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A Lacq, « ça pue ! » mais c’est tout !

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Au conseil municipal d’Artix du Jeudi 18 octobre nous avions le rapport d’activité de la Communauté de Communes de Lacq Orthez (CCLO) pour 2017.

Nous n’avions pas à voter sur ce rapport mais il nous était communiqué pour information.

Nous pouvions cependant le commenter.

Je vous prie de trouver le contenu de mon intervention.

Le maire m’a répondu en disant que la CCLO n’avait pas la compétence en ce domaine des risques technologiques. C’est l’affaire de l’État.

Il a expliqué aussi que l’affaire Sanofi datait de 2018 et que ce rapport était celui de 2017.

J’ai répondu que les dossiers s’accumulaient depuis bien des années et que le silence n’était pas acceptable. En l’occurrence j’ai expliqué qu’il s’agissait sur le sujet  pour moi   « d’un rapport d’inactivité ».

Sinon aucun commentaire n’a été fait par d’autres membres du CM

Il ne s’est donc agi que d’un dialogue entre le maire et moi.

Voici le contenu de mon intervention sur deux sujets: les risques technologiques et la situation sanitaire de la zone de Lacq-Orthez d’une part et la politique en faveur de la langue occitane.

Lac

 

Contenu de l’intervention de David Groclaude au conseil municipal d’Artix le 18/10/2018 à propos du rapport d’activité de la CCLO pour l’année 2017

 

D’abord je voudrais dire mon grand étonnement quand je constate la maigreur du contenu de ce rapport sur les risques technologiques.

La moitié d’une page consacrée à ce sujet alors que nous savons tout sur les incivilités commises par des jeunes à la bibliothèque communautaire, le Mix. Les incivilités d’industriels qui ne respectent pas la loi ne vaut pas plus d’une moitié de page alors que depuis maintenant plus de quatre ans ces sujets font l’objet de rapports, d’articles de presse, d’émissions de radio et de télévision et d’interrogations de la part de professionnels de la santé.

 

Selon la CCLO il n’y aurait qu’une « gêne olfactive » ! Voilà ça pue ! c’est tout !

Nous, élus, avons le devoir d’être aux côtés de la population et non pas d’essayer de mettre sous le tapis des questions gênantes.

Certaines entreprises se moquent depuis des années de la réglementation dans le domaine des rejets polluants. Depuis des années des habitants de notre territoire dénoncent cette situation qui aujourd’hui s’étale dans les médias de tout le pays.

Nous serons bientôt un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Tout cela au nom d’un fallacieux argument qui serait lié à l’emploi. Dénoncer ces faits serait menacer l’emploi ! Mais cette caricature ne tient pas la route ! Personne ne veut

 

menacer l’emploi. Il faut simplement respecter la loi et la réglementation.

La modernité c’est donner l’information aux citoyens et leur permettre de débattre. C’est le seul moyen de réconcilier l’industrie avec ceux qui y travaillent et ceux qui vivent autour.

Le débat, transparent, loyal, honnête : c’est ça la démocratie. Sans cela effectivement, ça pue !

Il en va aussi de la santé des habitants de notre territoire… et de la perénité des emplois. Nous ne sommes plus à l’époque où l’on pouvait se désintéresser de la santé de toute une population en disant : vous serez peut-être malades mais vous aurez travaillé !

 

 

La CCLO ne s’est pas mise aux côtés des habitants mais seulement aux côtés des industriels feignant de croire que l’État ferait le travail à sa place pour soutenir les habitants. Et aujourd’hui qui fait ce travail ? Les associations et la presse.

Je pourrais illustrer mon propos avec des kilos de dossiers. Mais je me contenterai de répeter une phrase qui me fut servie par un élu quand en 2014 je cherchais des signatures pour demander à la ministre de la santé une étude épidémiologique.

Je m’entendis répondre : « Non ça va faire peur aux industriels, et il faut bien mourir de quelque chose ! ». La lettre partit quand même avec 5 signatures d’élus béarnais…pas plus !

Cette désinvolture illustre l’ambiance qui règne chez nous. Silence !

Ce n’est pas notre rôle d’élus de nous taire !

 

Sur une autre partie de ce rapport je voudrais dire aussi mon étonnement. Il s’agit de la politique linguistique en faveur de l’occitan.

On évoque la création d’une commission…qui ne fonctionne plus à ce jour malgré les relances faites par certains habitants de la CC. Cette commission n’a pas fait l’objet du moindre soutien politique véritable. Pas de suivi, pas de volonté pas de plan…De l’affichage à 35 000 euros, au rabais donc.

Je pourrais expliquer comment se fait une politique linguistique dans d’autres régions et d’autres pays mais je n’en ai pas le temps.

La CCLO ne fait pas la travail que l’on est en droit d’attendre d’une collectivité en ce domaine.

 

 

 

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L’ours est un naufrage démocratique !

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A ceux qui n’ont pas compris qu’ils vendent surtout

la peau de la démocratie

Le ministre De Rugy a annoncé la réintroduction de deux ourses en Béarn.

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Photo Wikimedia Commons (Jean Noel Lafargue)

La question de l’ours, au point où elle en est arrivée chez nous, n’est pas une question écologique, mais d’abord une question politique. C’est un véritable naufrage démocratique dont nous sommes tous responsables, que l’on soit neutre, indifférent, partisan ou opposant à la réintroduction de l’ours dans les montagnes du Béarn.

Cela fait des années que les décisions sont prises à Paris et que la survie de l’ours, au bout de vingt, trente et même quarante ans de polémique, n’est pas garantie, comme d’ailleurs n’est pas garantie la survie du pastoralisme.

Donc, objectivement, ces déchirements, ces déclarations de part et d’autre à l’emporte-pièce, n’ont eu aucun résultat si ce n’est de créer des oppositions dures, stériles et dangereuses.
Ce système arrange tout le monde. C’est à un individu, un ministre, que revient la décision. Qu’il soit opposant, partisan, peu importe, c’est la méthode qui est mortifère.

Et que l’on ne me dise pas que ce centralisme appliqué à l’écologie doit être remplacé par une décision prise seulement localement parce qu’il suffit d’observer les uns et les autres, chez les décideurs locaux pour remarquer que finalement tout le monde est bien content de ne pas avoir de responsabilité en ce domaine.

Dans aucune des assemblées que j’ai frequentées (comme journaliste ou comme élu) je n’ai pu assister ou participer à un débat qui aurait débouché sur une décision concernant l’ours. Quand le ou la ministre est pour les lâchers on hurle, quand il ou elle est contre d’autres protestent.

Mais la question de la faune, de l’environnement ( et dedans j’y mets le pastoralisme) est une affaire qui ne peut se résoudre en un point central qui serait Paris, ni sur le seul territoire où vivent (vivaient, vivront ?) des ours. C’est une affaire collective.

Il se trouve que pour le moment le centralisme domine et que personne ne proteste sur le principe.

Ce qu’il faudrait c’est une décision partagée, mais pour cela il faut accepter de prendre des responsabilités, des compétences et d’assumer ses décisions. Jusqu’à aujourd’hui, dans les assemblées départementales ou régionales concernées, il n’a jamais été demandé à qui que ce soit de trancher. Finalement on attend la position du ministre pour s’afficher en pour ou en contre.

Et le dialogue, et la concertation et même mieux : le compromis, ça ne vous dit rien ? Il existe des pays en Europe et dans le monde où la démocratie fonctionne au niveau territorial et où les élus sont obligés de trouver des compromis dans ce type d’affaire. Et paradoxalement, même si tout ne se passe pas dans la concorde et de façon paradisiaque, ce sont les endroits où faune, agriculture, agropastoralisme, vie des hommes, arrivent à coexister. Je ne prends que l’exemple des Asturies où les ours sont encore présents en nombre (200 environ). Ce fut difficile, laborieux mais les assemblées des régions autonomes eurent à prendre leurs responsabilités et des décisions. Il a fallu ménager les uns et les autres et surtout décider, et non attendre qu’un ministre décide pour prendre une posture d’écolo ou de chasseur de fauve.

Finalement le centralisme arrange presque tout le monde, sauf l’ours. Il est plus facile de se positionner de façon radicale, de prendre une posture, plutôt que de trouver un compromis. Il est plus confortable de se positionner en insultant le ministre ou en le félicitant que de se mettre autour d’une table en se disant que de toute façon il faudra sortir avec une décision. C’est aussi le règne des lobbys. On va rencontrer le ministre et ses proches pour tenter de faire pencher la balance en sa faveur…

Dans un autre domaine bien différent, Michel Rocard enferma il y a quarante ans, les responsables de l’affaire néo-calédonienne en leur enjoignant de trouver un compromis.

Le pouvoir central et sa haute administration, jaloux de leurs pouvoirs n’ont même pas cette intelligence sur l’affaire de l’ours. Ça fleure le mépris du provincial arriéré. Mais personne chez nous ne le lui suggère. Ça fleure bon la soumission provinciale ! La décision en matière d’ours, comme en d’autres, nous échappe, avec la complicité de nos « élites ». Quand je dis « élites » je ne dis pas seulement les élus, mais aussi les leaders d’opinion. Et cela donne un triste résultat, c’est à dire de la démagogie et de la surenchère à tous les étages.

L’ours survivra peut-être à cette polémique stérile. Je n’en sais rien. En revanche je suis certain que la démocratie, le courage politique, l’intelligence politique risquent bien d’en prendre un coup.

Désolé de n’avoir pris parti que pour la démocratie dont la peau m’est très précieuse, surtout par les temps qui courent !

David Grosclaude

Nous sommes d’insatiables goinfres ! Qu’èm sonque galafres insadorables !

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Article bilingue (texte occitan et texte français à la suite)
Un ministre de l’ecologia que demissionè e que digó quauques vertats, shens per aquò anar dinc au cap. Quauques dias abans la soa decision qu’avèva dit qu’atacàvam las resèrvas au començar d’aost. Cada annada la data qu’avança. Que minjam lo capitau, lo planeta !

Un ministre de l’écologie a démissionné. Il a dit quelques vérités avant de partir, sans pour autant aller jusqu’au bout. Quelques jours auparavant il avait fait savoir que nous avions attaqué les réserves dès le début du mois d’aôut. Chaque année la date avance. Nous bouffons le capital, la planète !

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Fòto presa au centre de Port au Prince en Haití. La misèria e totas las lordèras de la societat de consum, qui non son pas per aquò ua indicacion que los abitants e viven decentament (fòto DG)

 

Sonque galafres insadorables !

Un ministre de l’ecologia que demissionè e que digó quauques vertats, shens per aquò anar dinc au cap. Quauques dias abans la soa decision qu’avèva dit qu’atacàvam las resèrvas au començar d’aost. Cada annada la data qu’avança. Que minjam lo capitau, lo planeta !

Pauc de temps abans la demission deu ministre aqueste, qu’èra la panica ! La creishença n’èra pas au rendetz-vos. Que mancava 0,1% ou 0,2% comparat dab las previsions. Alavetz qu’entenom los economistas autoproclamats (acompanhats de’us qui creden que l’economia ei ua sciéncia) a tornar sortir los arguments vielhs qui’nse serveishen desempuish l’an de la gratèra : tornar lançar lo consum, dinamizar la creishença, redusir las despensas publicas, baishar lo prètz de l’energia, etc…. Donc que tornam partir dab las recèptas d’un còp èra, quan desperdiciàvam shens comptar en tot se trufar de çò qui pòt aparir a las generacions futuras.

Qu’ei çò qui cau díser aus nostes mainatges ? Tot çò qui n’an pas gausat demandar dinc adara. De tira que’us cau explicar que çò qui aprengón de nosautes non fonciona pas mei. Mei de creishença per mensh de caumatge ? Fotiròlas ! Energia mensh cara entà arrevitar l’activitat economica ? Colhonadas !

La creishença verda ? Qu’ei quan s’audeishen los crits espaurugats de la civilizacion de l’automobila qui sap sonque pregar sus l’autar de la « veitura verda ». A tot hòrt que vòlen sauvar la torrombiòla ! Que serà electrica, e entà tots ! Non que serà nucleara sonque entà quauques uns, dab las dèishas, las baterias, donc las guèrras deu litium e de las tèrras raras.

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Nosautes que volem la veitura electrica…qui sauvarà la civilizacion de l’automobila. mes la mobilitat deus mei praubes que n’ei enqüèra a solucions d’aqueras. En Haití (DG)

Creishença verda ?

Que   cau contunhar de bolegar, de transportar entà crear activitat. Qu’èm sonque moleculas qui’s segoteishen entà produsir calor ! Ei aquò l’economia ? Alavetz òc-ben qu’ei simple, simplista quitament.

La « creishença verda » que seré aquera qui’ns protegiré d’ua ecologia « punitiva ». Atau qu’apèran aquera ecologia qui ditz que n’ei pas mei possible de’s hartar, de har deus galafres. Que cau anar cap a la sobrietat.

Ei un castig de non pas mei s’en.hartar ? Que’vs pausi la question !

Los maishants que serén aqueths qui’vs vòlen empachar de consumir tròp e los bons que serén los qui disen que serà com abans mes sus un hons verd ! Qu’ei com tà la telé : se filmatz ua persona sus un hons verd que i podetz incrustar darrèr l’imatge qui v’agrada. Filmada atau, la persona se trobarà, se vòu, a Venècia o au bèth som de l’Everèst !

En aqueste monde qui’s vòu verdejar non transportatz pas mei, qu’ei passat de mòda, no’vs desplaçatz pas, qu’ei vielhòt ; qu’ètz en « la mobilitat » e miélher en « las mobilitats ». E que s’i avisen los qui non vòlen pas anar tribalhar a mila quilomètres de casa ! Que s’i avisen los qui non hèn pas foncionar los TGVs e los avions de còst baish !

Que sian avertits los qui afirman que la question de uei n’ei pas de transportar mensh car, mes de transportar mensh, simplament !

Atencion a vos se disetz que la sola solucion ei lo partatge de l’indecenta riquessa deus uns entà har carar l’indecent praubèr deus autes ! E siatz prudents se disetz que i a en lo noste monde d’un costat la misèria totau, lo praubèr absolut e de l’auta part lo praubèr relatiu.

Qu’avem la peta !

Uns praubes, en la lor misèria absoluda que vòlen çò qu’avem nosautes e que s’acontentarén de çò qu’an los qui a noste son praubes. Que vaden mobiles. Mes la lor mobilitat n’ei pas planvienguda, tà nosautes qui non podem pas mei suportar arren, quitament pas ua creishença qui arrecula de 0,1% au par de çò anonciat. Qu’ei mauvienguda la lor mobilitat pr’amor qu’avem la peta, la caganha.

Totun, que i a mensh de perilh en l’arribada de quauques detzenats de milierats de personas dispausadas a’s negar en Meditarranèa, que dens la guèrra de l’aiga, de l’aire o de la tèrra qui preparam taus nostes mainatges.

Mes quins argument emplegar fàcia a aqueth monde tà’us explicar que non poderàn pas estar com nosautes hartanèrs e galafres ? Non i a pas plaça per 9 miliards de galafres, ni per 6 miliards. E, disem las causas com son : non i a pas nat aviéner en lo goludèr planetari, nat aviéner taus galafres e hartanèrs.

Que vivem dab esquemas deus vielhs. Per exemple la tecnologia : que permeterà de trobar solucions aus nostes problèmas. Òc, mes que’n crearà de naus e non harà pas nat miracle. Que disi ua banalitat qui’s desbromban los cronicaires « doctors ès aplicacions » qui colonizan los mèdias.

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Haití, Port au Prince (DG)

N’ei pas la tecnologia qui cau condamnar segur, mes lo hèit que’n hacin ua religion e ua mena de recors miraculós qui nos permeteré de non pas reméter en causa nada de las nostas certituds. Que’ns demandan de créder en la tecnologia deu numeric ; e que l’adoram ! Tot aquò qu’ei suspècte.

Mes que senteishi plan l’angoish ! Quin serà aquera societat on l’objectiu non serà pas de consumir tostemps mei ? E serà ua societat trista, on nos devegeram ? Quin suenharam la nosta bolimia de consum ? Pr’amor se devem apréner a partatjar e tanben a estar intelligents, que s’ageish d’un desfís doble.

Mes fin finala, se devem víver shens aver en cap d’anar tostemps pilhar las resèrvas qui avem a la cava qu’ei un SOL desfís. Que devem essajar d’estar aquera umanitat qui pretendem d’estar. Que devem deishar enfin d’entrar en aquera definicion de l’òmi qui, comparat aus autes animaus, ei lo sol a considerar que tà s’afirmar, e deu pishar sus la nèu, tirar calhaus a l’aiga clara e cridar dens lo silenci.

David Grosclaude

 

 

 

Nous sommes d’insatiables goinfres !

 Un ministre de l’écologie a démissionné. Il a dit quelques vérités avant de partir, sans pour autant aller jusqu’au bout. Quelques jours auparavant il avait fait savoir que nous avions attaqué les réserves dès le début du mois d’aôut. Chaque année la date avance. Nous bouffons le capital, la planète !

Un peu avant la démission du ministre en question c’était la panique ! La croissance n’était pas au rendez-vous. Il manquait 0,1% ou 0,2% aux prévisions. Alors on a entendu les économistes autoproclamés (ainsi que ceux qui croient que l’économie est une science) ressortir tous les vieux arguments qu’on nous sert depuis des lustres : relance de la consommation, dynamisation de la croissance, réduction des dépenses publiques, baisse du prix de l’énergie, etc…Bref c’était reparti avec les recettes de l’ancien temps, celui qui fait que l’on bouffe l’héritage, que l’on gaspille sans compter et que l’on se fout de ce qui peut arriver aux générations futures.

Alors que faut-il dire à nos enfants ? Tout ce qu’ils n’ont pas osé nous demander.

Dès aujourd’hui il faut leur dire que ce qu’ils ont appris de nous ne fonctionne plus. Plus de croissance pour moins de chômage ? Balivernes ! De l’énergie moins chère pour relancer l’activité ? Foutaises.

Croissance Verte ?

La croissance verte ? C’est quand on entend les cris de panique de la civilisation de l’automobile qui ne jure plus que par la « voiture verte ». Il faut sauver la bagnole à tout prix. Elle sera électrique, et pour tous ! Non, elle sera nucléaire et pas pour tous, et avec ses déchets, ses batteries et donc ses guerres du lithium et des terres rares.

Il faut continuer à bouger pour faire du transport et de l’activité. Nous ne sommes que des molécules qui s’agitent pour faire de la chaleur ! C’est ça l’économie ? Alors oui c’est simple, simpliste même.

La croissance verte serait celle qui nous protégerait d’une « écologie punitive », c’est ainsi que l’on parle de l’écologie qui dit d qu’il n’est plus possible de se baffrer et qu’il faut être sobre. Mais est-ce être puni que de ne plus se baffrer ? Je vous pose la question !

Les méchants seraient ceux qui veulent vous empêcher de consommer trop et les gentils seraient ceux qui vous disent que ce sera comme avant, mais sur un fond vert ! C’est comme à la télé. De filmer sur un fond vert permet d’incruster n’importe quelle image. On vous filme sur ce fond vert et vous voilà, si vous voulez, à Venise ou au sommet de l’Everest !

Dans ce monde qui veut se « verdir » vous ne vous tranportez plus, c’est dépassé, vous ne vous déplacez plus, c’est ringard ; vous êtes dans la « mobilité » et même mieux dans « les mobilités ». Et gare aux immobiles, à ceux qui ne veulent pas aller travailler à mille kilomètres de chez eux , ceux qui ne font pas marcher les TGV et les avions à bas coût ! Gare à ceux qui prétendent que la question d’aujourd’hui n’est pas de transporter moins cher mais de transporter moins, tout simplement !

Nous avons la trouille !

Gare à ceux qui vous disent que la seule solution c’est le partage de l’indécente richesse des uns pour faire taire l’indécente pauvreté des autres ! Gare aussi à ceux qui rappellent qu’il y a en ce monde d’un côté la pauvreté totale, le dénuement absolu et de l’autre la pauvreté relative. Certains pauvres, dans leur dénuement total, veulent ce que nous avons et ils se contenteraient même de ce qu’ont nos pauvres. Ils deviennent mobiles. Leur mobilité est mal venue pour nous qui ne supportons plus rien, pas même un recul de 0,1% de la croissance annoncée. Elle est mal venue leur mobilité parce que nous avons la trouille. Pourtant il y a moins à craindre de quelques dizaines de milliers de personnes prêtes à mourir noyées dans la Méditerranée que de la guerre de l’eau, de l’air, de la terre que nous préparons à nos enfants.

Mais quels arguments va t-on pouvoir trouver pour dire à ces gens qu’ils ne pourront pas devenir des goinfres comme nous ? Il n’y a pas de place pour neuf milliards de goinfres ni pour six. Et disons le : il n’y a pas d’avenir dans la goinfrerie planétaire et aucun avenir pour les goinfres.

Nous vivons sur de vieux schémas. Par exemple, la technologie : elle permettra de trouver des solutions à nos problèmes. Oui, mais elle en créera d’autres donc pas de miracle de ce côté là. Je viens de dire une banalité qu’oublient les chroniqueurs « docteurs ès-applications » qui colonisent les médias.

Ce n’est pas la technologie qu’il faut condamner mais le fait d’en faire une religion. On nous demande d’y croire et on venère le numérique. Tout cela devient suspect.

Mais je sens bien l’angoisse ! Que sera cette société où l’objectif ne sera pas de consommer toujours plus ? Elle sera triste et nous nous y ennuierons ? Comment soigner notre boulimie de consommation? Et si en plus de devenir partageurs il nous faut devenir intelligents c’est un double défi.

Mais s’il faut nous occuper autrement qu’en allant piller le garde-manger, c’est que nous avons un défi unique à relever. C’est LE défi qui nous permettra de savoir si nous sommes cette humanité que nous prétendons être. Nous devons cesser enfin d’entrer dans cette définition de l’homme qui, comparé aux autres animaux, est le seul à considérer que pour s’affirmer, il lui faut pisser sur la neige, jeter des cailloux dans l’eau claire et crier dans le silence.

 

David Grosclaude

Une vidéo / Ua vidèo

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Ua vidèo de l’Union Occitane C. Chabaneau qui tribalha en lo nòrd de l’Occitania , en Lemosin. Que hèn vidèos cortetas coma aquesta on m’an hèit l’aunor de’m demandar de parlar deu men engatjament. Que son a preparar un filme docuentari sus Ives Lavalada. E que hèn de segur causas mei.

Devath de l’imatge lo lor messatge .

 

Mercés a eths e sustot pensem a tot moment qu’avem de saber on ei lo Nòrd se voleme anar suu bon camin  🙂

 

Coma dins lo nòrd de la Dordonha, avem pas de tele e de radiò occitanas, l’atelier videò de nòstra associacion a decidat de vos far auvir daus accents diferents de totas las variantas de nòstra linga.

Alaidonc, veiquí la novela videò, que fuguet virada en Corresa per l’equipa de l’Union Occitana, a l’occasion de l’emission de Oc Tele… Una entrevista de David Grosclaude

Bassin de Lacq : il faut tourner le dos à 60 ans de secret et d’opacité.

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LacIl est temps, pour les emplois, la démocratie et le développement partagé du Béarn, de diffuser une information honnête, et d’ouvrir le débat sur les risques industriels.

Les informations diffusées depuis dimanche par certains médias à propos de Sanofi et d’un rapport de la DREAL, ne sont qu’un épisode de plus dans une série qui risque bien de se prolonger. Des alertes sont lancées depuis de longues années et, à ce sujet, il faut remercier le monde associatif pour son travail.

Mais depuis des années, en réponse à ces alertes, le refrain est le même. On nous dit qu’il n’y a rien à voir, que l’on va faire fuir les industriels, effrayer la population et compromettre l’emploi. Comme si les salariés, les habitants du bassin de Lacq, et au delà, n’étaient pas assez intelligents pour être informés.

Ceux qui jouent le secret ne comprennent rien à ce que doit être une démocratie moderne et un développement économique partagé. Je pense même que ce sont eux qui, en fin de compte, rendent un bien mauvais service à l’emploi.

Il y a quatre ans, en 2014 nous étions cinq élus béarnais (c’est très peu) à signer une lettre à la ministre de la Santé afin de lui demander que soit faite une étude épidémiologique. En effet un document indiquant une surmortalité par cancer venait d’être rendu public. Cette étude est encore dans les limbes… elle se fera peut-être un jour. Je me souviens qu’un élu que j’avais sollicité m’avait répondu que l’on risquait d’effrayer les investisseurs avec cette lettre. Quelle étrange vision des choses !

Depuis toujours je suis convaincu que le culte du secret et le refus de partager l’information est un poison social.

A ne pas vouloir débattre, informer on tue la confiance et on participe à donner de l’industrie chimique une image très négative. On donne des ailes aux rumeurs. C’est la que se trouve le vrai risque pour le développement économique.

Oui, il y a des risques chimiques sur le bassin de Lacq. Non il n’y a pas que de bons élèves, Oui il y a des pratiques d’un autre âge qui mettent en danger la santé des salariés et des riverains. Mais oui, il est possible que les choses changent sans menacer les emplois.

Il faut parler, ouvrir les dossiers, informer honnêtement, et faire ainsi de la vraie prévention des risques.

La classe politique béarnaise doit avoir le courage de tourner le dos à 60 années d’opacité.

Si l’on veut un développement économique partagé par la population il faut arrêter de dire que l’information est nuisible, que ceux qui lancent des alertes et dénoncent le non respect des normes veulent faire disparaître des emplois, ou sont contre l’industrie. C’est faux.

Il faut tourner le dos à 60 années à l’idée que les emplois devraient se payer par une exposition à des risques pour la santé des salariés et des habitants. Nous risquons, à ne pas vouloir évoluer, d’aller vers un conflit artificiel qui opposerait les « pour » et les  contre » l’industrie chimique. Le problème n’est pas là. Nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous des consommateurs de chimie, et nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait du travail en Béarn.

Mais ce n’est pas une raison suffisante pour laisser faire n’importe quoi. On n’a pas à choisir entre les emplois d’une part, la sécurité et la santé d’autre part. Il est temps d’ouvrir les dossiers, de débattre, d’informer. Chacun doit savoir ce qui se passe près de chez lui, quels sont les risques et comment s’en prémunir. C’est une question démocratique, économique et écologique majeure.

 

David Grosclaude

Un journal risque de mourir Un jornau qu’ei a’s morir

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Article bilingue français /occitan

Atau un jornau que risca de’s morir. Qu’ei tostemps grèu e inquietant per la democracia e peu pluralisme.Mes en mei d’aquò, aqueste còp, que s’ageish d’un jornau en lenga occitana. Qu’ei lo sol qui ei redigit a 100% en occitan.

Roqueta

Ainsi un journal risque de mourir ! C’est toujours grave et inquiétant pour la démocratie et le pluralisme. Mais en plus, cette fois-ci, ce n’est pas n’importe quel journal ; c’est le seul qui est rédigé à 100% en langue occitane

Ainsi un journal risque de mourir ! C’est toujours grave et inquiétant pour la démocratie et le pluralisme.

Mais en plus, cette fois-ci, ce n’est pas n’importe quel journal ; c’est le seul qui est rédigé à 100% en langue occitane et qui, en plus, a la qualité de journal d’information*

Nous l’avons créé il y a 23 ans. Nous étions deux à tenter l’aventure après y avoir réfléchi durant plusieurs mois.

Pour dire la vérité, de mon côté, ce fut aussi le résultat de plusieurs années de réflexion et de maturation. Après avoir travaillé sur l’occitanisme, son histoire et sa presse, j’avais acquis la conviction qu’il fallait un journal, hebdomadaire au moins. C’était aussi le produit des observations de ce qui se passait ailleurs en Europe. Ma conclusion était qu’il ne pouvait se faire aucune politique linguistique sans une presse dans la langue. Plus que tout autre, en raison de son territoire, la langue occitane a besoin d’une presse.

Certes, au départ, le projet était modeste et peu nombreux étaient ceux qui y croyaient et nous encouragèrent. Mais il y en eut ; assez en tous cas pour que nous lancions le projet.

banderoc

Puis vinrent les premiers abonnés, certains surpris de recevoir encore le journal au bout de trois mois, comme s’il y avait une fatalité de l’échec. Puis vint la vie au quotidien d’un journal d’information en occitan, avec ses questions, ses difficultés mais aussi les critiques, les râleurs et, inversement, les inconditionnels.

Un journal risque de mourir et je suis en colère et triste à la fois.

C’est à Max Rouquette, l’écrivain, le poète, l’occitaniste à qui je demandai de rédiger le premier éditorial. Il nous fit le grand honneur d’accepter. Aujourd’hui, alors que je n’ai plus aucune responsabilité dans la rédaction et la gestion de ce journal depuis sept ans, je suis à deux doigts de lui présenter des excuses. Au nom de qui ? Pas au nom du journal qui a connu bien des difficultés, pas au nom du journal qui était loin d’être parfait et dont je connais les qualités et les défauts. Non, au nom de ceux qui n’ont pas compris qu’on ne peut pas prétendre faire une politique linguistique sans avoir une presse dans la langue.

Un journal est bien plus que des pages noircies au fil des semaines, des mois et des années : c’est un symbole ; et ce symbole vit depuis 1995. Il vit malgré les difficultés, les entraves, les mesquineries légales et les brimades administratives que nous avons trouvées sur notre chemin et que trouvent tous ceux qui en France mettent en place des outils au service de la langue occitane.

C’est vrai, ce journal n’est pas parfait. Il est trop ceci pour les uns ou trop cela pour les autres. Il est à l’image d’un mouvement qui l’a fait naître : têtu, contradictoire, divers mais qui a pour but de promouvoir la langue occitane.

Il est malade, comme toute la presse aujourd’hui, à part quelques exceptions ; faut-il le laisser mourir pour autant ? Faut-il achever le malade et sa petite famille composée de deux revues pour enfants ? Celles-ci ont vécu comme elles ont pu, elles aussi. Mais elles ont grandi, servi. Elles ont été les premières du genre, traduites en plusieurs langues, et sans elles non plus pas de politique linguistique. Comment pourra t-on donner des lecteurs à l’œuvre de Max Rouquette, de Joan Bodon, de Miquèu de Camelat, de Frédéric Mistral si l’on a pas créé auparavant la simple envie de lire de l’occitan, dès le plus jeune âge ?

Donc si ce journal disparaît c’est une partie du mouvement en faveur de la langue qui mourra. Si cet hebdomadaire meurt il ne sera plus critiquable. Une de ses qualités premières est en effet d’exister. Il permet même aux lecteurs critiques, de dire autour d’eux : « Oui, il existe un hebdomadaire en occitan ! » Il est un argument pour affirmer qu’il est normal de donner à une langue une place entière dans la société, de lui donner le droit de parler de tout.

Et ce journal, combien d’informations a t-il fait circuler ? Combien d’informations qui à leur tour ont permis la naissance d’idées, d’initiatives, d’actions et de réactions ?

Un journal risque de mourir et j’entends dire que le soutenir pourrait mettre à mal le principe d’indépendance rédactionnelle ! Mais connaissez vous le niveau d’indépendance d’un mort ? Savez vous que la ligne rédactionnelle d’un journal qui ne paraît plus est un chef d’œuvre d’indépendance ?

Il existe des façons de régler ce problème sans pour autant porter un coup fatal à l’indépendance d’un journal. Faut-il encore vouloir y réfléchir quelques minutes.

Tout cela me fait penser à ce que certains disent à propos de la politique linguistique en France. Ils ne font rien et pourtant ils récusent le fait que l’on tue des langues et prétendent même qu’il faut « les laisser vivre », que rien ne les en empêche. Le  « laisser vivre » ressemble bien à un « laisser mourir ». Laisser mourir un journal en difficulté revient à participer à sa mise à mort.

Un journal risque de mourir sans qu’il n’y ait rien de prévu pour le remplacer. J’ai dirigé ce journal durant quinze ans. D’autres ont pris la suite. Ceux qui l’ont connu de l’intérieur savent, ou devraient savoir, l’énergie qu’il a fallu dépenser et les sacrifices qu’il a fallu faire. Mais ce sont surtout des années d’expérience, d’expérimentation et d’innovation parfois, qui seront perdues. Ce n’est pas un modèle parfait et je le répète, je connais ses qualités et ses défauts. Mais peut-on dénoncer les défauts d’un objet quand il n’existe pas et proposer de l’améliorer quand il est mort ?

Je sais que les médias ont beaucoup changé en quelques années. J’en ai vécu les mutations de l’intérieur et les nouvelles technologies ont fait évoluer le métier. Mais le fond reste le même. Qu’il y ait demain un journal en occitan sur papier ou un journal numérique importe peu, ce n’est qu’une question de forme. Ce qui est indispensable c’est une équipe de journalistes pour écrire, pour avoir le temps et les moyens de vérifier, croiser, et hiérarchiser l’information. Sinon reviendra le règne de la rumeur, celui du twitt, des réseaux sociaux avec leurs approximations et leurs outrances.

Alors, à ceux qui ont le pouvoir d’empêcher ce journal de mourir, à ceux qui ne semblent pas savoir que la presse en démocratie a toujours besoin de l’aide publique**, je donne à relire les dernières lignes de l’éditorial du N°1 de ce journal , signé de Max Rouquette et que j’évoquais auparavant : : « Per un agach total de l’Occitània tota, dins sa vida al quotidian. E jos la lutz de çò que se fai defòra dins l’Euròpa e lo mond. E nòstre astre ne depend. Cal a l’esfòrç qu’aicí s’entemena uoi lo còp d’espatla de totes. Aquel grand pas en davant se deu pas arrestar a mieg camin. Aquí mon vòt per durbir una « Setmana » que deu durar d’ans e d’ans. Se nos volem tirar de l’ombra ont poirissem ».

Si ce journal meurt d’autres initiatives risquent de suivre le même chemin. Alors plutôt que de se demander « A qui le tour ? » je préfère poser la question autrement et de façon plus positive : que faisons nous ? Nous le donnons ce coup d’épaule dont parlait Max Rouquette ?

David Grosclaude

*Ce statut qui correspond à des critères précis a donné lieu à une bataille qui a duré de 1995 à 2003 et il existe un décret qui reconnaît que de publier un hebdomadaire dans une des langues régionales pratiquée en France est un acte d’information au même titre que si c’était un hebdomadaire en langue française. Ce décret publié en 2003 est le résultat de la bataille que ce journal a mené avec ses lecteurs auprès de divers ministres de la Culture et de la Communication. C’est Jean-Jacques Aillagon qui l’a signé et il reste comme le « décret Setmana ».

 **La presse est soutenue au titre de la défense du pluralisme et de la libre circulation des idées. Il n’existe aucun journal d’information en France qui ne soit aidé. Les aides sont multiples et variées. C’est le prix de la démocratie et du pluralisme. Sinon la presse serait au service de grands groupes industriels et de grands groupes de pression. La discrimination dont est victime un journal en occitan existe encore dans divers domaines, même si on lui attribue en général les aides de droit commun. Mais cela est le résultat d’une longue bataille et d’une mobilisation importante. Et c’est une chose connue que ce qui a été gagné ne l’est jamais pour l’éternité. Il existe un risque permanent de retour en arrière.

 

banderoc

Un jornau qu’ei a’s morir

Atau un jornau que risca de’s morir. Qu’ei tostemps grèu e inquietant per la democracia e peu pluralisme.

Mes en mei d’aquò, aqueste còp, que s’ageish d’un jornau en lenga occitana. Qu’ei lo sol qui ei redigit a 100% dens la lenga e qui aja la qualitat de jornau d’informacion*

Que’u hasom espelir 23 ans a. Qu’èram dus a ns’aviar en aquera aventura après de i aver soscat pendent mantuns mes.

Entà díser la vertat, de las meas parts, qu’estó tanben lo resultat de quauques annadas de reflexion e de maturacion. Après d’aver tribalhat sus l’occitanisme, la soa istòria e la soa premsa, qu’avèvi la conviccion que hasèva necèra un jornau, setmanèr au mensh. Qu’èra tanben lo resultat de l’observacion de çò qui’s passava aulhors en Euròpa. La conclusion qui’n tiravi qu’èra que no’s podèva pas har nada politica lingüistica shens ua premsa dens la lenga. Mei que tota auta, en rason deu son territòri gran, la lenga occitana qu’a besonh aquera premsa.

Solide, lo projècte qu’èra modèste tà començar e paucs èran los que i credèvan e qui ns’encoratgèn. Totun que n’i avó pro entà que posquim aviar lo projècte. Puish qu’arribèn los prumèrs abonats, daubuns estonats de recéber enqüèra lo jornau au cap de tres mes, com se i avosse ua fatalitat dens la mauescaduda.

Puish que viengón los dias de tot dia, la vita vitanta d’un jornau d’informacion en occitan, dab las questions, las criticas, los criticós e los morganhaires e arroganhaires, mes tanben dab los incondicionaus.

Un jornau qu’ei a’s morir e que soi a l’encòp esmalit e triste.

Qu’ei a Max Roqueta, l’escrivan, lo poèta, l’occitanista qui demandèi d’escríver lo prumèr editoriau. Que’ns hasó lo gran aunor d’acceptar.

Uei, mentre qu’èi deishat desempuish sèt ans tota responsabilitat en la gestion e la redaccion d’aqueth jornau, que’m demandi se no’u vau pas presentar excusas. Au nom de qui ? Pas au nom deu jornau qui conegó tantas dificultats, pas au nom deu jornau qui n’èra pas perfèit e de qui coneishi las qualitats e los defauts. Non, mes au nom d’aqueths qui n’an pas comprés qu’ei impossible d’aver la pretencion de har ua politica lingüistica shens aver ua premsa dens la lenga.

Un jornau qu’ei hòrt mei qu’ua seguida de paginas ennegridas au briu de las setmanas, deus mes e de las annadas : qu’ei un simbeu, e aqueth simbeu que viu desempuish 23 ans. Que viu a maugrat las dificultats, entravas e mesquinerias legaus e las misèrias administrativas qui trobèm suu noste camin e qui tròban la màger part d’aqueths qui, en França, apitan quauquarren au servici de la lenga occitana.

Vertat ei qu’aqueth jornau n’ei pas perfèit. Qu’ei tròp aquò segon los uns o tròp aquerò segon los autes. Que’s sembla au movement qui l’a hèit espelir : capborrut, divèrs, còps que i a contradictòri mes tostemps virat cap a la promocion de la lenga occitana.

Qu’ei malaut com n’ei tota la premsa au dia de uei, hòra de quauques excepcions ; e’u cau deishar morir pr’amor d’aquò ? E cau aucíder lo malaut e la soa petita familha compausada de duas revistas per mainatges? Aquestas tanben qu’an viscut com an podut. Mes qu’an creishut, qu’an rendut servici. Qu’estón las prumèras d’aquera sòrta, arreviradas en mantuas lengas, e shens eras non i aurà pas tanpauc de politica lingüistica. Quin poderàn dar lectors a l’òbra de Max Roqueta, de Joan Bodon, de Miquèu de Camelat, de Frederic Mistral se n’avem pas hèit vàder l’enveja de léger en occitan de mainatge enlà ?

Donc, se desapareish aqueth jornau qu’ei ua partida deu moviment en favor de la lenga qui desapareisherà tanben. Se’s moreish non serà pas mei criticable. Ua de las soas prumèras qualitats qu’ei d’existir. Que da lo parat, quitament aus lectors critics, de díser au lor entorn : « Òc, qu’existeish un setmanèr en occitan » e d’explicar qu’ei normau de dar a la lenga ua plaça vertadèra e sancèra en la societat, de’u dar lo dret de parlar de tot.

E aqueste jornau, quantas informacions a hèit circular ? Quantas informacions qui an permetut la neishença d’ideas, d’iniciativas, d’accions o de reaccions ?

Un jornau qu’ei en perilh de mort e qu’enteni à díser que de’u sostiéner que poderé anar en contra deu principi d’independéncia redaccionau ! Mes e coneishetz lo nivèu d’independéncia d’un mort ? E sabetz que la linha redaccionau d’un jornau qui no’s publica pas mei ei un cap d’òbra d’independéncia ?

Que i a solucions entà reglar aquera question shens per aquò dar l’estocada a l’independéncia d’un jornau. Que cau sonque aver la volontat de i pensar quauques minutas. Tot aquò que’m hè pensar a çò que disen quauques opausants a tota politica en favor de las lengas ditas regionaus en França. Non hèn pas arren e que recusan lo hèit que son a tuar aqueras lengas en tot preténder que las cau « deishar víver » e qu’arren non las empacha d’existir. Lo « deishar víver » que sembla plan a un « deishar morir ». Deishar morir un jornau en dificultat qu’ei participar a la soa mesa a mort.

Un jornau qu’ei a’s morir shens que sia previst arren entà’u remplaçar. Qu’assegurèi la direccion d’aqueth jornau pendent quinze ans. D’autes que’n prengón la seguida. Los qui l’an conegut deu dehens saben, o deverén saber, l’energia qui caló despensar e los sacrificis qui caló har. Que son tanben annadas d’experiéncia, d’experimentacion e d’innovacion, còps que i a, qui seràn desperdiciadas. Aqueth jornau n’ei lhèu pas un modèle de perfeccion e qu’ac torni díser que coneishi las soas qualitats e los sons defauts. Mes e pensatz que sia possible de denonciar los defauts d’un objècte quan n’existeish pas e de prepausar de’u melhorar s’ei mort ?

Que sabi los mèdias qu’an cambiat hòrt en quauques annadas. Que n’èi viscut las mutacions deu dehens estant e las novèlas tecnologias qu’an hèit evolucionar lo mestièr. Totun lo hons que demora lo medish.

Que doman sia disponible un jornau en occitan sus papèr o numeric n’a pas nada importància, qu’ei sonque ua question de fòrma. Mes çò qui ei indispensable qu’ei d’aver ua equipa de jornalistas entà escríver, entà aver lo temps e los mejans de verificar, crotzar e ierarquizar l’informacion.

Senon que serà lo temps de la rumor, lo deu twitt, deus hialats sociaus dab las lors aproximacions e las lors otranças.

Alavetz, a aqueths qui an lo poder d’empachar aqueth jornau de morir, a aqueths qui semblan non pas saber que la premsa en democracia qu’a tostemps besonh l’ajuda publica** que dau a tornar léger las darrèras linhas de l’editoriau qu’evocavi un pauc abans, deu N°1 d’aqueth jornau, signat de Max Roqueta : « Per un agach total de l’Occitània tota, dins sa vida al quotidian. E jos la lutz de çò que se fai defòra dins l’Euròpa e lo mond. E nòstre astre ne depend. Cal a l’esfòrç qu’aicí s’entemena uoi lo còp d’espatla de totes. Aquel grand pas en davant se deu pas arrestar a mieg camin. Aquí mon vòt per durbir una « Setmana » que deu durar d’ans e d’ans. Se nos volem tirar de l’ombra ont poirissem ».

S’aqueth jornau e’s moresih d’autas realizacions qui poderén seguir lo medish camin. Alavetz meilèu que de’s demandar « de qui serà lo torn ? » que m’estimi mei de pausar la question d’un aute biaish, mei positiu : qué hèm ? e’u dam aqueth còp d’espatla de qui parlava Max Roqueta ?

David Grosclaude

*Aqueth estatut qui correspon a critèris hòrt precís, qu’estó l’objècte d’ua batalha qui durè de 1995 a 2003. Que i a adara un decret qui reconeish que de publicar un setmanèr d’informacion en ua de las lengas regionalas practicadas en França qu’ei un acte d’informacion au medish títol que quan ei ua publicacion en lenga francesa. Aqueth decret publicat en 2003 qu’ei lo resultat de la batalha qui miè aqueth setmanèr, dab lo sostien actiu deus sons lectors, auprès de diferents ministres de la Cultura e de la Comunicacion. Qu’ei Jean-Jacques Aillagon qui’u signè e que demora com lo « decret Setmana » pr’amor a l’epòca qu’èra la sola publicacion pertocada.

**La premsa qu’ei sostienguda au títol de la dfensa deu pluralisme e de la libra circulacion de las ideas. Non i a pas nat jornau d’informacion en França qui non sia pas ajudat . Las ajudas que son multiplas e variadas. Qu’ei lo prètz de la democracia e deu pluralisme. Senon èra atau la premsa que seré sonque au servici de grops industriaus grans o de grans grops de pression. La discriminacion de qui ei la victima un jornau en occitan qu’existeish enqüèra en domenis divèrs, quitament se l’atribueishen en generau las ajudas de dret comun. Mes qu’ei aquò lo resultat d’ua batalha e d’ua mobilizacion de la hòrtas. E qu’ei causa coneguda que çò de ganhat n’ei pas jamei ganhat per l’eternitat. Que i a un risc permanent de har arrepè.

 

 

 

 

Claudi Alranc : a prepaus de la pretenduda descentralizacion culturau A propos de la prétendue décentralisation culturelle

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Un extrèit deu D’Oc Show enregistrat lo 28 d’abriu suu tèma de mai de 68. Las causas n’an pas cambiat en cinquanta ans sus la question de la cultura e deu desequilibri enter París e las regions. Tostemps lo centralisme ; e segon Claudi Alranc dab la complicitat deus notables de noste !

Un extrait du D’Oc Show enregistré le 26 avril sur le thème de mai 68.

Le centralisme culturel est toujours vivant , plus que jamais. Et pour Claude Alranq, homme de théâtre, c’est avec la complicité de nos notables que le système continue à prospérer .

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