Le Référendum d’Initiative Citoyenne est-il la solution miracle ?

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Certains pensent que ce serait le fin du fin de la démocratie. Le raisonnement est un peu simpliste, surtout en France qui est un État bien mal adapté à cette procédure. Pourtant, il n’est pas inutile d’y réfléchir pour répondre à certaines situations. Mais avant d’en arriver au RIC on pourrait utiliser des recettes démocratiques bien plus classiques, même si ces dernières viennent parfois contrarier les intérêts d’un système bien huilé depuis des décennies.

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Le Palais Fédéral à Berne , siège du pouvoir fédéral de la Confédération Helvétique, un État où les votations font partie de la vie politique et des habitudes citoyennes, au niveau communal, cantonal et fédéral. (Photo David Grosclaude)

Depuis quelques semaines se déroule un débat sur une question qui paraît nouvelle mais qui, en réalité, est un très vieux débat à savoir celui portant sur la décision démocratique et le droit de toutes et de tous à participer à la décision.

Nous voilà donc confrontés à la question du RIC, le Référendum d’Initiative Citoyenne.

En apparence c’est une merveilleuse idée. Elle permettrait aux citoyens de rectifier les erreurs faites par des gouvernants issus de la démocratie représentative.

J’observe cependant que parmi les erreurs que l’on impute à nos gouvernants il y a par exemple celle d’avoir supprimé l’impôt sur la fortune, l’ISF. Paradoxalement cette suppression faisait partie des choix assumés par celui qui a été élu président de la République. On ne peut donc pas lui reprocher de ne pas avoir annoncé cette décision.

Le RIC ne serait, sur ce sujet, qu’une proposition de rectification d’une erreur collective : celle qui a consisté à élire celui qui était le tenant de cette proposition. Il nous disait qu’il fallait supprimer cet impôt parce que, selon lui, il fait fuir les riches qui, toujours selon lui, sont des investisseurs. Il s’agissait certes d’une erreur de sa part, mais elle était dans son programme. Nous le savions toutes et tous. C’était écrit. Mais pour des raisons diverses cet élément ne nous est pas apparu comme suffisant pour ne pas l’élire.

Le RIC peut donc servir en ce cas à rectifier une erreur collective, majoritairement soutenue par un vote précédent qui en apparence était démocratique. Mais peut-être que ce vote n’avait de démocratique que l’apparence. Voter Macron était voter contre Le Pen pour beaucoup de citoyens. Etait-ce vraiment une expression démocratique enthousiasmante ? Non, et la colère d’aujourd’hui est une conséquence de cette absence d’enthousiasme. Il est étonnant que du côté du candidat élu on ait pas compris cela et qu’on n’ait pas pris en compte cet aspect de l’élection.

C’est donc cette aberration démocratique qu’il faut combattre et ne pas croire qu’une solution technique, le RIC, facilité par l’émergence des technologies numériques de l’immédiateté, puisse être la solution miracle.

L’origine du malaise

A l’origine du mal il y a la centralisation du pouvoir. Le RIC dans ce contexte ne servira à rien, si ce n’est à tenter de rectifier des erreurs nées d’un système caractérisé par une excessive centralisation du pouvoir ou à remettre en cause des décisions prises par les représentants élus des citoyens. Mais après tout, me direz vous, une société a le droit de se tromper et de rectifier ses erreurs sans attendre l’échéance électorale suivante. Oui, tout le monde peut se tromper.

Cela signifie une remise en cause de ce que l’on appelle communément la démocratie représentative. Ce serait un choix fait en faveur de la capacité nouvelle qu’auraient des citoyens à remettre en cause des décisions prises dans un cadre qui, jusqu’à ce jour, apparaissait comme démocratique. En théorie toutes les citoyennes et tous les citoyens pourraient disposer de ce pouvoir dans certaines conditions qui restent à définir.

Mais supprimera t-on l’abstention de façon durable ? Combien s’abstiendront d’aller voter après quelques mois ou années de mise en place du RIC, lorsque lattrait pour la nouveauté se sera dissipé ? La question restera malgré tout l’intérêt pour la chose publique, la chose politique.

Nous prenons aussi le risque d’entrer dans le culte de l’immédiateté et nous pouvons craindre que la décision politique en soit dévalorisée puisqu’on aurait le droit de se tromper, apparemment sans risque puisque nous aurions un droit de rectification comme on efface un disque dur ou comme on modifie un logiciel.

Qu’adviendra t-il alors de notre capacité collective—notre devoir collectif devrais-je dire—  à penser l’avenir et à le préparer à long terme ? Nous savons tous qu’il y a des décisions qui engagent l’avenir et même un avenir que nous ne vivrons pas nous-mêmes. La question écologique aujourd’hui en est une belle illustration. Nous pourrions prendre aussi l’exemple du choix du nucléaire. Décidé il y a une cinquantaine d’années, sans vrai débat, nous voici condamnés aujourd’hui à gérer les déchets. Nous n’avons plus d’autre choix et malgré cela nous sommes encore incapables d’organiser un vrai débat sur la suite du programme nucléaire qui engendredra inévitablement encore plus de déchets. Je ne suis pas certain que dans les années 70 un RIC sur le nucléaire aurait changé la décision. Nous souffrions de l’absence d’une information de qualité sur le sujet, d’une information objective et sereine. Le débat était faussé par la propagande. Et cette absence d’information objective est encore une réalité aujourd’hui sur ce sujet. Souvenons-nous de l’attitude française au lendemain de Tchernobyl ou de Fukushima. C’était un vrai déni de réalité. Un RIC dans ces conditions n’aurait servi à rien.

N’y a t-il pas un risque à faire varier les orientations de la société au gré de certaines pulsions sociétales, dont rien ne dit qu’elles seraient plus vertueuses et plus justes que des décisions prises dans des assemblées élues. Nous avons dans l’histoire bien des exemples d’erreurs commises sous le coup de l’émotion, que ce soit par des gouvernants élus ou par des foules plus ou moins spontanées.

Un RIC aurait-il permis de valider en son temps l’abolition de la peine de mort ? Je n’en suis pas certain. La même question se pose pour l’IVG et d’autres sujets de ce type.

La vraie question est l’instauration de canaux de diffusion d’une information juste et équilibrée et aussi la création de lieux de débat qui soient crédibles. On ne peut, comme c’est maintenant le cas désormais pour l’élection présidentielle, confier l’information et les clés du débat à une ou deux chaines d’information en continu. La diffusion de l’information de façon pyramidale, et seulement du haut vers le bas, est un poison. La France médiatique est bâtie ainsi, comme la France des partis politiques, des syndicats, de l’administration, des transports etc…On a oublié le transversal.

A l’origine du mal il y a aussi le choix que nous avons fait, toutes et tous, de vouloir des gouvernants qui nous disent ce que nous avons envie d’entendre. Je veux dire par là que nous avons intégré depuis longtemps l’idée que le discours politique était à priori un mensonge puisqu’il se résume souvent à un discours électoral. Tout cela est illustré par la boutade qui nous explique que les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Amusant certes, mais dévastateur !

Nous aimons que l’on nous promette tout pour demain. Il faut travailler dans les 100 premiers jours du mandat, après ce serait trop tard. Le long terme devient une insulte à notre fringale de consommation. Il en est de la politique comme de ce que l’on consomme par internet. Il faut que ce soit du rapide, du flux tendu, de l’immédiat. Des chaussures dans les vingt-quatre heures ou des séries disponibles dès le lendemain de la diffusion aux USA !

Le discours politique est devenu en quelques années une préparation de l’opinion à des décisions qui, par des discours rassurants et parfois lénifiants, ne sont que des décisions de gestion d’un système qui ne supporte aucun changement profond et peu de débats de fond.

Nous avons accepté que l’élection d’un homme, le président de la République, soit la mère de toutes les élections au point que c’est la seule qui dépasse un seuil acceptable de participation. Nous avons accepté cela collectivement, et par là-même nous avons accepté la dévalorisation des autres élections.

Le paradis helvétique

Il est de bon ton de prendre l’exemple de la Suisse lorsque l’on parle du RIC. Je devrais parler de la « Confédération helvétique » afin de bien souligner la nature de ce pays. On oublie en effet que dans cet État la majeure partie des décisions se prend à un niveau communal et cantonal. Ce n’est pas le cas chez nous. Le nombre de votations au niveau communal et cantonal en Suisse est très important, beaucoup plus qu’au niveau fédéral. Cela signifie que les décisions prises lors de ces consultations se font à un niveau territorial qui est quasiment étranger à notre culture politique. Mis à part les élections municipales à quel moment pouvons nous nous prononcer sur tel ou tel projet ? Et encore, une fois qu’on a élu un conseil municipal il est bien difficile d’intervenir sur la politique voulue par le maire !

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une autre vue du Palais Fédéral à Berne (DG)

En Suisse, la commune a une valeur aux yeux des citoyens helvétiques qui n’est pas celle que nous en avons chez nous. Je ne parle même pas du canton qui n’a rien à voir avec une de nos collectivités. La citoyenneté en Suisse est liée à l’appartenance cantonale. C’est un des trois niveaux de la citoyenneté  helvétique et le plus important, puisque les cantons constituent les États qui composent la confédération.

Vouloir instituer le RIC en France pour remettre en cause des décisions prises par un État central omniprésent c’est mettre la charrue avant les bœufs. C’est oublier de faire fonctionner la démocratie de base. C’est prendre le problème à l’envers. C’est aussi intégrer l’idée que le niveau local n’a pas de valeur et pas d’efficacité. Ce n’est en tous les cas pas selon moi le chemin qu’il faut suivre pour renforcer la démocratie.

Donnons-nous les moyens d’organiser le débat politique et public sur les territoires où nous vivons en premier lieu et décentralisons vraiment les décisions du quotidien. Puis mettons en place des niveaux de pouvoir intermédiaires comme les régions, avec de vraies compétences et de vrais moyens budgétaires.

Il serait illusoire de croire que des RIC ou des votations pourraient satisfaire le besoin de participation aux décisions, exprimé depuis quelques semaines, si l’on ne met pas comme préalable la capacité des citoyens à intervenir sur leur territoire pour des questions locales ou régionales. Et ne voyez pas sous ces deux adjectifs une quelconque dévalorisation. Les grandes questions planétaires nécessitent souvent des décisions locales. Dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique, par exemple, c’est au niveau local et régional que se prennent les décisions efficaces et innovantes. C’est à ce niveau surtout que se prennent les décisions vraiment partagées par la population et élaborées avec elle. Ceci est une réalité qui nous est parfois cachée par l’information donnée sur les grandes discussions concernant le climat auxquelles participent (ou pas) des États. Mais ces derniers ne font dans ces situations que des déclarations de principe. Les réalisations concrètes se font au niveau des régions, des grandes agglomérations, des territoires comme les communautés de communes ou les communes.

Le fait de laisser croire que les RIC sur de grands sujets sont la solution pour régler le problème né du dévoiement du discours politique est à mon sens une erreur.

Le RIC, présenté ainsi, ne semble une bonne solution que dans la mesure où il donne l’illusion de l’immédiateté, l’illusion de la capacité à rectifier des injustices. Mais le problème se trouve en amont. Comment faire pour que le débat politique soit de qualité et permette à chacun de comprendre ce pour quoi il va voter ? C’est un peu comme si, sur une route qui accumule les accidents, on se contentait d’améliorer le système d’appel des secours plutôt que de mettre en place des mesures de sécurité préventives. On transportera plus vite les blessés à l’hôpital mais on n’en aura pas moins qu’avant.

La technologie nous sauvera

Cette idée de RIC nous est parfois « vendue » avec son paquet d’arguments « technolâtres ». On nous vante les miracles de la technologie et sa capacité à nous rendre tous égaux parce que nous pourrions donner notre avis en un clic. C’est un peu comme quand on vous vante la livraison en 24 h de tout bien de consommation qui est devenu l’objet de vôtre désir. L’argument qui vient souvent à la bouche des promoteurs du RIC c’est internet, le vote électronique qui permettrait la participation de toutes et de tous de façon plus rapide.

Mais si la question du vote était une question technique, technologique même, ça se saurait. Ce n’est pas le chemin à parcourir qui empêche les électeurs d’aller voter dans leurs bureaux de vote, mais c’est le peu d’intérêt pour l’enjeu et le peu d’intérêt qu’ils portent au débat politique. C’est donc là qu’il faut intervenir parce que sinon, au bout de trois ou quatre votations ou RIC par internet, vous verrez s’installer le même désintérêt pour la participation qu’aujourd’hui. Sans compter que la mise en place d’une technique apporte aussi son lot de nouveaux problèmes qui peuvent très bien nuire à la démocratie. Utiliser de nouvelles technologies pour le vote, tout comme les employer pour faire circuler l’information nécessaire à un débat ne met pas à l’abri des manipulations et ne garantit pas la qualité de l’information. Elle ne peut améliorer que la rapidité. Les exemples récents et les polémiques aux Etats-Unis par exemple, montrent qu’en ce domaine le numérique n’a rien à envier au système classique. Les forces qui font que la démocratie représentative ne fonctionne plus bien sauront aussi bien intervenir pour neutraliser l’intérêt de la nouveauté du RIC.

Et je ne parle pas des effets négatifs qu’engendre systématiquement toute nouveauté technologique à côté de ses effets positifs. Mais là je vous renvoie à la lecture de nombreux auteurs sur la question de la technique et des technologies.

N’avons-nous pas un président de la République qui pour ses derniers vœux a évoqué « l’intelligence artificielle » qui doit, dit-il, améliorer nos vies comme s’il s’agissait d’une solution à tous nos maux. Il y a toujours une technologie nouvelle qui va nous sortir d’un mauvais pas… Ce type d’argument ne tient pas la route mais sert uniquement à ne pas évoquer le fond ; et le fond c’est l’exercice de la démocratie, pas la façon dont on l’habille.

Alors il ne s’agit pas de condamner les innovations technologiques mais il n ‘est pas question d’accepter naïvement d’en faire un culte. Que l’on arrête de nous prendre pour des enfants en voulant nous faire croire que la mise en place d’une technologie nouvelle résout tous les problèmes !

Pour me résumer je dirais que la colère qui s’exprime aujourd’hui nous donne l’impression que l’on cherche surtout à savoir comment annuler une décision qui apparaît comme mauvaise ou comment récuser un élu qui ne jouerait pas bien son rôle. L’urgence est plutôt de savoir comment on peut prendre une bonne décision, argumentée, avec les informations nécessaires. Il est urgent de ne pas se jeter sur les solutions qui privilégient la rapidité au détriment de la qualité. Il faut apprendre à se préparer à décider dans de bonnes conditions démocratiques. Et cela signifie que le maximum de personnes puissent disposer des éléments à la prise de décision et du temps pour débattre. Un RIC, nécessite cet apprentissage.

Des idées simples d’abord

Nous nous plaignons que la démocratie représentative ne fonctionne pas bien et nous laissons à l’abandon des idées simples qui pourraient l’aider à mieux fonctionner ! En premier lieu la proportionnelle intégrale pour toutes les élections. Puis la répartition du pouvoir de façon beaucoup plus décentralisée. Le pouvoir communal est laminé depuis quelques années ainsi que le budget des communes. Qui connaît les pouvoirs et les membres de sa communauté de commune ?

Les conseils départementaux ont été réformés avec les binômes, un homme une femme par canton ; qui peut citer les deux élus de son canton ?

Les régions ont été tripatouillées pour en faire des coquilles vides sans pouvoir. Et les collectivités ont vu leur capacité fiscale diminuer et même quasiment réduite à néant pour certaines, notamment les régions. La réforme fiscale aura t-elle lieu un jour avec au préalable une vraie réflexion sur la répartition de la capacité à récolter l’impôt entre l’État et les collectivités ?

Parmi les éléments qui polluent notre démocratie il y a cette idée qu’il n’y a plus qu’une seule élection qui compte ; c’est la présidentielle. Cela veut dire que nous avons accepté que l’on donne le droit à un homme de faire ce qu’il veut après une campagne où il dit ce que nous avons envie d’entendre, ou alors après une campagne où nous sommes obligés de choisir non pas pour quelqu’un mais contre son adversaire.

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Le Bundestag à Berlin, siège du parlement fédéral allemand. Un parlement qui s’ajoute aux parlements des länder. Quand le pouvoir fédéral bascule les länder ne basculent pas automatiquement avec lui et le président de la République en Allemagne a un rôle bien différent du nôtre. (photo DG)

Dans un pays vraiment décentralisé les choses ne déroulent pas de façon aussi dramatiques— au sens théâtral du mot— que chez nous. Quand le pouvoir central bascule il ne bascule pas dans les régions, les länder ou les cantons, pour évoquer l’Allemagne et la Suisse. Quand Trump est élu, tous les Etats-Unis ne basculent pas dans son camp ! Les États gardent leur autonomie et continuent à faire leurs choix. Chez nous c’est tout à la fois ! On élit des députés pour obéir à l’exécutif dès le lendemain de la présidentielle ! Et on s’apprête bientôt à voter pour des députés européens en ne parlant pas d’Europe mais en parlant de notre classe politique. On veut régler des comptes français sur le dos de l’Europe. Tout cela en laissant brailler ceux qui veulent cacher leurs erreurs présentes et passées en disant que tout est la faute de Bruxelles. Que l’Europe et sa politique libérale soit à réformer en profondeur, nul doute ! Mais faut-il sortir de l’Europe et pour cela et sacrifier l’idée d’Europe ? Après plusieurs présidents de la République décevants je n’entends pas les mêmes dire qu’il faut supprimer la République. Ce serait la proposition à faire si on suivait leur logique concernant l’Europe ! Mais ce serait effectivement stupide.

Et les contre-pouvoirs ?

Notre démocratie est malade de ne pas connaître des niveaux d’exercice différents. Je parle d’une chose banale en démocratie : les contre-pouvoirs. C’est le pouvoir central qui décide quasiment de tout et nous l’y encourageons. Une entreprise menace de fermer : les collectivités qui lui ont donné de l’argent public n’ont aucun pouvoir pour récupérer cet argent. Et c’est l’État qui intervient, en vain d’ailleurs. Et je ne parle pas de tous les petits problèmes que chacun veut faire remonter au sommet comme s’il s’agissait d’une solution miracle, tout cela parce que le souverain jettera peut-être son coup d’œil divin sur le dossier que l’humble citoyen (presque sujet) lui aura envoyé.

Et quand je parle de contre-pouvoirs je ne peux m’empêcher d’évoquer les médias. Nous sommes dans un pays où la centralisation les a quasiment rendus uniformes. En connaissez-vous beaucoup qui ne soient pas à quelques encablures seulement du pouvoir central ?

Certes il en existe quelques uns un peu rebelles, mais si peu. Il est d’ailleurs presque risible d’entendre le système médiatique parisien reprendre à son compte les plaintes de ceux qui dénoncent l’abandon des territoires, alors qu’eux-mêmes n’ont fait de ces derniers que des « provinces ». Vous pourrez faire toutes les élections que vous voulez et tous les RIC que vous souhaitez, tant que l’information ne sera produite que par une unique machine, vous aurez peu de chance de créer du débat contradictoire.

Grand débat ?

Un grand débat doit se dérouler, à l’initiative du centre. Certains s’en réjouissent d’autres s’en méfient parce que c’est E.Macron. Mais vous pouvez remplacer E.Macron par un autre ce sera pareil. Je ne dis pas que je soutiens le locataire de l’Élysée ; je redis ce que j’ai déjà dit plusieurs fois : c’est l’élection au suffrage universel d’un homme qui a trop de pouvoir que je considère comme une aberration démocratique.

Comment le centre, avec son système bien huilé pourrait-il sérieusement mettre en place un débat qui remettrait en cause ses méthodes, sa survie. On ne peut pas répondre à la dite « fracture territoriale » par la volonté d’un centre qui en est le responsable et même le bénéficiaire. C’est comme si on renonçait à la négociation et aux syndicats dans une entreprise parce que l’on aurait un patron aux méthodes un peu paternalistes qui semblerait bienveillant. C’est comme si on se contentait de l’idée qu’il donnera bien quelque chose, quelques miettes et qu’il serait donc malvenu de le contrarier un tant soit peu.

Je ne crois pas que ce débat donnera de grands résultats. J’y participerai quand même d’une façon ou d’une autre parce que l’on ne doit jamais refuser un débat et jamais décliner une invitation à amener des idées. Cependant la clé est pour moi dans le changement de répartition du pouvoir .

Quant au RIC, je n’y vois pas une solution miracle mais un outil qui peut être utile dans certains cas, notamment sur le plan local. Il fonctionne dans ce cadre dans certains pays et donc on peut envisager de s’en servir aussi chez nous.

Des sujets inscrits dans le marbre ?

 Je voudrais pour terminer relever quelques risques à poser des questions par référendum. Premièrement il y a le fait que la tentation peut-être grande de revenir sur des décisions qui sont des progrès de civilisation. Je mets aux rangs de celles-ci l’abolition de la peine de mort, par exemple, mais il y en a d’autres. On ne peut exclure que l’opinion, soumise à des émotions fortes dues à des événements particuliers, puisse avoir un jour la tentation du retour en arrière. C’est un scénario qui pourrait être évité en définissant très strictement les conditions d’organisation d’un RIC (nombre de signataires demandeurs, thématiques, possibilité d’annulation d’une loi votée par une assemblée souveraine ou pas, récusation d’un élu etc,). Mais reste à savoir qui décidera de ces conditions ?

Cela signifie bien qu’il y a des sujets dont on sent qu’ils doivent être inscrits dans le marbre. C’est une vraie question que je laisse à l’appréciation de chacun parce que justement chacun fera sa liste des sujets intouchables. Et les RIC risquent bien de rallonger cette liste de sujets « sacrés ».

En effet toute décision prise par votation populaire pourrait être considérée comme intouchable et non modifiable. Il deviendrait alors fort difficile de revenir dessus. Je prends pour exemple le référendum sur le Brexit. Le vote a eu lieu dans les conditions que l’on connaît et aujourd’hui la question se pose de savoir s’il faut revoter. Certains pensent qu’ils n’ont pas été bien informés et que la question n‘a pas été posée en donnant aux électeurs toutes les informations indispensables.

C’est un débat sans fin parce que d’autres considèrent que revoter serait une façon de dévaloriser définitivement la décision du peuple.

Nous devons aussi être assez lucides sur le fait que le RIC risque fort bien de ne pas changer fondamentalement les grandes orientations de la société.

Il suffit de se replonger dans les débats qui ont eu lieu dans les démocraties lorsqu’elles ont heureusement décidé d’instaurer le droit de vote pour les femmes. Certains pensaient que cela aller modifier profondément les choix du corps électoral alors uniquement masculin. Il n’en fut rien.

Les RIC pourraient ne rien changer lorsqu’il s’agit de questions larges, générales, déjà traitées et débattues lors d’élections. En revanche il ne fait aucun doute que les RIC apporteraient de la nouveauté dans des décisions locales notamment pour remplacer les fameuses enquêtes publiques dont on connaît les limites et les insuffisances.

Le RIC a enfin dans l’opinion une valeur symbolique que l’on ne peut négliger. C’est sans doute la raison pour laquelle il est si présent dans le débat actuel. Il ne faut jamais négliger les symboles mais il ne faut pas non plus leur donner un pouvoir miraculeux.

 

David Grosclaude

11/01/2019

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La colère du peuple et la démocratie impulsive

Publié le Mis à jour le

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Je vais voter pour le loup ! Ça fera réfléchir le berger

La colère peut être légitime mais elle ne peut être un programme politique. L’immédiateté et la volonté de tout obtenir d’un clic est-elle compatible avec une démocratie ?

 

Faut-il donc se résigner à instaurer une démocratie impulsive pour remplacer la démocratie représentative et ce parce que le culte de la technologie nous gagne ? Voilà bien des questions qui sont sur la table en ce début d’année.

« Légitime était votre colère …» c’est ce que dit la chanson à la gloire des soldats languedociens qui mirent crosses en l’air en 1907.

La colère exprimée par ceux qui se font appeler les « gilets jaunes » était-elle aussi légitime que celle exprimée par ceux qui ne voulaient pas tirer sur leurs amis, leurs parents, leurs voisins ? Oui sans doute était-elle légitime.  Autant, je ne le crois pas ! Quand on se révolte contre des injustices flagrantes il est légitime d’être en colère. Mais cela ne fait pas de la colère un programme politique.

Mais avant toute chose je crois qu’il faut toujours dire, quand on veut prendre une position sur un sujet, d’où l’on parle, de quelle place, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une question sociale et politique.

Je parle comme un occitaniste, fédéraliste, écologiste de longue date. Je sais par exemple depuis longtemps que l’énergie sera chère, rare et que c’est le sujet central de notre survie.

Je parle aussi comme quelqu’un qui dénonce les injustices sociales auxquelles j’ajoute les injustices territoriales qui sont maintenant aussi des injustices écologiques. Et je ne me limite pas en cela au seul hexagone, parce que la planète est grande.

Je parle aussi de la place de quelqu’un qui est inquiet pour la démocratie. C’est pour cette raison que j’ai choisi de ressortir ce dessin très évocateur, d’un dessinateur grec publié il y a déjà quelques années. Les moutons peuvent être parfois aussi dangereux que les loups car ils peuvent devenir leurs alliés !

Ma position enfin est celle de quelqu’un qui aujourd’hui gagne le salaire médian. Mais ça ne fut pas toujours le cas. Ce fut moins durant de longues années et un peu plus durant une période beaucoup plus courte.

Dérives verbales : les médiocres à l’affût

Le peu de littérature que j’ai pu lire émanant du mouvement des gilets jaunes( j’ai cherché pourtant) m’a convaincu que la structuration idéologique laissait à désirer, ou en tous les cas ne me convenait pas. Je ne nie pas que quelques uns ont essayé de faire en sorte que le message soit plus clair et plus structuré mais les démagogues en tous genres ont été, et sont encore, à l’œuvre. Je ne m’étendrai pas sur les dérives verbales de certains porte-paroles autoproclamés du mouvement qui m’ont fait froid dans le dos. Certaines de leurs déclarations étaient d’une inspiration idéologique qui renvoie à des périodes noires de l’histoire.

Il n’en reste pas moins que l’on a entendu des doléances, des revendications, des demandes et des plaintes. Ce n’est pas parce qu’il y a des médiocres qui tentent de parasiter la colère, de l’utiliser, qu’il ne faut pas entendre cette dernière.

Certaines revendications, sur lesquelles nous reviendrons sont particulièrement pertinentes ; d’autres, frappées du sceau de l’impatience, de la volonté d’avoir tout et tout de suite sont plus difficiles à analyser ; enfin d’autres encore sont pour moi non discutables particulièrement quand il s’agit de remettre en cause des évidences économiques et écologiques, donc sociales et humaines.

Qui est le peuple ?

Je ne sais pas qui est le peuple, ce qui est certain c’est que j’en suis, comme chacun d’entre vous. Le peuple a t-il une volonté ? C’est une excellente et difficile question à laquelle je ne prendrai pas le risque de répondre par une phrase. Je sais en revanche que je fais partie du peuple mécontent. Je ne me révolterai pas pour autant contre le prix du gazole et de l’essence, bien que faisant partie de ceux qui auraient à s’en plaindre. J’ai bien senti les effets de l’augmentation du prix. Mais je sais depuis des décennies que le prix des carburants doit augmenter. En revanche j’aurais bien aimé que certains mettent leur gilet jaune pour dénoncer la politique minable en matière de transports publics qui est menée dans notre pays depuis des années. J’aurais bien aimé que l’on dénonce l’urbanisme imbécile et l’aménagement stupide du territoire qui fait que la bagnole est devenu le cœur de notre société. Je ne parle pas des politiques du bitume d’une part et du ferroviaire LGV d’autre part, qui nous ont coûté si cher et qui nous ont empêché de mettre en place une alternative plus efficace mais certes moins clinquante pour les programmes électoraux des uns et des autres.

On a tout essayé…sauf l’essentiel

Pendant la dite « crise des gilets jaunes » est sortie aussi la question des collectivités territoriales qui sont malmenées, maltraitées et étouffées par le pouvoir central. Mais j’observe que, même si le sujet revient souvent dans la bouche de certains élus et de certains commentateurs, il ne donne pas lieu à une suite très cohérente. C’est toujours auprès du pouvoir central que l’on va chercher la solution. Et même quand on parle de fiscalité injuste peu nombreux sont ceux qui osent dire que l’ensemble du système fiscal doit être revu en partant de l’idée que l’impôt ne peut être prélevé par un seul acteur ( l’État) faisant ainsi des autres acteurs bénéficiant de l’argent public des irresponsables politiques et fiscaux qui se contentent de vivre de dotations de l’État.

Oui, il faut une fiscalité juste mais cela ne signifie pas qu’elle doive être uniforme. Les collectivités et les élus qui y siègent doivent prendre leurs responsabilités en ce domaine et rendre des comptes. Quant à l’État il doit arrêter de tenir les uns et les autres par le système de la dotation. Si les élus locaux et régionaux ne peuvent décider d’une part significative de l’impôt pour financer leurs politiques ils ne servent à rien d’un point de vue démocratique.

Prélever l’impôt c’est le premier pouvoir que le peuple octroie à ses représentants. Rendre des comptes sur la façon dont on gère l’argent récolté est une des bases de la démocratie. C’est le premier déficit du système français et c’est donc la première raison des injustices dénoncées.

Cette absence de pouvoir décentralisé est aussi l’une des raisons qui fait qu’aux injustices sociales dans certains territoires, s’ajoutent des injustices territoriales.

Chef suprême

J’observe aussi que dans les vœux d’E. Macron il n’y a pas eu un mot sur le sujet. Il a vaguement évoqué les institutions qui « doivent continuer à évoluer » il a lancé une phrase aussi creuse que celle qui consiste à dire qu’il faut « redonner toute sa vitalité à notre démocratie » et il a dit qu’il nous fallait « innover sur le plan démocratique ».

C’est du vent ! D’autant plus que sa vision du territoire est vieille, vieillote même surtout lorsqu’il nous assène cette confidence ridiculement désuète : « J’ai grandi en province ». Mais c’est quoi la « province » ? C’est le « non-Paris » ? Croire que tout le territoire de la République serait divisé entre ceux qui sont à Paris et les autres c’est avoir une vision simpliste de la réalité. Il est vrai que ce même président avait bien expliqué à des enfants que c’est grâce à l’Édit de Villers-Cotterêts de François 1er que nous ne parlions plus des « patois » différents aujourd’hui mais la même langue qui nous permet de nous comprendre. Comme quoi on peut être nul en histoire et nul en géographie.

On va donc faire un grand débat— en tous cas il nous est proposé— avec cette base idéologique ? Pas étonnant que la question de la décentralisation et je dirai même du fédéralisme n’est pas mise sur la table. Pas plus par Macron que par le mouvement de révolte du mois passé. C’est pourtant la seule chose que l’on ait pas encore essayée ! Il est vrai que depuis des décennies la classe politique n’y ait pas favorable, formatée qu’elle est à s’assujettir au pouvoir central. Rien ne peut dévier non plus la haute administration centrale de son devoir et de sa mission de garder pour elle le maximum de pouvoirs en dénigrant tout ce qui vient des territoires, pour employer un mot d’aujourd’hui. On pourrait dire « régions » mais vu ce que l’on a fait des régions depuis 2015  le mot a perdu de sa valeur !

Et quant à remettre en cause un autre pilier du système français qui crée l’injustice et nie la démocratie il n’en est pas question non plus. Même la colère exprimée de façon parfois rude ne remet pas en cause le principe même du chef suprême à qui l’on s’adresse dès qu’il y a un problème. Ceux qui veulent que Macron s’en aille proposent que l’on en remette un autre à la place, pour la très grande majorité d’entre eux.

Alors disons-le : avons nous besoin d’un président de la République élu au suffrage universel  et ayant autant de pouvoirs ? Personnellement la réponse est non ! Mais visiblement on ne me demandera rien sur ce sujet. Alors quand j’entends des ( je ne ne dis pas « les » ) gilets jaunes demander l’arrivée d’un militaire «  remercié » au pouvoir, je crains le pire.

L’Europe : une belle idée sacrifiée

Il y a fort à parier que le grand débat que l’on nous promet accouchera d’un beau rapport et que peu de choses en sortiront. Mais je ne peux qu’encourager à y participer tous ceux qui pensent qu’il faut faire de la politique la chose de tous. Des idées en sortiront et ces idées, même si le pouvoir central les enterrera, pourront toujours servir pour plus tard. Débattre n’est pas une mauvaise chose.

Nous sommes à quelques mois d’un débat électoral qui, en théorie, devrait se faire sur l’Europe. Mais on voit bien à gauche et à droite comme au centre combien nombreux sont ceux qui s’emploient à faire qu’il n’y ait aucun débat sur l’Europe. Beaucoup veulent en faire un moyen de conquérir le pouvoir central parisien ou un moyen de le garder. C’est irresponsable et c’est de l’eau trouble apportée au moulin des nationalistes de gauche et de droite, des fossoyeurs de l’Europe. C’est donner un coup de main dans cette tâche aux joyeux démocrates que sont Orban, Salvini, ou le gouvernement polonais par exemple pour ce qui est de l’intérieur. Il faut ajouter Trump et le tout nouveau Bolsonaro du Brésil pour ce qui est de l’extérieur ; mais la liste risque de s’allonger.

Dommage de gâcher une belle opportunité démocratique et électorale au cours de laquelle on aurait pu parler d’Europe, donc de l’équilibre du monde, au profit de ces quelques énergumènes qui lèvent le menton en criant « c’est à faute à Bruxelles » aveuglés qu’ils sont par Paris et le pouvoir qu’ils voudraient y avoir.

Il reste bien des sujets à traiter en ce début d’année, comme justement la question de l’Europe, la place de l’écologie politique dans le débat qui s’annonce, l’écologie politique à la française malade du jacobinisme, la question du référendum d’initiative citoyenne, de la démocratie représentative, de ce besoin d’immédiateté dans les choix politiques ou enfin parler de la fascination qu’exercent la technique et la technologie sur une partie de l’opinion qui croit que c’est ainsi que l’on peut sauver une démocratie malade. Ce sera l’objet d’un prochain article.

A Lacq, « ça pue ! » mais c’est tout !

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Au conseil municipal d’Artix du Jeudi 18 octobre nous avions le rapport d’activité de la Communauté de Communes de Lacq Orthez (CCLO) pour 2017.

Nous n’avions pas à voter sur ce rapport mais il nous était communiqué pour information.

Nous pouvions cependant le commenter.

Je vous prie de trouver le contenu de mon intervention.

Le maire m’a répondu en disant que la CCLO n’avait pas la compétence en ce domaine des risques technologiques. C’est l’affaire de l’État.

Il a expliqué aussi que l’affaire Sanofi datait de 2018 et que ce rapport était celui de 2017.

J’ai répondu que les dossiers s’accumulaient depuis bien des années et que le silence n’était pas acceptable. En l’occurrence j’ai expliqué qu’il s’agissait sur le sujet  pour moi   « d’un rapport d’inactivité ».

Sinon aucun commentaire n’a été fait par d’autres membres du CM

Il ne s’est donc agi que d’un dialogue entre le maire et moi.

Voici le contenu de mon intervention sur deux sujets: les risques technologiques et la situation sanitaire de la zone de Lacq-Orthez d’une part et la politique en faveur de la langue occitane.

Lac

 

Contenu de l’intervention de David Groclaude au conseil municipal d’Artix le 18/10/2018 à propos du rapport d’activité de la CCLO pour l’année 2017

 

D’abord je voudrais dire mon grand étonnement quand je constate la maigreur du contenu de ce rapport sur les risques technologiques.

La moitié d’une page consacrée à ce sujet alors que nous savons tout sur les incivilités commises par des jeunes à la bibliothèque communautaire, le Mix. Les incivilités d’industriels qui ne respectent pas la loi ne vaut pas plus d’une moitié de page alors que depuis maintenant plus de quatre ans ces sujets font l’objet de rapports, d’articles de presse, d’émissions de radio et de télévision et d’interrogations de la part de professionnels de la santé.

 

Selon la CCLO il n’y aurait qu’une « gêne olfactive » ! Voilà ça pue ! c’est tout !

Nous, élus, avons le devoir d’être aux côtés de la population et non pas d’essayer de mettre sous le tapis des questions gênantes.

Certaines entreprises se moquent depuis des années de la réglementation dans le domaine des rejets polluants. Depuis des années des habitants de notre territoire dénoncent cette situation qui aujourd’hui s’étale dans les médias de tout le pays.

Nous serons bientôt un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Tout cela au nom d’un fallacieux argument qui serait lié à l’emploi. Dénoncer ces faits serait menacer l’emploi ! Mais cette caricature ne tient pas la route ! Personne ne veut

 

menacer l’emploi. Il faut simplement respecter la loi et la réglementation.

La modernité c’est donner l’information aux citoyens et leur permettre de débattre. C’est le seul moyen de réconcilier l’industrie avec ceux qui y travaillent et ceux qui vivent autour.

Le débat, transparent, loyal, honnête : c’est ça la démocratie. Sans cela effectivement, ça pue !

Il en va aussi de la santé des habitants de notre territoire… et de la perénité des emplois. Nous ne sommes plus à l’époque où l’on pouvait se désintéresser de la santé de toute une population en disant : vous serez peut-être malades mais vous aurez travaillé !

 

 

La CCLO ne s’est pas mise aux côtés des habitants mais seulement aux côtés des industriels feignant de croire que l’État ferait le travail à sa place pour soutenir les habitants. Et aujourd’hui qui fait ce travail ? Les associations et la presse.

Je pourrais illustrer mon propos avec des kilos de dossiers. Mais je me contenterai de répeter une phrase qui me fut servie par un élu quand en 2014 je cherchais des signatures pour demander à la ministre de la santé une étude épidémiologique.

Je m’entendis répondre : « Non ça va faire peur aux industriels, et il faut bien mourir de quelque chose ! ». La lettre partit quand même avec 5 signatures d’élus béarnais…pas plus !

Cette désinvolture illustre l’ambiance qui règne chez nous. Silence !

Ce n’est pas notre rôle d’élus de nous taire !

 

Sur une autre partie de ce rapport je voudrais dire aussi mon étonnement. Il s’agit de la politique linguistique en faveur de l’occitan.

On évoque la création d’une commission…qui ne fonctionne plus à ce jour malgré les relances faites par certains habitants de la CC. Cette commission n’a pas fait l’objet du moindre soutien politique véritable. Pas de suivi, pas de volonté pas de plan…De l’affichage à 35 000 euros, au rabais donc.

Je pourrais expliquer comment se fait une politique linguistique dans d’autres régions et d’autres pays mais je n’en ai pas le temps.

La CCLO ne fait pas la travail que l’on est en droit d’attendre d’une collectivité en ce domaine.

 

 

 

L’ours est un naufrage démocratique !

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A ceux qui n’ont pas compris qu’ils vendent surtout

la peau de la démocratie

Le ministre De Rugy a annoncé la réintroduction de deux ourses en Béarn.

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Photo Wikimedia Commons (Jean Noel Lafargue)

La question de l’ours, au point où elle en est arrivée chez nous, n’est pas une question écologique, mais d’abord une question politique. C’est un véritable naufrage démocratique dont nous sommes tous responsables, que l’on soit neutre, indifférent, partisan ou opposant à la réintroduction de l’ours dans les montagnes du Béarn.

Cela fait des années que les décisions sont prises à Paris et que la survie de l’ours, au bout de vingt, trente et même quarante ans de polémique, n’est pas garantie, comme d’ailleurs n’est pas garantie la survie du pastoralisme.

Donc, objectivement, ces déchirements, ces déclarations de part et d’autre à l’emporte-pièce, n’ont eu aucun résultat si ce n’est de créer des oppositions dures, stériles et dangereuses.
Ce système arrange tout le monde. C’est à un individu, un ministre, que revient la décision. Qu’il soit opposant, partisan, peu importe, c’est la méthode qui est mortifère.

Et que l’on ne me dise pas que ce centralisme appliqué à l’écologie doit être remplacé par une décision prise seulement localement parce qu’il suffit d’observer les uns et les autres, chez les décideurs locaux pour remarquer que finalement tout le monde est bien content de ne pas avoir de responsabilité en ce domaine.

Dans aucune des assemblées que j’ai frequentées (comme journaliste ou comme élu) je n’ai pu assister ou participer à un débat qui aurait débouché sur une décision concernant l’ours. Quand le ou la ministre est pour les lâchers on hurle, quand il ou elle est contre d’autres protestent.

Mais la question de la faune, de l’environnement ( et dedans j’y mets le pastoralisme) est une affaire qui ne peut se résoudre en un point central qui serait Paris, ni sur le seul territoire où vivent (vivaient, vivront ?) des ours. C’est une affaire collective.

Il se trouve que pour le moment le centralisme domine et que personne ne proteste sur le principe.

Ce qu’il faudrait c’est une décision partagée, mais pour cela il faut accepter de prendre des responsabilités, des compétences et d’assumer ses décisions. Jusqu’à aujourd’hui, dans les assemblées départementales ou régionales concernées, il n’a jamais été demandé à qui que ce soit de trancher. Finalement on attend la position du ministre pour s’afficher en pour ou en contre.

Et le dialogue, et la concertation et même mieux : le compromis, ça ne vous dit rien ? Il existe des pays en Europe et dans le monde où la démocratie fonctionne au niveau territorial et où les élus sont obligés de trouver des compromis dans ce type d’affaire. Et paradoxalement, même si tout ne se passe pas dans la concorde et de façon paradisiaque, ce sont les endroits où faune, agriculture, agropastoralisme, vie des hommes, arrivent à coexister. Je ne prends que l’exemple des Asturies où les ours sont encore présents en nombre (200 environ). Ce fut difficile, laborieux mais les assemblées des régions autonomes eurent à prendre leurs responsabilités et des décisions. Il a fallu ménager les uns et les autres et surtout décider, et non attendre qu’un ministre décide pour prendre une posture d’écolo ou de chasseur de fauve.

Finalement le centralisme arrange presque tout le monde, sauf l’ours. Il est plus facile de se positionner de façon radicale, de prendre une posture, plutôt que de trouver un compromis. Il est plus confortable de se positionner en insultant le ministre ou en le félicitant que de se mettre autour d’une table en se disant que de toute façon il faudra sortir avec une décision. C’est aussi le règne des lobbys. On va rencontrer le ministre et ses proches pour tenter de faire pencher la balance en sa faveur…

Dans un autre domaine bien différent, Michel Rocard enferma il y a quarante ans, les responsables de l’affaire néo-calédonienne en leur enjoignant de trouver un compromis.

Le pouvoir central et sa haute administration, jaloux de leurs pouvoirs n’ont même pas cette intelligence sur l’affaire de l’ours. Ça fleure le mépris du provincial arriéré. Mais personne chez nous ne le lui suggère. Ça fleure bon la soumission provinciale ! La décision en matière d’ours, comme en d’autres, nous échappe, avec la complicité de nos « élites ». Quand je dis « élites » je ne dis pas seulement les élus, mais aussi les leaders d’opinion. Et cela donne un triste résultat, c’est à dire de la démagogie et de la surenchère à tous les étages.

L’ours survivra peut-être à cette polémique stérile. Je n’en sais rien. En revanche je suis certain que la démocratie, le courage politique, l’intelligence politique risquent bien d’en prendre un coup.

Désolé de n’avoir pris parti que pour la démocratie dont la peau m’est très précieuse, surtout par les temps qui courent !

David Grosclaude

Nous sommes d’insatiables goinfres ! Qu’èm sonque galafres insadorables !

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Article bilingue (texte occitan et texte français à la suite)
Un ministre de l’ecologia que demissionè e que digó quauques vertats, shens per aquò anar dinc au cap. Quauques dias abans la soa decision qu’avèva dit qu’atacàvam las resèrvas au començar d’aost. Cada annada la data qu’avança. Que minjam lo capitau, lo planeta !

Un ministre de l’écologie a démissionné. Il a dit quelques vérités avant de partir, sans pour autant aller jusqu’au bout. Quelques jours auparavant il avait fait savoir que nous avions attaqué les réserves dès le début du mois d’aôut. Chaque année la date avance. Nous bouffons le capital, la planète !

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Fòto presa au centre de Port au Prince en Haití. La misèria e totas las lordèras de la societat de consum, qui non son pas per aquò ua indicacion que los abitants e viven decentament (fòto DG)

 

Sonque galafres insadorables !

Un ministre de l’ecologia que demissionè e que digó quauques vertats, shens per aquò anar dinc au cap. Quauques dias abans la soa decision qu’avèva dit qu’atacàvam las resèrvas au començar d’aost. Cada annada la data qu’avança. Que minjam lo capitau, lo planeta !

Pauc de temps abans la demission deu ministre aqueste, qu’èra la panica ! La creishença n’èra pas au rendetz-vos. Que mancava 0,1% ou 0,2% comparat dab las previsions. Alavetz qu’entenom los economistas autoproclamats (acompanhats de’us qui creden que l’economia ei ua sciéncia) a tornar sortir los arguments vielhs qui’nse serveishen desempuish l’an de la gratèra : tornar lançar lo consum, dinamizar la creishença, redusir las despensas publicas, baishar lo prètz de l’energia, etc…. Donc que tornam partir dab las recèptas d’un còp èra, quan desperdiciàvam shens comptar en tot se trufar de çò qui pòt aparir a las generacions futuras.

Qu’ei çò qui cau díser aus nostes mainatges ? Tot çò qui n’an pas gausat demandar dinc adara. De tira que’us cau explicar que çò qui aprengón de nosautes non fonciona pas mei. Mei de creishença per mensh de caumatge ? Fotiròlas ! Energia mensh cara entà arrevitar l’activitat economica ? Colhonadas !

La creishença verda ? Qu’ei quan s’audeishen los crits espaurugats de la civilizacion de l’automobila qui sap sonque pregar sus l’autar de la « veitura verda ». A tot hòrt que vòlen sauvar la torrombiòla ! Que serà electrica, e entà tots ! Non que serà nucleara sonque entà quauques uns, dab las dèishas, las baterias, donc las guèrras deu litium e de las tèrras raras.

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Nosautes que volem la veitura electrica…qui sauvarà la civilizacion de l’automobila. mes la mobilitat deus mei praubes que n’ei enqüèra a solucions d’aqueras. En Haití (DG)

Creishença verda ?

Que   cau contunhar de bolegar, de transportar entà crear activitat. Qu’èm sonque moleculas qui’s segoteishen entà produsir calor ! Ei aquò l’economia ? Alavetz òc-ben qu’ei simple, simplista quitament.

La « creishença verda » que seré aquera qui’ns protegiré d’ua ecologia « punitiva ». Atau qu’apèran aquera ecologia qui ditz que n’ei pas mei possible de’s hartar, de har deus galafres. Que cau anar cap a la sobrietat.

Ei un castig de non pas mei s’en.hartar ? Que’vs pausi la question !

Los maishants que serén aqueths qui’vs vòlen empachar de consumir tròp e los bons que serén los qui disen que serà com abans mes sus un hons verd ! Qu’ei com tà la telé : se filmatz ua persona sus un hons verd que i podetz incrustar darrèr l’imatge qui v’agrada. Filmada atau, la persona se trobarà, se vòu, a Venècia o au bèth som de l’Everèst !

En aqueste monde qui’s vòu verdejar non transportatz pas mei, qu’ei passat de mòda, no’vs desplaçatz pas, qu’ei vielhòt ; qu’ètz en « la mobilitat » e miélher en « las mobilitats ». E que s’i avisen los qui non vòlen pas anar tribalhar a mila quilomètres de casa ! Que s’i avisen los qui non hèn pas foncionar los TGVs e los avions de còst baish !

Que sian avertits los qui afirman que la question de uei n’ei pas de transportar mensh car, mes de transportar mensh, simplament !

Atencion a vos se disetz que la sola solucion ei lo partatge de l’indecenta riquessa deus uns entà har carar l’indecent praubèr deus autes ! E siatz prudents se disetz que i a en lo noste monde d’un costat la misèria totau, lo praubèr absolut e de l’auta part lo praubèr relatiu.

Qu’avem la peta !

Uns praubes, en la lor misèria absoluda que vòlen çò qu’avem nosautes e que s’acontentarén de çò qu’an los qui a noste son praubes. Que vaden mobiles. Mes la lor mobilitat n’ei pas planvienguda, tà nosautes qui non podem pas mei suportar arren, quitament pas ua creishença qui arrecula de 0,1% au par de çò anonciat. Qu’ei mauvienguda la lor mobilitat pr’amor qu’avem la peta, la caganha.

Totun, que i a mensh de perilh en l’arribada de quauques detzenats de milierats de personas dispausadas a’s negar en Meditarranèa, que dens la guèrra de l’aiga, de l’aire o de la tèrra qui preparam taus nostes mainatges.

Mes quins argument emplegar fàcia a aqueth monde tà’us explicar que non poderàn pas estar com nosautes hartanèrs e galafres ? Non i a pas plaça per 9 miliards de galafres, ni per 6 miliards. E, disem las causas com son : non i a pas nat aviéner en lo goludèr planetari, nat aviéner taus galafres e hartanèrs.

Que vivem dab esquemas deus vielhs. Per exemple la tecnologia : que permeterà de trobar solucions aus nostes problèmas. Òc, mes que’n crearà de naus e non harà pas nat miracle. Que disi ua banalitat qui’s desbromban los cronicaires « doctors ès aplicacions » qui colonizan los mèdias.

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Haití, Port au Prince (DG)

N’ei pas la tecnologia qui cau condamnar segur, mes lo hèit que’n hacin ua religion e ua mena de recors miraculós qui nos permeteré de non pas reméter en causa nada de las nostas certituds. Que’ns demandan de créder en la tecnologia deu numeric ; e que l’adoram ! Tot aquò qu’ei suspècte.

Mes que senteishi plan l’angoish ! Quin serà aquera societat on l’objectiu non serà pas de consumir tostemps mei ? E serà ua societat trista, on nos devegeram ? Quin suenharam la nosta bolimia de consum ? Pr’amor se devem apréner a partatjar e tanben a estar intelligents, que s’ageish d’un desfís doble.

Mes fin finala, se devem víver shens aver en cap d’anar tostemps pilhar las resèrvas qui avem a la cava qu’ei un SOL desfís. Que devem essajar d’estar aquera umanitat qui pretendem d’estar. Que devem deishar enfin d’entrar en aquera definicion de l’òmi qui, comparat aus autes animaus, ei lo sol a considerar que tà s’afirmar, e deu pishar sus la nèu, tirar calhaus a l’aiga clara e cridar dens lo silenci.

David Grosclaude

 

 

 

Nous sommes d’insatiables goinfres !

 Un ministre de l’écologie a démissionné. Il a dit quelques vérités avant de partir, sans pour autant aller jusqu’au bout. Quelques jours auparavant il avait fait savoir que nous avions attaqué les réserves dès le début du mois d’aôut. Chaque année la date avance. Nous bouffons le capital, la planète !

Un peu avant la démission du ministre en question c’était la panique ! La croissance n’était pas au rendez-vous. Il manquait 0,1% ou 0,2% aux prévisions. Alors on a entendu les économistes autoproclamés (ainsi que ceux qui croient que l’économie est une science) ressortir tous les vieux arguments qu’on nous sert depuis des lustres : relance de la consommation, dynamisation de la croissance, réduction des dépenses publiques, baisse du prix de l’énergie, etc…Bref c’était reparti avec les recettes de l’ancien temps, celui qui fait que l’on bouffe l’héritage, que l’on gaspille sans compter et que l’on se fout de ce qui peut arriver aux générations futures.

Alors que faut-il dire à nos enfants ? Tout ce qu’ils n’ont pas osé nous demander.

Dès aujourd’hui il faut leur dire que ce qu’ils ont appris de nous ne fonctionne plus. Plus de croissance pour moins de chômage ? Balivernes ! De l’énergie moins chère pour relancer l’activité ? Foutaises.

Croissance Verte ?

La croissance verte ? C’est quand on entend les cris de panique de la civilisation de l’automobile qui ne jure plus que par la « voiture verte ». Il faut sauver la bagnole à tout prix. Elle sera électrique, et pour tous ! Non, elle sera nucléaire et pas pour tous, et avec ses déchets, ses batteries et donc ses guerres du lithium et des terres rares.

Il faut continuer à bouger pour faire du transport et de l’activité. Nous ne sommes que des molécules qui s’agitent pour faire de la chaleur ! C’est ça l’économie ? Alors oui c’est simple, simpliste même.

La croissance verte serait celle qui nous protégerait d’une « écologie punitive », c’est ainsi que l’on parle de l’écologie qui dit d qu’il n’est plus possible de se baffrer et qu’il faut être sobre. Mais est-ce être puni que de ne plus se baffrer ? Je vous pose la question !

Les méchants seraient ceux qui veulent vous empêcher de consommer trop et les gentils seraient ceux qui vous disent que ce sera comme avant, mais sur un fond vert ! C’est comme à la télé. De filmer sur un fond vert permet d’incruster n’importe quelle image. On vous filme sur ce fond vert et vous voilà, si vous voulez, à Venise ou au sommet de l’Everest !

Dans ce monde qui veut se « verdir » vous ne vous tranportez plus, c’est dépassé, vous ne vous déplacez plus, c’est ringard ; vous êtes dans la « mobilité » et même mieux dans « les mobilités ». Et gare aux immobiles, à ceux qui ne veulent pas aller travailler à mille kilomètres de chez eux , ceux qui ne font pas marcher les TGV et les avions à bas coût ! Gare à ceux qui prétendent que la question d’aujourd’hui n’est pas de transporter moins cher mais de transporter moins, tout simplement !

Nous avons la trouille !

Gare à ceux qui vous disent que la seule solution c’est le partage de l’indécente richesse des uns pour faire taire l’indécente pauvreté des autres ! Gare aussi à ceux qui rappellent qu’il y a en ce monde d’un côté la pauvreté totale, le dénuement absolu et de l’autre la pauvreté relative. Certains pauvres, dans leur dénuement total, veulent ce que nous avons et ils se contenteraient même de ce qu’ont nos pauvres. Ils deviennent mobiles. Leur mobilité est mal venue pour nous qui ne supportons plus rien, pas même un recul de 0,1% de la croissance annoncée. Elle est mal venue leur mobilité parce que nous avons la trouille. Pourtant il y a moins à craindre de quelques dizaines de milliers de personnes prêtes à mourir noyées dans la Méditerranée que de la guerre de l’eau, de l’air, de la terre que nous préparons à nos enfants.

Mais quels arguments va t-on pouvoir trouver pour dire à ces gens qu’ils ne pourront pas devenir des goinfres comme nous ? Il n’y a pas de place pour neuf milliards de goinfres ni pour six. Et disons le : il n’y a pas d’avenir dans la goinfrerie planétaire et aucun avenir pour les goinfres.

Nous vivons sur de vieux schémas. Par exemple, la technologie : elle permettra de trouver des solutions à nos problèmes. Oui, mais elle en créera d’autres donc pas de miracle de ce côté là. Je viens de dire une banalité qu’oublient les chroniqueurs « docteurs ès-applications » qui colonisent les médias.

Ce n’est pas la technologie qu’il faut condamner mais le fait d’en faire une religion. On nous demande d’y croire et on venère le numérique. Tout cela devient suspect.

Mais je sens bien l’angoisse ! Que sera cette société où l’objectif ne sera pas de consommer toujours plus ? Elle sera triste et nous nous y ennuierons ? Comment soigner notre boulimie de consommation? Et si en plus de devenir partageurs il nous faut devenir intelligents c’est un double défi.

Mais s’il faut nous occuper autrement qu’en allant piller le garde-manger, c’est que nous avons un défi unique à relever. C’est LE défi qui nous permettra de savoir si nous sommes cette humanité que nous prétendons être. Nous devons cesser enfin d’entrer dans cette définition de l’homme qui, comparé aux autres animaux, est le seul à considérer que pour s’affirmer, il lui faut pisser sur la neige, jeter des cailloux dans l’eau claire et crier dans le silence.

 

David Grosclaude

Une vidéo / Ua vidèo

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Ua vidèo de l’Union Occitane C. Chabaneau qui tribalha en lo nòrd de l’Occitania , en Lemosin. Que hèn vidèos cortetas coma aquesta on m’an hèit l’aunor de’m demandar de parlar deu men engatjament. Que son a preparar un filme docuentari sus Ives Lavalada. E que hèn de segur causas mei.

Devath de l’imatge lo lor messatge .

 

Mercés a eths e sustot pensem a tot moment qu’avem de saber on ei lo Nòrd se voleme anar suu bon camin  🙂

 

Coma dins lo nòrd de la Dordonha, avem pas de tele e de radiò occitanas, l’atelier videò de nòstra associacion a decidat de vos far auvir daus accents diferents de totas las variantas de nòstra linga.

Alaidonc, veiquí la novela videò, que fuguet virada en Corresa per l’equipa de l’Union Occitana, a l’occasion de l’emission de Oc Tele… Una entrevista de David Grosclaude

Bassin de Lacq : il faut tourner le dos à 60 ans de secret et d’opacité.

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LacIl est temps, pour les emplois, la démocratie et le développement partagé du Béarn, de diffuser une information honnête, et d’ouvrir le débat sur les risques industriels.

Les informations diffusées depuis dimanche par certains médias à propos de Sanofi et d’un rapport de la DREAL, ne sont qu’un épisode de plus dans une série qui risque bien de se prolonger. Des alertes sont lancées depuis de longues années et, à ce sujet, il faut remercier le monde associatif pour son travail.

Mais depuis des années, en réponse à ces alertes, le refrain est le même. On nous dit qu’il n’y a rien à voir, que l’on va faire fuir les industriels, effrayer la population et compromettre l’emploi. Comme si les salariés, les habitants du bassin de Lacq, et au delà, n’étaient pas assez intelligents pour être informés.

Ceux qui jouent le secret ne comprennent rien à ce que doit être une démocratie moderne et un développement économique partagé. Je pense même que ce sont eux qui, en fin de compte, rendent un bien mauvais service à l’emploi.

Il y a quatre ans, en 2014 nous étions cinq élus béarnais (c’est très peu) à signer une lettre à la ministre de la Santé afin de lui demander que soit faite une étude épidémiologique. En effet un document indiquant une surmortalité par cancer venait d’être rendu public. Cette étude est encore dans les limbes… elle se fera peut-être un jour. Je me souviens qu’un élu que j’avais sollicité m’avait répondu que l’on risquait d’effrayer les investisseurs avec cette lettre. Quelle étrange vision des choses !

Depuis toujours je suis convaincu que le culte du secret et le refus de partager l’information est un poison social.

A ne pas vouloir débattre, informer on tue la confiance et on participe à donner de l’industrie chimique une image très négative. On donne des ailes aux rumeurs. C’est la que se trouve le vrai risque pour le développement économique.

Oui, il y a des risques chimiques sur le bassin de Lacq. Non il n’y a pas que de bons élèves, Oui il y a des pratiques d’un autre âge qui mettent en danger la santé des salariés et des riverains. Mais oui, il est possible que les choses changent sans menacer les emplois.

Il faut parler, ouvrir les dossiers, informer honnêtement, et faire ainsi de la vraie prévention des risques.

La classe politique béarnaise doit avoir le courage de tourner le dos à 60 années d’opacité.

Si l’on veut un développement économique partagé par la population il faut arrêter de dire que l’information est nuisible, que ceux qui lancent des alertes et dénoncent le non respect des normes veulent faire disparaître des emplois, ou sont contre l’industrie. C’est faux.

Il faut tourner le dos à 60 années à l’idée que les emplois devraient se payer par une exposition à des risques pour la santé des salariés et des habitants. Nous risquons, à ne pas vouloir évoluer, d’aller vers un conflit artificiel qui opposerait les « pour » et les  contre » l’industrie chimique. Le problème n’est pas là. Nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous des consommateurs de chimie, et nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait du travail en Béarn.

Mais ce n’est pas une raison suffisante pour laisser faire n’importe quoi. On n’a pas à choisir entre les emplois d’une part, la sécurité et la santé d’autre part. Il est temps d’ouvrir les dossiers, de débattre, d’informer. Chacun doit savoir ce qui se passe près de chez lui, quels sont les risques et comment s’en prémunir. C’est une question démocratique, économique et écologique majeure.

 

David Grosclaude