L’Alliance Libre Européenne en Assemblée générale

L’Alliance Libre Européenne est en assemblée générale à Bruxelles. Plus de quarante partis politique d’Europe sont rassemblés dans l’ALE aujourd’hui. L’ALE/European Free Allianceen a profité pour fêter ses quarante ans puisqu’elle fut créée en 1981. Depuis 40 ansl’ALE n’a cessé de s’élargir à de nouveaux partis et elle est aujourd’hui présente dans la plupart des États de l’Union européenne. Dans la première partie de l’AG de nombreuses motions ont été débattues. Deux avaient trait à la question de l’enseignement immersif des langues minorisées : une évoquant la situation française et la situation du slovène en Autriche. Ces deux motions ont reçu le soutien de l’ensemble des partis tant la question est présente à divers niveaux dans les différents Etats d’Europe. D’autres motions ont permis d’évoquer et de dénoncer la situation à la suite de la guerre lancée par l’Azerbaïdjan contre l’Arménie et la province de Haut Karabagh. Les questions liées à l’eau et au changement climatique ont été évoquées aussi comme le problème du prix de l’énergie qui ne cesse d’augmenter et dont profitent de grandes entreprises privées alors que d’autres solutions de gestion publique des énergies nouvelles pourraient se mettre en place.

Andalucía por Sí, parti autonomiste d’Andalousie, demande que soit mise en place une politique plus décentralisée de la création de champs photovoltaïque afin que certaines régions ne soient pas des lieux où les grandes entreprises viennent implanter des fermes géantes sans que les profits générés ne profitent à la région et qu’elles soient parfois mises en place sans tenir compte des intérêts agricoles et environnementaux locaux. Un soutien a été exprimé par une motion aux habitants de l’Ile de La Palma (Canarias) touchée par l’éruption du volcan la Cumbre Vieja depuis presque un mois. Un nouveau parti a été accueilli au sein de l’ALE à l’occasion de cette AG, c’est un parti sicilien « Siciliani Liberi ». Le Partit Occitan est représenté par trois délégués au cours de cette Assemblée générale.

Las regions son pas contentas…e après qué ?

(Communiqué du Partit Occitan 1/10/21, texte français à la suite)

(Comunicat del Partit Occitan 1/10/21)

La  reduccion de las dotacions a las regions fan reagir la presidenta Carole Delga. Mas quand an lo poder a París, que siá la dreta o l’esquèrra, fan pas que de recentralizar. 

Las regions pagarán un còp de mai la factura de la politica de recentralizacion que s’afortís dempuèi que Macron es estat elegit.

Son 177 milions d’euros que las regions trobaràn de manca ! Es çò qu’es previst dins la lei de finanças per 2022. Aquò estonarà pas degun. Aquò fa d’annadas que, qual que siá lo poder en plaça a París, los mejans autrejats a las regions demesisson.

Lo president de uei e son govèrn recentralizan, tant que pòdon. Lo quinquenat de Hollande s’acabèt per un lamentable retalhatge de las regions qu’a desembocat sonque sus una complexitat encara mai granda de la pretenduda descentralizacion a la francesa.

Las economias faitas au prejudici de las regions an provocat una reaccion de la presidenta de l’Associacion de las Regions de França, Carole Delga. Mas son de paraulas qu’ausissèm regularament dempuèi 25 ans, a cada còp que talhan dins las ressorças de las regions.

Alavetz qué s’i passa un còp escriuts aqueles comunicats ? Res !

Mas quand an los mejans de descentralizar …o fan pas. Alara perqué s’estonar ?

Dempuèi 1998, quand Lionel Jospin anoncièt sens aver consultat las regions, qu’anava suprimir la part regionala de la taxa d’abitacion, a dreta o a l’esquèrra faguèron pas autra causa que recuolar.

Las regions an pas mai de ressorças fiscalas e vivon sonque de las dotacions (de la benvolença) de l’Estat.

Quand la presidenta de l’ARF afirma que lo govèrn respècta pas las regions e qu’aquestas devon dispausar de mejans per respondre a las demandas dels ciutadans, es vertat.

Mes après qué fasèm ? La regions « a la mesura de l’Euròpa » coma las presentava Manual Valls, foguèron pas qu’una engana.

Macron tanben se trufa de las regions. Esperam totjorn la reforma vertadièra, la descentralizacion vertadièra, coratjosa, la que donarà a las regions poder politic, poder economic e responsabilitats devant los ciutadans.

Les régions ne sont pas contentes…et après ?

La réduction des dotations aux régions fait réagir la présidente Carole Delga. Mais lorsqu’elles ont le pouvoir à Paris, la gauche ou la droite recentralisent. 

 Les régions vont encore faire les frais de la politique de recentralisation qui se renforce depuis le début du quinquennat de Macron.

177 millions d’euros en moins pour les régions ! C’est ce qui est prévu par la loi de finances pour 2022.

Cela n’étonnera personne. Cela fait des années que, quel que soit le pouvoir en place à Paris, les moyens des régions sont réduits.

Le président actuel et son gouvernement recentralisent à fond. Le quinquennat Hollande s’est achevé par un lamentable redécoupage des régions qui n’a débouché que sur une complexité encore plus grande de la prétendue décentralisation à la française.

Les économies faites sur le dos des régions fait réagir la présidente de l’Association des Régions de France, Carole Delga. Mais ce sont des mots que l’on entend régulièrement depuis 25 ans, à chaque fois que l’on taille dans les ressources des régions.

Que se passe t-il après les mots et les communiqués ? Rien !

Mais quand on a les moyens de décentraliser…on ne le fait pas. Alors pourquoi s’étonner.

Depuis 1998, lorsque Lionel Jospin annonça sans consulter les régions, la suppression de la part régionale de la taxe d’habitation il n’y a eu, de droite et de gauche, que des reculs. Les régions n’ont plus de ressources fiscales et ne vivent que des dotations (du bon vouloir) de l’Etat. Alors quand la présidente de l’ARF affirme que l’attitude du gouvernement n’est pas respectueuse et que les régions doivent disposer de moyens pour répondre aux attentes des citoyens, cela est vrai. Mais après, que fait on ? Les régions à taille européenne de Valls et Hollande furent une vaste escroquerie, Macron se moque des régions.

On attend toujours la vraie réforme, la vraie décentralisation, courageuse, celle qui donne aux régions du pouvoir politique, économique ainsi que des responsabilités devant les citoyens.  

Paul Molac en Béarn le 6 juillet

Collectiu per los drets de la lenga nosta

Collectif pour les droits de notre langue

Vienguda en Bearn de Paul Molac Deputat deu Morbihan

lo dimars 6 de julhet

Venue en Béarn de PAUL MOLAC député du Morbihan, 6 juillet

Ça-vietz encontrar a Paul Molac / Venez rencontrer Paul Molac

La vienguda de PAUL MOLAC qu’ei la prumèra accion publica deu noste collectiu. Que l’avem invitat entà que ns’explique on n’ei la soa lei e quaus son los projèctes sons. Ua lei navèra ? Ua refòrma de l’article 2 de la constitucion ?

La venue de PAUL MOLAC est la première action publique de notre collectif.

Nous l’avons invité afin qu’il nous explique où en est sa loi et quelles sont ses projets.

Le vote d’une nouvelle loi ? La modification de l’article 2 de la Constitution ?

Que l’arcuelheram per ua amassada publica lo dimars 6 de julhet a laquau e’vs convidam a Vilhèra a la Hala ( au ras de la mairia) de 19H à 20 H. Tot lo monde que son convidats per aqueth rencontre

Nous l’accueillerons pour une réunion publique à laquelle vous êtes toutes et tous conviés. Elle se déroulera mardi 6 juillet de 19H à 20 h à la Halle de Billère

Un rencontre qu’ei tanben organizat dab las elegidas e elegits (conselhèrs municipaus, departamentaus, regionaus deputats e senators) de 17h30 a 18h45 a la mairia de Juranson. S’ètz elegida o elegits ça-vietz

Une rencontre est organisée avec les élues et les élus (conseillers municipaux, départementaux, régionaux, deputés et senateurs) de 17h 30 à 18h45 à la mairie de Jurançon. Si vous êtes élue ou élu, venez.

Contact

Amassasperlalenga@gmail.com

Tel :

06 86 61 36 31

06 38 93 85 86

06 83 01 19 37

Trois naufrages démocratiques : régionales, Espagne, Conseil Constitutionnel

(Article bilingue : version occitane à la suite)

La démocratie vient de perdre quelques vaisseaux de plus, avec trois événements qui se sont déroulés ces jours derniers.

Des élections régionales en France que peut-on en dire ? Hormis le fait que c’est une catastrophe démocratique ? Le vaisseau est au fond de l’eau. La prétendue décentralisation n’existe plus, pour autant qu’elle n’ait jamais existé un jour. Avec une participation ridicule les élections qui se sont déroulées dimanche dernier n’ont pas de grande valeur. Les électeurs ont déqualifié les régions et les départements. Ils disent qu’ils n’y comprennent rien, qu’ils ne savent pas ce que sont les compétences des régions ou ses attributions et que ce ne sont pas des élections intéressantes.

Ils ont raison. Bien que je sois un fervent défenseur de la décentralisation je ne peux pas leur donner tort.

D’abord cela fait des années que l’on n’arrête pas de dire aux électeurs que la seule élection qui vaille est celle du roi, du président de la République.

Puis, en 2015 on a voté une loi qui a retaillé les régions. Nous savions, et nous l’avions dit, que ce serait un désastre : c’en est un, clairement. Et je ne peux pas m’empêcher de penser qu’à la manœuvre il y avait à l’époque un nommé Manuel Valls (il n’était pas seul c’est vrai) qui peu de temps après est parti en Catalogne pour l’aventure que nous connaissons.

La décentralisation est morte et si les électeurs ne comprennent rien aux régions et aux départements, c’est qu’en France on a voulu faire une décentralisation sans goût et sans odeur.

Si on a reproché à Madrid d’avoir fait avec les autonomies du « café para todos » (café pour tous) c’est à dire une tentative de banalisation de l’autonomie régionale pour noyer celle des basques, catalans et galiciens,  chez nous c’est aussi « café pour tous ! » mais décaféiné, avec une petite tasse et sans cuillère.

Nous avons des régions sans pouvoirs, sans identité pour la plupart, sans moyens économiques et budgétaires, sans existence véritable.

Quand il y a un enjeu un peu plus important les électeurs se déplacent ; nous le voyons en Corse où la participation est le double de ce qu’elle est sur le continent.

Quant à ceux qui s’aventurent à tirer des conclusions concernant la baisse du vote d’extrême droite ils devraient être prudents parce que la participation a été si triste qu’il semble risqué de faire des analyses politiques fiables sur une telle base.

La grâce

Naufrage démocratique aussi de l’autre côté des Pyrénées. Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol a décidé de gracier les prisonniers catalans, les prisonniers politiques catalans, car ce sont bien des condamnés pour fait politique. Il était certes obligé de le faire parce que le Conseil de l’Europe commençait à montrer du doigt cette Espagne qui met en prison des personnes qui ne sont coupables d’aucune action violente mais qui ont juste permis l’organisation d’un référendum.

Plus de trois ans de prison, après un procès indigne. Certes ce n’était pas Sanchez qui était à la manœuvre le 1er octobre 2017 mais son parti ne fit pas mieux que la droite espagnole à ce moment là.

Maintenant qu’ils sont libres —et il faut s’en réjouir—ces prisonnières et ces prisonniers politiques catalans, il y a des gens à Madrid qui semblent attendre un « merci » de leur part…Au bout de trois ans et demi d’un enfermement injuste ?

Et mieux que cela ! Ils sont menacés de repartir en prison s’ils mènent des actions qui pourraient rentrer dans le cadre des éléments qui les firent condamner. Délit d’opinion ? C’est à peine croyable ! Pourtant les prisonnières et les prisonniers à peine sortis de leur prison n’ont pas laissé la moindre chance à Madrid de se réjouir et ils ont dit que, plus encore qu’avant, leurs convictions étaient fortes pour l’autodétermination et la mise en place d’une république catalane. !

Je comprends bien qu’ils ne disent pas merci. Je ne suis pas catalan et je n’ai pas à dire si je suis pour ou contre l’indépendance, mais ce que je sais c’est qu’il y a encore des gens en exil et que de toute façon la solution est de mettre en place un référendum pour véritablement sortir de la crise. 

Si cela ne se fait pas la démocratie aura fait naufrage. Le vaisseau Espagne risque bien d’être pris d’assaut par une bande de pirates d’extrême droite, nostalgique du franquisme. Ce sont eux qui on tiré le meilleur profit de l’attitude hypernationaliste du tribunal qui a jugé les responsables politiques et associatifs catalans.

La place de Pedro Sanchez est certes très inconfortable. Il hérite d’une situation créée par M.Rajoy, le Parti Populaire et les juges du Tribunal Suprême. Mais il ne pouvait pas ignorer qu’un jour son parti aurait à reprendre le pouvoir à Madrid (il le souhaitait) et il aurait du être plus attentif au respect de certaines règles démocratiques en octobre 2017.  Aujourd’hui voilà qu’il doit choisir par quel bout il doit saisir un bâton bien…merdeux

Conseil Constitutionnel

Cette affaire catalano-espagnole me fait penser à l’attitude du Conseil Constitutionnel français. A peine avait-il terminé de prendre sa décision pour tuer la loi Molac et le vote majoritaire des députés, qu’il a donné des précisions sur sa décision ; elle ne serait pas vraiment ce que nous devions comprendre. L’immersion serait autorisée dans les écoles où elle se fait aujourd’hui. Il serait juste interdit de la pratiquer dans le service public d’éducation. Autant dire que cela nous donnerait le droit de continuer à faire ce que nous voulons tant que cela ne nécessite pas l’utilisation des moyens du service public, qui, ne l’oublions pas, sont aussi les nôtres. Finalement  ils nous demandent de nous réjouir du fait que nous sommes libérés de la menace d’une sanction qui pourrait tomber mais ne tombera pas parce que nous bénéficions d’une certaine grâce, d’une certaine mansuétude…à la condition de nous taire et de ne pas demander plus.

Repentons-nous d’avoir osé penser un moment que la loi pouvait s’appliquer à nous et à nos langues ! Demandons pardon d’avoir imaginé, rêvé qu’une loi de la République adoptée à une très large majorité, pouvait donner à notre langue la place qu’elle mérite dans l’éducation, dans l’école. C’est cela que l’on attend de nous ? Nous ne pouvons pas nous contenter d’une faveur qui consiste à nous dire que nous ne serons pas punis pour avoir cru que la République fonctionnait correctement et qu’elle allait enfin respecter une règle plus importante que l’interprétation étriquée d’un article de la constitution. La loi a été votée à une large majorité et elle donne à notre langue une place que nous revendiquons et qui est légitime.

Cette place nous la voulons dans l’école de service public ou dans les écoles associatives, qui rappelons-le, pallient l’incapacité de l’Education nationale à répondre à une demande. Que l’on enseigne en occitan aux enfants des parents qui le souhaitent doit être possible partout.  

Nous devons nous battre, plus que d’autres pour obtenir des droits élémentaires. C’est cela que le Conseil Constitutionnel nous explique. Il y a visiblement dans la République des citoyens de catégories diverses.

Mans de Breish canta « avèm autant de dreches coma los autres n’an

E qualques uns de mai (…) de far tutu pam pam ». C’est ce que nous dit le Conseil Constitutionnel. Il nous menace d’une sanction si nous voulons rentrer dans la normalité.

Coratge ! Pro d’estar mespresats !

David Grosclaude

Tres naufragis democratics : regionalas francesas, Espanha, Conselh Constitucional

La democracia ven de pèrder qualques vaissèls mai, amb tres eveniments que se debanèron recentament.

De las eleccions regionalas en França que podèm dire, en defòra del fait qu’es una catastròfa democratica ? Lo vaissèl es al fons de l’aiga. La pretenduda descentralizacion existís pas mai, se jamai existiguèt un jorn !

Amb una participacion ridicula las eleccions que se debanèron dimenge passat an pas gaire de valor. Los electors an desqualificat las regions e los departaments. Dison que i comprenon pas res, que ne sabon pas las competéncias o las atribucions. Dison que son pas d’eleccions interessantas.

An rason ! Per èstre un afogat de la descentralizacion, lor pòdi pas dire qu’an tòrt.

Primièr, fa d’annadas qu’òm quita pas dire e de cantar pertot als electors que la sola eleccion que val quicòm, es la del rei, del president de la Republica.

Tanben en 2015 votèron una lei que retalhèt las regions. Sabiam e diguèrem que seriá ua catastròfa : n’es una, clarament. E me pòdi pas empachar de pensar qu’a la manòbra i aguèt un nomat Manuel Valls (èra pas solet, es vertat) que, pauc de temps aprèp, partiguèt a Catalonha per l’aventura que sabèm. Ara se’n torna en cò nòstre en esperant que s’i poirà trobar una plaça. L’ambient es favorable per el, de tota faiçon.

La descentralizacion es mòrta en França e se los electors comprenon pas res a las regions e als departaments es que, en França, an volgut far una descentralizacion sens gost, sens perfum.

I a lo famós « café para todos » de l’Espanha (autonomia per totes dins l’amira de negar l’autonomia basca, catalana e galiciana). En França avèm dret a un « cafè per totes » mas es un descafeïnat, la tassa es pichona e nos manca la culhèra per eventualament esperar de sucre. De regions sens poders, sens identitat, sens mejans economics, sens existéncia vertadièra.

Quand i a un enjòc un pauc mai important, los electors se desplaçan ; o vesèm en Corsega on la participacion es lo doble de la del continent.

E los que s’aventuran a tirar de conclusions sus la baissa del vòte RN deurián èstre prudents que la participacion foguèt tan trista que sembla un pauc riscat de far d’analisis politicasseriosas sus aquela basa.

La gràcia

Naufragi democratic tanben de l’autre costat dels Pirenèus. Pedro Sanchez, lo primièr ministre espanhòl a decidit de graciar los presonièrs catalans, los presonièrs politics catalans. Obligat de o far pr’amor ja lo Conselh de l’Euròpa començava de mostrar del det aquela Espanha que met a la preson de personas qu’an pas agut una sola accion violenta mas qu’an sonque permés l’organizacion d’un referèndum.

Mai de tres ans de preson, aprèp un procès indigne. Segur es pas Sanchez qu’èra a la manòbra lo 1èr d’octobre de 2017 mas son partit faguèt pas melhor que la dreta espanhòla a aquel moment.

Ara que son libres —e se’n cal regaudir— las presonièras e los presonièrs politics catalans, i a de monde a Madrid que voldrián que diguèsson mercés a l’Espanha per los aver liberats…al cap de tres ans e mièg d’un embarrament injuste ?

E mai qu’aquò ! Son menaçats de tornar a la preson se menan d’accions que poirián dintrar dins lo cadre dels elements que los faguèron condamnar. Es pas de creire ! Delicte d’opinion ?

Ça que la, las presonièras e los presonièrs, a la sortida de lors presons an pas daissat la mendra oportunitat a Madrid de se regaudir, e totes diguèron que, mai qu’abans, lor convicion anava cap al dret a l’autodeterminacion e a la constitucion d’una republica catalana. Compreni plan que digan pas mercés.

Soi pas catalan, e ai pas a dire se soi per o contra l’independéncia, mas çò que sabi es que i a encara de monde en exilh e que de tota faiçon la sola solucion demòra de metre en plaça un referèndum per sortir vertadièrament de la crisi. Se aquò se fa pas, non solament la democracia aurà naufragat, mas lo naviri Espanha risca d’èstre assaltat per una banda de piratas d’extrema dreta, nostalgica del franquisme. Son de monde qu’an tirat profièit de l’actitud ipernacionalista del tribunal que jutgèt los presonièrs catalans.

Voldriái pas èstre a la plaça de Pedro Sanchez que, en prenent lo poder, es ara en carga d’una question fòrça complicada. Mas la plaça la voliá !

En tèrmis populars parlan d’un « baston merdós », que li daissèron lo govèrn del Partit Popular, son president Rajoy  e los jutges del Tribunal Suprème. Ara es a el de saber per quin cap lo prendre.

Conselh Constitucional

Aquel afar catalano-espanhòl me fa pensar a l’actitud del Conselh Constitucional francés. A penas acabèt de prendre sa decision per tuar la lei Molac e lo vòte majoritari dels deputats, que donèt una precision ; Çò qu’avèm legit e çò qu’es escriut seriá pas exactament çò que deuriam comprendre. L’immersion seriá autorizada ont se fasiá duscas ara mas seriá pas permés de la practicar dins lo servici public de l’Educacion ! Tant val dire que nos donariá lo dret de contunhar de far çò que volem tant qu’aquò se fa pas amb los mejans de la Republica. Pasmens aqueles mejans son tanben nòstres.

Finalament nos demandan de nos regaudir d’èstre liberats d’una sanccion que poiriá tombar mas que tombarà pas pr’amor nos fan beneficiar d’una mena de «gràcia»…a la condicion de nos calar e de pas demandar mai.

Nos devèm acontentar d’una favor que seriá de nos dire que nos castigaràn pas. Seriam doncas perdonats d’aver pensat un moment, somiat un jorn, de donar a nòstra lenga la plaça que s’amerita dins l’escòla.  Sèm copables d’aver pensat que la lei s’aplicariá a la lenga nòstra coma aquò se fa dins un país de dret.

Aquela plaça dins l’escòla, la volèm, que siá dins l’escòla del servici public o dins las escòlas associativas que elas, dempuèi d’annadas, essajan de compensar l’abséncia de servici public d’educacion en occitan.

Mans de Breish canta « avèm autant de dreches coma los autres n’an

E qualques uns de mai (…) de far tutu pam pam ». Es çò que nos ditz lo Conselh Constitucional. Nos menaçase volèm dintrar dins la normalitat.  

Avèm autant de drets coma los autres …mas sèm obligats de nos batre mai per los far respectar.

Coratge ! Pro d’estar mespresats !

David Grosclaude

Après l’indignation ???

La question de l’article 2 et des dégâts récurrents qu’il cause et va causer, ne peut nous laisser attendre une solution qui viendrait sans mobilisation, suivie, têtue et déterminée

Après l’indignation, les discours, et parfois les promesses et les postures radicales, vient le temps des réalités et du calendrier.

La loi Molac est pour le moment morte, en tous cas dans ses ambitions essentielles.

Paul Molac a fait un travail de qualité. On n’avait encore jamais été aussi loin. Le débat a eu lieu, et le vote majoritaire des parlementaires, sénateurs et députés est historique.

Mais le travail réalisé par le député breton pourrait, si nous n’y prenons garde, être déjà à ranger dans le tiroir des moments historiques manqués.
Le Conseil Constitutionnel a été saisi de ce texte de loi et s’est fait un plaisir de tirer avec son calibre article 2. La vision étriquée de ce qu’est la République a triomphé pour le moment. Cette République n’est pas la nôtre, elle n’est qu’une caricature alors que les valeurs républicaines sont bien autre chose que cette volonté farouche d’écraser les différences. 

Le tir est imparable pour le moment. Rien ne peut pour le moment nous faire espérer un changement sans que nous intervenions de façon dynamique.

Ceux qui pensent que la Constitution doit être réformée sont de plus en plus nombreux mais la réalité du calendrier et des institutions fait que jamais avant une nouvelle législature, c’est à dire dans un an, rien ne sera possible en ce domaine.

On ne voit pas le président de la République décider d’un référendum populaire sur le sujet et on ne voit pas non plus comment pourrait être convoqué le Parlement en Congrès d’ici la présidentielle. Et celui qui sait ce que pense le président de la République, en vrai, sur le sujet serait bien inspiré de nous en informer. En cinq ans il a tout dit et son contraire.

Donc c’est l’impasse. Et il y a un risque que des recours soient intentés devant la justice administrative pour condamner l’enseignement associatif immersif.

De toute façon nous ne pouvons pas accepter ce fait absolument scandaleux qui serait que le vote d’une loi par le Parlement, qui reconnaît à nos langues de nouveaux droits, se solde par un retour en arrière qui nous oblige à protéger des droits anciens, acquis après des années de travail et de mobilisation. Ce serait paradoxal que de se retrouver sur la défensive.

Les médias, en tous cas certains des plus influents, n ‘ont pas failli à la tradition en invitant sur leurs plateaux des consultants qui ne connaissaient rien à la question mais qui n’ont pas manqué de donner leur avis.

J’en ai même entendu un dire qu’il ne savait rien de la façon dont fonctionnaient les écoles immersives mais qu’il était contre parce que …parce que c’est comme ça !

Une autre, sur une chaine publique comparait le droit à apprendre les langues régionales au droit à envoyer ses enfants au catéchisme. Nos langues sont donc une croyance pour ces gens !!!

Bien évidemment notre volonté de sauver nos langues, de les développer, de les enseigner se heurterait au projet de faire en sorte que tous les enfants puissent « bien connaître le français ». Ils ne doutent de rien ces gens. Ce sont les petits occitans, bretons, basques et autres qui sont dans les écoles bilingues et immersives qui font que la langue de la République serait mal connue par certains enfants !!!

On nous accorderait cependant dans certains milieux une petite place dans des activités extrascolaires, mais pas au delà !

Nous sommes donc juste bon à cuisiner dans un jus de préjugés absolument inacceptables et c’est ce qui risque de nous étouffer si nous attendons que les promesses nombreuses qui ont été faites, de façon préelectorale, se réalisent.

Nos langues sont respectables à la condition qu’on ne les entende pas, qu’on ne les voie pas, qu’on ne les enseigne pas et qu’on ne les transmette pas. Voilà nos droits au point où nous en sommes.

Il s’agit d’un linguicide qui se poursuit, d’un crime contre la diversité culturelle et linguistique avec la bénédiction du Conseil Constitutionnel.

Nous ne pouvons pas l’accepter !

Il faut mettre en place une stratégie qui va nous mener au delà des échéances électorales si propices aux promesses et aux discours qui nous annoncent que tout va s’arranger, qu’il suffit d’être patients. Notre ennemi a toujours été le silence. Et je ne parle pas de la condescendance dont certains font preuve en lançant des sondages sur le net comportant des questions aussi stupides que basiques. Doit-on encore répondre à ceux qui se demandent si nos langues ont le droit de vivre ?

Elles vivent, c’est un fait. Leur développement est don un droit. A nous de le défendre.

Anem ! Per las lengas, la nosta e las autas ! ÒC