Bassin de Lacq : il faut tourner le dos à 60 ans de secret et d’opacité.

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LacIl est temps, pour les emplois, la démocratie et le développement partagé du Béarn, de diffuser une information honnête, et d’ouvrir le débat sur les risques industriels.

Les informations diffusées depuis dimanche par certains médias à propos de Sanofi et d’un rapport de la DREAL, ne sont qu’un épisode de plus dans une série qui risque bien de se prolonger. Des alertes sont lancées depuis de longues années et, à ce sujet, il faut remercier le monde associatif pour son travail.

Mais depuis des années, en réponse à ces alertes, le refrain est le même. On nous dit qu’il n’y a rien à voir, que l’on va faire fuir les industriels, effrayer la population et compromettre l’emploi. Comme si les salariés, les habitants du bassin de Lacq, et au delà, n’étaient pas assez intelligents pour être informés.

Ceux qui jouent le secret ne comprennent rien à ce que doit être une démocratie moderne et un développement économique partagé. Je pense même que ce sont eux qui, en fin de compte, rendent un bien mauvais service à l’emploi.

Il y a quatre ans, en 2014 nous étions cinq élus béarnais (c’est très peu) à signer une lettre à la ministre de la Santé afin de lui demander que soit faite une étude épidémiologique. En effet un document indiquant une surmortalité par cancer venait d’être rendu public. Cette étude est encore dans les limbes… elle se fera peut-être un jour. Je me souviens qu’un élu que j’avais sollicité m’avait répondu que l’on risquait d’effrayer les investisseurs avec cette lettre. Quelle étrange vision des choses !

Depuis toujours je suis convaincu que le culte du secret et le refus de partager l’information est un poison social.

A ne pas vouloir débattre, informer on tue la confiance et on participe à donner de l’industrie chimique une image très négative. On donne des ailes aux rumeurs. C’est la que se trouve le vrai risque pour le développement économique.

Oui, il y a des risques chimiques sur le bassin de Lacq. Non il n’y a pas que de bons élèves, Oui il y a des pratiques d’un autre âge qui mettent en danger la santé des salariés et des riverains. Mais oui, il est possible que les choses changent sans menacer les emplois.

Il faut parler, ouvrir les dossiers, informer honnêtement, et faire ainsi de la vraie prévention des risques.

La classe politique béarnaise doit avoir le courage de tourner le dos à 60 années d’opacité.

Si l’on veut un développement économique partagé par la population il faut arrêter de dire que l’information est nuisible, que ceux qui lancent des alertes et dénoncent le non respect des normes veulent faire disparaître des emplois, ou sont contre l’industrie. C’est faux.

Il faut tourner le dos à 60 années à l’idée que les emplois devraient se payer par une exposition à des risques pour la santé des salariés et des habitants. Nous risquons, à ne pas vouloir évoluer, d’aller vers un conflit artificiel qui opposerait les « pour » et les  contre » l’industrie chimique. Le problème n’est pas là. Nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes tous des consommateurs de chimie, et nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait du travail en Béarn.

Mais ce n’est pas une raison suffisante pour laisser faire n’importe quoi. On n’a pas à choisir entre les emplois d’une part, la sécurité et la santé d’autre part. Il est temps d’ouvrir les dossiers, de débattre, d’informer. Chacun doit savoir ce qui se passe près de chez lui, quels sont les risques et comment s’en prémunir. C’est une question démocratique, économique et écologique majeure.

 

David Grosclaude

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