ne serait pas celle que l’on connait.

Il y aurait aussi un autre effet très positif pour la démocratie. Les médias parisiens ne seraient pas aussi omnipotents. Il faut décentraliser aussi la parole.

Une élection régionale à enjeu régional nous libérerait de ce poids médiatique centralisé. Le système médiatique centralisé ne voit que par l’activité ou les tribulations de la classe politique centrale. Et c’est sans compter la condescendance, pour ne pas dire le mépris, dont les médias parisiens font preuve avec tout ce qui touche à la « province ». Ecoutez ce qui se dit sur le débat autour du découpage régional !

Il faut créer les conditions d’émergence de vrais médias locaux et régionaux, lieux de débats et d’expression des territoires. Ils n’existent pas chez nous.

Créer un pouvoir régional, avec les contrepouvoirs nécessaires est indispensable pour équilibrer le pouvoir central et le pouvoir de l’Europe.

Certes la mise en place d’un pouvoir régional n’est pas le remède miracle à la montée des idées de l’extrême droite mais ça peut aider à éviter qu’un jour tout bascule du même côté, en même temps.

 

La votz de França

 

Vòli acabar sus una remarca pertocant los comentaris de qualques responsables politics en sortir de las eleccions europèas. Ai ausit de responsables franceses de partits de dreta e d’esquèrra que disián que crentavan per la representacion de França al Parlament europèu. Pensan que, amb un FN a 25 % França serà pas ausida a Brussèlas e al Parlament europèu. An paur que la votz de França sia pas pro fòrta.

Mas aquí tanben sèm dins l’analisi falsa de las realitats. Los eurodeputats son pas elegits per representar los interèsses dels Estats mas per far de politica al nivèl europèu e per èstre de parlamentaris europèus. Lor preocupacion dèu èstre l’avenir d’Euròpa e la mesa en plaça d’una legislacion europèa. Un còp de mai aqueles arguments sul pes de França a l’Euròpa pòrtan d’aiga al molin dels ultranacionalistas.

 

BASTIR ! contunha lo son tribalh e los elegits occitanistas s’organizan / BASTIR ! continue et les élus occitanistes s’organisent

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Résumé

Ce dimanche17 mai à Muret BASTIR ! a décidé de poursuivre son travail. Après les élections municipales qui ont permis de voir l’élection de 55 élus qui se revendiquent de BASTIR ! le mouvement a décidé de rester actif afin de permettre que la question occitane soit toujours plus présente dans la vie publique. BASTIR ! reste un mouvement social dans lequel se retrouvent des personnes de sensibilité politique diverses et qui acceptent comme base le texte du Manifeste Occitaniste.

BASTIR ! se donne pour objectif de travailler à une réflexion sur la future réforme des collectivités et sur les futures élections territoriales de façon à ce que des candidats occitanistes soient présents, comme cel a été fait pour les municipales.

A côté de BASTIR ! et de façon indépendante du mouvement travaillera une association des élus occitans. Créée sur la base de l’ancienne association ACEOC, cette association sera ouverte à tous les élus qui souhaite que soit mise en place une politique publique en faveur de la langue occitane.

l’association des élus sera ouverte aux diverses sensibilités politiques et aux élus des diverses collectivités ainsi qu’aux parlementaires.

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En seguida de las eleccions municipaus deu mes de març passat qu’èra organizada aqueste dimenge 17 de mai, a Murèth, ua amassada de BASTIR ! e deus navèths elegits municipaus entà parlar de l’aviéner de Bastir ! e tanben de la futura associacion deus elegits occitanistas.

Un cinquantenat, de personas, au demiei de lasquaus la mitat d’elegits, qu’a tribalhat lo matin entà har lo bilanç de las municipaus e de BASTIR !

Qu’ei l’adjunta au maire de Murèth qui arcuelhó oficiaument l’amassada. Que cau senhalar que ua conselhèra municipau de BASTIR ! qu’ei presenta dens l’equipa municipau de la vila. En tot mei de 120 candidats èran estats labelizats BASTIR ! e 55 son estats elegits.

Desempuish que son estats mantuns elegits municipaus, qui n’avèvan pas lo labèl de BASTIR ! a demandar se podèvan participar au tribalh comun qui’s harà en l’associacion deus elegits occitans. Quauques uns qu’èran d’aulhors presents a Murèth. Un vintenat d’elegits qu’avèvan hèit saber que non podoren estar presents fisicament mes qu’èran part-prenents a la seguida deu tribalh començat abans las eleccions.

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Dus talhèrs

Lo vrèspe, que son estats mes en plaça dus talhèrs. Lo prumèr qu’èra consacrat a la seguida deu movement BASTIR ! e lo segond a l’estructuracion de l’associacion deus elegits.

Per çò qu’ei de BASTIR ! qu’estó decidit de contunhar lo tribalh entamenat. Que significa que BASTIR ! en tant que movement ciutadan ubèrt, que contunharà d’existir. Qu’ei hèit entà arcuélher tots los qui, en acòrd dab lo tèxte basic deu Manifèste Occitanista, e desiran seguir lo tribalh de reflexion sus la preséncia de l’occitanisme dens lo domeni politic au sens larg deu mot.

BASTIR ! que demora donc un lòc de reflexion e de concertacion ubèrt qui n’ei pas un partit politic mes un movement sociau.

Que tribalharà per l’aviéner sus dus tèmas màgers.

Lo prumèr qu’a per mira de soscar e de har proposicions sus la question de la refòrma territoriau anonciada peu govèrn. BASTIR ! que deu portar ua espiada e ua analisi occitanista d’aqueth projècte. Qu’ac harà pro rapidament gràcias a çò que portaràn tots los qui volhan participar a la reflexion sus aquera question centrau entà l’aviéner de las collectivitats deu territòri occitan.

La segonda question a laquau tribalharà lo movement que serà d’aprestar la preséncia de candidats occitanistas, labelizats BASTIR!, per las eleccions territoriaus a viéner. Segur, vist lo contèxte politic, non sabem pas enqüèra çò que seràn aqueras eleccions ni quan se debanaràn. Totun que cau, en la dralha de çò hèit per las municipaus, pensar a recercar lo biais d’estar presents en aqueths escrutins e perméter l’emergéncia d’un grop d’elegits occitanistas.

BASTIR ! que seguirà de foncionar dab comitats locaus ubèrts (qui son lòcs de discussion tau com foncionèn per la municipaus) e un comitat de pilotatge nacionau compausat de tretze personas qui coordonan las accions e los debats, en tot respectar ua hòrta autonomia deus grops locaus.

Associacion deus elegits

Lo segond talhèr de la vrespada que tribalhè sus la question de l’associacion deus elegits. Que’s tròba que, dempuish 1999, qu’existeish l’ACEOC (Associacion dels conses e elegits occitans). Aquesta associacion n’a pas dempuish quauques annadas de vertadèra activitat mes qu’a tostemps ua existéncia legau e estatuts depausats.

Qu’estó prepausat d’organizar per las setmanas qui arriban (segurament a la fin de l’estiu) ua amassada generau de l’ACEOC entà prepausar de la cambiar en Associacion deus Elegits Occitans a laquau e s’associaràn los navèths elegits gessits de l’escrutin de març

L’associacion que serà ubèrta a tots los elegits occitans, que sian estats labelizats per BASTIR ! o pas. Qu’arcuelherà tots los elegits quau que sia la lor etiqueta, dab resèrvas taus qui non son pas respectuós deus principis republicans e de tolerància en conformitat dab las valors qui pòrta la cultura occitana. Los elegits municipaus que seràn segurament los mei nombrós mes l’associacion que serà ubèrta a tots los elegits que sian conselhèrs generaus, regionaus o parlamentaris.

La volontat qu’ei tanben d’arcuélher los elegits de tot lo territòri occitan, çò que significa que serà ubèrta aus aranés e aus de las valadas italianas.

L’associacion deus elegits occitans que deu estar ua estructura d’escambis enter elegits qui vòlen tribalhar en favor de la lenga e de la cultura occitana. La mesa en plaça d’ua politica publica en favor de la lenga qu’ei l’objectiu marcat dens los estatuts de l’associacion. N’aurà pas a har nada intervencion dens lo domeni electorau o partisan. Que volerà miar accions de sensibilizacion e d’intervencion auprès deus poders publics e tanben prepausar conselhs e ajuda a aqueths qui voleràn méter en plaça en la lor collectivitat ua politica publica en favor de l’occitan.

Dab aquera jornada de Murèth BASTIR ! qu’a provat la soa capacitat a perméter lo dialògue enter personas qui an sensibilitats o apartenéncias politicas divèrsas mes qui son unidas per la volontat de dar a l’occitanisme un lòc de reflexion e de coordinacion tà har entrar la question occitana en la vita publica.

 

Régions : peu importe la taille, il leur faut du pouvoir

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(tribune proposée à la presse le 14 mai 2014)

Une réforme des collectivités est indispensable. Voilà des années que l’on se cherche des prétextes pour ne pas la faire. Souhaitons qu’on y parvienne enfin. Pour cela il faut prendre les choses dans l’ordre. Le sujet n’est pas la taille des collectivités, mais leur pouvoir. Le redécoupage c’est secondaire.

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Au mois d’octobre 2012 Marylise Lebranchu était venue s’exprimer à Lyon devant le congrès de l’Association des Régions de France. On croyait la régionalisation en marche…depuis peu de choses ont changé (Photo DG)

 

 

Il faut renforcer le pouvoir des régions. Elles doivent disposer de rentrées fiscales. Aujourd’hui l’État leur distribue de l’argent sous forme de dotations. Ce n’est pas sain et ce n’est pas démocratique. Les régions doivent être responsables devant les citoyens-contribuables de ce qu’elles dépensent. L’État doit prélever moins d’impôts et céder une partie du droit à lever l’impôt aux collectivités, et en premier lieu aux régions. Ainsi les élus locaux auront la responsabilité de l’argent qu’ils dépensent et en rendront compte aux électeurs. La démocratie c’est cela. Aujourd’hui les élus régionaux et locaux ne décident de rien ou presque en matière fiscale.

 

Une solution originale

 

Pou être efficaces les régions doivent avoir des moyens financiers et de vrais pouvoirs : réglementaires, d’adaptation législative, un droit d’initiative, d’expérimentation et bien sûr de nouveaux domaines de compétences. Dans ce cadre, celui d’une régionalisation forte, la clause de compétence générale doit être maintenue.

Il faut réduire le nombre de collectivités. S’il faut supprimer le département il faut trouver un moyen pour que tous les territoires soient représentés par des élus. Il existe des solutions et nous sommes quelques uns à réfléchir à une architecture originale du pouvoir régional pour que les territoires ruraux par exemple, ne soient pas oubliés. Nous proposons, notamment avec Gérard Onesta, ancien vice-président du parlement européen, qu’il y ait deux chambres régionales. On aurait ainsi, au niveau régional, une chambre citoyenne et une chambre représentant les territoires. Ceux-ci pourraient être des « pays » ou si l’on veut des intercommunalités. Cela permettrait de réduire le nombre d’assemblées. En Aquitaine de six assemblées (cinq conseils généraux et un conseil régional) on passerait à deux. La réduction du nombre d’assemblées serait donc très significative en France.

 

Pas un problème de taille

 

La taille des régions est-elle en cause ? Les régions actuelles sont de taille tout à fait normale en Europe. Ce qui compte c’est le pouvoir, les moyens d’entreprendre. A cela il faut ajouter la solidarité entre régions et territoires par un système de péréquation qui doit s’organiser au niveau français et européen.

S’il faut redécouper, on redécoupera, mais pas n’importe comment ! Entre ceux qui se la jouent façon technocratique depuis leurs bureaux parisiens et ceux qui dénoncent de façon caricaturale le retour à l’ancien régime, il y a de l’espace pour des régions cohérentes sur le plan économique, culturel, historique et géographique.

Je m’étonne de ne voir que l’hexagone dans la plupart des cartes proposées. Si l’on montrait cet hexagone dans une carte globale de l’Europe des régions on verrait que la taille de nos régions est plus européenne que certains le disent. Et d’ailleurs peut-on ignorer dans ce travail de redécoupage la question des relations transfrontalières ?

 

Et l’État ?

 

L’État doit lui aussi faire un effort. On veut moins d’élus, moins d’assemblées ! Et pourquoi ne pas supprimer aussi des préfectures ? L’État n’a jamais su se défaire du peu de pouvoir qu’il a abandonné depuis les premières lois de décentralisation. Il a maintenu des administrations qui doublonnent le travail des collectivités et qui les contrôlent. La défiance coûte toujours plus cher que la confiance ! Parce qu’il y a défiance, toujours et par principe. Le centre se méfie de la périphérie.

Bon nombre de pays d’Europe, que certains citent en exemple, sont des pays décentralisés, fédéraux. On veut les copier dans plusieurs domaines mais pas dans celui-ci. On nous dit que notre « tradition républicaine » ne pourrait le supporter. C’est une affirmation gratuite ; ceux qui combattent pour l’idée républicaine savent que faire un sort à certaines traditions est souvent la seule voie pour s’engager vers le progrès. Sinon, au nom des traditions, la situation des femmes n’aurait guère évolué, l’esclavage existerait encore, les enfants travailleraient dès six ans… Je ne ferai pas ici la liste complète des traditions auxquelles on a bien fait de ne plus se conformer ; elle serait longue. De toute façon l’idée républicaine ne doit pas être confondue avec le centralisme bonapartiste.

 

David Grosclaude

Président du Parti Occitan

conseiller régional d’Aquitaine membre du groupe EELV

 

José Bové en Béarn pour les européennes / José Bové qu’èra en Bearn per las eleccions europèas

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Dans le cadre de la campagne des élections européennes du 25 mai prochain, José Bové était en Béarn ce lundi 12 mai. Il a pu y rencontrer plusieurs associations et les médias locaux. Je l’avais invité au nom du comité de soutien local mais aussi en tant que président du Partit Occitan et comme conseiller régional d’Aquitaine appartenant au groupe écologiste. Nous partageons la vision de l’Europe que défend José Bové. La liste qu’il mène compte aussi une candidate du P.OC, Régine Barthélémy.

Qu’avem passat ua matiada a escotar las associacions e José Bové qu’a explicat çò qu’un deputat europèu e podèva har entà har conéisher los combats qui son miats suu terrenh.

Tots los subjèctes qui son d’actualitat en Bearn que son estats evocats e a cada còp lo deputat europèu qu’ei estat interrogat sus la faiçon qui un deputat europèu e podèva interviéner entà har respectar règlas europèas qui non son pas tostemps aplicadas a noste.

La première rencontre a été organisée à Arbus, là où les habitants refusent le projet d’une éventuelle voie rapide entre Pau et Oloron. Cette route qui coûterait près de 400 millions d’euros et contestée parce qu’inutile d’un point de vue économique et destructrice sur le plan écologique. Les opposants dénoncent ce projet qui n’a pas été précédé par une véritable étude globale des transports en Béarn. José Bové est venu dire son soutien à l’association Code Béarn.

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La question de la quimia, de l’informacion e de la securitat a l’entorn de la zòna de Lac qu’a constituït un deus tèmas de la matiada. N’ei pas question de contestar l’interès de l’industria quimica mes que cau obligar aquera industria a’s modernizar. Que vòu díser : informacion complèta e seriosa de la populacion, reduccion deus impactes environamentaus, transparéncia e securitat. Que son causas qui son de manca en lo parçan de Lac. E au nom de la reconversion dempuish lo desengatjament de Total, que s’i hèn causas qui van contra los progrès necessaris a ua reconversion ecologica de l’economia.

 

José Bové s’est en suite rendu devant la zone industrielle le Lacq afin d’évoquer les questions de d’information autour de l’industrie chimique. Il a parlé du rôle des groupes de pression (comme il la fait dans son dernier livre) qui empêchent la transparence et permettent à certains groupes de polluer sans avoir à rendre des comptes. José Bové, s’est appuyé sur son expérience de député européen et sur un dossier publié il y a quelques semaines par la Sepanso. Des emplois dans la chimie bien sûr mais sans jamais oublier que la sécurité des travailleurs et de la population est une priorité aussi. La pollution par le CCL4 ou l’exonération de la TGAP accordée à Total ont été évoquées. Ce sont deux exemples qui illustrent un manque évident de transparence.

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Calandretas e ikastolas que deven estar ajudadas. L’Euròpa qu’a adoptat tèxtes nombrós a prepaus de la preservacion de la diversitat lingüistica. Lo prefècte deus Pirenèus-Atlantics que vien de publicar ua circulara de 25 paginas qui cita tots los tèxtes qui limitan l’ajuda qui pòden portar las collectivitats a aqueras escòlas. Per J.Bové, non pas seguir çò que i a dens aquera circulara qu’ei anar dens lo sens de la legislacion europèa. Qu’a donc encoratajat los elegits locaus a contunhar de tribalhar en favor de las escòlas occitanas e bascas, quitament se cau desaubedir a la circulara. La justícia europèa, s’ei sasida, que trencarà, çò ditz lo deputat europèu, en favor de las collectivitats qui ajudan las escòlas.

 

Enfin, à propos des écoles associatives Calandreta, le député européen a rappelé que l’Europe considère que les langues minorisées doivent être protégées. Comme il l’a fait en Pays Basque José Bové a expliqué que la circulaire publiée par le préfet des Pyrénées Atlantiques sur les écoles associatives qui enseignent en occitan et en basque n’est qu’un rappel de ce qu’est la législation française elle même en contradiction avec les décisions européennes, en particulier celles du Parlement européen. Selon José Bové, le droit européen donne raison aux maires qui aident les calandretas et les ikastolas. Ils peuvent donc désobéir à cette circulaire et s’ils sont attaqués se tourner vers la justice européenne qui leur donnera raison.

David Grosclaude

12/05/2014

Calandretas, ikastolas : il faut une légistation particulière Calandretas, ikastolas : que cau ua legislacion particulara

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Le préfet des Pyrénées-Atlantiques vient de publier une circulaire de 25 pages afin de mettre à jour les informations concernant l’aide que les collectivités peuvent apporter aux écoles associatives qui enseignent en occitan ou en basque.

Cette circulaire se veut un mode d’emploi pour les collectivités qui souhaitent aider ces établissements qui rendent un service public. En effet, enseigner dans une langue considérée dans la constitution ( article 75-1) comme un patrimoine de la France est un service rendu à la collectivité, surtout dans un pays qui souhaite porter haut le message du respect de la diversité des cultures et des langues.

Cette circulaire met en lumière le fait que la législation concernant l’aide qui peut être apportée à ces écoles, calandretas ou ikastolas, est beaucoup trop complexe. C’est un vrai maquis.

Il devient évident qu’elle ne correspond pas à la réalité et aux besoins exprimées par la société.

La légalité doit absolument venir en soutien à une demande légitime exprimée par de plus en plus de parents.

Il faut donc maintenant que le législateur se saisisse de cette question et donne à ces écoles un statut particulier qui permettra aux collectivités qui le souhaitent de les aider plus facilement.

La loi sur l’Éducation reconnait l’interêt de l’enseignement bilingue Français-langue régionale. C’est un premier pas. Il en reste à faire,et un statut spécifique pour les calandretas et les ikastolas en est un deuxième tout à fait indispensable.

Il existe des pistes pour cela en particulier celle qui consiste à considérer que ces écoles aident à la transmission d’un patrimoine collectif, qu’elles le font vivre.

En attendant on ne peut que féliciter les élus locaux qui ont rendu possible la création de ces écoles dans leurs communes. Ils ont été des précurseurs et ont su accompagner la demande sociale. Ils doivent continuer à aider ces établissements à grandir.