Si j’étais la gauche… Estossi l’esquèrra…

A propos d’une découverte anatomique récente : le nombril est à gauche…pas le cœur.

Pertocant ua descobèrta anatomica recenta : lo melic qu’ei a l’esquèrra…pas lo còr

Photo leuren.t wikimédia commons

Si j’étais la gauche, je prendrais la mesure du spectacle que je suis en train de donner.

Estossi l’esquèrra, que prenerí la pagèra de l’espectacle que soi a dar.

Je me demanderais s’il est vraiment bien raisonnable de laisser croire qu’il existe l’homme providentiel ou la femme providentielle.

Que’m demandarí s’ei vertadèrament rasonable de deishar créder qu’existeish la hemna o l’òmi providenciau

Je me demanderais si le problème est vraiment que se présente l’un, l’une ou l’autre à l’élection présidentielle.

Que’m demandarí se la question ei vertadèrament que’s presenti l’un o l’auta a l’eleccion presidenciau

Je me demanderais si la démocratie est un jeu de poupées russes, c’est à dire une succession d’élections, de primaires de primaires, pour en arriver à une primaire et enfin à la désignation d’un candidat ou d’une candidate.

Que’m demandarí se la democracia ei un jòc de monacas russas, çò qui vòu díser ua seguida d’eleccions, de primàrias de primàrias, entà n’arribar a ua primària e enfin a la designacion d’ua candidata o d’un candidat.

Je me demanderais si la démocratie c’est d’en arriver à la désignation d’un candidat ou d’une candidate à une élection qui n’est rien d’autre que le renforcement d’un pouvoir personnel démesuré.

Que’m demandarí se la democracia ei de n’arribar a la designacion d’un candidat o d’ua candidat per ua eleccion qui n’ei pas arren mei que de con.hortar un poder personau desmesurat.

Je me demanderais ce qu’est la gauche.

Que demandarí çò qu’ei l’esquèrra.

Je me demanderais ce qu’est un programme de gauche.

Que’m demandarí çò qu’ei un programa d’esquèrra.

Je m’interrogerais sur toutes les erreurs faites par des gouvernements et leaders de gauche depuis des années, entrainant certains électeurs de gauche à se retrouver aujourd’hui à l’extrême droite.

Que m’interrogarí a prepaus de totas las errors hèitas peus govèrns e capdaus d’esquèrra desempuish annadas e qui an aviat quauques electors d’esquèrra a’s trobar uei a l’extrèma dreta. 

J’arrêterais de vouloir parler comme la droite pour espérer ratisser large.

Que deisharí de voler parlar com la dreta entà esperar arrasterar mei

Je m’interrogerais sur l’élection d’un président qui n’a plus de contrepouvoir pour s’opposer à lui.

Que’m pausarí questions sus l’eleccion d’un president qui n’a pas mei nat contrapoder tà s’opausar.

Je me rendrais compte que même aux Etats-Unis le président n’a pas autant de pouvoir que chez nous.

Que m’avisarí que quitament aus Estats-Units lo president n’a pas tantes poders com a noste.

Je m’interrogerais sur le culte de la personnalité qui peu à peu devient la norme.

Que m’interrogarí a prepaus deu culte de la personalitat qui pauc a pauc e’s càmbia en la nòrma.

Je me demanderais s’il est bien sain que le nom du président et son prénom soient cités à longueur de journaux radio, télé et presse écrite. Comptez vous verrez.

Que’m demandarí s’ei plan sanitós en democracia que lo nom deu president e lo son prenom sian citats a longor de jornaus, radio, tele e premsa escriuta. Comptatz, que vederatz.

Je me demanderais s’il est bien utile qu’un président de la République ait une opinion sur tout et qu’il l’exprime.

Que’m demandarí s’ei plan utile en democracia qu’un president de la Republica agi ua opinion sus tot e que l’exprimi.

Je me demanderais si écrire au président de la République (ou à son épouse) chaque fois qu’on a des doléances est vraiment un réflexe républicain.

Que’m demandarí se d’escríver au president de la Republica (o a la soa molhèr) cada còp qu’òm a quauques doléncias ei un reflèxe vertadèrament republican.

Je m’interrogerais sur la démocratie.

Que m’interrogarí sus la democracia.

Je me demanderais si c’est ce prétendu lien personnel entre un peuple et un homme ou une femme, ou si ce ne serait pas plutôt un parlement avec des pouvoirs, avec en plus de vrais pouvoirs décentralisés qui seraient autant de contrepouvoirs ?

Que’m demandarí s’ei aqueth pretendut ligam personau enter un òmi o ua hemna d’un costat e un pòble de l’aute, o se non seré pas meilèu un parlament dab poders dab, en mei, de vertadèrs poders descentralizats qui serén autant de contrapoders ?

Je m’interrogerais sur cette pathétique bataille de nombrils qui se joue maintenant.

Que m’interrogarí a prepaus d’aquera patetica batalha de melics qui’s jòga adara.

Je me demanderais combien d’entre nous ont le nombril à gauche.   

Que’m pausarí la question de saber quantes de nosautes an lo melic a l’esquèrra.

Je m’interrogerais sur la décentralisation et la possibilité de faire  en sorte que tout ne se décide pas à Paris parmi les quelques milliers de personnes qui se voient comme l’élite de la politique et des médias.

Que’m pausarí questions sus la descentralizacion e la possibilitat de har que tot non sia decidit de París estant, au demiei deus quauques milierats de personas qui creden d’estar l’eleit de la politica e deus mèdias.

Je me demanderais si la démocratie vit bien sur les plateaux de trois ou quatre chaines de télévision et de radio où l’on voit toujours les mêmes poser les mêmes questions aux mêmes candidats ou candidates ou candidats et candidates potentiels.

Que’m demandarí se viu plan la democracia suus platèus de tres o quate canaus de television e de radio, on s’i veden tostemps los medishs a pausar las medishas questions aus medishs candidats, candidatas, o candidats e candidatas potenciaus.

Je me demanderais si la démocratie parlementaire ne serait pas une bonne solution, finalement.

Que’m demandarí se la democracia parlamentària non seré pas ua bona solucion, tot compte hèit.

Je me demanderais comment font ceux qui font vivre la démocratie sans président omnipotent.

Que’m demandarí quin hèn los qui n’an pas de president omnipotent entà har víver la democracia.

Je me demanderais pourquoi je parle si peu d’Europe.

Que’m demandarí perqué parli tan pauc d’Euròpa.

Je me mordrais les doigts d’avoir créé le président sortant.

Que me’n saberé mau d’aver creat lo president sortent.

Si j’étais la gauche, je crois que je choisirais de faire campagne pour une sixième République et une nouvelle constitution.

Estossi l’esquèrra, que credi que causirí de har campanha per ua sheisau Republica e ua navèra constitucion.
Si j’étais la gauche je ferais cela en étant cohérent.

Estossi l’esquèrra que harí  aquò en tot estar coerent.

Si j’étais la gauche je n’irais pas à une élection qui ne vous apprend qu’à dire JE et jamais NOUS.

Estossi l’esquèrra, n’anarí pas a ua eleccion qui vos ensenha sonque a díser JO e jamei NOS.

Si j’étais la gauche, je me souviendrais de 1969 et de son élection présidentielle où la gauche fut…ce qu’elle risque d’être au mois d’avril prochain.

Estossi l’esquèrra, qu’averí en cap lo sovier de 1969 e de l’eleccion presidenciau quan l’esquèrra estó…çò qui poderé estar au mes d’abriu qui vien.

Si j’étais la gauche, et que j’étais cohérent, je refuserais cette dérive institutionnelle et non démocratique et JE NE PRESENTERAIS PAS DE CANDIDAT À CETTE ÉLECTION.

Estossi l’esquèrra e estossi coerent qu’arrefusarí aquera deriva institucionau e non democratica e NON PRESENTARÍ PAS NAT CANDIDAT A AQUESTA ELECCION.

Si j’étais la gauche je ferais de ce refus un acte politique, un programme.

Estossi l’esquèrra que harí d’aqueth arrefús un acte politic, un programa.

Mais je ne suis pas LA GAUCHE… J’essaye juste de faire quelques phrases cohérentes.

Mes non soi pas L’ESQUÈRRA… qu’essagi sonque de har quauques frasas coerentas

David Grosclaude

La presse, les médias : en France ils sont concentrés et centralisés.

Dénoncer la concentration des moyens d’informer entre les mains d’une poignée de propriétaires est indispensable ; mais le centralisme des médias est lui aussi tout aussi nuisible au pluralisme de l’information.

250 journalistes et professionnels de la presse dénoncent dans une tribune (*) la concentration des moyens d’informer (presse écrite, radios, télévisions, numérique…) en France entre les mains de quelques rares personnes, de quelques grandes fortunes.

C’est un sujet important et il n’échappe à personne que c’est un enjeu majeur dans une démocratie. Le droit d’informer et d’être informé de façon équilibrée et juste ainsi que de bénéficier d’une information vérifiée est indispensable en démocratie.

photo Ravzan Socol wikimédias Commons

Le droit de disposer d’une information pluraliste est donc sans aucun doute menacé par la concentration des moyens d’informer entre un petit nombre de mains.

Le journaliste que j’ai été pendant de longues années ne peut que soutenir cette tribune. Cependant j’aurais aimé que ce texte prenne en compte un autre aspect qui me paraît aussi très dangereux pour le pluralisme de l’information. Je veux parler de la concentration géographique des médias, du centralisme médiatique.

Champions du centralisme médiatique

La France est le champion du centralisme politique mais aussi du centralisme médiatique. Il existe très peu de pays où les médias sont concentrés sur un espace géographique aussi réduit. Tout ou presque se trouve à Paris et chaque année la presse dite régionale perd en puissance.

Quant à l’audiovisuel régional (télévisions et radios) il est quasiment inexistant, en tous cas quand il existe, c’est toujours à Paris que se trouve le centre de décision.

La France n’a pas su, ou n’a pas voulu, créer de véritables télévisions régionales de plein exercice. Pas de télévisions hors Paris qui regardent le monde ! L’audiovisuel régional se réduit à n’être qu’une succursale.

Le pluralisme malade du centralisme

La presse quotidienne régionale souffre comme le reste des médias du phénomène de concentration et en plus elle doit vivre dans une ambiance qui fait d’elle une presse subalterne, une presse qui n’est là que pour faire du « régional » et non pour expliquer et regarder le monde. Il faut s’interroger sur les expressions « presse régionale » et « presse nationale ». Il y a de la condescendance dans ces mots. Il est un temps d’ailleurs où pour accéder à la tribune de presse de l’Assemblée Nationale il y avait deux portes : une pour la presse nationale et une autre pour la régionale. C’était écrit ainsi. Curieuse discrimination mais très évocatrice.

Pourtant en Europe les pays où de très grands journaux dits « de référence » ne sont pas dans la capitale politique sont majoritaires (Allemagne, Espagne, Italie…).

Le même constat est à faire pour les télévisions, les radios.

Alors, me direz-vous, quel rapport entre la démocratie, l’information et ce centralisme des médias ?

C’est très simple. La proximité des mondes politique et médiatique (proximité géographique, sociale, parfois familiale et affective) a des conséquences évidentes, visibles. C’est un petit monde très réduit qui occupe les plateaux de télévision, les studios de radio. Il y a parfois des liaisons, des rapports entre ces mondes qui ne correspondent pas à l’idée que l’on peut se faire de l’indépendance de la parole journalistique. 

Qui diffuse et d’où on parle

Le message que l’on transmet peut dépendre parfois de qui vous paye, qui vous édite, qui vous diffuse mais il peut aussi dépendre d’où vous parlez, d’où vous écrivez. Et je fais partie de ceux qui pensent que l’on n’informe pas de la même façon quand on est à Toulouse, Paris, Bordeaux, Barcelone, Munich…Le point de vue n’a d’intérêt que quand il y a DES points de vue, des lieux d’où l’on voit et depuis lesquels on comprend le monde.

La caricature est alors à son comble avec l’élection présidentielle qui s’annonce. Des candidates et des candidats sortis du centre (une présidente de la région, une maire de Paris, un chroniqueur que l’on qualifie de polémiste…) et de ses médias saturent l’espace médiatique. Et ce sont les médias situés sur le kilomètre carré ( ou peut-être deux kilomètres carrés) autour de la Tour Eiffel qui font et défont les débats, les candidats, les sujets qu’il faut commenter.

Le conformisme ennemi du pluralisme

Alors certain diront peut-être que cela n’empêche pas le pluralisme. Je ne le crois pas. Je crois en revanche que cela crée de l’uniformisme, (terme que j’emprunte à dessein à la géologie), pour ne pas dire du conformisme.

Qui pourrait contester le fait que de découper le monde en deux, c’est à dire Paris d’une part et la Province de l’autre, n’aurait pas d’influence sur le message, sa forme, son objectif ? Même si ce sont des mécanismes inconscients ce sont des mécanismes qui jouent un rôle.

La tribune dont je parlais au début, publiée par 250 professionnels des médias dit ceci :  « Bien sûr, les journalistes qui travaillent pour les médias détenus par ces industriels ne subissent pas directement et au quotidien la pression de leurs actionnaires. » J’adhère à cette vision des choses. Je ne crois pas aux journalistes « vendus »  comme certains les dénoncent. La très grande majorité fait son métier en conscience, avec sa culture, ses idées, ses convictions. Mais les mécanismes d’influence sont plus subtils que cela n’y paraît, c’est bien connu ; et pour cette raison les auteurs de la tribune ajoutent avec justesse : « Mais la concentration a un impact majeur sur la qualité et la diversité de l’information délivrée au public. Elle réduit l’espace consacré au décryptage. Elle favorise l’opinion et fragilise la liberté de la presse ainsi que l’indépendance des journalistes ».

Je ne dis rien d’autre concernant la concentration géographique des médias et le centralisme médiatique qui règne en France. Je pourrais paraphraser le texte de la tribune en disant que : « la centralisation a  un impact majeur sur la qualité et la diversité de l’information ».

David Grosclaude

« L’hyperconcentration des médias est un fléau médiatique, social et démocratique » tribune publiée par le journal Le Monde du 15 décembre

Ça va chauffer !

J‘avais envie de dire mon indignation quant à l’opération de propagande ( et d’effacement de la mémoire) qui est en cours depuis quelques mois. Le nucléaire serait LA solution pour la transition énergétique. C’est un grand mensonge. Il arrange ceux qui veulent relancer leurs bénéfices grâce au nucléaire, ceux qui ne veulent pas dire que la réduction des consommations, gaspillages, sur consommations et surgaspillages sont une grande partie de la solution. On veut tout changer…mais en faisant comme avant. Et pourtant il y a eu Chernobyl, Fukushima. Et pourtant on ne sait toujours pas faire autrement que de refiler nos déchets nucléaires aux générations qui suivent et cela dans un vertige historique extraordinaire. Nos ancêtres qui vivaient il y a 10 000 ans nous ont laissé que peu de choses ; nous en avons rempli quelques musées. Que nos descendants se rassurent l’héritage que nous leur ferons sera bien plus conséquent et embarassant et encore pire si l’on relance la construction de réacteurs nucléaires.

Jean Luc Landi, dont je connais l’engagement depuis des années, m’a envoyé la lettre qu’il a rédigée à l’adresse d’un président de la République qui dit, plus souvent qu’il ne conviendrait « Je » et « J’AI décidé».

Plutôt de réécrire un article sur le sujet je publie cette lettre qui résume bien le problème auquel nous sommes confrontés.

Bonne lecture

David Grosclaude

            Ainsi donc, not’bon maîtr’ a décidé. Le président Macron ne voit pas d’autres solutions que de relancer le nucléaire civil (Quid du nucléaire militaire ? Mais peut-être que les deux vont ensemble !). La justification serait que c’est le seul moyen d’entrer dans « l’ère de la décarbonation ». Pendant un siècle, on nous a « convaincus » que liberté (de circuler), consommation et progrès passaient par l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz, en taisant les études qui montraient que les émissions dues à la combustion des énergies fossiles amplifieraient le fameux effet de serre.

La centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Le Morvandiau, wikimédia commons)

            Comme il devient difficile de nier le lien entre utilisation de l’énergie fossile et réchauffement climatique, le Président de la République, ainsi qu’une grande partie de la classe politique, et quelques lobbies ayant intérêt (à court terme !) à la relance du nucléaire, tout ce beau monde veut nous engager dans la course aux réacteurs (EPR, puis réacteurs « de poche »). Les mêmes qui ont favorisé l’exploitation des énergies fossiles, à outrance, plaident maintenant pour la gentille énergie décarbonée que serait le nucléaire. Comment faire confiance à ces opportunistes à courte vue ?

            M. Macron, où est le débat, éclairé, sur ce que signifie la relance du nucléaire ? Débat qui n’a jamais eu lieu en France, même pas au début des programmes de De Gaulle (bombe) ou de Giscard (centrales électriques). Soit on a considéré que les citoyens étaient, et sont toujours, trop ignares pour se faire une idée, soit il y a des choses à cacher.

            Si l’on se fie aux déclarations récentes d’éminents personnages politiques, on redécouvre les inconditionnels du nucléaire comme les membres de LR et une bonne partie de LREM, les repentis (communistes et RN), les hésitants (PS) et les opposants à toute relance (EELV et LFI). Est-ce que les communistes seraient sous la pression de certains syndicats d’EDF et autres acteurs du nucléaire ?

            Concernant les lobbies, en dehors des entreprises directement chargées du développement de la filière du nucléaire civil, on peut penser que les constructeurs, marchands de béton, mais aussi l’industrie militaire ont beaucoup à gagner dans cette relance. Et comment ne pas imaginer l’effet d’aubaine pour les élus qui plaident pour la nucléarisation de leur territoire (voir les déclarations de M. Bertrand qui, probablement, viendra habiter au pied des centrales qu’il appelle de ses vœux!). Ils pourront se payer tous les aménagements qu’ils voudront avec les retombées (fiscales) des installations nucléaires, en attendant d’autre retombées moins sympathiques.

            Si le génie français pose comme principe que la relance du nucléaire peut nous sortir de l’incertitude concernant l’approvisionnement en énergie, il faut considérer que cela doit pouvoir s’appliquer à toute la planète.

            Faisons un calcul simple. Nous avons actuellement 56 réacteurs regroupés dans 18 centrales qui fournissent environ 70 % de l’électricité consommée en France. La population française représente moins d’un centième de la population mondiale. Ainsi, si nous transposons le modèle français à la planète, cela nécessiterait l’existence plus de 5 600 réacteurs répartis sur le globe au prorata des populations… Actuellement environ 450 réacteurs sont en activité dans le monde. Et nous, nous sommes déjà les champions de la concentration de réacteurs en rapport avec le nombre d’habitants. Nous faisons mieux que les États-Unis avec leurs 100 réacteurs pour 5 fois plus d’habitants…

            Alors, allons-nous proposer notre  french way of life à tous les peuples en manque d’électricité ? D’une certaine manière oui, mais sans projet précis ni SAV garanti. Car le destin de la filière française est lié à l’espoir de vente de notre camelote de haute technologie (surgénérateurs ? EPR finlandais ? Flamanville ? mini-réacteurs ?) à l’étranger.

            Mais il ne suffit pas de vendre une centrale sur le papier, il faut en garantir la construction, la livraison, l’exploitation, la maintenance, puis envisager le démantèlement. Est-ce que tout cela est chiffré et programmé ?

            D’autre part, est-ce que n’importe quel état peut garantir à 100 % la sécurité de l’exploitation d’une centrale nucléaire durant 30, 40, 50, 60 ans ? Non. Est-ce qu’un état non démocratique se soumettra à une agence internationale d’inspection de ses installations nucléaires ? (Corée du Nord, Iran, Russie, Chine, Pakistan… ?) Pas sûr. Est-ce que les états proclamés démocratiques, aujourd’hui, sont transparents sur leurs installations ? (Inde, États-Unis, France, Grande-Bretagne… ?) Pas sûr.

            Alors, il y aura des états dignes de posséder des centrales et d’autres indignes, comme c’est le cas pour l’armement nucléaire ?

            M. Macron et autres pro-nucléaires, votre choix ressemble plus à une fuite en avant qu’à une décision pensée, pesée et inscrite dans l’avenir. Nous parlons d’une technologie mal maîtrisée et difficilement maîtrisable (cf. Tchernobyl et Fukushima pour les accidents les plus spectaculaires) dont les conséquences, en cas de grave défaillance, défient l’imagination.

            – Pouvez-vous donner un exemple de démantèlement achevé d’une installation nucléaire où il n’y a plus de risque radioactif ? Si oui, combien cela a-t-il coûté ? Et combien cela a-t-il pris de temps ?

            – Pouvez-vous garantir l’élimination des déchets, sans conséquences sur l’environnement et la santé des personnes ? à Bure ???

            – Pouvez-vous garantir l’exploitation et la maintenance de toutes les centrales, avec risque zéro ? Non, pardon pour la question, personne ne le peut.

            – Avons-nous assez d’uranium sur notre territoire ou bien dépendons-nous d’un autre état pour l’approvisionnement ? A quel prix ?

            – Connaissez-vous les conditions dans lesquelles on procède à la surveillance et à la maintenance de certaines parties des centrales avec sous-traitance systématique et perte du savoir-faire ? Il y a eu des enquêtes et des témoignages spontanés recueillis auprès de « nettoyeurs ».

            – Y aura-t-il assez d’eau dans 5 ans, 10 ans, 20 ans, 40 ans pour refroidir les centrales ?

            – Si ce n’est pas pour une raison naturelle ou accidentelle (sécheresse, inondation, incendie, séisme, mouvement de terrain, chute d’aéronef…) qu’un désastre sera causé, ce pourrait être par volonté destructrice des hommes (attentat, conflit armé localisé, guerre continentale). En cas de désastre, comment garantirez-vous la protection des populations et comment envisagez-vous l’exode de millions de personnes fuyant les zones contaminées ?

            – Avez-vous visité Tchernobyl ou Fukushima ? Si oui, qu’en pensez-vous ?

            – Imaginez-vous, Bordeaux, Toulouse ou Paris inhabitables pour des centaines ou des milliers d’années ?

            – Imaginez-vous l’effet de sidération, de panique et les angoisses qui surgiront après la catastrophe ? Continuerez-vous alors d’exploiter ce qui restera de réacteurs, même contre l’avis des populations, en militarisant toutes les zones nucléarisées ? Ou bien déciderez-vous de tout arrêter en sachant qu’il faudra démanteler les centrales pendant des décennies ? Avez-vous chiffré cela ?

            Vous hypothéquez, avec une certaine arrogance (ou est-ce de l’inconscience ?), notre avenir et surtout celui de nos enfants. Ayez le courage de vous opposer aux petits docteurs Folamour du nucléaire civil et militaire qui vous conseillent et surtout ayez de l’imagination. Vous en manquez cruellement.

            Je ne connais pas l’œuvre de Paul Ricœur, que vous avez côtoyé, mais demandez-vous ce que le philosophe aurait pensé de tout cela.

            Vous pardonnerez, j’espère, les passages quelque peu insolents mais ils sont à la mesure de ma colère et de mon désarroi.

                       Salutations respectueuses.

                                   Un citoyen qui essaie de se projeter dans l’avenir.

                                                                                                         J-L LANDI

Et tout redevi(e)nt comme avant !

Et tout redevient comme avant !

Mais avant ce n’était ni bien ni mieux.

La pandémie de Coronavirus et surtout le premier confinement semblait avoir fait prendre conscience d’un certain nombre de fragilités de notre société et avait donné l’impression que les priorités ne seraient plus jamais les mêmes après la crise que ce qu’elles étaient avant.  Le « monde d’après » comme l’on disait, serait différent.

Force est de constater qu’il n’est en rien différent et qu’au contraire tout redevient comme avant et encore plus, si l’on pouvait le dire ainsi.  

Les instruments de mesure du bien-être n’ont pas changé et pourtant nous nous étions bien promis de ne plus faire les erreurs du passé.

Chacun disait avoir pris conscience, à la suite des confinements, que « l’avoir » était moins important que « l’être ».

Pourtant la croissance comme seul et unique élément de mesure de ce bien-être est revenue en force. Depuis quelques mois par exemple, l’idée d’un monde identique au précédent mais électrique au lieu d’être pétrolier, est l’idéologie à la mode.

Cela annonce le retour en force de la consommation de masse, du gaspillage énergétique entre autres. De la voiture à moteur thermique nous passerions sans difficulté à la voiture électrique et le tour serait joué. Jamais une telle propagande n’a été aussi forte, soutenue par des messages ainsi que par des aides financières n’ayant d’autre but que la remise sur les rails d’une industrie automobile en perte de vitesse.

Choisir la bonne voie

Ainsi on laisse croire que 9 milliards d’humains sur la planète demain, pourront allègrement reproduire la vie des six milliards d’hier, rien que par le miracle de l’électricité. C’est un leurre. Nous devons clairement dire que la civilisation de l’automobile telle que nous l’avons connue depuis 50 ans est morte et qu’elle ne peut être recopiée, même sous une forme électrique. Ce n’est pas un modèle viable. La question des déchets, du bilan carbone, du recyclage et de la ressource en matières premières reste posée, et cela de façon plus aigüe après la crise sanitaire qu’avant.

Nous devons inventer un autre modèle, basé sur la sobriété, la recherche du mieux et pas du plus.

    La version enthousiaste et même naïve de la sortie de crise que l’on nous sert aujourd’hui ramène sur le devant de la scène des thèmes extrêmement sérieux tel celui de la prolongation du nucléaire. Pourtant les deux épisodes catastrophiques que sont Tchernobyl et Fukushima ne sont pas réglés à ce jour. A l’échèlle de l’histoire de l’humanité ils ont eu lieu hier et ne sont donc pas de l’histoire ancienne. Les tonnes de matériaux radioactifs dorment sous leur fragile sarcophage à Tchernobyl et des millions de mètres cube d’eau contaminée attendent une solution au Japon. Cela n’empêche pas les tenants de cette industrie de tout faire pour dire que sans nucléaire on ne pourra pas lutter contre le changement du climat. C’est faux. D’autres schémas existent.

Le nucléaire est un choix politique avant tout, un choix très lucratif aussi pour certains. Il participe à renvoyer dans le futur des problèmes pour lesquels nous n’avons pas la moindre solution (déchets) et à faire peser sur le présent un risque que nous pouvons évaluer mais que l’on cache, ou que l’on veut oublier.  

De la même façon l’idée selon laquelle le e-commerce serait la panacée est un leurre. La frénésie de consommation peut être camouflée pendant quelques mois par cette nouvelle façon de consommer mais elle ne tardera pas à faire reapparaitre des problèmes connus et à faire apparaître des problèmes sociaux et environnementaux graves (salaires des travailleurs, circulation incontrôlée de marchandises, bilan carbone catastrophique, etc.).

D’autres thèmes méritent d’être traités en cette sortie de crise mais ils ne sont malheureusement pas dans les préoccupations de nos dirigeants, obsédés qu’ils sont par leur campagne présidentielle.

Quelques exemples parmi d’autres :

—la crise sanitaire et sa gestion nous ont montré les limites du système centralisé à la française ;

—le télétravail vendu comme une panacée pose un certain nombre de problèmes qui ne sont pas résolus ;

—l’éducation et l’enseignement par le numérique a donné des idées afin de réduire les moyens donnés à l’éducation et afin de réduire la place de l’humain dans la transmission des savoirs.

Le monde d’après

Le monde d’après, vu de cette façon, est un monde plus inégalitaire que celui d’avant. D’ailleurs durant la crise la richesse s’est concentrée encore un peu plus sur un nombre plus réduit de personnes et de pays.

De façon plus locale on constate en Occitanie (et dans d’autres régions) que cette sortie de crise apporte une autre crise : celle du logement. Le confinement a donné des envies d’achat de résidences secondaires à la partie la plus aisée de la population dans des zones qui sont déjà en situation immobilière tendue.

Il en résulte une difficulté de plus en plus grande de logement pour les jeunes et ceux qui ont de bas salaires. C’est sans parler du développement des pratiques de location touristique par des particuliers, location échappant à tout contrôle et à toute fiscalité.

Ce sera mieux demain…si on le décide

    Une sortie de crise en se grisant d’une liberté retrouvée qui nous permettrait de goûter à nouveau aux plaisirs de l’hyper-consommation est une façon de se voiler la face. C’est un choix politique que nous ne partageons pas. Nos gouvernants semblent se contenter de cette situation parce qu’elle peut assurer leur réelection.

Il apparaît surtout qu’ils ne savent pas ou ne veulent pas apprendre à faire autrement.

Tout est reparti comme avant.

Le « c’était bien avant ! » n’est pas loin du « c’était mieux avant ! » dont on connaît les limites.

Cette attitude ne laisse rien présager de bon. C’est un constat que nous faisons. Très peu de leçons ont été tirées de la crise sanitaire qui semble se terminer. Les déclarations selon lesquelles nous aurions tous pris conscience de la crise écologique qui ne fait que comencer ne semblent pas avoir beaucoup de valeur. Il manque des actes et une volonté politique.

Les messages envoyés depuis près de trois ans par plusieurs groupes sociaux, de façon diverse et variée, ne sont pas entendus. Ces messages vont de l’abstention aux élections en passant par les manifestations de rue et jusqu’au refuge dans les théories complotistes. Certes les trois ne sont pas de même nature mais ils expriment un malaise.

Ce malaise crée une situation très favorable au développement d’idéologies simplistes, au repli identitaire nationaliste, au racisme, à l’égoïsme.    

Lo monde a cambiat, mas nosautres, qué volèm cambiar ?

Al cap de quasi doas annadas d’una situacion sanitària problematica e paralizanta, nos trobam a la pòrta d’un periòde electorau qu’es important per nosautres e per totas las occitanas e los occitans.

  • Sabèm que las grandas questions ecologicas poiràn èstre resolvudas sonque en tornant lo poder als territòris nòstres, amb una preocupacion de proximitat entre los que decidisson e los que vivon las decisions al quotidian.
  • Sabèm que salvarem pas la diversitat biologica sens salvar la diversitat lingüistica e culturala.

Lo monde a cambiat. Aquò es pas novèl per nosautres, mas pauc a pauc la societat a pres consciéncia de l’enjòc que representa lo cambiament climatic e la luta que cal menar per s’i acarar.

Aquela luta se pòt pas menar en justificant per l’urgéncia, o las pretendudas  urgéncias qu’espelisson en diferents domènis, de mandar a las escobilhas totas las procupacions que son las nòstras : culturalas, lingüisticas, politicas e socialas.  

Es donc del territòri occitan estant que devèm prendre en compte aquela question.

  1. Nòstre territòri serà, e o es dejà, particularament tocat per aquel cambiament.

—Las zònas de montanhas coneisseràn de cambiaments importants qu’auràn de consequéncias economicas, socialas, demograficas e ecologicas. De reconversions son obligatòrias e devon èstre preparadas.

La question de l’aiga serà centrala per las annadas que venon e nos devèm preparar a pensar una reparticion e una gestion justa e inteligenta d’aquela riquesa.

Lo torisme tanben aurà de prendre una orientacion novèla

L’agricultura de montanha serà impactada.

—Lo climat en Occitània cambiarà e portarà de causas novèlas coma una obligacion de reconversion de l’agricultura de plana.

Lo passatge a una agricultura respectuosa de l’environament es ara una causa que far consènsus. Es çò que disèm dempuèi de temps ; ara i sèm.

Calrà modificar las culturas, las produccions e evidentament anar encara mai luènh dins la transformacion sus plaça d’aquelas produccions.

Los circuits bracs son tanben ara plebiscitats. Es una de la possibilitats per tornar territorializar l’economia. Es una autra faiçon de dire : « volèm viure e trabalhar al país ». Nòstre biais de consumir es d’ara enlà remés en causa. Cal anar mai luenh, apregondir aquela via.

Lo cambiament climatic es tanben una rason mai per remetre en causas una forma d’urbanisme qu’a artificializat fòrças susfàcias e que ven aumentar los risques d’inondacions e autras catastròfas d’aquesta natura.

—La demografia es un enjòc. Podèm pas daissar lo territòri occitan se cambiar en una zòna que, en mai de vielhir, seriá una zòna de residéncia pels sols retirats aisiats e amonedats de l’Euròpa, que vendrián per i acabar lor vida. Es un fenomèn qu’a de consequéncias socialas ( dificultats pel joves per trobar un lotjament per exemple) mas tanben de consequéncias politicas e culturalas.

L’amainatjament del territòri es tanben un enjòc. Tornar donar una vida a de vilas mejanas que se morisson es un desfís màger. Aquò se fa per una politica que torna territorializar l’economia segur, mas tanben que permet als estatjants dels territòris d’aver de servicis publics de qualitat. Es tota la question de la ruralitat e de la mièja-ruralitat. Aquela ruralitat dèu èstre vista de faiçon modèrna en prenent en compte las questions d’amainatjament (transpòrts, energia, lòcs de formacion, servicis au public, comèrci etc…) e de biais de produsir, de trabalhar e de consumir.

Devèm prepausar de responsas a aquelas questions mas per aquò far, o sabèm, cal que nòstres territòris ajan un minimum de poder de decision en matèria politica, sociala, economica, culturala e fiscala.

  • Per totas aquelas rasons podèm sonque constatar que, a l’ora que parlam, la luta contra lo cambiament climatic e la destruccion dels espacis naturals, se fa, en cò nòstre, dins un contèxte de recentralizacion. Es donc impossible de poder menar correctament aquel combat vital contra l’escaloriment climatic.

Totas las decisions pòdon pas venir del centre qu’es incapable de prendre de decisons diferenciadas. Es evident en matèria d’energia, d’agricultura, d’urbanisme e de transpòrts.

L’afortiment del centralisme es pas solament una question que pertòca las institucions e lo domèni politic, mas tòca tanben lo domèni dels transpòrts( reactivacion de la politica de TGV costosa e inutila per exemple). La reactivacion de l’ideologia nucleara, las mesuras insufisentas dens lo domeni de las energias novèlas e la mesa en plaça d’un sistèma qu’es copiat sus l’ancian es un perilh ; que los profièits del solelh o del vent per exemple o de l’idroelectricitat anen pas de faiçon justa tanben a las regions « productoras » mas a de grandas enterpresas o pel sol profieit de regions ja desvolopadas, mòstra plan que las leçons de ger son pas plan compresas.

Nosautres pensam tanben que la sobrietat serà la clau primièra. Voler tornar far l’ancian monde mas en electric es pas possible. Es una engana.

La reflexion suls transpòrts collectius per donar una vertadièra alternativa a l’automobila es indispensabla. Es una reflexion que cal menar tanben per las zònas ont uei l’automobila es indispensabla (zònas ruralas o sens infraestructuras).

Cal reabilitar mai de linhas de trins que foguèron abandonadas e se cal ne cal crear de novèlas. Cal desvolopar los trams/trins per los espacis mieg-rurals o mieg-urbans.

  • Lo centralisme politic s’afortís. Es una vertadièra ataca contra la democracia. Segur s’agís pas de denegar que i aguèt una vertadièra crisi sanitària qu’èra pas de bon gerir ; mas cadun a vist que lo centralisme de las decisions e de la gestion d’aquela crisi aviá pas portat en eficacitat, al contrari.

De mai, de crisi en crisi, o de pretendudas crisis en pretendudas crisis còps que i a, vesèm que lo poder d’Estat respon per una mena d’urgéncia permanenta, que siá dins lo domèni de la securitat, dens lo domèni sanitari o per las questions ligadas a las migracions. Las leis especialas dictadas per lo poder central a un Parlament redusit a un lòc per enregistrar las decisions, s’amolonan. E sovent son de leis que s’aplican pas o que venon dire çò qu’una lei anciana aviá ja dit. Es de comunicacion. Los elegits locals son despoderats e l’administracion centrala ganha cada jorn mai de pes.

Las collectivitats pèrdon de pes budgetari e vivon de « dotacions » de l’Estat donc de la benvoléncia de l’Estat e d’un chantatge que pòt èstre ligat a aquel sistèma.

La fiscalitat locala o regionala existís quasi pas mai.

Las libertats son atacadas per aquel retorn del centralisme e per aquela situacion d’urgéncia permanenta qu’es venguda un biais de governar. S’agís sovent de crear un sentiment de paur e d’insecuritat per que los ciutadans se daissen menar. L’extrema dreta o a plan comprés e se desvolopa sus aquel terrenh amb una granda facilitat.

Los ciutadans an daissat de votar. La politica es considerada coma un gran concors de messorgas. Sus aquò las ideologias mai escuranhosas se pòdon far una plaça (complotisme, paurs injustificadas, credença en una luta entre civilizacions, etc…)

Lo resultat es que son los mai paures e los mai fragiles que patisson. La crisi que ven de se debanar o mòstra. La riquesa es de mai en mai dins las mans de mens de personas. Las inegalitats son mai grandas que fa dètz o vint ans.

La crisi ecologica costarà car als paures mentre que los mai rics se’n poiràn sortir. Pasmens respiram un aire comun e vivèm sul meteis planeta.

Volèm una vertadièra revolucion del poder. La descentralizacion dèu èstre audaciosa. Las collectivitats devon dispausar de poders.

L’Estat pretendiá simplificar las causas amb la reforma de las regions mas las a complicadas.

En realitat es lo centralisme qu’es de mal comprendre, qu’es tròp complèxe. De mai, tira lo poder de las mans de las populacions al profieit d’una administracion centrala mai que mai potenta.

Se cal donar de pròvas mai del refortiment del centralisme, podèm anar dins de domènis autres que çò politic. Lo monde mediatic francés es ara ipercentralizat ; la premsa regionala a perdut son influéncia e l’audiovisual regional existís pas en França, quand lo comparam amb la rèsta de l’Euròpa. Los debats se fan entre dos o tres canals de television que son a París. Son  aqueles que « fabrican » de candidats a la presidenciala

Tanben, dins de domènis que pòdon semblar consensuals, lo centralisme es a l’òbra. Los jòcs olimpics de 2024 de Paris seràn per exemple un còp de mai un gran moment de desequilibri en investiments entre regions e París.

Los exemples com aqueste se poirián multiplicar.

  • Nòstra identitat es denegada, coma la de fòrça territòris. Sufís de veire la situacion de nòstra lenga qu’es ara illegalizada. Segur avèm lo dret de la  parlar mas las ajudas que receb son mai que magrinèlas e pietadosas. Quand los deputats vòtan una lei per donar lo dret a nòstra lenga de s’ensenhar corrèctament (lei Molac e ensenhament per immersion) es lo Conselh Constitucional que denega als deputats lo dret de votar una lei que reconeis la dignitat d’un ensenhament eficaç de l’occitan e de las autras lengas de França.

Nos trobam ara dins una situacion de menaça permanenta per la lenga occitana. L’article 2 de la Constitucion servís d’arma absoluda per empachar tota evolucion linguistica en França.