Une république monarchique difficile à gouverner

David Grosclaude : secretari deu Partit Occitan

(Article rédigé pour des lecteurs hors État français )

Le résultat des élections législatives rend la France difficile à gouverner. Avec des institutions hyper centralisées et une constitution quasi monarchique, le pays se demande comment il va gérer le résultat des élections législatives.

Les élections législatives, six semaines après l’élection présidentielle, sont une défaite pour E.Macron. C’est aussi une victoire innattendue pour l’extrême droite qui fait élire 89 députés. Le président de la République n’aura pas de majorité absolue et devra composer avec d’autres partis. Mais avec qui, et de quelle façon ?

L’Assemblée Nationale a été renouvelée…pour combien de temps ? (Photo DG)

Les institutions de la Vème République ne sont pas prévues pour gérer ce type d’équilibre politique.

Mais finalement ces élections donnent un résultat qui ressemble aux résultats du premier tour de la présidentielle. La gauche fait un score qui lui permet d’avoir un peu plus de 130 députés.

La droite dite « classique » qui est divisée et affaiblie viendra-telle à l’aide du président de la République qui n’a que 245 députés alors qu’il en faut 289 pour avoir la majorité  absolue ?

Il faudra peut-être aller chercher des solutions en regardant ce qui se passe en Allemagne, en Italie ou en Espagne ou dans d’autres pays qui donnent au Parlement une place première. Mais ce n’est pas le cas de l’Etat français. Et c’est bien là que réside la difficulté.

On ne peut que s’étonner de voir aujourd’hui les médias français présenter les systèmes parlementaires (majoritaires en Europe) comme une solution qui serait l’avenir pour la France. En clair on est en train de découvrir en France que l’on peut faire de la politique sans monarque et avec des compromis et des accords de gouvernement entre des gens différents !  

Quelle étrange République en effet que celle qui, en France, semble nostalgique d’une époque monarchique ! Le roman national que certains brandissent, résonne pourtant de cette décision de couper la tête d’un roi et d’une reine ! Mais il est aussi plein de cette fierté d’avoir eu un Napoléon 1er dont le souvenir est souvent douloureux dans l’histoire des habitants de l’Etat français et de ceux des autres pays d’Europe. Faut-il faire appel à tout cela pour comprendre le présent ?

Depuis 1958, date à laquelle fut instaurée la cinquième République par le général De Gaulle, dans des conditions bien particulières (1), tout a été fait pour que cette République devienne monarchique, c’est à dire pour que le président de la République ressemble à un roi et rassemble les pouvoirs d’un monarque absolu. Elu au départ pour sept ans, c’est dans les années 2000 que le mandat, du président a été réduit à cinq ans, permettant ainsi de faire coincider l’élection présidentielle avec celle des députés (2).

Les électeurs sont donc, depuis 2002,  invités « à donner » une majorité au président de la République. Ils ne l’ont pas fait cette fois ci.

Dévalorisation du gouvernement

Le présidentialisme monarchique  n’a fait que dévaloriser le rôle de l’Assemblée Nationale et du Parlement en général, c’est à dire députés et sénateurs. Cette dérive présidentialiste et monarchique s’est accompagnée d’une dévalorisation du rôle du premier ministre et de son gouvernement.

Si la Constitution de 1958 dit que le président est garant des institutions, elle précise bien que c’est le premier ministre qui gouverne. Le président devrait jouer un rôle plus élevé, plus arbitral. Sa parole devrait être plus rare et il pourrait ainsi se consacrer à ce qui est une de ses prérogatives, son terrain privilégié, à savoir les questions de politique étrangère.

Pourtant  le président se mêle de tout et c’est vers lui que se tournent les citoyens, les syndicats, les divers mouvements sociaux, dès qu’apparaît un problème. C’est sa parole qui compte et pas celle de son premier ministre.

Nicolas Sarkozy qualifiait lui-même son premier ministre de « collaborateur ». François Hollande et Emmanuel Macron n’ont pas fait autre chose. Le président est désormais partout et il décide de tout. Le gouvernement obéït aux  injonctions du président.

Le rôle des députés est lui aussi très réduit. Un président de l’Assemblée Nationale ne saurait être élu sans l’aval du président de la République. La capacité d’initiative des députés est faible et toute opposition de leur part à la volonté du chef de l’État est souvent complexe et risquée. La majorité est soumise.

La dérive monarchique ne date certes pas des années 2000. La période Mitterrand fut aussi très monarchique. Bien qu’ayant dénoncé lui-même la constitution voulue par le général De Gaulle, François Mitterrand (3) profita au maximum des pouvoirs démesurés qui sont entre les mains d’un président à la française.

Des élections dévalorisées

Dans ces conditions on comprend que les élections législatives ne soient plus un véritable enjeu. Tout a été fait pour que les électeurs considèrent l’élection présidentielle comme la seule qui soit intéressante. La « mère de toutes les élections » comme disent certains.  Donc la participation baisse à chacune des élections, qu’elles soient régionales, législatives ou européennes. Seules les municipales résistent un peu mieux à l’effritement mais pour combien de temps ? Les députés qui ont été élus le 19 juin le sont par seulement 48% des électeurs.

Après la réélection de E.Macron il y a quelques semaines, le constat est simple.  La participation des électeurs est en baisse aussi. Il a donc été réélu par une minorité des électeurs inscrits, parfois par des gens qui ont voté contre Marine Le Pen et non pas pour le programme présenté par le président sortant.

Le tableau à la sortie de la présidentielle était inquiétant. Un tiers de l’électorat avait voté Macron, un tiers pour l’extrême droite et un tiers pour une gauche éclatée.

Jean Luc Mélenchon chef d’une gauche très jacobine, avait lancé un appel, totalement paradoxal et incongru au vu des institutions, celui de « l’élire premier ministre »(4). Il n’y est pas parvenu.

De toute façon la faible participation des électeurs à ce scrutin  (uninominal à deux tours) montre leur désintérêt pour les députés. Les jeunes ne sont pas allés voter, quant aux autres ils ont donné une majorité relative au président de la République. Il ne pourra donc pas faire ce qu’il souhaite.

Le système électoral français,  qui ignore la proportionnelle pratiquée dans la plupart des pays démocratiques de l’Union européenne, est sur une voie suicidaire. On se plaint du désintérêt des électeurs pour le vote mais en même temps tout est fait pour le dévaloriser.

Il y a longtemps que les élections régionales par exemple  ont perdu de l’intérêt en raison de l’absence de pouvoirs pour les régions. Le centralisme à la française c’est « café para todos » comme on dit en Espagne à propos des autonomies mais il faudrait ajouter qu’en France c’est : « descafeïnado y sin azúcar ».

 Les élections européennes sont dévalorisées aussi ainsi que les élections départementales. Quant aux municipales elles ne tarderont pas à suivre la même voie tellement le centralisme pèse sur les pouvoirs locaux. Les communes, les départements , les régions ne disposent plus de ressources fiscales propres. C’est l’État central qui alimente leurs budgets, d’ailleurs de plus en plus maigres, et qui réduit leurs pouvoirs (5).

Centralisme étouffant

Dans ces conditions l’émergence de partis autonomistes est rendue très difficile en dehors de situtions particulières comme la Corse où l’insularité et la radicalité ont obligé l’État à la mise en place d’un statut spécial. Mais cela n’empêche pas le pouvoir central de faire montre de son mépris pour les élus corses. Trois députés nationalistes (sur quatre)  ont été réélus en Corse. Ailleurs on note l’élection du député breton Paul Molac ainsi que l’élection de députés autonomistes et indépendantistes dans les régions d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Polynésie).

Quant aux autres régions on peut constater la difficulté à se faire entendre. Le Pays-Basque, dans l’Etat français,  n’a obtenu que le droit de constituer une communauté d’agglomération, c’est à dire le minimum vital.

Partout ailleurs c’est une misère politique et budgétaire pour les régions.

Le mépris atteint son maximum lorsqu’il s’agit de la question linguistique. Que ce soit Macron, Le Pen ou Mélenchon, le refus de toute reconnaissance de la diversité linguistique et des droits des langues est permanent.

Il faut ajouter à cela un centralisme qui n’est pas que politique. Tout le système fonctionne sur le même modèle. Le centralisme est étouffant dans le domaine éducatif, dans le domaine des transports. Il l’est aussi dans celui des médias puisque l’audiovisuel public est inexistant dans les régions ou presque ( il n’existe aucune télévision régionale à l’image des télévisions autonomiques de l’Etat espagnol par exemple)  et les médias privés puissants sont tous installés à Paris, faisant perdre régulièrement de l’influence à ce qui reste de journaux quotidiens non parisiens. On ne doit pas sous estimer ce centralisme médiatique qui forme des citoyens à ne voir de valeur que dans ce qui vient de Paris. Il n’y a donc pas de contrepouvoirs régionaux en France. Et cela va jusqu’à oblitérer la création d’une élite politique qui ne serait pas inféodée à Paris

1)La crise créée par la guerre d’Algérie a accéléré la chute de la IV ème République

2)Les deux mandats sont maintenant de cinq ans, donc les députés sont élus quelques semaines après le président de la République.

3)Il publia en 1964 un livre dénonçant le pouvoir personnel du président de la République : « le coup d’Etat permanent » .

4)Son objectif étant de disposer d’une majorité à l’Assemblée et d’obliger ainsi le président de République à le nommer premier ministre. Le terme « élire » était donc détourné de son sens.

5)Le pouvoir des régions est quasi nul, leurs moyens budgétaires sont très faibles comparés à la plupart des pays d’Europe. Par exemple le budget de la Région Nouvelle Aquitaine (plus de 5 millions d’habitants) est de 3,3 milliards d’euros contre 12,4 milliards pour la communauté autonome d’Euskadi (2,2 millions d’habitants)

Progression des autonomistes

Trois députés nationalistes (sur quatre) ont été réélus en Corse. Ailleurs on note l’élection du député breton Paul Molac, très actif sur la question linguistique. Ces quatre députés sont membres de la coalition Régions et Peuples Solidaires qui regroupe des partis autonomistes de Corse, d’Alsace, d’Occitanie, du Pays-Basque, de Bretagne, de Catalogne et de Savoie.

Même si le nombre de députés autonomistes dans l’hexagone n’augmente pas, lors du premier tour de ces élections législatives les partis de RPS ont progressé de 16% en voix par rapport aux précédentes élections.

Les partis de RPS présentaient en tout 93 candidats. Jamais RPS n’en avait présenté autant jusqu’à ce jour. Ils ont réuni au premier tour de l’élection plus de 160 000 votes. ( l’élection est au suffrage uninominal à deux tours).

Régions et Peuples Solidaires est donc représenté à l’Assemblée Nationale et a aidé à la création d’un groupe de députés « Libertés et Territoires » Ce groupe devrait se reconstituer dans la nouvelle assemblée.

Il faut noter aussi l’élection de plusieurs députés autonomistes et indépendantistes dans les régions d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Polynésie). On saura dans les jours qui viennent s’il rejoignent le groupe « Libertés et Territoires ».

Inquiétude pour l’Europe et la diversité linguistique

L’arrivée de 90 députés de l’extrême droite ne présage rien de bon pour l’attitude de la France vis-à-vis de l’Europe. On connaît les positions très peu favorables à l’Europe du Rassemblement National et ses convergences avec Salvini, Orban et autres leaders populistes.

La position des élus de la France Insoumise à gauche est aussi une position très peu favorable à l’Europe. Il sont sur une ligne pluôt souverainiste.

Certes tous se défendent de vouloir la mort de l’Union européenne mais ils n’auront de cesse d’en réduire l’influence ou de tenter de le faire.

Il faut aussi noter que ces deux partis sont un apport supplémentaire aux adversaires des langues dites régionales. On connaît la position du président de la République sur le sujet. C’est son parti et son ministre de l’Education qui ont empêché l’application de la loi portée par le député RPS Molac, pourtant votée par les députés à une très large majorité, il y a un peu plus d’un an.

Démocratie, écologie, territoires /Democracia, ecologia, territòris

Voici les propositions résumées de ce que défendent aujourd’hui les candidats occitanistes dans ces élections législatives.

Que trobaratz aquí dètz proposicions resumidas defendudas peus candiadats occitanistas a las eleccions legislativas

Pour une démocratie dynamique/ Ua democracia dinamica e viva

Notre démocratie est malade. Elle se doit de respecter l’ensemble des citoyens, leur rendre le pouvoir. Ce que nous voulons : le Référendum d’Initiative Populaire, le scrutin proportionnel et territorialisé, la reconnaissance du vote blanc, le référendum révocatoire, une vraie égalité homme-femme, plus aucune discrimination.

La proximité c’est l’efficacité/ la proximitat qu’ei tanben l’eficacitat

Le pouvoir centralisé nie la diversité, il aggrave même les inégalités. Nous devons pouvoir décider collectivement depuis et pour nos territoires. Décentraliser est une urgence. Des collectivités adaptées, dotées des moyens d’agir directement avec et en faveur de ses habitants c’est plus de justice sociale, plus d’efficacité. Les services publics y ont leur rôle.

      Vivre dans la dignité/ Lo dret de víver dignament

Toujours aux mêmes de se serrer la ceinture, de s’angoisser à chaque accident de la vie. Les chèques occasionnels octroyés par l’Etat en temps de crise ne sont pas la solution. Une répartition digne et respectueuse des richesses par la revalorisation des bas salaires, des pensions de retraite et des minimas sociaux est indispensable. C’est cela une société durable.

La santé partout et pour tous/ La santat pertot e per totas e tots

La santé n’est pas une marchandise.  Les déserts médicaux doivent disparaitre, l’accès au service public de santé doit être garanti partout. Le système doit être repensé : formation, recrutement, qualité de l’exercice, répartition des compétences, rémunération. Les EHPAD à but lucratif n’ont pas leur place dans notre société. Là aussi il faut repenser un système à la dérive. La dignité de la population âgée n’est pas négociable.

L’énergie : innovation et économie / Energia : cau innovar e estauviar

Pour le climat investissons dans les énergies renouvelables (éoliennes, biomasse, solaire…) et dans la recherche. Misons aussi sur les économies d’énergie. Sortons du nucléaire, dangereux, source de déchets ingérables. La production d’énergie doit être moins centralisée, mieux répartie sur les territoires. Transportons moins de marchandises et mieux. 

Produire localement/ Tornar localizar las produccions

La crise Covid, l’instabilité internationale, le chômage, le climat, la pollution généralisée, démontrent la folie de la globalisation : alimentation, médicaments, produits manufacturés par des quasi-esclaves sont acheminés depuis l’autre bout du monde nous privant de notre autonomie. La relocalisation durable de la production sera au cœur de notre engagement parlementaire.

Ensemble paysans et consommateurs/ Los paisans e los consumidors son solidaris

L’Agriculture paysanne, à partir de la réalité des territoires, est au cœur de l’indispensable transformation écologique. Seule une politique ferme en faveur du respect de la terre, de l’eau, des animaux et de l’humanité entière relèvera les défis de demain : climat, santé, transports, aménagement et autonomie des territoires. Nous soutenons l’idée de « sécurité sociale alimentaire ». Il faut freiner l’extension urbaine, arrêter l’artificialisation des terres agricoles et développer le bio.

Se déplacer mieux/ Viatjar miélher

Pour le climat, notre pouvoir d’achat et nos territoires, modifions notre façon de nous déplacer. Favorisons les transports alternatifs économes en énergie. Tenons compte des contraintes des ruraux et des urbains. La priorité est aux transports du quotidien (trains, bus, vélo, covoit…) plutôt qu’aux projets pharaoniques tels les LGV et autres TGV. Réhabilitons les lignes de chemin de fer abandonnées, développons enfin le ferroutage.

Le droit au logement/ Lo dret de víver en un lotjament digne

Un logement digne est fondamental. Les publics fragiles, jeunes et vieux sont les plus pénalisés. La spéculation immobilière classique ou à but touristique en empêche l’accès. Là où nous vivons et travaillons, nous voulons un droit réel à louer un logement à un prix décent ou à en devenir propriétaire. Nous agirons pour une politique de rénovation écologique massive du bâti existant.

La diversité est une chance/ La diversitat de las lengas e de las culturas

Reconnaître les langues dites « régionales », pour nous l’Occitan ou langue d’oc, c’est leur donner une présence à l’école, dans l’espace public, dans tous les médias : là est la reconnaissance première de nos territoires. Oeuvrons à modifier l’article 2 de le Constitution pour donner à notre langue, à côté du français, une place officielle. Diversité culturelle et biodiversité vont de pair.

«endavant ! » dit non à la LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse.

La réponse des candidats des Landes de « endavant ! » faite au CADE le collectif des associations opposées à la LGV entre Bordeaux et Dax et au projet GPSO en général avec le projet d’un passage de LGV en Pays Basque.

Los tres candidats de las Lanas per « endavant ! » qu’an responut aus opausants a la LGV qui deu anar de Bordèu a Dacs e après de cap tau País Basco. Un projècte qui tanben ei ligat au pojècte qui vòu que sia creada ua linha navèra enter Bordèu e Tolosa.

Les LGV et autres lignes à très grande vitesse sont des aberrations inutiles pour l’aménagement du territoire et des transports.

Nous sommes favorables à l’aménagement du réseau existant, sa rénovation et la réouverture de lignes fermées à ce jour (Pau Saragosse par exemple, ou remettre en service une ligne Tarbes-Mont-de Marsan-Bordeaux)

Faire des TGV alors que la fiabilité des trains de proximité se dégrade est une aberration.

Le gain de temps est ridicule comparé au coût total. De plus le gain de temps en porte-à-porte pour qui ne vit pas près d’une gare TGV est nul voire négatif.

Le modèle LGVest un choix d’aménagement du territoire que nous n’acceptons pas. Il recentralise encore plus le réseau ferroviaire et sacrifie les transversales.

Il est écologiquement contestable (espaces détruits, consommation d’énergie )

Il bénéficie en premier lieu à Paris et aux grandes métropoles.

Il est anormal de faire payer des collectivités pour des trains qu’elles ne verront jamais alors même qu’elles ne peuvent bénéficier d’une qualité de service sur le réseau classique.

Rénover les lignes classiques permet d’atteindre des vites très importantes et d’améliorer la mobilité sans dépenser les sommes astronomiques prévues pour les LGV. (cf les choix faits par certains pays européens qui ont laissé le modèle de la Très Grande Vitesse pour la Grande vitesse sur lignes classiques) .

Tout cet argent pour quoi ? « Rapprocher » les plages et les montagnes du « sud-ouest », des Pyrénées ou du « sud » à 4h00-5h00 de la capitale, gagner dix minutes, pour mieux jouir de la résidence secondaire, se mettre au vert ou au mieux pour télétravailler depuis chez soi.

C’est un modèle de société que nous contestons.

Transformer la Gasconha (Gascogne) et Iparralde (Pays basque) en lieux de villégiature pour touristes aisés, impacte les prix de l’immobilier, favorise l’accaparement foncier et immobilier et prive les locaux du droit de pouvoir se loger correctement au pays (cf. gentrification de Bordèu | Bordeaux qui se produit maintenant sur les villes landaises, béarnaises et basques de moindre taille et sur les côtes landaises ou basque, còsta d’argent, argent de còsta).

Les travailleurs d’ici se rendent-ils sur leurs lieux de travail en TGV, le feront-ils en LGV ? Nous devons d’abord exiger que les horaires et la fréquence des TER et des Intercités, soient adaptés aux déplacement de la population locale. Nous devons investir dans des lignes intercités et TER, au service des régions » (Bordeaux-Ychoux-Morcenx ; Morcenx-Dax ; Dax-Bayonne ; Dax-Pau ; Bordeaux-Toulouse, Bayonne-Toulouse, Toulouse-Marseille…).

Habitants, exploitants agricoles seront expropriés, des zones forestières seront saccagées et des zones riches en diversité animale et végétale seront détruites. C’est une casse absurde et c’est inutile !

L’état jacobin et les notables locaux sacrifient ainsi les intérêts des gascons et des basques sur l’autel de la Très Grande Vitesse et de l’exploit technologique. Nous ne sommes pas un parc d’attraction, pas plus que le bronze-cul de l’Europe, ni un lieu de confinement ou une possibilité de télétravail

Parce que Gascogne et Pays basque ne sont pas à vendre !

NON à la LGV !

NON au financement de projets technocratiques centralistes parisiens !

Que volem víver e decidir au País !

OUI aux TER et Intercités sur des lignes maintenues en état de fonctionnement et améliorées.

OUI à des fréquences horaires pratiques pour aller au travail, dans les administrations, dans les services de santé, …

OUI à un maillage au service des populations.

OUI aux gares accessibles en bicyclette, en scooter,… avec des consignes adaptées.

OUI au train-vélo.

OUI au ferroutage.

Voici l’un des dix points sur lequel nous nous engageons et qui se trouve sur nos professions de foi.

SE DEPLACER MIEUX

Pour le climat, notre pouvoir d’achat et nos territoires, modifions notre façon de nous déplacer. Favorisons les transports alternatifs économes en énergie. Tenons compte des contraintes des ruraux et des urbains. La priorité est aux transports du quotidien (trains, bus, vélo, covoiturage….) plutôt qu’aux projets pharaoniques tels les LGV et autres TGV. Réhabilitons les lignes de chemin de fer abandonnées, développons enfin le ferroutage.

Les candidats «endavant ! » ont présenté leurs candidatures/ Los candidats « endavant » qu’an presentat las lors candidaturas

Les candidates et les candidats «endavant ! » ont présenté leurs candidatures dans les diverses préfectures. Les déclarations sont aujourd’hui closes et la campagne commence.

Écologie, démocratie et territoires : la décentralisation est indispensable pour le climat, pour moins d’inégalités, pour le vivre-ensemble, pour les libertés.

Tous les partis disent qu’ils font le choix de l’écologie et du climat. Mais comment peut-on faire de l’écologie avec un centralisme forcené tel que celui que nous connaissons depuis des décennies et qui ne cesse de se renforcer.

Les candidats de « endavant ! » aussi fait le choix de promouvoir les valeurs de démocratie, c’est à dire de rapprocher le lieu de décision des citoyens.

Les candidats de « endavant ! » ont fait le choix de l’écologie et de la décentralisation du pouvoir. Les décisions sont plus appropriées au terrain, plus justes quand elles sont prises au plus près.

Diversité biologique et diversité culturelle sont liées ; diversité biologique et diversité linguistique vont de pair. Les deux combats ne peuvent pas être séparés.

Deux années de pandémie nous ont appris que les décisions prises par une poignée de gens, à Paris, ne sont pas efficaces.

Nous avons fait le choix de dire haut et fort que les inégalités territoriales viennent s’ajouter à des inégalités sociales déjà insupportables.

Nous avons fait le choix de dire que les questions de santé, d’éducation, de pouvoir d’achat ne peuvent plus se régler dans des cercles fermés à Paris et que procéder ainsi ne mène qu’a de nouvelles fractures sociales.

Nous avons fait le choix de présenter des candidats qui n’ont pas fait l’objet de négociations parisiennes.

Démocratie, écologie et territoire : ce sont les trois mots qui guident cette campagne.

Nous avons fait le choix d’être une force politique alternative avec tous les candidats de Régions & Peuples Solidaires sur l’ensemble de l’hexagone : occitans, basques, bretons, corses, catalans, savoisiens.