Mois: novembre 2015

Des trains : oui mais pas à n’importe quel prix

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Voici les propositions de « Faisons Ensemble » pour le transport ferroviaire dans la région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes.

Que trobaratz ací las proposicions de la lista « Faisons ensemble » suu transpòrt feroviari

Los projèctes de LGV que son morts. Non i a pas la moneda entà pagar e tot lo  monde que saben l’inutilitat de la causa. Que cau tornar díser un còp de mei qu’aqueras linhas serviràn sonque a ahortir un hialat ferroviari centralizat. Que cau privilegiar la renovacion de las linhas actuaus e la crompa de materiau nau taus TER e prepausar lo TER a 1 euro

Les projets de LGV sont morts. Il n’y a pas d’argent pour les payer et leur inutilité est maintenant prouvée. En plus ce serait une façon de recentraliser le réseau ferroviaire. Gardons nos capacités d’investissement pour rénover les lignes actuelles, moderniser le matériel TER et pour lancer le TER à 1 euro. TGV

LGV : un projet indéfendable, économiquement et écologiquement néfaste
Depuis trois ans les études, des documents et des rapports en nombre,
prouvent l’inutilité du projet qui consiste à construire une LGV entre Bordeaux et Dax (avec prolongement vers l’Espagne) et entre Bordeaux et Toulouse. Ils mettent tous en garde contre le coût énorme de ce projet et contre la politique du « tout TGV ». Ces documents ne font que confirmer ce que disent les associations de terrain depuis des années, que ce soit sur le tracé au sud ou à l’est de Bordeaux.
Depuis quelques années le candidat des socialistes à la Région, avec l’aide des élus de droite, n’a cessé de soutenir la création d’une LGV entre Bordeaux et Paris, puis entre Bordeaux et Toulouse et enfin entre Bordeaux et la frontière avec l’Espagne. Il a entrainé dans ce projet d’autres collectivités. Ces dernières ne sont pas en capacité de financer leur part ou ne souhaitent plus s’y associer. Peu à peu on voit apparaitre les difficultés concrètes. Qui paiera la facture si on commence un tel chantier ? La déception est au rendez-vous sur le tracé Paris-Bordeaux. Les villes
qui sont sur le parcours ne voient plus leur intérêt quand elles apprennent que les trains s’arrêteront moins souvent dans leur gare.

TER 1
Il faut donc moderniser les voies actuelles. C’est la priorité. On permettra aux trains d’aller plus vite sur des lignes classiques et on évitera d’emprunter et d’endetter les collectivités qui suivent encore les tenants du projet. Mieux vaut garder cet argent pour améliorer le quotidien des habitants de la région. Il y a un grand chantier de rénovation des voies actuelles à mettre en place. La rénovation et la modernisation des lignes existantes est d’ailleurs le choix fait par la plupart des pays d’Europe.
Nous refusons que la région continue de participer à ce gaspillage d’argent public qui est aussi un gaspillage d’espace. Nous voulons un service public de transport ferroviaire au service des habitants de la région.
Une confusion est entretenue volontairement : on nous propose de construire des lignes à Très Grande Vitesse. Leur coût est énorme et leur utilisation restreinte à des trains allant au delà de 250 km/h. C’est un investissement inutile au regard du temps qu’il fait gagner.

Ces voies ne participent pas à l’aménagement du territoire, dévorent
des terres agricoles et redessinent un réseau ferroviaire centralisé.
La grande vitesse, elle, peut être mise en place sur les lignes classiques
modernisées avec des trains roulant jusqu’à 220 km/h.

La liaison naturelle entre Limoges et Paris c’est la ligne classique. Elle est aussi une liaison évidente entre Toulouse et Paris, à conditions d’entretenir la ligne, de la moderniser.

La ligne entre Bordeaux – Nantes  qui dessert Saintes et La Rochelle doit être modernisée.

Il faut insister sur la nécessité de moderniser aussi la ligne Hendaye-Toulouse qui est menacée. Le maintien des trains Intercités est primordial. C’est la ligne du Piémont pyrénéen.

En règle générale  la tentation de supprimer les liaisons Intercités est grande. Visiblement la SNCF veut s’en débarrasser en la donnant aux régions. L’expérience nous laisse penser que cette délégation de compétences risque de se faire sans les moyens qui vont avec. Nous serons très attentifs aux décisions prises à ce sujet.

Le rétablissement de trains de nuit Hendaye-Toulouse-Nice ainsi que Tarbes-Hendaye vers Paris est un sujet qui nous préoccupe.

Nous souhaitons une réouverture rapide de la ligne internationale Pau-Huesca-Saragosse. Le tronçon final qui reste à moderniser doit trouver des financements de la part de l’État, de l’Europe et de la Région même si celle-ci a déja largement participé à la rénovation de la première partie de cette ligne.
Nous souhaitons enfin lancer une politique du TER à 1 euro afin de créer une véritable incitation à l’utilisation des TER. Une expérience a été faite en Languedoc-Roussillon; elle peut être faite chez nous

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La loi est-elle faite pour tout le monde ?

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Pas en Limousin semble t-il . Pourquoi le rectorat de Limoges ne s’intéresse t-il pas à l’enseignement de l’occitan ? Pourquoi ne respecte- t-il pas la loi, tout simplement ?

Le rectorat de Limoges ne veut pas mettre en place un Conseil Académique des Langues Régionales.

Pourtant dans la Région Limousin, bientôt intégrée à une nouvelle région, on y parle l’occitan. On l’enseigne malheureusement très peu…trop peu.

La loi de 2001 indique bien que ce conseil académique des langues régionales doit être mis en place par les recteurs. La liste des académies qui ont cette obligation se trouve dans un décret publié en 2002, et Limoges s’y trouve. C’est un organe de concertation qui a pour objectif le développement de l’enseignement de la langue régionale. Est-il nécessaire d’attendre quatorze ans pour se conformer à la loi ?

Il est assez étrange que la loi ne soit pas suffisante pour que le rectorat de Limoges accepte de se pencher sur la question de l’occitan. Que faut-il faire alors ? Pourtant c’est simple. Il suffit de demander aux autres académies, les voisines, comment il faut faire. Ce conseil fonctionne à Bordeaux et à Toulouse. ofici

La région Limousin est une région où notre langue est encore vivante. Il est vrai qu’elle ne le restera pas longtemps si l’Éducation Nationale n’assume pas ses responsabilités et n’applique pas la loi !

La nouvelle carte des régions fera que le territoire du Limousin sera dans la même région que l’Aquitaine qui a mis en place une politique publique pour l’occitan ( convention région-rectorat, bourses pour les étudiants, développement de l’enseignement bilingue …) .

Beaucoup de personnes en Limousin comptent sur le fait que l’on s’inspirera de ce qui a été fait en Aquitaine pour que se débloque enfin cette situation ubuesque de non respect de la loi républicaine.

David Grosclaude,liste « Faisons ensemble avec Joseph Boussion et Marie Bové ».

Conseiller régional sortant délégué aux langues régionales

Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes : des occitanistes candidats. / Occitanistas en las eleccions en Aquitània, Lemosin,Peitau-Charantas

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Ce n’est pas facile de parler d’élections par les temps qui courent. Il aurait été plus sage de renvoyer ces élections régionales d’un mois ou deux. Le gouvernement ne l’a pas voulu ; dommage car on se demande comment voter dans la sérénité dans une telle ambiance. Les événements de la fin de la semaine dernière ont véritablement assommé la campagne qui était déjà bien triste. La démocratie aurait gagné à ce report.

 

Quoi qu’il en soit je suis candidat pour mener la liste « Faisons ensemble ! avec Marie Bové et Joseph Boussion » sur les Pyrénées-Atlantiques.

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Avec Marie Bové à gauche, Joseph Boussion et quelques candidates et candidats de « Faisons Ensemble » dont Therèse de Boissezon conseillère municipale occitaniste de Lescar

Quoi qu’il en soit je suis candidat pour mener la liste « Faisons ensemble ! avec Marie Bové et Joseph Boussion » sur les Pyrénées-Atlantiques. Parmi les 23 candidates et candidats une dizaine d’occitanistes sont présents et parmi eux des jeunes que je remercie pour leur engagement.

«Solidarité, écologie, démocratie » sont les trois mots qui portent notre message. Bien sûr les valeurs et les revendications de l’occitanisme sont totalement intégrées dans le programme comme vous le verrez plus loin. Il y a en tout une vingtaine de candidats occitanistes sur les listes départementales. Ce n’est pas une présence anecdotique.Notez aussi la présence à la segonde place de  Stéphane Roudier sur la liste de Dordogne. Il y a des  candidats occitanistes dans les Pyrénées-Atlantiques,Dordogne, Lot-et-Garonne, Gironde, Corrèze, Haute-Vienne

A vous qui votez dans la nouvelle région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, de décider quel est l’intérêt d’avoir des élus occitanistes au Conseil Régional.

Bové Onesta Grsocalude 1

José Bové a portat lo son sostien a « Faisons ensemble » en Aquitània, Lemosin, Peitau-Charantas. Qu’èra present à Montpelhièr lo 24 d’octobre per la manifestacion en favor de la lenga occitana en companhia tanben de Gérard Onesta cap de lista de « Nouveau Monde » per Miègjorn-Pirenèus Lengadòc-Rosselhon.

 

N’ei pas aisit de parlar politica per aqueste dias. Los eveniments recents qu’an vertadèrament atucat la campanha per las eleccions regionaus qui èra dejà tristòta.

Que seré estat mei simple, e qu’ac pensi mei bon per la democracia, de renviar de un mes o dus las eleccions regionaus. Lo govèrn n’ac a pas volut. Que’ns podem interrogar sus l’ambient qui mestejerà lo dia deu vòte ?

Mes qu’ei atau, la decision qu’ei presa. Que hè que la campanha serà de las bracas. Que cau esperar que i aurà enqüèra monde qui averàn l’enveja d’anar votar.

Que’m permeti totun donc de’vs dar quauques informacions.

Que soi candidat cap de lista en los Pirenèus Atlantics per « Faisons Ensemble ! Avec Marie Bové et Joseph Boussion ». Au demiei deus 23 candidats que n’i a un detzenat qui son occitanistas e que voi arremerciar particularament los joens qui an acceptat de s’engatjar.

Qu’ei ua lista qui’s presenta shens nat logò de nat partit. Qu’ei compausada de monde divèrs, los uns que son d’un partit e los autes non. « Solidaritat, ecologia e democracia » que son los tres mots hicats en davant entà la nosta campanha. La nosta lista que pòrta las valors de l’occitanisme e qu’a lo sostien de José Bové. Que trobaratz ací la proposicions qui pòrta la nosta lista en matèria de politica lingüistica. Mei tard que publicarèi las autas tematicas deu programa. A vosautes tots, qui votatz sus la navèra region Aquitània, Lemosin, Peitau-Charantas de véder l’interès que i a a aver elegits occitanistas au Conselh Regionau. Que i a en tot un vintenat de candidats occitanistas repartits sus 6 departaments de la navèra region. N’ei pas donc ua preséncia anecdotica mes un vertadèr engatjament. Que podem mentàver que Stéphane Roudier ei a la segonda plaça en Dordonha per exemple. Que i a occitanistas sus las listas de « Faisons Ensemble ! » en Los Pirenèus Atlantics, en Òlt-e-Garona en Dordonha, en Corèsa, Hauta Vinhana, Gironda.

Nos propositions pour une politique linguistique dynamique

Notre région est riche de sa diversité culturelle et linguistique. Une grande partie de son territoire est dans le domaine d’Oc , c’est à dire que l’on y parle l’occitan ( Limousin, quatre départements et demi de l’Aquitaine et un bon tiers du département de la Charente).

La langue basque est parlée sur la moitié du département des Pyrénées-Atlantiques.

Les départements du nord de la nouvelle région ont aussi leur identité culturelle et linguistique et sont dans le domaine d’Oïl avec le poitevin-saintongeais.

Pour l’occitan l’Office Public de la Langue Occitane vient de naître. Il a été créé par Aquitaine et Midi-Pyrénées. La nouvelle carte des région va permettre aux occitans du Limousin de participer aux travaux de l’OPLO ainsi qu’aux habitants de Charente concernés.

L’OPLO est un outil unique en France. Il concerne un très vaste territoire. C’est un Groupement d’Intérêt Public qui a moyen terme devrait rassembler tout le territoire de langue occitane.

Pour le basque la Région finance et participe aux travaux de l’Office Public de la Langue Basque.

Le travail de l’OPLB est positif. Il allie les efforts du monde associatif, du départements des P.A, la Région Aquitaine des communes du Pays Basque et de l’État.

Pour le poitevin-saintongeais il y a un soutien régional mais beaucoup reste à faire dans le domaine de l’enseignement pour créer un partenariat avec l’Education Nationale.

OCCITAN

L’Office Public de la Langue Occitane mènera une politique en faveur de l’occitan. Il sera cofinancé par notre région (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes) et celle née de la fusion de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Compte tenu de l’arrivée de territoires comme le Limousin et la Charente occitane la participation régionale devra être largement augmentée.

Une nouvelle convention Région-Rectorat(s) devra être négociée l’actuelle arrivant à terme. Elle devra permettre une nouvelle étape de développement de l’enseignement en occitan (enseignement bilingue et enseignement immersif) et de l’occitan sur l’ensemble du territoire concerné.

— La formation des enseignants devra pouvoir se faire sur le territoire de la région. Elle en est dépourvue à ce jour.

— La politique linguistique doit se faire en direction des médias ( Oc Tele, radio, presse écrite) des cours d’adultes, de la création de matériel pédagogique, de la présence publique de la langue. La télévision publique régionale de plein exercice dont nous demandons la création doit être un outil de diffusion de la langue.

— Nous affirmons la transversalité de la politique linguistique. Cela signifie que les autres politiques de la Région doivent la prendre en compte (économie, tourisme, formation, culture…)

EUSKARA

— L’Office Public de la Langue Basque poursuivra son travail. Il doit, à terme selon nous, passer sous l’autorité directe d’une collectivité spécifique Pays-Basque qui va voir le jour.

POITEVIN-SAINTONGEAIS

— Le poitevin-saintongeais, en tant que parler d’oïl mentionné dans la liste des langues de France devra bénéficier d’une politique de soutien de la région afin qu’il soit enseigné dans l’école.

—La région participera à aider les associations pour bâtir un projet de développement de la diffusion de la langue.

La région doit agir avec les autres régions afin que soit adoptée une législation claire sur les langues dites régionales. Pour cette raison nous proposons de faire voter symboliquement la Charte européenne des Langues Régionales ou Minoritaires par la Région. C’est un acte symbolique qui sera un appel à l’État pour qu’il en fasse autant.

Malgré tout, il faut croire en l’intelligence, la connaissance et la culture… et armer les âmes.

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Je ne fais que publier à nouveau cet article écrit au début de l’année après les attentats de Janvier.

L’Occitanie est une terre qui a connu des déferlantes de fanatisme religieux. Elle a payé cher d’avoir été à certains moments de l’Histoire une terre de tolérance, de « vivre ensemble » comme on dit en français. En occitan on a le mot «convivéncia ». Il est beau. Il y a toujours des forces pour ne pas le supporter.

Nous ne sommes pas une terre d’hérésie mais une terre qui a tenté la tolérance, qui a essayé de la cultiver. Aujourd’hui même nous sentons que les forces politiques les plus rétrogrades gagnent du terrain dans les villages, les villes et les régions occitanes. Il ne faut pas être naïfs ; pas question de laisser penser que nous croyons que l’Occitanie est une terre où la tolérance est partagée par tous, qu’elle y fleurit naturellement. Elle doit se cultiver, à chaque génération.

Aigas mortasAigas Mortas on Maria Durant estó empresonada 38 ans

A chaque épisode de l’histoire il y a eu dans notre société des forces opposées. La « convivéncia » n’était pas —et n’est pas— du goût de tout le monde. A chaque fois il faut expliquer, convaincre, combattre les idées simplistes, s’opposer à ceux qui croient que l’autre est un ennemi.

Certes il y a les armes pour lutter contre les armes ; le prix de ce combat est toujours très élevé. Il est parfois nécessaire.

Rafael Alberti écrivit un poème terrible et résigné, alors que la guerre semblait inévitable en Espagne :

« qué dolor de papéles  ha de barrer el viento » (Quelle douleur de papiers doit balayer le vent)

qué tristeza de tinta  ha de borrar el agua ».(Quelle tristesse d’encre doit effacer l’eau)

« las palabras entonces no sirven, son palabras.(Les mots alors ne servent pas, ce sont des mots)

Las siento esta noche heridas de muerte las palabras ».( je les sens cette nuit blesssés à mort, les mots)

Alberti ponctua son poème d’une sorte de refrain terrible qui disait : « balas ! balas ! ».

Il répondait d’une certaine façon au stupide et absurde « Viva la muerte ! » de général José Millán-Astray.

Quand l’intolérance triomphe les mots meurent, l’intelligence meurt. D’ailleurs ceux qui crient à leur façon « viva la muerte ! » aujourd’hui ne supportent pas les mots ni la culture.

montsegurComment répondre à la situation ? Il serait présomptueux de dire que qui que ce soit a LA solution. Il faut des réponses sociales, économiques, des réponses politiques. Elles seront longues et compliquées. Mais nous devons penser que demain il nous faudra des mots ; ceux qui enseignent la « convivéncia » justement.

Des pages de l’histoire occitane se sont écrites à l’époque de la croisade lancée sous prétexte d’hérésie cathare, puis il y a eu la Réforme, la guerre des Camisards. Je pense aussi à ce mot gravé sur les murs d’Aigas Mortas par Marie Durant « Register ». Elle fut emprisonnée pendant plus de 38 ans pour n’avoir pas cru comme il fallait. Puis il y a ce mot de « Résistance » faisant

Montsegur qu’ei tanben simbolic d’ua epòca d’intolerància

écho quelques siècles plus tard à ce qui était gravé dans la pierre d’une prison. Il répondait à un fanatisme qui n’a rien à envier à celui que nous connaissons aujourd’hui.

Connaitre l’histoire occitane, connaitre les intolérances qui ont tué tant d’hommes et de femmes, qui en ont envoyés tant aux galères et dans des camps serait bénéfique aux jeunes qui fréquentent nos écoles. Mais on en parle peu, pas assez. Et pourtant tout cela résonne aujourd’hui. Je ne crois pas que de mettre un drapeau de la République au fronton des écoles sera suffisant. Si ça devait suffire à arrêter l’intolérance j’en serais heureux. Mais je crois en la culture, en la connaissance, en l’intelligence. Il n’y a rien d’autre pour lutter contre l’obscurantisme. Manifester par millions était nécessaire. Maintenant il faut armer les âmes. Demain il nous faudra des mots, ceux qui enseignent la « convivéncia ». C’est par les mots que tout commence, ou si vous voulez, autrement dit : « Au commencement était le verbe ». Ceux qui veulent empêcher aujourd’hui que les idées circulent devraient connaitre cette phrase.

David Grosclaude

Ccontre le réchauffement climatique et le refroidissement culturel

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MontpelhièrSi vous comprenez le danger mortel du réchauffement climatique vous pouvez comprendre les risques mortels pour la démocratie du refroidissement culturel et de l’uniformisation linguistique .

« Et vous les occitans qu’est ce que vous voulez ? ». La question on me la pose souvent !

Des occitans il y en a beaucoup. Ce sont tous ceux

qui vivent en Occitanie d’où qu’ils viennent.

C’est le droit du sol et pas le droit du sang.

Il n’y a pas d’ADN garbure, d’ADN cassoulet.

La question c’est : « et vous les occitanistes; qu’est ce que vous voulez ? ».

Au Partit Occitan nous sommes des occitanistes et de surcroit de gauche. Nous sommes des occitans qui ont eu la chance d’apprendre un peu de leur histoire.

Réglons de suite la question de l’histoire et des valeurs

On dit : l’ Occitanie c’est une terre de tolérance, de « convivéncia », ( de vivre-ensemble ) c’est la terre des troubadours, des cathares et de leur résistance

Il y a ce « resister» gravé dans la pierre par Marie Durant a Aigas Mòrtas, des camisards les crosses en l’air de 1907et Jaurès, Bertie Albrecht, féministe, résistante, fusillée par les nazis…

Vous connaissez tout ça.

Mais l’histoire nous fournit aussi sa liste de personnages occitans contestables.

Et l’Histoire ne fait pas tout, les valeurs qu’elle a généré ne se transmettent pas en respirant l’air du pays. On peut les oublier. La preuve : on peut être élu d’une ville occitane proche d’ici et aller expliquer à des gens arrivés de Syrie qu’ils ne sont pas les bienvenus. Comme quoi « la convivéncia » n’est pas innée.

C’est aussi pour combattre cela que nous sommes ici ce soir.

Occitaniste donc écologiste et de gauche !

Une évidence pour nous au Partit Occitan parce que ce territoire a subi les agressions du productivisme, la bétonnisation de ses côtes, vidé ses territoires ruraux, urbanisé de façon anarchique, mis à mal son agriculture et ses paysans, qui a fait de nos régions des terres de chômage. Occitaniste et écologiste il fallait l’être au Larzac, comme il faut l’être aujourd’hui pour combattre par exemple ces projets de LGV, bouffeurs d’espace et de budget et qui doivent : « nous mener à Paris en trois heures ! »

C’est l’argument N°1 des nouveaux centralisateurs !

Et enfin vous savez bien que quand on dit en occitan « viure, trabalhar e decidir al país » ce que nous voulons ce sont des emplois non délocalisables, socialement utiles, écologiquement soutenables.

La reconversion écologique, c’est une révolution contre le productivisme et le libéralisme.

Il faut partager les richesses chez nous, mais aussi entre le Nord et le Sud, refuser la précarité de millions de gens chez nous et partout en Europe.

Comment mener cette mutation sans services publics, sans prendre en compte le droit à une retraite décente ? Nos sociétés vieillissent et que la dépendance est un sujet majeur ?

Occitaniste, écologiste, de gauche, et décentralisateurs !

La réforme des régions ne simplifie rien.

Et que dire de ces territoires qui seront victimes de la métropolisation ! Une métropole et un hinterland comme disent certains !

Où est la réforme fiscale ? Où sont les nouveaux pouvoirs des régions ? Où est le droit à l’expérimentation ?

Envolé tout cela !

Des régions à taille européenne ?

Comparées à celles d’autres pays, nos régions sont faibles.

Pour la nouvelle région ce sera près 3 milliards de budget pour presque 6 millions d’habitants alors que nos voisins d’Aragon ont un budget deux fois plus important pour une population deux fois moindre.

Pourquoi défendre la diversité biologique et la vie si nous ne défendons pas la diversité linguistique ?

Nous voulons la reconnaissance de droits pour l’occitan et le catalan parce que nous sommes des citoyens, de surcroit attachés aux valeurs de la République.

Avoir le droit de parler, d’écrire de développer et d’enseigner sa langue est pour nous une évidence démocratique. Ça n’est pas du communautarisme.

Ce matin même nous avons créé l’Ofici Public de la Lenga Occitana Un service Public de la langue. Et toi Gérard, quand tu seras président de la région, tu auras la co-responsabilité de faire vivre cet office public.

Pour résumer : si vous comprenez le danger mortel du réchauffement climatique vous pouvez comprendre les risques mortels du refroidissement culturel et de l’uniformisation linguistique pour la démocratie.

Et maintenant bravo à vous toutes et tous pour votre rassemblement réussi et capable de changer la donne ! En avant pour le rassemblement écologiste, citoyen et solidaire. En avant avec Gérard Onesta. La victoire le 6 décembre est à protée de vos mains. ENDAVANT !

Evo Morales le président bolivien en Béarn/ Ua politica per la vita e la diversitat.

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Evo Morales que viengó a Pau en 2002. Qu’èra lavetz sonque president deus « cocaleros ». Adara que torna com president de la Republica boliviana. Qu’ei lo prumèr president d’America latina gessit d’un pòble indigèna. Qu’ei Aimara.

Evo Morales en Bearn : Be saberàn espiar los nostes governants çò qu’a hèit !

Evo Morales en Béarn : nos gouvernants pourraient s’en inspirer.

Lo president de la Republica de Bolivia, Evo Morales, que serà en Bearn aqueste dissabte 7 de noveme. Qu’anarèi participar a la soa recepcion a l’Universitat de Pau e a Emmaüs de Lescar. Que devem saludar la preséncia d’aqueth òmi qui ei lo prumèr president d’un Estat d’America deu Sud gessit d’un pòble indigèna.

Que cau saludar sustot lo son tribalh e lo son engatjament a mantuns nivèus.

Prumèr qu’a decidit de miar ua politica entà dar a tot cadun en lo son país lo dret de dispausar de las ressorças de basa entà víver : energia, alimentacion, aiga…

Evo Morales qu’a tanben aviat ua politica de proteccion de la biodiversitat e de tot çò qui hè la vita deu noste planeta.

Desempuish la soa eleccion, la constitucion de l’Estat plurinacionau de Bolivia reconeish lo dret a l’autonomia deus territòris e assegura la reconeishença oficiau de totas las lengas parladas suu territòri de l’Estat.

Nosautes qui vivem ua abséncia de vertadèra regionalizacion e qui vienem de véder lo Senat arrefusar un tèxte basic com la Carta europèa de las lengas, que podem saunejar que los nostes governants seràn capables d’espiar com un exemple çò qui’s hè en Bolivia en aqueths domènis.

Non i a pas nat paradís sus tèrra ni nat òmi providenciau segur, mes quan i a avançadas, que las cau saludar.

Le président de la République de Bolivie, Evo Morales, sera en Béarn ce samedi. Il sera fait docteur Honoris Causa de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et rendra visite à Emmaüs Lescar.

On ne peut que saluer la venue du chef de l’Etat plurinational de Bolivie et ceci à plusieurs titres.

D’abord il est le premier chef d’Etat d’Amérique latine issu d’un des peuples indigènes. Son élection fut un événement pour le continent américain. Deuxièmement il a mené une politique qui commence à porter ses fruits notamment dans le domaine de l’accès pour tous aux services indispensables à une vie digne (eau, énergie, alimentation…).

Le président Morales a mis dans ses priorités la protection de la biodiversité et de tout ce qui fait la vie sur notre planète.

L’État bolivien s’est aussi doté d’une constitution qui reconnait la diversité linguistique et culturelle du pays. Toutes les langues du territoire sont considérées comme officielles et voient leurs droits reconnus, même quand elles ont parlées par très peu de gens.

Enfin, la volonté de faire de la Bolivie un État décentralisé où les territoires disposent de larges pouvoirs et d’une large autonomie, mérite d’être saluée.

Pour cette raison il me semble que, au sortir d’une régionalisation bâclée et au lendemain du refus par le Sénat de ratifier un texte aussi basique que la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, certains de nos dirigeants devraient s’inspirer de ce qui se fait en Bolivie sur ces sujets.

Il n’y a pas de paradis sur terre ni d’homme providentiel mais il y a des progrès et des exemples à saluer.