Une réforme qui ne vaut rien…n’est pas une réforme qui ne coûte rien

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En 2014 Manuel Valls était venu devant le congrès de l’Association des Régions de France à Toulouse. Il devrait revenir le 29 septembre prochain devant le congrès de l’ARF qui se déroule à Reims. Il parlera sans doute de ces 600 millions que réclament les régions

Une réforme qui ne vaut rien…n’est pas une réforme qui ne coûte rien

La réforme territoriale n’a pas fini de se mettre en place. Il manque encore quelques 600 millions pour que les régions puissent exercer leurs responsabilités. Un impôt nouveau ? Tout le monde en veut mais personne ne veut en endosser la responsabilité.

Que la dernière réforme territoriale ne vaille rien…nous le savions déjà. A force de mettre de l’eau dans leur vin, les responsables de la haute administration avec l’aide du gouvernement et de quelques élus, sont arrivés à nous pondre une réforme des collectivités à laquelle personne ne comprend rien et qui n’a rien simplifié.

Mais elle devait avoir au moins la vertu de nous permettre de faire des économies. On le disait mais personne ne le croyait puisque les responsables de cette merveilleuse réforme, qui n’a abouti qu’à faire des régions sans identité, n’ont pas osé décider de la suppression du niveau départemental par exemple. Résultat : nous avons toujours autant d’élus mais nous avons rajouté les métropoles et fait des « régions à taille européenne » dont la fusion entraine des discussions sans fin et va occuper les administrations régionales pour les cinq années à venir. Tout cela sous le regard de l’État central qui, tenu par la gauche ou par la droite, n’a que mépris pour les collectivités territoriales qu’il considère comme des enfants qu’il faut surveiller en permanence.

Après avoir fait semblant de réformer, voilà maintenant qu’il faut tenir les promesses. Certes pas de grandes promesses, mais cependant des petites qui sont difficiles à tenir.

On a donné aux régions la compétence concernant le soutien aux TPE et aux PME. Cette compétence était auparavant celle des départements. Mais, et pour cela l’État central est passé maitre, on a oublié de prendre l’argent aux départements pour le donner aux régions. Et bien entendu les départements n’ont pas proposé de faire un chèque aux nouveaux porteurs de cette compétence. Les régions ( qui sont passées à droite pour la plupart d’entre elles depuis la réforme) cherchent aujourd’hui 600 millions d’euros pour exercer cette compétence nouvelle.

On a donc imaginé de créer pour cela un impôt nouveau, un Taxe Spéciale d’Equipement Régional qui serait un petit 0,5 à 0,6% sur la taxe foncière des propriétés bâties et sur la cotisation foncière des entreprises. Donc on avait imaginé une ligne nouvelle d’imposition qui allait toucher particuliers et entreprises.

Un accord avait été annoncé en juin, fruit d’une discussion entre entre le gouvernement et l’Association des Régions de France ( désormais tenue par la droite). Mais finalement cela ne se fera pas. Des élus de droite ont senti que ça passerait mal puisque cet impôt serait compris comme un impôt régional alors même que c’est l’État qui devait le collecter et en décider le taux.

Bref, la bonne vieille méthode était à l’oeuvre. C’est l’État qui décide, qui ramasse et qui répartit. mais en revanche il fait porter le chapeau aux collectivités en les accusant de dépenser trop.

Mais que ce soit la droite ou la gauche c’est pareil. Personne n’a jamais voulu remettre en cause le système qui fait que les collectivités sont financées en très grande partie par des dotations de l’État et grâce à des impôts qu’elles ne votent pas. Cela arrange finalement tout le monde.
Quand il manque de l’argent ou quand il faut en trouver, les élus locaux disent que c’est la faute du gouvernement et quand il faut trouver de l’argent pour de nouvelles compétences, l’État fait savoir que les collectivités ne sont vraiment pas responsables et qu’elles dépensent trop.

C’est exactement ce qui vient de se passer avec cette taxe nouvelle qui est morte avant d’avoir vécu. Le premier ministre a décidé de l’abandonner parce que les présidents de régions ne voulaient pas porter le chapeau d’un nouvel impôt. En revanche ils prendraient bien les 600 millions si on disait au contribuable que c’est le gouvernement de gauche qui a pris la décision. On est en campagne électorale !

De l’autre côté, à gauche, le président de la République ayant promis, juré, qu’il n’y aurait pas d’impôt nouveau on était un peu coincé . Mais ce sont les mêmes qui ont voulu une réforme qui ne devait rien coûter et même générer des économies. Et pourtant il manque 600 millions à l’appel !

Au registre des souvenirs cette annonce qui avait été faite en 2000 par le premier ministre Lionel Jospin lorsqu’il avait décidé de faire baisser la pression fiscale sur les ménages : il annoncait au 20 h de TF1 la disparition de la part régionale de la taxe d’habitation et son remplacement par une dotation d’État aux régions. Les régions avaient appris la nouvelle en regardant la télé !

Déjà l’État reprenait la main en enlevant aux régions une part de leurs revenus et…de leur responsabilité. En démocratie quand on vote l’impôt on est responsable devant les contribuables électeurs. Mais visiblement plus personne ne veut être responsable de rien. La démocratie va donc mal.

David Grosclaude

La «Nouvelle Aquitaine » a t-elle perdu ses langues ?

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J’ai reçu pas mal de messages de personnes qui s’émeuvent que le journal de la « Nouvelle Aquitaine » ne publie même pas un seul article en basque ou en occitan. Avant la fusion il y avait toujours une place pour nos langues. Certes ce n’était que très symbolique mais c’était une façon de dire que la Région assumait sa diversité linguistique. Visiblement la nouvelle région est devenue lisse. Pourtant à la page 3 du dit journal on trouve toute une série d’explications sur le pourquoi du nouveau nom de la Région. Et on peut lire en titre : « Faire vivre notre pluralité »! Voilà une pluralité bien singulière.

nouvelle-aquitaine

Voici la lettre que j’envoie ce jour au président de la région « Nouvelle Aquitaine »

Ací la letra que mandi uei au president de la Région « Nouvelle Aquitaine »

 

 Le 7 septembre 2016

à M.le président de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Monsieur le président,

Si j’ai été très honoré de ce que l’on a pu dire au Conseil régional d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes sur mon engagement en faveur de la langue occitane, j’ai pourtant comme l’impression de ne pas en avoir fait assez. En effet je m’aperçois que le journal de la nouvelle région ne publie même pas une ligne en langue occitane ou en langue basque, comme c’était le cas avant la fusion.
Je ne suis pas naïf au point de penser que la publication de tels articles soit un élément majeur dans une politique linguistique, cependant, je suis convaincu que cette publication, bien que très insuffisante, avait pour vocation de montrer aux habitants de ce territoire que les langues étaient prises en compte par le Conseil Régional. C’est de l’ordre du symbole.
Alors, quand ou oublie, ou quand on sacrifie, les symboles, cela signifie que l’on envoie un message. Ce message est interprété par certains habitants de notre région de façon simple : ils pensent que la nouvelle région veut se débarasser de ses langues ; c’est pour eux un message très négatif.
Je sais bien que l’on va me répondre qu’il s’agit d’un oubli, d’une erreur. Peut-être ! Mais il y a des oublis et des erreurs qui parlent plus que des actes volontaires.
Si dans le logiciel de la nouvelle région on avait intégré la question linguistique ce ne serait pas arrivé.
Je le regrette et j’estime que c’est un très mauvais signe pour la politique future de la nouvelle région.
Cordialement

David Grosclaude

La politique des transports : c’est la recentralisation qui est en marche

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Les informations de ces derniers mois en la matière de transports ne sont pas bonnes, particulièrement en Occitanie. En matière ferroviaire l’entêtement à imposer la très grande vitesse au delà de Bordeaux est préoccupant, tout comme l’annonce d’un plan de relance autoroutier à Rivesaltes, il y a quelques semaines, par François Hollande.

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Au mois de juin le gouvernement faisait signer à son ministre des transports une Déclaration d’Utilité Publique concernant les LGV du Grand Projet Sud Ouest (GPSO) entendez par là les deux LGV qui devraient relier Bordeaux à Toulouse d’une part et Bordeaux à Hendaye d’autre part. Cette prétendue utilité du projet n’avait pas été reconnue lors de l’enquête publique et donc le gouvernement s’entête, sous la pression de ceux qui pensent en dehors d’être « à trois heures de Paris » au plus, il n’y a aucun salut.

Un plan autoroutier, un plan archaïque

A ce passage en force, s’ajoute l’annonce faite en juillet par le président de la République, d’un plan de relance autoroutier dont la presse régionale s’est empressée de vanter les mérites. La majeure partie de l’investissement se ferait dans l’ouest occitan.

Ce plan est fait, selon le chef de l’État, pour relancer l’investissement dans les travaux publics et pour compenser ainsi la baisse des investissements des collectivités, touchées par la réduction des dotations qui leurs sont accordées.

Les sociétés d’autoroute, dont l’objectif est avant tout de faire gagner de l’argent à leurs actionnaires, ont bien négocié cette affaire. Elles investissent à condition que les concessions qui leur ont été accordées soient rallongées. En clair elles investissent où on le leur demande en échange de la promesse de pouvoir exploiter quelques années de plus des tronçons d’autoroute très rentables. Elles investissent, même si tel ou tel projet n’est pas rentable, en échange de profits plus longs sur des trajets qui eux voient passer des milliers et des milliers de véhicules chaque jour.

Ce qui est affligeant dans ces annonces c’est que nous sommes bien loin des grands discours sur le réchauffement climatique. Mais au delà de l’argument écologique nous pouvons nous interroger sur l’intérêt économique des annonces et des projets. En effet on veut construire des LGV au sud de Bordeaux sans avoir la moindre idée de comment on va les financer. Le coût annoncé de 9 milliards d’euros sera sans aucun doute dépassé comme à l’habitude dans ces projets. Mais même si la facture annoncée était respectée, on ne sait pas qui la payera. On voudrait bien faire payer des collectivités (régions, départements, communautés de communes et d’agglomération, communes) mais l’enthousiasme pour payer est loin d’être général. D’ailleurs on ne sait toujours pas qui payera les sommes qui manquent à l’appel pour régler les dépenses de la construction du tronçon de LGV entre Tours et Bordeaux. Mise en service en 2017, cette ligne qui raccourcira le trajet de Bordeaux à Paris devait être payée par des collectivités qui depuis quelques mois ses sont désengagées. Certaines veulent même aller en justice pour contester leur signature et refuser de payer la dernière partie des échéances. C’est le cas des deux agglomérations de Pau et Bayonne et du département des Pyrénées-Atlantiques. D’autres n’ont jamais voulu payer un centime. D’autres enfin considèrent que le montage financier était inégalitaire et que des collectivités du sud de l’Aquitaine payaient cher alors que d’autres concernées par la la liaison avec Toulouse payaient moins que ce qu’elles auraient dû payer.

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On hypothèque l’avenir

Comment peut-on aller à ce point à contre-courant de ce que devrait être une politique de transports modernes, notamment pour nos régions occitanes ?

Ces projets tuent en premier lieu tout espoir de voir nos régions dotées de moyens de transports adaptés au défi climatique. Les LGV sont une hérésie sur le plan énergétique et on connait au travers des rapports nombreux qui ont été publiés ( Cour des Comptes, Auxiette, Bianco, pour les officiels, auxquels il faut ajouter les documents publiés par les diverses associations d’opposants à ces projets) le risque du tout TGV. On assèche pour des années les financements pour le rail en sacrifiant les investissement sur les autres lignes. Quant au gain de temps il est peu en rapport avec l’énormité des coûts, les dégâts fonciers et écologiques. On a de gros doutes sur la rentabilité de ces lignes et on sait que ce seront des lignes chères pour les voyageurs. Il faut ajouter à cela que la politique en faveur du fret ferroviaire est nulle en France et que ce n’est pas en investissant dans les autoroutes que l’on risque de faire baisser le nombre de camions qui traversent nos régions.

La politique annoncée ces derniers mois est une politique à courte vue, contraire aux engagements de la COP 21 et, sur le plan politique, vieillotte.

Tout cela n’est fait que pour répondre aux attentes dépassées (et du passé) de certains élus, locaux, départementaux et régionaux qui n’ont pas encore compris ce qu’était un réseau ferroviaire moderne. Ils en sont restés à un réseau en étoile qui les amènent à nous ressasser leur fameux « il faut être en trois heures à Paris ». C’est l’argument que l’on nous sert à toutes les sauces, un dogme incontestable, puisque être plus proche de Paris est le sésame du développement, la garantie d’un monde meilleur. C’est la seule vraie et légitime ambition que sont autorisées à avoir avoir nos régions et que le centralisme leurs laisse. Elles n’ont pas de pouvoir alors il faut bien leur donner à rêver. Mais elles ne doivent pas rêver à la dimension européenne puisque le seul modèle qui vaille est hexagonal. Le réseau ferroviaire de demain c’est celui d’hier en plus cher et un peu plus rapide, en plus centralisé encore puisqu’il aura moins de gares pour prendre le train et pour s’y arrêter. C’est cela le tout TGV. Mais il faut reconnaitre que tous les élus ne sont pas sur cette longueur d’onde. Il y a quelques résistants parmi les maires des territoires traversés bien entendu, il y a aussi des élus départementaux et régionaux qui s’y opposent et, il faut le noter un député socialiste de Gironde Gilles Savary qui ne cesse de dénoncer ces projets inutiles et coûteux.

Rien pour la reconversion des transports

La question des autoroutes est de même nature. D’abord la recette qui consiste à relancer de grands investissements pour créer de l’emploi est une illusion. Nous ne sommes plus dans les trente glorieuses. On ne peut continuer à vouloir créer de l’activité en mangeant le capital, c’est à dire les terres agricoles et l’espace en général, l’énergie fossile et autres ressources naturelles épuisables.

Mettre l’accent sur l’extension du réseau autoroutier parce qu’il est saturé par les camions est une fuite en avant. On appelle un nouveau trafic et on ne crée en rien les conditions d’une reconversion.

Où sont nos lignes de fret ? Où est la politique de report des marchandises sur le rail ?

Ce qui va se passer en Occitanie est un retour vers le passé. On remet en place les conditions qui feront de nos régions une zone de transit pour les camions. L’État, avec la complicité de nos élus, veut rénover un système qui est obsolète ou, pour le moins, qui produit un développement obsolète et contraire aux intérêts de nos régions. Chez nous on continuera à voir passer des marchandises sous la forme la plus polluante et la plus consommatrice d’espace : la route. Le profit sera nul. Le schéma est connu, je ne vous le décris pas avec plus de détails.

Les sacrifiés dans cette affaire sont les territoires qui ne bénéficient pas de transports modernes et qui resteront dans la même situation. Le maillage ferroviaire des territoires occitans n’est pas assez dense et au lieu de le densifier on investit dans des voies rapides, dans la très grande vitesse, celle qui coûte le plus cher et qui ignore les territoires traversés.

Tout cela est un aberration économique et écologique et c’est une catastrophe en matière d’aménagement du territoire. Mais comme la crise du système est là on prend dans la précipitation les vieilles recettes en pensant qu’elles vont fonctionner, que des emplois seront créés. Nos élites sont dépassées, aussi bien au niveau central qu’au niveau local. Il faut inventer de nouvelles façons de concevoir le territoire. Le centralisme que l’on applique une fois de plus en matière de transports comme la solution est une punition pour les régions occitanes. On les prive d’espace européen, on les empêche de prendre une dimension européenne. On veut nous faire croire que d’accueillir sur son territoire des routes et des LGV qui transportent des marchandises et des hommes qui traversent le continent sans s’arrêter, serait avoir une dimension européenne ! Cela ne nous donne aucun rôle, aucun pouvoir et ne nous apportera rien. Seules quelques métropoles tireront peut-être quelques avantages et encore, ce n’est pas certain.

L’investissement ferroviaire doit se reconcentrer sur ce que l’on appelle avec condescendance « le réseau secondaire », c’est à dire les trains du quotidien et ceux qui assurent aujourd’hui tant bien que mal les liaisons Est-Ouest.

Tout bénéfice pour les autoroutes

Le plan de relance autoroutier annoncé par le président de la République en juillet à Rivesaltes est une véritable arnaque. Négocié depuis 2011 entre l’État et les entreprises autoroutières il a débouché sur un accord en décembre 2015. Cet accord, selon la communication officielle, prévoit que ce sera tout bénéfice pour l’État ; celui ci ne déboursera pas un centime sur les 3,2 milliards qui seront investis sur cinq ans. Oui, mais les autoroutes obtiennent en échange une rallonge de deux ans e demi de leurs concessions. C’est à dire qu’elles vont avoir largement le temps de récupérer leur mise. Qu’on ne dise donc pas que cela est gratuit pour l’État donc la collectivité ! C’est bien un financement public déguisé.

Quant à l’intérêt de l’opération en elle-même elle est justifiée par la création de 10 000 emplois. C’est franchement peu au regard de l’investissement.

C’est dans les régions occitanes que se fera la majorité des travaux et la plupart auront pour objectif de faciliter le trafic des poids lourds qui voyagent entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. L’objectif est donc peu vertueux puisqu’il s’agit de faciliter le développement du trafic par camion ( mise à trois voies de l’A9 entre Perpignan et le Junquera, comme entre Lézignan et Narbonne et même chose pour l’A63 avant Bayonne en venant du nord). Mais les entreprises de BTP et l’État savent bien habiller la chose en évoquant « l’aménagement des territoires » ou en parlant d’investissements « au coeur des territoires ». On joue même avec le thème de la sécurité des populations et de la fluidité du trafic, de la qualité du service rendu. Mais quelle rentabilité pour nos territoires occitans peuvent avoir de tels projets ?

La saturation évoquée de certains tronçons autoroutiers est une saturation qui est due au trafic des camions ; et s’il arrive que les véhicules de tourisme soient trop nombreux c’est sur des périodes courtes de l’année. Faut il calibrer les autoroutes en se calant sur les périodes de pointe ? Est-ce un investissement raisonnable ?

En réalité il s’agit plutôt d’un système à bout de souffle qui n’a rien d’autre à proposer pour créer des emplois que de remuer des tonnes de terre, de béton et de bitume.

Enfin que dire de la nécessité absolue de créer une autoroute entre Toulouse et Castres ? Que dire au regard des grandes déclarations exprimées lors de la COP 21 du projet réactivé de voie rapide par le tunnel du Puymorens et celui du Cadí pour relier Toulouse à Barcelone ?

L’énorme bêtise que représentait la construction de l’autoroute A65 entre Bordeaux et Pau n’aura pas servi de leçon. C’est la plus chère de toutes les autoroutes françaises pour ceux qui l’empruntent et elle est loin de trouver l’équilibre financier.

Comme si cela ne suffisait pas un deuxième plan de relance autoroutier est en préparation et devrait être annoncé en 2017. Il sera certainement encore l’occasion de faire quelques cadeaux aux entreprises autoroutières, et de satisfaire les caprices de quelques élus locaux qui n’existent que lorsqu’ils ont obtenu l’étalement de quelques kilomètres de bitume sur leur territoire.

TGV

Qui va payer la LGV entre Tours et Bordeaux ?

Le montage pour financer la LGV entre Toulouse et Bordeaux est un Partenariat Public Privé. En gros c’est de l »argent privé, de l’argent public et des bénéfices pour le privé. Mais l’affaire n’a pas fonctionné comme elle était prévue. Sur le 7,8 milliard d’euros annoncés les collectivités locales devaient en payer 1,5 et parmi elles il y avait des territoires qui ne voyaient pas passer la ligne comme les départements et les communes au sud de Bordeaux ou aux alentours de Toulouse. On estimait que ces collectivités allaient profiter d’un rapprochement avec Paris. Dès le début certains n’ont pas voulu payer. Ce fut le cas de Ségolène Royal pour la Région Poitou-Charentes qui n’a pas voulu débourser un centime. De toute façon la ligne devait passer par là. Puis après avoir payé une partie de ce qu’elles avaient promis certaines collectivités ont décider de ne plus payer. Le département des Pyrénées-Atlantiques, l’agglomération de Pau et l’agglomération de Bayonne Côte Basque doivent encore théoriquement 120 millions d’euros. L’affaire va sans doute se terminer au tribunal. D’autres rechignent parce qu’on les a trompées sur les dessertes TGV auxquelles elles pensaient avoir droit.

On voulait faire payer une quarantaine de collectivités et c’est un échec. Ceux qui avaient promis se sont rétractés en partie. D’autres ont payé et ne verront jamais un TGV mais iront le prendre à Toulouse. Il faut reconnaitre qu’il faut être gonflé pour arriver à faire payer le département du Gers, le Grand Auch ou le département du Lot-et-Garonne, la ville de Pau, pour une ligne entre Bordeaux et Tours. On a bien essayé de faire participer l’Ariège et le Tarn ou les Hautes-Pyrénées mais ils n’ont pas voulu signer.

Des financements très incertains

L’arrivée de la LGV à Toulouse (prévue pour 2024) et à Dax ( prévue pour 2027) reste encore très énigmatique pour ce qui est du financement. Le privé ne tient pas a s’y investir parce que la rentabilité est plus qu’incertaine. La SNCF endettée jusqu’au cou (50 milliards d’euros) ne peut pas grand chose. Les collectivités locales sont méfiantes parce qu’elles ont été trompées une fois déjà et ne tiennent pas à remettre le doigt dans l’engrenage. Alors que reste t-il ? Le ministre des transports, avec le soutien des présidents de régions A. Rousset et C. Delga ainsi que des maires de Bordeaux et Toulouse, a nommé deux fonctionnaires pour aider à monter un plan de financement. L’idée est d’aller taper à la porte de l’Europe en se faisant financer au nom du plan de relance dit « plan Junker ». Mais ce n’est pas gagné et ça ne suffira pas. Il reste la solution de l’emprunt à très long terme. Alain Rousset et Carole Delga plaident pour un tel emprunt qui pourrait se faire sur quarante ou cinquante ans ! Le maire de Toulouse et celui de Bordeaux voient aussi les choses ainsi. On risque donc de choisir d’endetter à long terme les collectivités de nos régions pour un projet qui ne sera pas rentable et qui est contesté par de nombreux rapports dont celui de la Cour des Comptes qui a démontré les limites qu’était cette course à la très grande vitesse (rapport d’octobre 2014 « La grande vitesse ferroviaire : un modèle porté au-delà de sa pertinence »)

Bien sûr les autres collectivités, infra-régionales, seront aussi sollicitées pour payer ce qui « nous mettra à trois heures de Paris ».

Des trains qui ne s’arrêtent pas

La bataille sur les dessertes est rude. Des villes qui pensaient que la LGV leur apporterait plus de dessertes sont déçues. Lisea, le consortium qui est dirigé par Vinci, sera le gestionnaire de la voie. C’est lui qui empochera 22 euros du km parcouru pour ceux qui feront circuler des trains entre Tours et Bordeaux. Donc la SNCF paiera elle aussi et craint de ne pas rentabiliser ses voyages. le risque est le renchérissement du coût pour les voyageurs. Si l’on prévoit environ 33 aller-retours par jour entre Bordeaux et Paris il y en aura plus de la moitié qui seront sans arrêt. Si un TGV s’arrête trop il n’est plus un TGV ! Mais cette logique veut que seuls les têtes de ligne sont gagnantes.

Le rapport de la Cour des Comptes notait bien la question de la rentabilité des LGV et indiquait bien que ce type de transport se faisait au seul profit de la capitale et des grandes métropoles. IL restera à la charge des régions de faire circuler des TER afin d’amener les voyageurs vers les gares qui verront s’arrêter de temps en temps un TGV. Alors le mythe de « à trois heures de Paris » tombe. Le train devient comme l’avion. On va vite d’un point à un autre mais il faut rajouter le temps (et le prix) d’acheminement vers la gare de départ.

C’était vraiment mieux avant !

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C’était vraiment mieux avant !

Le vote qui est intervenu au Royaume-Uni va déclencher une réaction qui est bien en phase avec la crise politique que vit l’Europe aujourd’hui.

Ce vote donne déjà des idées à des gens de chez nous qui pensent que « c’était mieux avant ! ». Le problème c’est que « avant » ne veut rien dire. Parce que « avant » ce peut être « avant-avant » ou alors « juste après avant ».

Donc les britanniques ont dit que c’était mieux avant. Et encore, eux n’avaient pas choisi l’euro ;

D’autres le disent, et vont le dire ailleurs, encore plus fort qu’au Royaume-Uni.

Il y a effectivement aujourd’hui chez nous une nostalgie que je crois morbide. Je ne connais pas assez les britanniques pour savoir si c’est ce qui les a guidés, mais chez nous je sens cette morbidité.

Londres 2

Il y a l’Europe, qui est un beau projet, mais que les égoïsmes des États ne cessent de pervertir chaque jour. L’Europe qu’ils ont bâti est d’une telle complexité que personne n’y comprend rien. A ne pas vouloir faire un système démocratique plus simple, plus classique, cette Europe a créé des insatisfactions. Les principes démocratiques de base n’ont jamais été respectés puisque les véritables décisions ne sont pas prises par les députés que les européens ont élus.

En bref il aurait fallu faire un véritable fédéralisme pour éviter que les gouverenements des États ne jouent à un jeu pervers qui consiste à bloquer en permanence des décisions, tout en laissant accuser « Bruxelles » de tous les maux. La banalité consistant à accuser l’administration européenne d’être responsable de normes stupides, de pinaillages divers et variés. On connait ce refrain.

Quand on connait l’administration française, on ne peut que se dire que nous aurions intérêt à ne pas donner de leçons. Nous avons une lourde responsabilité en ce domaine puisque dans notre pays il y a longtemps que le politique est débordé par une administration centrale, et centralisée, toute puissante.

En l’absence de projet politique européen enthousiasmant il ne faut donc pas s’étonner que certains se mettent à dire « c’était mieux avant ! ».

Mais avant quoi ? Avant que nos politiques, notre vision du développement, nos modes de consommation n’aillent créer le chaos dans certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique ? Avant que cela ne provoque l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés en Europe ? Avant que nous ne sachions que notre système de production et de consommation, notre croissance sont une impasse ?

Faute de rêver demain, parce qu’il est plein de changements difficiles, de virages à négocier, de mauvaises habitudes à perdre, on rêve d’un « avant », on rêve d’un « hier ».

Au lieu de nous vendre de la nostalgie, on ferait mieux de regarder le présent en face.

Je veux dire par là que, lorsque j’entends les économistes patentés nous expliquer que la croissance revient, on entretient la nostalgie. Finalament, et pour simplifier, beaucoup d’entre-eux nous expliquent que l’on peut espérer le retour du monde d’avant. Vous savez celui des années de la croissance insolente qui se faisait sur le dos des pays pauvres, l’époque où nous bouffions sans soucis le capital. C’était quand la croissance devait être sans fin et que personne ne pensait aux dégâts faits sur la planète. Mais « avant » on ne savait pas que la planète était finie et qu’il y avait des dégâts qu’il nous faudrait payer un jour. « Avant » c’était quand on ne savait pas que nous avions une révolution énergétique à faire. « Avant » c’était quand on croyait que chaque problème trouverait sa solution dans une révolution ou une innovation technologique. D’ailleurs c’est encore un peu comme cela aujourd’hui.

« C’était mieux avant ! », c’est comme dire à nos enfants que la facture que nous leur laissons sur le plan écologique et économique, se doublera d’une facture politique plus que salée. Les Autrichiens ne sont pas passés loin et chez nous les amis du FPÖ sont en embuscade.

Non la croissance d’avant ne reviendra pas ! Il faut inventer autre chose, quelque chose de viable pour les humains bien plus nombreux « qu’avant » . Non, « avant » n’existe plus !

Certains, pour de petits bénéfices politiciens, nous annoncent l’inversion de la courbe du chômage alors que c’est maintenant qu’il faut se mettre à réfléchir vite, sur le travail et sa répartition, sur la richesse et sa répartition, sur la consommation et sa répartition, sur le développement et son but.

Le projet ne peut être celui qui consiste à vouloir retrouver le monde tel qu’il était « avant ».

Je pensais que nous avions compris cela… depuis le temps !

Jacques Chirac le dialògue de las culturas e la diversitat culturau

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La diversitat culturau òc, mes au musèu e sustot dab ua punta d’exotisme

La diversité culturelle oui, mais au musée et surtout avec une pointe d’exotisme

(article bilingue) IMGP4045

Que’m sembla que’s trufan de nosautes ! Un còp de mei.

Los mèdias que celèbran la mustra au Musèu deu Quai Branly, musèu aperat adara Jacques Chrirac. L’ancian president que seré un gran defensor « deu dialògue de las culturas » .

Que’m feliciti qu’un musèu e sia consacrat a la diversitat de las culturas. Qu’ei finalament la mendra de las causas de celebrar aquera diversitat. Qu’ei sonque lo respècte qui devem a la diversitat de las hemnas e deus òmis qui viven suu planeta e qui an creat un patrimòni qui ei lo de l’umanitat. Que’n caleré mei d’un. Sustot qu’ei un musèu de mei installat desempuish dètz ans dejà) a París. Ah ! lo centralisme culturau ! E l’egalitat deus ciutadans devant la cultura ? Que deu har partida deus principis qui son estruçats en las cavas de quauque musèu dab quauques òbras a las quaus n’an pas trobat de plaça en un espaci public !

Qu’ei amusant de véder celebrat Jacques Chirac com gran defensor de la diversitat de las culturas e sustot deu « dialògue de la culturas » quan sabem que, se s’interessava a las culturas de l’aute cap deu monde, qu’ei tostemps estat incapable de har la mendra causa en favor de la lenga e de la cultura occitanas, la cultura deu territòri qui considerava com lo son. Se trobava vertuts a las arts luenhècas, n’estó pas capable de trobar la mendra valor a la cultura occitana de Lemosin, qui ei totun lo brèç deus trobadors e la tèrra d’eleccion de J.Chirac.

No’s cau pas desbrombar qu’ei eth qui empachè en 1999 la ratificacion de la Carta europèa. La reconeishença de las lengas ditas regionaus en França qu’èra tà eth un perilh deu màgers. E n’èi pas lo sovièr de la mendra accion de la soa part entà compensar la non-ratificacion de la Carta europèa.

La nocion de « dialògue de las culturas » qu’ei ua nocion de geometria cambiadissa ! Jacques Chirac que podèva recéber a París Rigoberta Menchú, en gran pompa, e non pas har arren de çò que disèva quan s’agiva deu son pròpi territòri. Alavetz la diversitat culturau òc ! mes sonque quan ei exotica e sustot quan la podem embarrar enter los quate murs d’un musèu ?

La cultura n’ei pas carn hreda. Qu’ei com la memòria que cau que demore viva. E memòria que n’èi enqüèra un pauc, çò qui’m permet d’anar a contrabriu de totas las celebracions unanimas a l’entorn d’un ancian president de la Republica qui seré lo campion de la diversitat culturau.

Jacques Chirac le dialogue des cultures et la diversité culturelle

La diversité culturelle oui, mais au musée et surtout avec une pointe d’exotisme

Je crois qu’une fois de plus on se moque de nous. Les médias celèbrent l’exposition du Musée du Quai Branly à Paris, appelé aussi aujourd’hui musée « Jacques-Chirac ». L’ancien président de la République serait un grand défenseur du « dialogue des cultures ».

Je ne peux que me féliciter qu’un tel musée existe. Il devrait même y en avoir d’autres. C’est finalement la moindre des choses que de célébrer la diversité des cultures des hommes et des femmes qui peuplent notre planète. Ils ont créé un patrimoine qui est commun à l’humanité. Mais c’est encore un musée installé ( il y a déjà dix ans) à Paris. Ah ! le centralisme culturel. Et l’égalité des citoyens devant la Culture ? Elle doit faire partie des principes qui son rangés dans les caves d’un musée faute de lui trouver une place dans l’espace public !

C’est amusant de voir jacques Chirac célébré comme un grand défenseur de la diversité des cultures et surtout du « dialogue des cultures » quand on sait que, s’il s’intéressait aux cultures de l’autre bout du monde, il a toujours été incapable de faire la moindre chose en faveur de la langue et de la culture occitanes, la culture du territoire qu’il considérait comme le sien. S’il trouvait des vertus aux arts lointains, il ne fut pas capable de trouver la moindre valeur à la culture occitane en Limousin, qui est le berceau des troubadours, et la terre d’élection de Jacques Chirac.

Il ne faut pas oublier que c’est lui qui, dès 1999, empêcha la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. La reconaissance des langues dites régionales en France représentait semble t-il pour lui un péril majeur. Et je n’ai pas le moindre souvenir d’una action de sa part qui aurait permis de compenser la non-ratification de la Charte européenne. Comme quoi la notion de « dialogue des cultures » est une notion à géométrie variable ! Jacques Chirac pouvait recevoir en grande pompe Rigoberta Menchú à Paris et ne rien faire de ce qu’elle disait lorsqu’il s’agissait de son propre territoire.

La diversité culturelle oui ! mais seulement quand elle est un peu exotique e que l’on peut l’enfermer entre les quatre murs d’un musée ?

La culture n’est pas de la viande froide. C’est comme la mémoire, elle n’a d’interêt que si elle reste vivante. Et de la mémoire j’en ai encore assez pour aller à contre-courant de toutes les célébrations unanimes autour d’un ancien président de la République qui serait, dit-on, le champion de la diversité culturelle.

Christian Troadec : « je ne soutiens pas la candidature de París aux JO de 2024 »

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Hidalgo
Christian Troadec, le maire de Carhaix, a remis sa lettre en main propre à A.Hidalgo, maire de Paris.

Aujourd’hui, au Congrès des maires à Paris, Christian Troadec, maire de Carhaix et candidat à la présidentielle de 2017, a rendu publique une lettre qu’il envoie à Anne Hidalgo et dans laquelle il lui explique pourquoi il ne soutient pas la candidature de Paris aux J.O de 2024.

Voici le texte de la lettre :

« Je ne soutiens pas la candidature de Paris aux JO de 2024 »

Madame, chère collègue,

À l’occasion de ce congrès des maires de France, je souhaite vous expliquer pourquoi je ne soutiens pas le principe de l’organisation des J.O de Paris en 2024.

Je suis le maire d’une commune qui, comme toutes les communes de France, voit ses dotations baisser chaque année. Cette situation participe à creuser encore plus les inégalités territoriales qui deviennent des inégalités sociales. Nos concitoyens ne supportent plus cette situation.

L’organisation des J.O à Paris ne fera que renforcer un système par lequel les investissements majeurs de l’État se font sur une petite partie du territoire.

C’est évident en matière de transports, domaine dans lequel le centralisme revient en force. C’est dommageable pour toutes les régions. C’est évident en matière d’investissements culturels, c’est une constante en matière d’équipements collectifs.

Ce système a aujourd’hui atteint ses limites. Il contribue à faire croître une mégapole et à vider le reste du territoire. Il n’aide pas à la construction d’un espace européen équilibré. Il n’aide pas à la mise en place d’une vraie politique de conversion écologique et environnementale.

Cette conception de l’aménagement du territoire est désuète, inégalitaire et coûteuse. Elle ne fait qu’aggraver les problèmes que connaissent Paris et la Région Ile de France, justifiant ainsi encore plus d’investissements payés par tous les contribuables. Le Grand Paris, c’est 0.15 % du territoire (814 km²) et 10 % de la population (6.9 millions). D’ici 2025, l’Etat entend y investir 32.5 milliards d’euros. Ou sont les 292 milliards d’euros équivalents et les projets qui seraient légitimes pour les 97 départements restants. Où est l’égalité républicaine ?

Je plaide pour une décentralisation courageuse, véritable, donnant aux régions et aux collectivités une capacité à innover, à exprimer leur dynamisme et à valoriser leurs identités. Ma démarche n’est en rien une défiance envers les Parisiens, bien au contraire. Je crois même que la qualité de vie quotidienne des habitants de Paris et d’Île de France serait améliorée si nous sortions de ce centralisme dépassé.

Si les JO doivent être organisés en 2024 ils doivent être décentralisés.

Je ne peux que vous dire la même chose concernant l’exposition universelle de 2025.

Je vous prie de recevoir, madame et chère collègue, l’expression de mes salutations cordiales.

Christian Troadec, maire de Carhaix.

 

Un an après ! Tostemps lo mesprètz/Toujours du mépris

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ARTICLE BILINGUE : VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS

« Que n’i a pro d’estar mespresats ! »

Un an après e tostemps d’actualitat !

Non m’agrada pas tròp de hestejar los aniversaris mes, en har un petit punt sus la question de la politica linguistica, que volèvi arremerciar tots los qui’m sostiengón d’ua faiçon o d’ua auta l’an passat quan prengoi la decision de’m hicar en grèva de la hami au Conselh Regionau d’Aquitània.

Mercés 1

Que demandavi en mai de 2015 qu’estosse respectada la decision de las duas regions qui avèvan, un an abans, votat a l’unanimitat la creacion de l’Ofici Public de la lenga Occitana. L’Estat qu’arrossegava los pès e non volèva pas participar a aqueth ofici interregionau. Lo dossièr qu’èra quasi enterrat e que caló aquera accion e la vòsta mobilizacion entà que las duas ministras de l’Educacion e de la Cultura envièssen ua letra qui èra l’engatajament de publicar l’arrestat qui èra necessari a la creacion de l’OPLO. Qu’èra tanben la promessa de participar au tribalh deu dit ofici.

Que sabi hòrt plan que, en los vòstes caps, n’èra pas la question de la creacion d’un organisme qui èra importanta, mes qu’èra la question de la lenga en generau. Qu’èra la denonciacion deu mesprètz deu poder centrau de cap a ua demanda qui ei basica en democracia, a saber lo repècte deu principi d’egalitat de las lengas e de las culturas.

Mensh de un centime d’euro per an e per abitant !

Adara l’Ofici qu’existeish e que deu préner en carga la politica linguistica de las duas regions. Dab la refòrma ( sus laquau e i averé tant a díser) aqueras regions que son mei granas e qu’amassan adara 9 milions d’abitants de l’espaci occitan ; que son quasi tots los qui demoran en l’anciana Aquitània mei los lemosins e los estatjants de la navèra region constituida per Miègjorn-Pirenèus e Lengadòc-Rosselhon, mensh los catalans. Tribalh, que n’i a per l’OPLO !

Totun non pòdi pas empachà’m de senhalar que la participacion prometuda per l’Estat entà har foncionar l’Ofici qu’ei mei que limitada : 65 000 euros ! E enqüèra que i a ua partida qui deveré arribar devath la fòrma d’un pòste, un personau, metut a disposicion de l’OPLO e evaluat a 50 000 euros.

Lo Conselh d’Administracion de l’OPLO ( non i soi pas mei pr’amor non soi pas mei elegit) qu’ei constituit de 8 personas : 6 conselhèrs regionaus e 2 representants de l’Estat. Que’m hè díser que l’Estat e deverà lèu aumentar la soa participacion se vòu estar credible. Çò que da a l’OPLO pour son fonctionnement qu’ei 10% de çò que balha a l’Ofici Public de la Lenga Basca per la medisha rason. E francament la generositat dab la lenga basca de la part de l’Estat qu’ei mei que relativa. Que representa quauquarren com 2 euros per cada abitant deu País Basco : qu’ei pauc. (860 000 euros per 300.000 abitants).Los mens amics bascos que saben çò que’n pensi ; non pensi pas que sian tròp plan dotats. Qu’ei meilèu lo contrari.

 

Mes vertat ei, se dividim 65 000 euros peus 9 milions d’abitants pertocats per l’espaci de tribalh de l’OPLO, qu’arribam a un resultat microscopic : qu’ei 0,0072 euros per an e per estatjant, donc mensh de un centime d’euro !!! Qui pòt pensar qu’aquera situacion e posca durar ? Qui pòt considerar que sia atau que’s respècte ua lenga, qui pòt créder que sia digne ? N’ei quitament pas l’aumòina !

mercés 2
La veirina deu CR d’AQuitània l’an passat

Alavetz que sabi quin l’Estat e hè los sons comptes entà provar la soa generositat. Que hè la soma de tot çò que hè per la lenga nosta, de totas las ajudas qui pòt dar a las associacions peu biais de las DRACs e deu ministèri de la Cultura. Mes non va pas luenh tot aquò tanpauc. Alavetz entà har bona mesura qu’ajusta sovent los salaris deus ensenhants de las escòlas bilinguas, deus professors d’occitan e tanben los salaris de las escòlas associativas contractualizadas. Mes aquò qu’ei un compte faus. Los mainatges qui son en las escòlas que costarén lo medish prètz estossen escoliats en francés. Los mainatges qui viven suu territòri de la Republica qu’an lo dret d’estar escolarizats. Donc aquò n’a pas a entrar dens los comptes.

 

Promessas e declaracions a fanègas mes per quin resultat ?

Que hè un an que m’èri engatjat en ua grèva de la hami e que receboi lo sostien de milierats de personas : ciutadans e tanben elegits de diferentas regions. A la fin, quan receboi l’engatajament escriut de las duas ministras sus l’OPLO, qu’aprengom tanben que lo president de la Republica e volèva tornar lançar lo procèssus de ratificacion de la Carta europèa. Que sabem çò qui arribè. La carta ei enterrada e François Hollande qu’ei estat incapable de tiéner la mendra promessa pertocant las lengas. Que cambiè mantuns còps d’idea e lo resultat qu’ei…arren. 

Que prometó en la soa campanha electorau la ratificacion, puisque qu’abandonè l’idea, puishque que s’i tornè puishque l’abandonè un còp de mei. Ei aquò ua politica ?

E perqué non i avó pas nada iniciativa entà votar ua lei ? E perqué estó tan complicat de har passar un article en la lei de renovacion de l’escòla ? E perqué e’s cau bàter uei entà empachar la refòrma deus collègis de sacamandejar l’ensenhament de l’occitan e de las autas lengas?

Tot simplament pr’amor aqueth president e los sons govèrns n’an pas avut lo començament de l’intencion de har ua politica lingüistica coerenta e intelligenta.

N’an pas quitament avut lo coratge de méter dens la refòrma territoriau la competéncia linguistica a las regions dab la moneda necessària.

Donc las rumors, segon lasquaus e i averé ua possibilitat abans lo mes de mai de 2017 de har passar ua lei o ua mesura en favor de las lengas, n’an pas entà jo nada valor. A cada còp, quan s’aprèssan las eleccions qu’avem la medisha cançon. E totun que i a quauques parlamentaris qui n’an pas estauviat la lor energia entà essajar de convéncer lo govèrn…en de balas !

Qu’avem adara un ministre de la Justícia qui ei un defensor ahuecat de las lengas ( qu’ei eth qui pugè a la tribuna de l’Assemblada Nacionau lo 14 de genèr de 2014 entà defénder lo tèxte qui averé devut perméter de ratificar la Carta europèa ) mes adara sembla aver d’autas preocupacions.

E puish que i a aqueth rapòrt qui estó comandat per la ministra de la Cultura en 2013. La ministra qu’amassè ua comission qui tribalhè pendent tres mes. Que i participèi. En aqueth rapòrt que i a sonque proposicions aplicablas immediatament e simplament, com ac avèva demandat la ministra en acòrd dab lo prumèr ministre. Non i a pas avut dinc adara lo començament d’ua volontat d’aplicar ua sola d’aqueras proposicions…

E de l’aute costat ? Parièr a dreta. Se sabem que i a parlamentaris favorables que sabem tanben que quan la dreta estó au poder que s’opausè a tota avançada vertadèra.

E uei, un an après la mobilizacion a l’entorn de « Que n’i a pro d’estar mespresats ! » qu’apreni que lo Conselh departamentau deus Pirenèus-Atlantics que vòu redusir las ajudas a las associacions màgers e prumèr a las qui tribalhan en l’ensenhament e la transmission de la lenga. La vergonha e lo mesprètz que son tostemps vius. Quan son elegits e responsables publics qui’n hèn mustra, qu’ei diferent. Que son causidas politicas. Que las deven assumir e sustot justificar sustot quan s’ageish deu resultat d’ua mescla de rancura e d’incompeténcia…

Lo mesprètz qu’ei responsable de la desillusion deus ciutadans per çò qu’ei de la politica e de la causa publica. E las consequéncias que las coneishem : qu’ei ua reaccion qui hè que los electors se dèishan convéncer per las ideas simplistas, per las ideas deus qui vòlen destornar la taula, per las pretendudas solucions de l’extrema dreta. Las consequéncias que seràn tragicas per la democracia.

Un còp de mei, mercés a tots d’aver sabut har retrenir pertot lo « Pro d’estar mespresats! ». Mercés peu vòste sostien e mercés sustot de compréner que nos i va càler tornar.

David Grosclaude

 

 

Un an après, et toujours d’actualité !

Je n’aime pas trop fêter les anniversaires mais, en faisant un point sur la question de la politique linguistique, je souhaitais remercier à nouveau tous ceux qui m’ont soutenu l’an dernier, d’une façon ou d’une autre, quand je prenais la décision de me mettre en grève de la faim au Conseil Régional d’Aquitaine.

Je demandais alors, en cette fin mai de 2015, à ce que soit respectée la décision prise par deux régions qui avaient, un an auparavant, voté à l’unanimité la création d’un Office Public de la Langue Occitane. L’État trainait des pieds et ne voulait pas participer à cet organisme interrégional. Le dossier était quasi enterré et il fallut cette action et votre mobilisation pour que les deux ministres de l’Éducation et de la Culture envoient une lettre qui était l’engagement de l’État a publier enfin l’arrêté qui était nécessaire à la création de l’OPLO. C’était aussi la promesse de participer au travail de cet office.

Je sais très bien que dans vos têtes, ce n’était pas la question de la création d’un organisme qui était importante, mais la question de la langue en général. C’était la dénonciation du mépris dont fait preuve le pouvoir central face à une demande basique en démocratie, à savoir le respect du principe d’égalité des langues et des cultures.

Moins de un centime d’euro par an et par personne !

Aujourd’hui cet Office existe et il doit prendre en charge la politique linguistique des deux régions. Avec la réforme —sur laquelle il y aurait tant à dire — ces deux régions sont plus grandes et elles rassemblent maintenant 9 millions des habitants de l’espace occitan ; cela correspond à presque tous les habitants de l’ancienne Aquitaine, tous ceux du Limousin, les habitants de l’ex région Midi-Pyrénées et ceux de l’ancienne région Languedoc-Roussillon, moins les catalans.

Du travail pour l’OPLO il y en a !

Pourtant je ne peux pas m’empêcher de signaler que la participation promise par l’État afin de faire fonctionner l’OPLO est plus que limitée : 65 000 euros ! Et encore une partie de cette participation doit se faire sous la forme d’une mise à disposition d’un personnel évaluée à 50 000 euros.

Le Conseil d’Administration de l’OPLO (je n’en suis plus, n’étant plus élu) se compose de 8 personnes : 6 conseillers régionaux et 2 représentants de l’État. Tout cela me fait dire que l’État devra augmenter sa participation s’il veut être crédible. Ce qu’il donne à l’OPLO pour son fonctionnement, c’est 10% de ce qu’il donne à l’Office Public de la Langue Basque pour la même raison. Et franchement la générosité de l’État en faveur du basque n’est que relative. Cela représente 2 euros par an et par habitant du Pays-Basque : c’est peu (860 000 euros pour 300 000 habitants). Mes amis basques savent ce que je pense ; je ne crois pas qu’ils soient trop bien dotés. C’est même le contraire.

Mais d’un autre côté, si nous divisons 65 000 euros par les 9 millions d’habitants concernés par l’espace de travail de l’Ofici Public de la Lenga Occitana nous arrivons à un résultat qui frise l’infiniment petit, le microscopique. Cela donne 0,0072 euros par an et par habitant soit moins d’un centime d’euro!!! Qui peut penser que cette situation puisse durer ? Qui peut considérer que ce soit ainsi que l’on respecte une langue et qu’on lui donne de la dignité ? Ce n’est même pas faire l’aumône !

Alors, je sais bien comment l’État fait parfois ses comptes afin de prouver sa générosité. Il fait la somme des aides octroyées pour des actions linguistiques par les DRACs des régions occitanes. Mais là, les comptes sont vite faits. Pour être plus convaincant, il lui arrive aussi d’ajouter le salaire des enseignants des écoles bilingues, des professeurs des collèges et des lycées qui enseignent l’occitan, et celui des enseignants des écoles associatives contractualisées. Il oublie que, de toute façon, en français ou en occitan, il faudrait payer la scolarité de ces enfants qui ont le droit d’être scolarisés comme tous les enfants qui vivent sur le territoire de la République. Donc cela n’a pas à entrer dans les comptes.

 

Des promesses et des déclarations à foison mais pour quel résultat ?

Il y a un an donc, je m’étais engagé dans une grève de la faim et je recevais le soutien de milliers de personnes : des citoyens et aussi des élus de différentes régions. Au bout de huit jours, quand je reçus l’engagement écrit des deux ministres sur l’OPLO, nous apprenions que le président de la République voulait relancer le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Nous savons ce qu’il en est advenu. La Charte est enterrée et François Hollande a été incapable de tenir la moindre promesse concernant les langues dites régionales. Il changea plusieurs fois d’idée et le résultat est là, c’est à dire…rien !

Il avait promis cette ratification dans sa campagne, puis il en abandonna l’idée une première fois. Puis il y revint pour l’abandonner une fois de plus. Est-ce cela une politique linguistique ?

Pourquoi n’y a t-il pas eu alors une initiative afin de faire voter une loi ? Pourquoi fut-il aussi compliqué de faire passer un seul article dans la loi de rénovation de l’école ? Pourquoi faut-il se battre pour que la réforme des collèges ne saccage pas l’enseignement de l’occitan et des autres langues ?

Tout simplement parce que ce président et ses gouvernements n’ont pas eu le commencement de l’intention de mener une politique linguistique cohérente et intelligente.

Ils n’ont même pas eu le courage de mettre dans la réforme territoriale, la compétence linguistique aux régions avec les moyens budgétaires nécessaires.

Donc les rumeurs selon lesquelles il y aurait une possibilité, avant le mois de mai 2017, de faire passer une loi ou une mesure par décret en faveur des langues dites régionales, n’ont que peu de valeur. À chaque fois, quand approchent les élections, nous avons droit à la même chanson. Et pourtant il y a quelques parlementaires qui n’ont pas économisé leur énergie pour essayer de convaincre le gouvernement…en vain !

Nous avons aujourd’hui un ministre de la Justice qui est un défenseur fervent des langues (c’est lui qui est monté à la tribune de l’Assemblée Nationale le 14 janvier 2014 pour défendre le texte qui aurait du permettre de ratifier la Charte européenne) mais il semble avoir aujourd’hui d’autres préoccupations.

Et puis il y a ce rapport qui fut commandé par la ministre de la Culture en 2013. La ministre avait réuni une commission qui travailla pendant trois mois. J’y ai participé. Dans ce rapport il n’y a que des propositions applicables immédiatement et simplement, comme la commande nous en avait été faite, en accord avec le premier ministre. Il n’y a pas eu à ce jour le début du commencement d’une volonté d’appliquer une seule de ces propositions…

Et de l’autre côté ? C’est pareil à droite. Si nous savons qu’il y a des parlementaires favorables nous savons aussi que lorsque la droite était au pouvoir, elle s’opposa à toute véritable avancée.

Aujourd’hui, un an après la mobilisation autour de « Que n’i a pro d’estar mespresats ! », j’apprends que le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques veut réduire les aides aux associations principales et surtout à celles qui travaillent à l’enseignement et à la transmission de la langue occitane. La honte et le mépris sont toujours là. Quand ce sont des élus ou des responsables publics qui en font preuve c’est incompréhensible. Ce sont des choix politiques qu’ils doivent justifier et assumer, surtout s’il s’agit du résultat d’un mélange d’incompétence et de rancoeur…

Le mépris est responsable de la désillusion des citoyens face à la politique et à la gestion des affaires publiques. Les conséquences nous les connaissons : c’est une réaction qui fait que les électeurs se laissent convaincre par les idées simplistes, par les idées de ceux qui veulent renverser la table, par les prétendues solutions de l’extrême droite. Les conséquences seront tragiques pour la démocratie.

Une fois de plus, merci d’avoir su faire retentir le « pro d’estar mespresats ! ». Merci pour votre soutien et merci de comprendre qu’il va falloir recommencer et continuer à dénoncer ce mépris.

 

David Grosclaude