Une vidéo / Ua vidèo

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Ua vidèo de l’Union Occitane C. Chabaneau qui tribalha en lo nòrd de l’Occitania , en Lemosin. Que hèn vidèos cortetas coma aquesta on m’an hèit l’aunor de’m demandar de parlar deu men engatjament. Que son a preparar un filme docuentari sus Ives Lavalada. E que hèn de segur causas mei.

Devath de l’imatge lo lor messatge .

 

Mercés a eths e sustot pensem a tot moment qu’avem de saber on ei lo Nòrd se voleme anar suu bon camin  🙂

 

Coma dins lo nòrd de la Dordonha, avem pas de tele e de radiò occitanas, l’atelier videò de nòstra associacion a decidat de vos far auvir daus accents diferents de totas las variantas de nòstra linga.

Alaidonc, veiquí la novela videò, que fuguet virada en Corresa per l’equipa de l’Union Occitana, a l’occasion de l’emission de Oc Tele… Una entrevista de David Grosclaude

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Bassin de Lacq : il faut tourner le dos à 60 ans de secret et d’opacité.

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LacIl est temps, pour les emplois, la démocratie et le développement partagé du Béarn, de diffuser une information honnête, et d’ouvrir le débat sur les risques industriels.

Les informations diffusées depuis dimanche par certains médias à propos de Sanofi et d’un rapport de la DREAL, ne sont qu’un épisode de plus dans une série qui risque bien de se prolonger. Des alertes sont lancées depuis de longues années et, à ce sujet, il faut remercier le monde associatif pour son travail.

Mais depuis des années, en réponse à ces alertes, le refrain est le même. On nous dit qu’il n’y a rien à voir, que l’on va faire fuir les industriels, effrayer la population et compromettre l’emploi. Comme si les salariés, les habitants du bassin de Lacq, et au delà, n’étaient pas assez intelligents pour être informés.

Ceux qui jouent le secret ne comprennent rien à ce que doit être une démocratie moderne et un développement économique partagé. Je pense même que ce sont eux qui, en fin de compte, rendent un bien mauvais service à l’emploi.

Il y a quatre ans, en 2014 nous étions cinq élus béarnais (c’est très peu) à signer une lettre à la ministre de la Santé afin de lui demander que soit faite une étude épidémiologique. En effet un document indiquant une surmortalité par cancer venait d’être rendu public. Cette étude est encore dans les limbes… elle se fera peut-être un jour. Je me souviens qu’un élu que j’avais sollicité m’avait répondu que l’on risquait d’effrayer les investisseurs avec cette lettre. Quelle étrange vision des choses !

Depuis toujours je suis convaincu que le culte du secret et le refus de partager l’information est un poison social.

A ne pas vouloir débattre, informer on tue la confiance et on participe à donner de l’industrie chimique une image très négative. On donne des ailes aux rumeurs. C’est la que se trouve le vrai risque pour le développement économique.

Oui, il y a des risques chimiques sur le bassin de Lacq. Non il n’y a pas que de bons élèves, Oui il y a des pratiques d’un autre âge qui mettent en danger la santé des salariés et des riverains. Mais oui, il est possible que les choses changent sans menacer les emplois.

Il faut parler, ouvrir les dossiers, informer honnêtement, et faire ainsi de la vraie prévention des risques.

La classe politique béarnaise doit avoir le courage de tourner le dos à 60 années d’opacité.

Si l’on veut un développement économique partagé par la population il faut arrêter de dire que l’information est nuisible, que ceux qui lancent des alertes et dénoncent le non respect des normes veulent faire disparaître des emplois, ou sont contre l’industrie. C’est faux.

Il faut tourner le dos à 60 années à l’idée que les emplois devraient se payer par une exposition à des risques pour la santé des salariés et des habitants. Nous risquons, à ne pas vouloir évoluer, d’aller vers un conflit artificiel qui opposerait les « pour » et les  contre » l’industrie chimique. Le problème n’est pas là. Nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous des consommateurs de chimie, et nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait du travail en Béarn.

Mais ce n’est pas une raison suffisante pour laisser faire n’importe quoi. On n’a pas à choisir entre les emplois d’une part, la sécurité et la santé d’autre part. Il est temps d’ouvrir les dossiers, de débattre, d’informer. Chacun doit savoir ce qui se passe près de chez lui, quels sont les risques et comment s’en prémunir. C’est une question démocratique, économique et écologique majeure.

 

David Grosclaude

Un journal risque de mourir Un jornau qu’ei a’s morir

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Article bilingue français /occitan

Atau un jornau que risca de’s morir. Qu’ei tostemps grèu e inquietant per la democracia e peu pluralisme.Mes en mei d’aquò, aqueste còp, que s’ageish d’un jornau en lenga occitana. Qu’ei lo sol qui ei redigit a 100% en occitan.

Roqueta

Ainsi un journal risque de mourir ! C’est toujours grave et inquiétant pour la démocratie et le pluralisme. Mais en plus, cette fois-ci, ce n’est pas n’importe quel journal ; c’est le seul qui est rédigé à 100% en langue occitane

Ainsi un journal risque de mourir ! C’est toujours grave et inquiétant pour la démocratie et le pluralisme.

Mais en plus, cette fois-ci, ce n’est pas n’importe quel journal ; c’est le seul qui est rédigé à 100% en langue occitane et qui, en plus, a la qualité de journal d’information*

Nous l’avons créé il y a 23 ans. Nous étions deux à tenter l’aventure après y avoir réfléchi durant plusieurs mois.

Pour dire la vérité, de mon côté, ce fut aussi le résultat de plusieurs années de réflexion et de maturation. Après avoir travaillé sur l’occitanisme, son histoire et sa presse, j’avais acquis la conviction qu’il fallait un journal, hebdomadaire au moins. C’était aussi le produit des observations de ce qui se passait ailleurs en Europe. Ma conclusion était qu’il ne pouvait se faire aucune politique linguistique sans une presse dans la langue. Plus que tout autre, en raison de son territoire, la langue occitane a besoin d’une presse.

Certes, au départ, le projet était modeste et peu nombreux étaient ceux qui y croyaient et nous encouragèrent. Mais il y en eut ; assez en tous cas pour que nous lancions le projet.

banderoc

Puis vinrent les premiers abonnés, certains surpris de recevoir encore le journal au bout de trois mois, comme s’il y avait une fatalité de l’échec. Puis vint la vie au quotidien d’un journal d’information en occitan, avec ses questions, ses difficultés mais aussi les critiques, les râleurs et, inversement, les inconditionnels.

Un journal risque de mourir et je suis en colère et triste à la fois.

C’est à Max Rouquette, l’écrivain, le poète, l’occitaniste à qui je demandai de rédiger le premier éditorial. Il nous fit le grand honneur d’accepter. Aujourd’hui, alors que je n’ai plus aucune responsabilité dans la rédaction et la gestion de ce journal depuis sept ans, je suis à deux doigts de lui présenter des excuses. Au nom de qui ? Pas au nom du journal qui a connu bien des difficultés, pas au nom du journal qui était loin d’être parfait et dont je connais les qualités et les défauts. Non, au nom de ceux qui n’ont pas compris qu’on ne peut pas prétendre faire une politique linguistique sans avoir une presse dans la langue.

Un journal est bien plus que des pages noircies au fil des semaines, des mois et des années : c’est un symbole ; et ce symbole vit depuis 1995. Il vit malgré les difficultés, les entraves, les mesquineries légales et les brimades administratives que nous avons trouvées sur notre chemin et que trouvent tous ceux qui en France mettent en place des outils au service de la langue occitane.

C’est vrai, ce journal n’est pas parfait. Il est trop ceci pour les uns ou trop cela pour les autres. Il est à l’image d’un mouvement qui l’a fait naître : têtu, contradictoire, divers mais qui a pour but de promouvoir la langue occitane.

Il est malade, comme toute la presse aujourd’hui, à part quelques exceptions ; faut-il le laisser mourir pour autant ? Faut-il achever le malade et sa petite famille composée de deux revues pour enfants ? Celles-ci ont vécu comme elles ont pu, elles aussi. Mais elles ont grandi, servi. Elles ont été les premières du genre, traduites en plusieurs langues, et sans elles non plus pas de politique linguistique. Comment pourra t-on donner des lecteurs à l’œuvre de Max Rouquette, de Joan Bodon, de Miquèu de Camelat, de Frédéric Mistral si l’on a pas créé auparavant la simple envie de lire de l’occitan, dès le plus jeune âge ?

Donc si ce journal disparaît c’est une partie du mouvement en faveur de la langue qui mourra. Si cet hebdomadaire meurt il ne sera plus critiquable. Une de ses qualités premières est en effet d’exister. Il permet même aux lecteurs critiques, de dire autour d’eux : « Oui, il existe un hebdomadaire en occitan ! » Il est un argument pour affirmer qu’il est normal de donner à une langue une place entière dans la société, de lui donner le droit de parler de tout.

Et ce journal, combien d’informations a t-il fait circuler ? Combien d’informations qui à leur tour ont permis la naissance d’idées, d’initiatives, d’actions et de réactions ?

Un journal risque de mourir et j’entends dire que le soutenir pourrait mettre à mal le principe d’indépendance rédactionnelle ! Mais connaissez vous le niveau d’indépendance d’un mort ? Savez vous que la ligne rédactionnelle d’un journal qui ne paraît plus est un chef d’œuvre d’indépendance ?

Il existe des façons de régler ce problème sans pour autant porter un coup fatal à l’indépendance d’un journal. Faut-il encore vouloir y réfléchir quelques minutes.

Tout cela me fait penser à ce que certains disent à propos de la politique linguistique en France. Ils ne font rien et pourtant ils récusent le fait que l’on tue des langues et prétendent même qu’il faut « les laisser vivre », que rien ne les en empêche. Le  « laisser vivre » ressemble bien à un « laisser mourir ». Laisser mourir un journal en difficulté revient à participer à sa mise à mort.

Un journal risque de mourir sans qu’il n’y ait rien de prévu pour le remplacer. J’ai dirigé ce journal durant quinze ans. D’autres ont pris la suite. Ceux qui l’ont connu de l’intérieur savent, ou devraient savoir, l’énergie qu’il a fallu dépenser et les sacrifices qu’il a fallu faire. Mais ce sont surtout des années d’expérience, d’expérimentation et d’innovation parfois, qui seront perdues. Ce n’est pas un modèle parfait et je le répète, je connais ses qualités et ses défauts. Mais peut-on dénoncer les défauts d’un objet quand il n’existe pas et proposer de l’améliorer quand il est mort ?

Je sais que les médias ont beaucoup changé en quelques années. J’en ai vécu les mutations de l’intérieur et les nouvelles technologies ont fait évoluer le métier. Mais le fond reste le même. Qu’il y ait demain un journal en occitan sur papier ou un journal numérique importe peu, ce n’est qu’une question de forme. Ce qui est indispensable c’est une équipe de journalistes pour écrire, pour avoir le temps et les moyens de vérifier, croiser, et hiérarchiser l’information. Sinon reviendra le règne de la rumeur, celui du twitt, des réseaux sociaux avec leurs approximations et leurs outrances.

Alors, à ceux qui ont le pouvoir d’empêcher ce journal de mourir, à ceux qui ne semblent pas savoir que la presse en démocratie a toujours besoin de l’aide publique**, je donne à relire les dernières lignes de l’éditorial du N°1 de ce journal , signé de Max Rouquette et que j’évoquais auparavant : : « Per un agach total de l’Occitània tota, dins sa vida al quotidian. E jos la lutz de çò que se fai defòra dins l’Euròpa e lo mond. E nòstre astre ne depend. Cal a l’esfòrç qu’aicí s’entemena uoi lo còp d’espatla de totes. Aquel grand pas en davant se deu pas arrestar a mieg camin. Aquí mon vòt per durbir una « Setmana » que deu durar d’ans e d’ans. Se nos volem tirar de l’ombra ont poirissem ».

Si ce journal meurt d’autres initiatives risquent de suivre le même chemin. Alors plutôt que de se demander « A qui le tour ? » je préfère poser la question autrement et de façon plus positive : que faisons nous ? Nous le donnons ce coup d’épaule dont parlait Max Rouquette ?

David Grosclaude

*Ce statut qui correspond à des critères précis a donné lieu à une bataille qui a duré de 1995 à 2003 et il existe un décret qui reconnaît que de publier un hebdomadaire dans une des langues régionales pratiquée en France est un acte d’information au même titre que si c’était un hebdomadaire en langue française. Ce décret publié en 2003 est le résultat de la bataille que ce journal a mené avec ses lecteurs auprès de divers ministres de la Culture et de la Communication. C’est Jean-Jacques Aillagon qui l’a signé et il reste comme le « décret Setmana ».

 **La presse est soutenue au titre de la défense du pluralisme et de la libre circulation des idées. Il n’existe aucun journal d’information en France qui ne soit aidé. Les aides sont multiples et variées. C’est le prix de la démocratie et du pluralisme. Sinon la presse serait au service de grands groupes industriels et de grands groupes de pression. La discrimination dont est victime un journal en occitan existe encore dans divers domaines, même si on lui attribue en général les aides de droit commun. Mais cela est le résultat d’une longue bataille et d’une mobilisation importante. Et c’est une chose connue que ce qui a été gagné ne l’est jamais pour l’éternité. Il existe un risque permanent de retour en arrière.

 

banderoc

Un jornau qu’ei a’s morir

Atau un jornau que risca de’s morir. Qu’ei tostemps grèu e inquietant per la democracia e peu pluralisme.

Mes en mei d’aquò, aqueste còp, que s’ageish d’un jornau en lenga occitana. Qu’ei lo sol qui ei redigit a 100% dens la lenga e qui aja la qualitat de jornau d’informacion*

Que’u hasom espelir 23 ans a. Qu’èram dus a ns’aviar en aquera aventura après de i aver soscat pendent mantuns mes.

Entà díser la vertat, de las meas parts, qu’estó tanben lo resultat de quauques annadas de reflexion e de maturacion. Après d’aver tribalhat sus l’occitanisme, la soa istòria e la soa premsa, qu’avèvi la conviccion que hasèva necèra un jornau, setmanèr au mensh. Qu’èra tanben lo resultat de l’observacion de çò qui’s passava aulhors en Euròpa. La conclusion qui’n tiravi qu’èra que no’s podèva pas har nada politica lingüistica shens ua premsa dens la lenga. Mei que tota auta, en rason deu son territòri gran, la lenga occitana qu’a besonh aquera premsa.

Solide, lo projècte qu’èra modèste tà començar e paucs èran los que i credèvan e qui ns’encoratgèn. Totun que n’i avó pro entà que posquim aviar lo projècte. Puish qu’arribèn los prumèrs abonats, daubuns estonats de recéber enqüèra lo jornau au cap de tres mes, com se i avosse ua fatalitat dens la mauescaduda.

Puish que viengón los dias de tot dia, la vita vitanta d’un jornau d’informacion en occitan, dab las questions, las criticas, los criticós e los morganhaires e arroganhaires, mes tanben dab los incondicionaus.

Un jornau qu’ei a’s morir e que soi a l’encòp esmalit e triste.

Qu’ei a Max Roqueta, l’escrivan, lo poèta, l’occitanista qui demandèi d’escríver lo prumèr editoriau. Que’ns hasó lo gran aunor d’acceptar.

Uei, mentre qu’èi deishat desempuish sèt ans tota responsabilitat en la gestion e la redaccion d’aqueth jornau, que’m demandi se no’u vau pas presentar excusas. Au nom de qui ? Pas au nom deu jornau qui conegó tantas dificultats, pas au nom deu jornau qui n’èra pas perfèit e de qui coneishi las qualitats e los defauts. Non, mes au nom d’aqueths qui n’an pas comprés qu’ei impossible d’aver la pretencion de har ua politica lingüistica shens aver ua premsa dens la lenga.

Un jornau qu’ei hòrt mei qu’ua seguida de paginas ennegridas au briu de las setmanas, deus mes e de las annadas : qu’ei un simbeu, e aqueth simbeu que viu desempuish 23 ans. Que viu a maugrat las dificultats, entravas e mesquinerias legaus e las misèrias administrativas qui trobèm suu noste camin e qui tròban la màger part d’aqueths qui, en França, apitan quauquarren au servici de la lenga occitana.

Vertat ei qu’aqueth jornau n’ei pas perfèit. Qu’ei tròp aquò segon los uns o tròp aquerò segon los autes. Que’s sembla au movement qui l’a hèit espelir : capborrut, divèrs, còps que i a contradictòri mes tostemps virat cap a la promocion de la lenga occitana.

Qu’ei malaut com n’ei tota la premsa au dia de uei, hòra de quauques excepcions ; e’u cau deishar morir pr’amor d’aquò ? E cau aucíder lo malaut e la soa petita familha compausada de duas revistas per mainatges? Aquestas tanben qu’an viscut com an podut. Mes qu’an creishut, qu’an rendut servici. Qu’estón las prumèras d’aquera sòrta, arreviradas en mantuas lengas, e shens eras non i aurà pas tanpauc de politica lingüistica. Quin poderàn dar lectors a l’òbra de Max Roqueta, de Joan Bodon, de Miquèu de Camelat, de Frederic Mistral se n’avem pas hèit vàder l’enveja de léger en occitan de mainatge enlà ?

Donc, se desapareish aqueth jornau qu’ei ua partida deu moviment en favor de la lenga qui desapareisherà tanben. Se’s moreish non serà pas mei criticable. Ua de las soas prumèras qualitats qu’ei d’existir. Que da lo parat, quitament aus lectors critics, de díser au lor entorn : « Òc, qu’existeish un setmanèr en occitan » e d’explicar qu’ei normau de dar a la lenga ua plaça vertadèra e sancèra en la societat, de’u dar lo dret de parlar de tot.

E aqueste jornau, quantas informacions a hèit circular ? Quantas informacions qui an permetut la neishença d’ideas, d’iniciativas, d’accions o de reaccions ?

Un jornau qu’ei en perilh de mort e qu’enteni à díser que de’u sostiéner que poderé anar en contra deu principi d’independéncia redaccionau ! Mes e coneishetz lo nivèu d’independéncia d’un mort ? E sabetz que la linha redaccionau d’un jornau qui no’s publica pas mei ei un cap d’òbra d’independéncia ?

Que i a solucions entà reglar aquera question shens per aquò dar l’estocada a l’independéncia d’un jornau. Que cau sonque aver la volontat de i pensar quauques minutas. Tot aquò que’m hè pensar a çò que disen quauques opausants a tota politica en favor de las lengas ditas regionaus en França. Non hèn pas arren e que recusan lo hèit que son a tuar aqueras lengas en tot preténder que las cau « deishar víver » e qu’arren non las empacha d’existir. Lo « deishar víver » que sembla plan a un « deishar morir ». Deishar morir un jornau en dificultat qu’ei participar a la soa mesa a mort.

Un jornau qu’ei a’s morir shens que sia previst arren entà’u remplaçar. Qu’assegurèi la direccion d’aqueth jornau pendent quinze ans. D’autes que’n prengón la seguida. Los qui l’an conegut deu dehens saben, o deverén saber, l’energia qui caló despensar e los sacrificis qui caló har. Que son tanben annadas d’experiéncia, d’experimentacion e d’innovacion, còps que i a, qui seràn desperdiciadas. Aqueth jornau n’ei lhèu pas un modèle de perfeccion e qu’ac torni díser que coneishi las soas qualitats e los sons defauts. Mes e pensatz que sia possible de denonciar los defauts d’un objècte quan n’existeish pas e de prepausar de’u melhorar s’ei mort ?

Que sabi los mèdias qu’an cambiat hòrt en quauques annadas. Que n’èi viscut las mutacions deu dehens estant e las novèlas tecnologias qu’an hèit evolucionar lo mestièr. Totun lo hons que demora lo medish.

Que doman sia disponible un jornau en occitan sus papèr o numeric n’a pas nada importància, qu’ei sonque ua question de fòrma. Mes çò qui ei indispensable qu’ei d’aver ua equipa de jornalistas entà escríver, entà aver lo temps e los mejans de verificar, crotzar e ierarquizar l’informacion.

Senon que serà lo temps de la rumor, lo deu twitt, deus hialats sociaus dab las lors aproximacions e las lors otranças.

Alavetz, a aqueths qui an lo poder d’empachar aqueth jornau de morir, a aqueths qui semblan non pas saber que la premsa en democracia qu’a tostemps besonh l’ajuda publica** que dau a tornar léger las darrèras linhas de l’editoriau qu’evocavi un pauc abans, deu N°1 d’aqueth jornau, signat de Max Roqueta : « Per un agach total de l’Occitània tota, dins sa vida al quotidian. E jos la lutz de çò que se fai defòra dins l’Euròpa e lo mond. E nòstre astre ne depend. Cal a l’esfòrç qu’aicí s’entemena uoi lo còp d’espatla de totes. Aquel grand pas en davant se deu pas arrestar a mieg camin. Aquí mon vòt per durbir una « Setmana » que deu durar d’ans e d’ans. Se nos volem tirar de l’ombra ont poirissem ».

S’aqueth jornau e’s moresih d’autas realizacions qui poderén seguir lo medish camin. Alavetz meilèu que de’s demandar « de qui serà lo torn ? » que m’estimi mei de pausar la question d’un aute biaish, mei positiu : qué hèm ? e’u dam aqueth còp d’espatla de qui parlava Max Roqueta ?

David Grosclaude

*Aqueth estatut qui correspon a critèris hòrt precís, qu’estó l’objècte d’ua batalha qui durè de 1995 a 2003. Que i a adara un decret qui reconeish que de publicar un setmanèr d’informacion en ua de las lengas regionalas practicadas en França qu’ei un acte d’informacion au medish títol que quan ei ua publicacion en lenga francesa. Aqueth decret publicat en 2003 qu’ei lo resultat de la batalha qui miè aqueth setmanèr, dab lo sostien actiu deus sons lectors, auprès de diferents ministres de la Cultura e de la Comunicacion. Qu’ei Jean-Jacques Aillagon qui’u signè e que demora com lo « decret Setmana » pr’amor a l’epòca qu’èra la sola publicacion pertocada.

**La premsa qu’ei sostienguda au títol de la dfensa deu pluralisme e de la libra circulacion de las ideas. Non i a pas nat jornau d’informacion en França qui non sia pas ajudat . Las ajudas que son multiplas e variadas. Qu’ei lo prètz de la democracia e deu pluralisme. Senon èra atau la premsa que seré sonque au servici de grops industriaus grans o de grans grops de pression. La discriminacion de qui ei la victima un jornau en occitan qu’existeish enqüèra en domenis divèrs, quitament se l’atribueishen en generau las ajudas de dret comun. Mes qu’ei aquò lo resultat d’ua batalha e d’ua mobilizacion de la hòrtas. E qu’ei causa coneguda que çò de ganhat n’ei pas jamei ganhat per l’eternitat. Que i a un risc permanent de har arrepè.

 

 

 

 

Claudi Alranc : a prepaus de la pretenduda descentralizacion culturau A propos de la prétendue décentralisation culturelle

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A véder sus  ÒCtele /  A voir sur Òctele

Un extrèit deu D’Oc Show enregistrat lo 28 d’abriu suu tèma de mai de 68. Las causas n’an pas cambiat en cinquanta ans sus la question de la cultura e deu desequilibri enter París e las regions. Tostemps lo centralisme ; e segon Claudi Alranc dab la complicitat deus notables de noste !

Un extrait du D’Oc Show enregistré le 26 avril sur le thème de mai 68.

Le centralisme culturel est toujours vivant , plus que jamais. Et pour Claude Alranq, homme de théâtre, c’est avec la complicité de nos notables que le système continue à prospérer .

A voir sur Octele

Décentralisation : le leurre sans l’argent du leurre !

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Décentralisation : le leurre sans l’argent du leurre

Décentralisation, transports, culture : c’est le grand retour du centralisme. Macron s’était fait passer pour un décentralisateur… et certains l’avaient cru.

Nous vivons une période plutôt étonnante. Le PDG de la SNCF se lâche en expliquant que le déficit de la société qu’il dirige est du aux gouvernements successifs qui n’ont cessé de croire (ou de feindre de croire) que le tout TGV était la seule voie possible.

Résultat les deux tiers de la dette de presque cinquante milliards est due à cette politique irresponsable et recentralisatrice.

macron
Les discours girondins c’était pour la campagne électorale. Le ton a bien changé depuis.

Dans le même temps quinze présidents de régions (de droite et de gauche) publient une tribune dans Le Monde (1) et dénoncent la recentralisation en marche ou ce que l’on pourrait aussi appeler la recentralisation vue par En Marche.

Sur le même journal, des responsables d’organisations de professionnels de la culture dénoncent eux aussi la recentralisation, celle des dépenses culturelles de l’État. Elle sont très inégalitaires. On dépense des fortunes pour des investissements culturels à Paris et ensuite on envoie les troupes parisiennes cultiver la province.

Il ne faut pas se réjouir d’avoir prédit une catastrophe  ! Mais quand même. Cela fait des années que l’affaire du TGV a été dénoncée. Cela fait des années que l’on sait que la réforme des régions reste à faire et que la dernière réforme (sous Valls et Hollande) était un attrape-couillon.

Il y a bien longtemps que nous sommes nombreux à ne plus croire aux vertus de la culture qui nous tombe sur la tête et nous coûte si cher. Bref on savait !

Mais aujourd’hui bon nombre de ceux qui dénoncent l’abandon des trains du quotidien, le manque d’investissement en ce domaine, ceux qui attaquen

valls
Manuel Valls alors premier ministre était venu devant les élus régionaux à Toulouse pour le congrès des Régions de France en 2014. Il avait bien refroidi les ardeurs décentralisatrices. Depuis quelques jours on parle de lui comme candidat au poste de maire de Barcelone.

t (avec beaucoup de déférence quand même et sur un ton très comme il faut) l’État et sa recentralisation sont les mêmes, ou presque, que ceux qui hier ont laissé faire cette ridicule réforme des régions. Ils réclamaient aussi des TGV et des LGV. Une présidente occitane a même lancé il y a peu une campagne sur le sujet.

Bref les uns et les autres nous disent aujourd’hui que les discours girondins de Macron étaient unleurre. Ils sont indignés et s’étonnent de ne pas avoir l’argent du leurre.

Finis les rêves de décentralisation et de régionalisation. La haute administration a repris la main. Fini de rigoler ! On a mis les corses au parfum d’emblée, de façon peu élégante ; et maintenant voilà que les autres s’aperçoivent, alors même qu’ils ont été très sages, qu’ils n’auront rien, encore moins que les corses ! Ces derniers n’ont d’ailleurs pas été très soutenus par les champions de la décentralisation !

Le premier ministre va bien organiser une petite conférence des territoires comme il y a quelques mois avec tambours et trompettes. Si c’est un peu ronflant l’effet durera quelques temps et calmera les provinciaux !

Et vous pensiez vraiment que ça se passerait autrement ?

La décentralisation c’est une affaire de courage politique ; il faut savoir dire non à ses amis quand ils sont au pouvoir à Paris. Personne ne l’a fait parce que personne n’a jamais voulu la mise en place de vrais contrepouvoirs régionaux. La règle du jeu c’est d’être décentralisateur quand on est loin de Paris et plutôt centralisateur quand on s’en rapproche.

Pourtant il faudrait avoir le courage d’en finir avec des traditions politiques désuètes, avec le conservatisme, l’immobilisme. Nous sommes en train de revenir dans le monde d’hier.

Ceux qui croyaient en finir avec l’immobilisme en finançant avec les budgets régionaux, départementaux et communaux (2) les lignes qui mènent en trois heures à Paris, se trompaient. Mais le reconnaitront ils ?

Quant aux acteurs culturels, je ne peux que partager leur indignation. Les chiffres qu’ils donnent sur les dépenses entre Paris et les régions sont les mêmes depuis des années et des années (3). Il n’est jamais trop tard pour les dénoncer c’est vrai, mais il faudra plus qu’une réformette du ministère de la Culture pour changer cela.

J’ajoute enfin que je n’ai pas encore entendu nos élus de collectivités dénoncer ce qui nourrit la culture du centralisme à savoir cette propagande permanente qui consiste à nous dire que si Paris se développe on finira bien par avoir des miettes. C’est la théorie du ruissellement appliquée aux territoires n’est ce pas ? Les J.O à Paris sont le fin du fin de cette vision des choses ? Et vous applaudissez ? Moi non !

Parce que vous payerez demain. Oui vous payerez ! Nous payerons tous pour des aménagements qui, une fois de plus, seront au même endroit. Parce que bien sûr la facture dérapera. Mais vous, élus des collectivités, vous acceptez déjà de payer et vous le reconnaissez ! En dénonçant le fait que l’on vous demande, à vous présidents de collectivités, de faire les plus gros efforts (plus que l’État) pour réduire le déficit public du pays, vous acceptez déjà de nous faire payer la mise en place de ce néocentralisme.

Vous dénoncez aussi les difficultés de l’État a honorer les contrats passés avec vous ( les contrats de plan État –Régions). Mais ce ne sont que des instruments faits pour que l’État puisse orienter les dépenses des régions et autres collectivités. Tout a été pensé par la haute administration que vous dénoncez cette fois-ci parce que vous vous apercevez du peu de considération qu’elle pour les élus locaux.

Il faudra un peu plus d’énergie qu’une simple tribune dans le plus grand quotidien parisien pour faire bouger tout ça !

D’ailleurs vous auriez pu avoir le réflexe de faire publier votre article dans les quotidiens régionaux, ceux de vos territoires, bien plus lus, et lus d’abord par ceux qui sont concernés au premier chef. Mais notre président monarque ne se serait peut-être pas ému d’une tribune publiée dans des gazettes de province ? S’émeuvra t-il ? Rien n’est moins sûr !

David Grosclaude

Un petit clin d’œil pour terminer ! « Recentraliser » est un mot qui n’existe pas en français officiel. Mon ordinateur n’arrête pas de me dire que je dois corriger ce mot. Je cherche sur les dictionnaires divers et variés de la toile …et rien. En français on centralise mais on ne « recentralise » pas. Donc c’était bien un leurre…de quoi nous plaignons nous ?

(1) Le Monde du mardi 24 avril

(2) Certaines collectivités ont payé pour une LGV qui ne passe même pas sur leur territoire. Mais ils acceptaient de payer parce que ça les rapprochait de Paris. C’est l’argument qui a décidé de nombreuses collectivités à sortir des millions pour la ligne Tours-Bordeaux.

(3)Le ministère de la Culture dépense 139 euros par an et par habitant en Ile de France et 15 euros par an hors de cette région. C’est une vision très particulière de l’égalité républicaine mais elle fonctionne ainsi depuis des années et des années.

 

 

Mais après quoi courent ils ?

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Voici l’article que LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES m’avait demandé et qu’elle publie ce jour à propos de la PASSEM, la course en faveur de la langue occitane organisée par LIGAMS les 25, 26 et 27 mai prochains.

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Les bretons ont mis en place la course en faveur de la langue bretonne il y a dix ans: Ar Redadeg. (Photo) Les basques l’avaient fait avant avec la Korrika. La Passem a vocation a se répéter tous les deux ans. (photo Ar Redadeg)

Mais après quoi courent ils ?

Après quoi courront ils durant trois jours et deux nuits en Béarn ? * Ils ne courront après rien de sonnant et de trébuchant. Ni argent, ni médaille, ni gloire ! Ils courront pour une langue ; celle du Béarn, ou plutôt celle que le Béarn a en partage avec d’autres régions occitanes. On l’appelle béarnais, gascon, langue d’Oc, occitan. Peu importe !

Ils courront pour un outil qui sert à dire le monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Toutes les langues sont des outils qui mettent les femmes et les hommes en relation. Celle de notre territoire en est un parmi des milliers d’autres.

Le risque que notre langue disparaisse un jour existe. Ce serait une perte irréparable pour nous, ici,

mais aussi pour l’humanité dans son ensemble. Chaque langue qui disparaît est un moyen d’inventer autrement le monde de demain qui s’évanouit.

Ceux qui courront pendant trois jours et deux nuits se passeront un témoin dans une course symbolisant la transmission de la langue.

Certaines familles ont choisi aujourd’hui de transmettre à nouveau l’occitan à leurs enfants. La transmission familiale avait failli s’arrêter et voici qu’elle reprend peu à peu. Certains de ces jeunes parents ont choisi de mettre leurs enfants dans des écoles (publiques ou associatives) où l’on enseigne en béarnais. Rien de passéiste et de nostalgique dans tout ça. C’est un acte pour demain. Ceux qui courront le feront pour que ce mouvement s’amplifie parce que la langue doit vivre.

Je ne ferai pas ici le traditionnel couplet historique pour dire que cette langue inventa, il y a près de mille ans, la poésie moderne, ou qu’elle permit d’écrire l’histoire politique, sociale, littéraire du Béarn pendant des siècles. Non, je vous parlerai au futur.

Quelle chance pour un territoire d’avoir une langue et une culture, différente et à partager avec toutes et tous, nés ici ou pas ! Une langue n’appartient à personne ; c’est un bien collectif, c’est un outil qui s’adapte à chaque génération, à chaque situation.

La diversité des langues et des cultures est indispensable pour répondre aux périls écologiques, sociaux, économiques et politiques qui nous attendent. Parce qu’il n’y aura pas une seule répo

nse, mais plusieurs, nées de la diversité des visions du monde. Et chaque langue est une représentation du monde.

Si parmi les dangers qui nous guettent il y a la destruction de la diversité biologique et le réchauffement climatique, il en est un autre que j’appelle « le refroidissement culturel », c’est à dire l’uniformisation des langues et des cultures, et donc de la pensée.

A ceux qui nous serviraient encore l’argument éculé de l’utilité de telle ou telle langue, disant qu’il vaut mieux apprendre le chinois ou l’anglais que l’occitan, je leur réponds que ces jeunes qui parlent l’occitan font partie de ceux qui apprennent le plus vite d’autres langues. Et puis le cerveau humain, on le sait désormais, peut accueillir plus d’une ou deux langues.

Je citerai enfin cet auteur de chansons françaises bien connu, Etienne Roda-Gil —dont la langue maternelle était le catalan— qui écrivit pour J.Clerc une chanson intitulée « Utile ». Elle dit : « comme une langue ancienne que l’on voudrait massacrer, je veux être utile à vivre et à rêver ». Vivre et rêver : c’est à dire inventer le monde.

Quelle chance a le Béarn d’avoir un outil de plus pour inventer demain, pour rêver et vivre ! Alors oui, ça vaut la peine que nous allions courir, nous tous, ensemble !

 

David Grosclaude

* Passem ! : course relais de trois jours et deux nuits a travers le Béarn les 25, 26 et 27 mai. Information : www. lapassem.com/fr/la-passem/

Vive le train !

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Je suis un usager, contrarié par la grève, mais qui soutiens les cheminots. Qu’on arrête de faire payer aux usagers et aux cheminots les erreurs de ceux qui nous gouvernent et des fanas des LGV qui ont ruiné le réseau ferroviaire !

 

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Le « Tout LGV » aura fait prendre des années de retard au réseau ferroviaire  et aura redonné vie à un mode d’aménagement du territoire où le centralisme est la seule règle du jeu.

Qu’il faille faire faire des réformes à la SNCF c’est évident. Qu’il faille faire porter le chapeau aux cheminots je m’y refuse.

Je suis un utilisateur du train, en France et ailleurs en Europe, dès que je peux. Par conviction écologique sans doute mais aussi parce que c’est un moyen sûr de se déplacer, souvent confortable et bien plus reposant que les autres.

Pourtant, comme beaucoup d’usagers je peste régulièrement contre les retards et les annulations de trains. Mais à qui la faute ?

La dette d’abord ; il faut être d’une sacrée mauvaise foi pour ne pas reconnaître que depuis des années l’obsession de la très grande vitesse aura coûté fort cher au réseau ferré. C’est plus de la moitié de la dette et ce n’est pas fini. Il faut ajouter à cette dette l’argent que les collectivités territoriales doivent rembourser pour payer ces lignes. Et je ne parle pas des dégâts collatéraux qui sont connus à savoir un déménagement du territoire au profit de Paris et des plus grandes métropoles.

Dans cette grève, mon soutien va au train, celui de demain qui doit être moderne c’est à dire adapté aux défis écologiques et économiques. Mais cela ne signifie pas qu’il aille aux marchands de prétendue concurrence.

Lignes dites « non rentables »

On est en train de nous vendre des arguments absolument inacceptables en disant que ce serait un cadeau que l’on ferait aux territoires isolés que de maintenir des lignes dites secondaires, des lignes « non rentables » . Mais celles de la région parisienne le sont-elles ? Non. Et pourtant nous les payons toutes et tous.

L’effet TGV ne va pas se faire sentir que par la dette. Très bientôt les élus zélés qui ont réclamé ( et qui continuent à réclamer) des lignes à très grande vitesse pour aller plus vite à Paris seront face à une réalité très simple : aller plus vite sur certains tronçons ne sert à rien. La rapidité de déplacement dépend beaucoup plus de la bonne coordination des trains sur les différentes lignes que de la vitesse de pointe sur quelques lignes. La rapidité des déplacements pour tous dépend aussi largement de l’équipement des lignes en matériel fixe. Le matériel roulant ne fait pas tout et c’est connu depuis longtemps. C’est pourtant la modernisation de ce matériel fixe qui a été sacrifiée par des investissements presque exclusifs sur la très grande vitesse. Bien sûr la prouesse technologique fascine mais tout cela ne résiste pas à l’analyse de la réalité. Il est évident que l’on nous vend du record de vitesse, mais pas du transport pour tous.

On a dépensé des milliards d’argent public pour des gains de temps souvent très limités entre deux points. En plus le bénéfice va aller à des intérêts privés grâce au PPP (Partenariat Public Privé) et grâce à ce que l’on appelle faussement la concurrence.

On a oublié que les voyageurs doivent aller à la gare, qu’ils doivent aussi de plus en plus prendre des trains TER pour aller attaper un TGV. Et il y a des temps d’attente pour les correspondances.

C’est dans ces points là que se font les vrais gains de temps pour des coûts minimes. Les chemins de fer suisses ont compris cela depuis des années. Certes leur territoire est petit et leur maillage est important mais ils ont réfléchi et surtout fait leurs comptes. La Très Grande Vitesse est un gouffre et c’est elle qui est en grande partie responsable du naufrage actuel de la SNCF.

Des investissements suicidaires

Mais qui le reconnaitra ? pas ceux qui sont au pouvoir parce qu’hier ils encourageaint cette politique. Pas les élus régionaux, départementaux et ceux des métropoles qui n’ont cessé de réclamer des TGV, et qui continuent, malgré les chiffres accablants. Ce sont ceux là qui ont accepté de payer des millions pour des lignes TGV qui ne passent même pas sur le territoire de leur collectivité !!!

Qu’il y ait des lourdeurs à la SNCF on en convient. Qu’il faille changer des choses c’est évident, mais la responsabilité de ce gâchis est celle des ministres, élus et administrations qui ont porté une politique d’investissement suicidaire. ET maintenant il faudrait que nous, usagers, nous allions remonter les bretelles des cheminots ?

Le problème est décrit dans de nombreux rapports et de nombreuses études qui sont autant de réquisitoires contre les fanas de la très grande vitesse.

Mais comment peut-on par exemple être à ce point en retard en demandant une ligne à très grande vitesse pour faire Bordeaux-Montpellier ? On sait depuis longtemps que la rénovation de cette ligne, sa simple modernisation ferait gagner du temps sans pour autant être un investissement ruineux. On mélange la très grande vitesse avec la grande vitesse. La première est celle qui réserve des lignes aux seuls TGV. La seconde se fait sur des lignes classiques modernisées et rénovées.

Faut-il avoir perdu le sens des réalités pour que l’on en soit arrivé à ce que la moitié des voyages que l’on vous propose sur le site de la SNCF, pour aller de Bordeaux à Marseille, passent par la gare Montparnasse et par la Gare de Lyon ? Allez voir. Et regardez bien le prix des billets !

Centralisme renforcé

Le centralisme du système ferroviaire sort renforcé de plusieurs années d’investissements portés par les tenants du « nous devons être en trois heures à Paris » qu’ils ont répété comme des perroquets pendant des années sans se demander à qui profitait le crime. Les « trains du quotidien » est une expression qu’ils ne connaissaient pas hier mais qu’ils affectionnent aujourd’hui. Ils ne l’ont visiblement pas comprise. Sans doute ceux qui ont mis en place cette politique de LGV ne prennent ils pas assez le train.

La grève des cheminots m’oblige à utiliser la route plus que je ne voudrais mais je comprends que leur méfiance soit grande et qu’ils ne veuillent pas accepter ce chantage qui consiste à leur demander de faire des sacrifices en échange d’un rachat de la dette par l’État. Cela reviendrait à leur faire payer les erreurs de ceux qui ont mis en place des chantiers à 25 millions d’euros du km, qui ont enrichi des groupes de BTP et qui vont enrichir très bientôt des entreprises privées grâce aux PPP et à la fameuse « concurrence» qui ne fait qu’annoncer une privatisation et une hausse du prix des billets.

 

David Grosclaude