« La Dintrada » : l’occitanisme politique invitait au débat / L’occitanisme qu’a debatut tota la dimenjada

Dintrada 8

Beau succès pour la première « Dintrada » de l’occitanisme politique ces 5 et 6 septembre. A Port-Leucate les débats ont eu lieu avec près de 150 personnes venues de toutes les régions d’Occitanie mais aussi avec des invités de Catalogne,de Bretagne et d’ailleurs.

Le monde change et les changements vont avoir des conséquences parfois sévères sur le territoire occitan. le changement climatique par exemple qui appelle des mesures concrètes et des changements dans la politique économique, touristique, agricole. Comment gérer les questions démographiques avec l’arrivée de nouvelles populations ?Dintrada 2

Des débats aussi ont eu lieu sur des sujets divers comme ce qui va advenir des régions avec la nouvelle réforme territoriale, sur le fédéralisme, sur l’Europe, sur la Charte européenne des langues, sur les nouvelles formes d’organisation citoyenne…

Parmi les invités Gérard Onesta le candidat aux régionales pour la région qui verra fusionner Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Les convergences de vue sont évidentes entre les occitanistes et les écologistes dit Gérard Onesta en parlant de « valeurs inséparables » et de « pot commun » qui nous vient des batailles passées.

Dintrada 6

Paco Boya, sénateur espagnol représentant le Val d’Aran ( vallée occitane de l’État espagnol qui se trouve sur le territoire de Catalogne ) était aussi parmi les invités. Les représentants de l’Union Démocratique Bretonne ainsi que l’un des conseillers du maire de Grenoble étaient venus participer aux discussions sans oublier Jordi Solé, député européen de l’ALE (Alliance Libre Européenne ) qui venait parler de la situation catalane a quelques semaines des élections catalanes qui se jouent sur le thème de l’indépendance.

Les médias et le centralisme furent aussi un des thèmes de discussion en présence de Jean-François Téaldi, ancien journaliste du service public de télévision et responsable des médias au Parti Communiste.Dintrada 7

Fédéralisme, respect de la diversité des langues et des cultures, comment dans un territoire comme l’Occitanie qui a toujours vu passer des populations de toute l’Europe et du sud de la Méditerranée réagir de façon intelligente et généreuse pour répondre à ceux qui demandent asile en Europe ?Dintrada 4

Prochain rendez-vous important la manifestation de Montpellier le 24 octobre en faveur de la langue occitane et aussi le débat sur la ratification de la Charte européenne des langues. Il faut aller convaincre les députés et les sénateurs de la nécessité de ratifier la Charte tout en l’accompagnant d’une loi qui sera un vrai statut pour les langues.

Rendez-vous a été pris enfin pour l’an prochain pour une nouvelle « dintrada» .

Dintrada 5

Perqué aquesta « dintrada » ?

Perqué pensar que l’occitanisme a besonh d’apregondir la soa reflexion ?

Tot simplament pr’amor lo monde càmbia.

E se lo monde càmbia que càmbia tanben a noste, en territòri occitan.

Quauques exemples de cambiament ?

— Lo cambiament climatic qui serà a noste tanben hòrt important e qui obligarà a cambiaments de comportaments au dia lo dia. L’agricultura que serà tocada , lo biais de consumir l’aiga e de la gerir, l’economia totistica ( la nèu, l’esquí).

— Lo cambiament politic : lo comportament electorau deus occitans ( enténer los qui viven en Occitania qu’a cambiat) dab la creishença de l’extrèma dreta. Perqué aquera creishença ? E i a a noste un terrenh favorable ? ( Maurras e autes). Ei devut aus cambiaments demografics ( envielhiment de la populacion e eliotropisme qui pòrta ua populacion qui se’n ved entà acceptar las influéncias viengudas deu sud, comportament de populacions viengudas deu dehòra e radicalizacion de quauques uns ).

Dintrada 3

— Cambiament demografic ( eliotropisme, Occitania pòrta de l’Euròpa deu sud qui ei pressionada per ua imigracion navèra) . Quin vam respóner a aqueras questions ?

— Cambiament economic : lo territòri occitan, n’ei pas mei lo qui descrivèva l’occitanisme de las annadas 70. Se lo procèssus de desertificacion contunha e quauques endrets la situacion economica qu’ei diferenta dab lòcs de desvolopament de nivèu mondiau mes dab enqüèra nivèus de caumatge superiors a la mejana exagonala e dab nivèus de revienguts qui son en deveth de la mejana.

L’envielhiment de la populacion que contunha

Lo torisme qu’a cambiat mes ei per aquò vadut ua activitat qui profieita au territòri ?

— La situacion lingüistica e culturau qu’ei en degradacion permanenta e regulara. Quinas responsas son estadas portadas ? Qui las pòrta o essaja de las portar ?

— La refòrma territoriau ? Que nos portarà ? Que vòu díser federalisme au dia de uei ?

— Lo centralisme politic segur que contunha d’existir mes n’averem pas totun deishat de costat lo centralisme mediatic ?

— Quina Euròpa e pòt perméter au territòri occitan d’aver ua existéncia ? Quau dèu estar la plaça deus Estats e de las regions, de las comunas e autas collectivitats ? E quan parlam d’Estats de quins Estats e parlam ? Deus Estats de ger o deus Estats qui vòlen néisher ( Escòcia, Catalonha Euskal Herria….) E d’aulhors ei plan utile de véder a espelir navèths Estats ? Quina posicion e pòt aver lo territòri occitan en aqueth contèxte, quin estatut ?

Quina Euròpa e volem ?

Que i a causas qui an cambiat mes que n’i a qui demoran o qui an cambiat sonque en apréncia.

Qu’ei lo cas de la question deus transpòrts. Lo hialat deus trins que coneish ua navèra fasa de centralizacion. Las ligasons Èst-Oèst ( transoccitanas) que demoran complicadas.

Quau ei la plaça deus espacis montanhòus ? ( Pirenèus, Aups e Massís dit centrau ).

Las questions non mancan pas e solide l’objectiu n’ei pas de respóner a totas e d’aver ua recepta entà resòlver totas las questions mes qu’ei d’aver au mensh lo coratge de las pausar com questions qui pertòca l’occitanisme.

Qu’avem solide ua partida de las responsas e, en aqueste periòde de crisi, qu’avem lo dever de pausar las questions en saber que las responsas son complèxas. Que cau lutar contra la resignacion e contra lo simplisme de las responsas populistas.

A nosautes occitanistas de portar quauques començaments de solucion entà un monde mei juste, un desvolopament equilibrat qui prenga en compte los imperatius ecologics, la preservacion e lo desvolopament de la diversitat culturau e lingüistica com element de desvolopament sociau e com empara contra lo totalitarisme.

Quand les médias s’enivrent de leur pouvoir… ou prétendu pouvoir

premsa

La photo à la une de tous les journaux d’un enfant mort noyé sur la plage, gonfle les médias d’un orgueil bien déplacé.

La photo de ce petit garçon ne fait que montrer une réalité tragique qui est connue depuis des mois, voire des années. Nous ne sommes pas dans le cas de figure où il y aurait eu un avant et un après cette photo qui nous aurait permis de dire une fois de plus : «nous ne savions pas ! ». Nous savions, mais nous n’avions pas été touchés ! Aujourd’hui les médias ( cette masse indéfinie qui unit journalisme, communication et politiquement correct, ce cloud pourvoyeur de messages ) s’enivrent de leur pouvoir. Personne ne se demande pourquoi une telle photo n’a pas été publiée avant. Il devait bien y en avoir d’autres ? Pas aussi forte que celle-ci peut-être, mais des morts noyés, des réfugiés en détresse on en a vu depuis des mois ! Alors pourquoi celle-là et pourquoi maintenant ?

La bêtise et le fanatisme meurtrier qui se répandent dans les pays que quittent ceux qui arrivent à nos frontières,  travaillent eux aussi sur l’émotion.

C’est un beau sujet pour un cours de journalisme mais c’est surtout une belle interrogation pour nos démocraties qui se délectent de leur « crise » sans se rendre compte que la crise, dans l’opulence qui reste la nôtre, est bien peu de chose ; presque un caprice de riches. Notre démocratie est en crise ? Mais au moins il y a un objet de crise. Nous nous plaignons et maintenant nous voilà émus ! L’émotion a fait son oeuvre. Nous sommes donc vraiment en crise ! Il aura fallu l’émotion pour que commence à apparaître, à pointer dans nos futures décisions, ( si elles sont prises) un peu de raison.

C’est la lutte des images et un concours d’horreur. Nous faisons la même chose mais avec une bonne conscience qui se drape dans la compassion à bon marché.

La bêtise et le fanatisme meurtrier qui se répandent dans les pays que quittent ceux qui arrivent à nos frontières,  travaillent eux aussi sur l’émotion. C’est la lutte des images et un concours d’horreur. Nous faisons la même chose mais avec une bonne conscience qui se drape dans la compassion à bon marché.

Pourquoi cette photo aujourd’hui ? Voilà la question que les médias devraient se poser avant de se réjouir de leur pouvoir qui aurait fait plier les responsables politiques. Qui les fait surtout, comme disent des commentateurs, prendre la vague de l’émotion de l’opinion. Pardon, mais cette façon de se féliciter de son pouvoir est écoeurante !

Les médias, puisqu’il faut employer ce terme, devraient s’interroger et se demander pourquoi ils n’ont pas utilisé avant leur fameux « pouvoir ». Peut-être parce que ce n’est pas un pouvoir mais juste un « émouvoir ».

Je ne veux pas prier avec les loups.

Certes il y a l’opinion publique qui n’était peut-être pas prête, qui a attendu la fin de l’été et des vacances pour se réveiller. Oui, peut-être. Mais quand on se vante d’avoir du pouvoir on s’interroge toujours sur le moment et le pourquoi de son utilisation. Les médias ne le font pas et de toute façon il n’y a personne pour les critiquer…si ce ne sont les médias eux-mêmes. Voilà les limites du quatrième pouvoir. Il est seul juge de ses règles ; et ces dernières, quand il y en a, sont fixées par lui.

Voilà une belle question pour nos démocraties en crise. Nous débordons d’informations, de chaines en continu, de réseaux sociaux, de moyen de communiquer et nous savons même plus les lire. Nous sommes gavés d’images jusqu’à en vomir. Nous ne savons plus rien digérer.

Je ne donne de leçon à personne. Je suis l’opinion, comme vous. Je savais, comme tout le monde. Sans doute n’avons nous pas osé dire ce qui devait être dit depuis des mois. S’il y a crise c’est celle-là : celle d’une parole qui n’ose pas défier ceux qui n’ont pas compris que nous n’échapperons pas à la prise en compte de ces millions de gens qui n’en peuvent plus. On ne peut pas se réjouir de la vente de nos rafales (ou autres armes) et fermer nos frontières à ceux qui en sont les victimes un jour. Et quand ce ne sont pas nos armes ce sont celles de nos alliés. On ne peut pas se réjouir de la baisse du prix du pétrole et s’étonner que cela provoque des catastrophes chez ceux qui sont pillés.

Nous payons notre fringale de croissance au prix fort ; et d’autres la paient encore plus cher.

De bon sentiments me direz-vous ! Je n’ai rien d’autre aujourd’hui à dire mais je suis sous le coup de l’émotion ; mon émotion est provoquée par l’émotion globalisée, celle qui fait que, parait-il,  nous communions. Je ne souhaite pas communier autour du cadavre d’un enfant. Je ne veux pas prier avec les loups. C’est trop tard. Que ceux qui écriront l’histoire de ces gens échoués sur nos plages ou ecorchés par nos barbelés nous pardonnent. Et maintenant si on arrêtait de s’émouvoir et si on essayait de pouvoir quelque chose pour eux.

David Grosclaude

A Montpelhièr, per la lenga lo 24 d’octobre l’unitat qu’ei ua necessitat absoluda

banderòla

Lo 24 d’octobre se debanarà la grana manifestacion en favor de la lenga occitana a Montpelhièr. Que i serèi e que convidi tots los qui considèran que la lenga a besonh d’estar reconeguda a participar a aquera manifestacion.

Non soi pas shens saber las divergéncias exprimidas per quauques uns a prepaus de la decision suu lòc e la data de la manifestacion. Mes aquò ei pauc de causa comparat dab la necessitat d’unitat.

Lo sol messatge d’aquera manifestacion qui serà retiengut qu’ei lo sostien a la reconeishença de la lenga. E, çò’m sembla, qu’ei l’objectiu de totas las associacions, tots los grops, totas las organizacions e totas la personas qui tribalhan cada dia en favor de l’occitan.

Desempuish 2005 los occitanistas qu’an sabut har véder la lor capacitat de mobilizacion. Deus 10 000 de la prumèra manifestacion a Carcassona en 2005 dinc aus 30 000 de Tolosa en 2012 qu’avem podut préner la pagèra de l’interès que i avèva entà nosautes de ns’amassar atau entà díser la nosta determinacion a obtiéner lo desvolopament d’ua vertadèra politica publica en favor de la lenga occitana.

A maugrat las dificultats de comunicar en los grans mèdias, a maugrat l’espandiment deu territòri occitan qui complica l’organizacion d’ua manifestacion unitària, que son nombrós los qui reconeishen que podón tirar ua energia en aqueths rassemblaments entà poder contunhar lo lor tribalh au quotidian.

Aqueras manifestacions qu’an tanben dat au combat en favor de la lenga occitana un imatge nau. L’occitan qu’ei la lenga dita regionau mei parlada e qu’èra normau de que prengosse la prumèra plaça dens la capacitat de mobilizacion. Qu’avem aviat ua dinamica qui deu seguir.

Organizar ua grana manifestacion cada dus o tres ans qu’ei necessari entà dar arsec e energia a las navèras generacions. Los qui son vaduts desempuish lo començar deu sègle, desempuish 2000, qu’an besonh de sentir que l’occitanisme reivindicatiu no’s limita pas au combat locau. Los joens qui participèn a las manifestacions de 2005, 2007, 2009 e 2012 qu’estón marcats per aqueths eveniments. Que’n tirèn la leçon qui’s resumiva en frasas qui podoi enténer mei d’un còp : « qu’avem sentit que n’èram pas sols ! » o tanben : « qu’avem vist que d’autas personas pertot en Occitània pensans com nosautes » o enfin : « Adara que sabem que son nombrós los qui demandan çò que demandam ».

Legitimar un combat aus uelhs d’aqueths qui seràn los adultes de doman n’ei pas ua petita causa ; que poderem díser qu’ei quitament çò essenciau e necessari.

Comparat dab aquò, las divergéncias de l’occitanisme de uei suu lòc de la manifestacion o sus lo biais de l’organizar, que pesan pauc.

De mei, au sortir de la manifestacion de Montpelhièr, non i aurà pas arrés entà discutir tà saber de qui avèva rason, enter los qui volèvan anar tà Montpelhièr e los qui trantalhavan tà har lo viatge.

La sola informacion interessanta, la sola que l’Istòria e’s brembarà que serà de saber se los occitans seràn estats capables de s’amassar entà defénder la lenga.

Aviadas en disent « Anem Òc ! Per la lenga occitana ! » las prumèras manifestacions que prengón ua color hestiva, qui segón daubuns manquèn, còps que i avèva, de nhac reivindicatiu. Qu’ei ua critica qui’s pòt enténer. Tota critica que’s pòt enténer com tanben la causida deu lòc de la manifestacion mes tot aquò non dèu pas servir d’argument a ua non-participacion.

L’energia despensada en polemicas sus un eveniment qui ei lançat que serà mei plan plaçada en l’organizacion d’eveniments suplementaris qui’s pòden debanar en acompanhament de la manifestacion de Montpelhièr, que sia abans o après lo 24 d’octobre.

Pensem enfin que i aurà çò sembla un debat sus la ratificacion de la Carta europèa de las lengas regionaus o minoritàrias ; que seré triste qu’en circonstàncias atau non i avosse pas milierats de personas per las carrèras de Montpelhièr entà díser un còp de mei : « Anem Òc ! Per la lenga occitana ! » .

David Grosclaude

Charte européenne : la bataille qu’il faut gagner

Carcassona 2009 3Le conseil des ministres a examiné ce matin le projet de loi portant ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires du Conseil de l’Europe

Dans son communiqué la ministre de la Justice, Garde des Sceaux explique :

« Le projet de loi ajoute un article 53-3 à la Constitution qui permet la ratification de la Charte

européenne des langues régionales ou minoritaires. Il tire ainsi les conséquences de la

décision n° 99-412 DC du 15 juin 1999 par laquelle le Conseil constitutionnel a jugé que la

Charte comportait des clauses contraires à la Constitution et que sa ratification ne pouvait

intervenir qu’après révision de la Constitution» .

Ce sera donc le texte qui a déjà été adopté par les députés en janvier 2014 qui servira de texte pour le projet gouvernemental. Les députés s’étaient prononcés a plus de 70% sur cet article 53-3 qui serait ajouté à la constitution. Il ne reste plus qu’à le faire approuver par le Sénat et ensuite de le présenter aux parlement réuni en Congrès. Cela ne se fera peut-être qu’au printemps prochain mais il n’en reste pas moins que la bataille va se livrer dans les derniers mois de 2015. C’est dans cette période qu’il faut arriver à convaincre un maximum de parlementaires, sénateurs et députés, afin que le texte recueille l’approbation des 3/5 des membres du Congrès.

Chaque fois que cette question est entrée dans l’actualité elle a été traitée par les médias qu’ils soient parisiens ou régionaux. Et depuis 1999 la Charte a été souvent évoquée.

A chaque fois il y a eu des caricatures et des attaques infondées sur ce texte, qui d’ailleurs n’étaient que des attaques camouflées contre les mouvements et association de promotion des langues de France. Les insinuations selon lesquelles nous serions, consciemment ou inconsciemment, des ennemis de la République n’ont pas manqué. On les entend à nouveau et on les entendra dans les semaines qui viennent.

Mais la République et ses principes ne sont pas la propriété de tel ou tel et il n’existe pas à ma connaissance de comité chargé de donner des diplômes de républicanisme.

Nous sommes donc des citoyens de la République et nous devons nous faire entendre. Parce que nous faisons nôtres les principes de liberté, d’égalité, et de fraternité et que nous disons que nous pouvons les exprimer aussi dans nôtre langue. Si je dis libertat, egalitat, fraternitat, je me sens tout aussi citoyen de la République que qui que ce soit.

Nous disons aussi que la République ne peut être bâtie sur l’uniformisation linguistique et culturelle. La République doit s’entendre comme un lieu de respect de la diversité.

C’est pour cela que ratifier la Charte européenne des Langues Régionales ou Minoritaires est le minimum que la France doit faire afin de se mettre en conformité avec ses propres principes fondateur et avec son discours sur la scène internationale, là où elle ne manque pas de rappeler son attachement à la diversité culturelle et là où elle invoque l’exception culturelle.

Lorsque j’entends le président du Sénat expliquer que « ce n’est pas le moment » de ratifier cette Charte parce que c’est le moment de « rassembler », évoquant tour à tour la crise économique et les tensions nées des attentats du début de l’année, je m’insurge ; pire je me sens insulté en tant que citoyen que l’on puisse faire le lien entre nos revendications de citoyens et des événements qui sont sans rapport, injustifiables et intolérables. Mis à part une volonté de coller à un certain discours extrême et populiste je ne vois pas l’intérêt de ces amalgames.

Quant à ce qui peut se dire à gauche c’est de la même eau. L’article publié dans le Canard Enchaîné était à cet égard bien pitoyable : un ramassis de fausses informations, de rumeurs et une lecture volontairement biaisée de la Charte.

Nous devons nous mobiliser pour faire ratifier cette Charte et provoquer un vrai débat sur la question des langues. Les dangers pour la République n’existent pas, les risques de voir le conseil municipal de telle ou telle petite commune, obligé de traduire en 75 langues ses décisions est une farce ridicule.

Les responsables politiques qui osent porter ce type d’arguments devant l’opinion se déconsidèrent et jettent le doute sur la sincérité de tout le reste de leur discours, sur tout ce qu’ils peuvent dire à propos d’autres questions.

Il faut aussi lister les autres arguments qui semblent être du bon-sens mais qui en réalité cachent une méconnaissance des questions linguistiques. On entend que l’on « ferait mieux d’enseigner les langues étrangères » parce que « ce serait plus utile ». Tel parlementaire dit qu’il préfère « que sa petite-fille apprenne le chinois plutôt que l’occitan », l’occitan qu’il dit d’ailleurs connaitre lui-même. Comme si d’apprendre une langue empêchait d’en apprendre une autre ? Nous savons que c’est le contraire.

Nous vivons dans un pays dont la culture sur la question des langues est déficitaire. On ne pourrait apprendre une autre langue avant de savoir parfaitement le français. Donc à quel âge pourrait-on commencer à apprendre une seconde langue ? Et que faut-il penser des enfants bilingues ? Voilà ce que nous avons à combattre : l’ignorance sur ces questions qui vient parfois, et même souvent, apporter de l’eau au moulin de ceux qui sont de mauvaise foi.

Nous devons être ensemble pour aller convaincre nos députés et nos sénateurs. Et comme il se trouve que les députés et les sénateurs occitans sont très nombreux, nous avons, nous les occitanistes, une responsabilité très grande.

David Grosclaude

31/7/2015

Pour mémoire voici le texte qui a été adopté par l’Assemblée Nationale le 28 janvier 2014.

Art. 53-3.

La République peut ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée à Strasbourg le 5 novembre 1992, signée le 7 mai 1999, complétée par la déclaration interprétative exposant que :

« 1. L’emploi du terme de groupes” de locuteurs dans la partie II de la

Charte ne conférant pas de droits collectifs pour les locuteurs des langues régionales ou minoritaires, le Gouvernement de la République interprète la Charte dans un sens compatible avec la Constitution, qui assure l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ;

« 2. Le d du 1 de l’article 7 et les articles 9 et 10 de la Charte posent un principe général n’allant pas à l’encontre de l’article 2 de la Constitution, en application duquel l’usage du français s’impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public, ainsi qu’aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics. »

Charte européenne des langues : c’est le moment de convaincre/ Carta europèa de las lengas : que cau convéncer adara !

Le gouvernement étudiera demain vendredi 31 juillet un projet de loi qui devrait permettre la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Lo govèrn qu’estudia doman divés 31 de julhet un projècte de lei qui poderé perméter la ratificacion de la Carta europès de las lengas regionaus o minoritàrias.

Vous trouverez ici un article sur le sujet ainsi que le résumé de la réunion que l’Association des Élus Occitans a organisé le 11 juillet dernier afin de voir avec le monde associatif comment on pouvait lancer une opération de sensibilisation en direction des parlementaires qui devraient être appelés à voter avant la fin de l’année.

L’idea qu’ei d’anar véder tots los deputats e senators entà que sian plan informats de çò que poderé portar la ratificacion de la Carta europès e deus son limits. Que cau tanben lutar contra las informacions faussas qui circulan en har créder que la Carta e pòt méter en perilh la Republica e los sons principis.

L’Association des Élus Occitans fait des propositions pour la ratification de la Charte européenne des langues

Le gouvernement doit étudier ce vendredi 31 juillet un texte présenté par la Garde des Sceaux qui pourrait permettre la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Pour la Charte européenne des langues régionales et minoritaires une action collective doit être mise en place. L’Association des Élus Occitans avait invité à une réunion toux ceux qui souhaitaient en débattre. Voici le compte-rendu de cette réunion qui s’est tenue le 11 juillet dernier à Cazalis en Gironde à la suite d’un conseil d’Administration de l’association.

L’associacion dels Elegits Occitans avait invité le 11 juillet dernier à une réflexion sur ce que pourrait être une action en faveur de la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Cette réunion se tenait à Cazalis en Gironde en présence de quelques élus et d’une cinquantaine de représentants du monde associatif culturel occitan.

Ce débat est à replacer dans son contexte qui est celui de l’annonce faite par le président de la République d’une relance du processus de ratification par la France de la Charte en question. En effet, le président de la République a souhaité au début du mois de juin que la question soit rapidement mise à l’ordre du jour des travaux des parlementaires. Il a demandé à la ministre de la Justice, Garde des Sceaux de rédiger un projet de loi qui pourrait être soumis au Parlement réuni en congrès et qui permettrait de modifier la constitution de façon à pouvoir ratifier la Charte européenne.

François Hollande semble vouloir honorer sa promesse faite en 2012 sur le sujet. Pour cela il a une solution qui serait d’intégrer dans la constitution un article spécifique qui dirait que la France peut ratifier la Charte européenne des Langues Régionales et Minoritaires du Conseil de l’Europe. Cette intégration ne peut se faire que de deux façons : un référendum appelant tous les citoyens à voter sur le sujet ou un vote à la majorité des 3/5 du Parlement réuni en Congrès ( députés et sénateurs ensemble).

La solution référendaire ne semble pas adaptée pour des raisons politiques sur lesquelles il n’est pas nécessaire de revenir ici.

La Garde des Sceaux n’aura certainement que peu de travail pour boucler son texte. En effet, les députés avaient dès le mois de janvier 2014 adopté une proposition de loi qui se présentait sous la forme d’un article unique (53-3) qui serait introduit dans la Constitution et qui permettrait la ratification. Ainsi toute opposition du ConseilConstitutionnel serait contournée puisque le juge suprême ne pourrait pas dire que la Constitution serait contraire à la Constitution. Notons tout de même que la proposition de loi adoptée le 28 janvier 2014 est faite pour rassurer puisqu’elle contient des garanties concernant l’unicité du peuple français et concernant aussi la place du français comme seule langue officielle de la République. Ce texte avait été préparé et présenté par Jean Jacques Urvoas, président de la commission des lois, et il était précédé d’un excellent et complet exposé des motifs.

La Charte européenne pourrait donc être adoptée sans difficulté si l’on en croit le vote à l’Assemblée Nationale de ce mois de janvier 2014 ( 361 pour et 149 contre). Il faudrait trouver une majorité au Sénat de la même envergure pour que le Congrès approuve le texte. C’est un objectif tout à fait raisonnable dans la mesure où le vote des députés a largement fait exploser les clivages partisans classiques. Cette majorité a été obtenue par des voix venue de la gauche, du centre et de la droite.

La réunion du 11 juillet dernier a donc permis de proposer quelques éléments simples de présentation du débat :

— La Charte ne sera pas un élément qui révolutionnera la politique linguistique en France mais sa ratification aura une valeur symbolique forte. Les engagements que prendra la France par cette ratification ne seront pas de nature à mettre en place des choses qui ne se font pas déjà, que ce soit dans le domaine de l’enseignement, des médias ou de la vie publique. Cependant ratifier ce texte sera un message positif envoyé à l’ensemble de la société et surtout un moyen de désamorcer des peurs et des craintes qui entravent souvent la mise en place de politiques publiques en faveur des langues. Il existe des craintes chez certains élus ; tout ce qui touche aux langues est mal connu et certains craignent à tort d’être sur ce sujet hors des limites de la légalité. C’est est un frein à des initiatives simples et tout à fait légales. Il est important de faire sauter ces verrous mentaux, souvent irrationnels et construits sur une connaissance approximative de la réalité législative.

La ratification de la Charte sera le prétexte à un débat sur le sujet des langues et un bon moyen de faire une pédagogie qui manque cruellement en France. Des initiatives prises dans tel ou tel territoire méritent d’être connues et reprises ailleurs. Encore faut-il qu’on les fasse connaitre et que l’on explique leur parfaite adéquation avec la loi et les principes républicains. L’adoption de la Charte européenne peut y aider.

La Charte n’étant pas une fin en soi il est important d’expliquer qu’elle devra être complétée par une législation claire concernant les langues et le droits des citoyens à les apprendre, à les employer et à permettre leur développement. Nous sommes dans le cadre d’une République et dans ce cadre quel meilleur outil que la loi pour ce faire ?

— La nouvelle loi sur l’organisation du territoire ( Loi Notre) donnant la compétence en ce domaine des langues aux diverses collectivités, il est important d’avoir une base légale solide et claire.

La Charte est un moyen pour la France d’envoyer un message à l’Europe et au monde ; un message plus ouvert et plus cohérent sur la question de la diversité linguistique que celui qu’elle à pu envoyer jusqu’à aujourd’hui. On entend par plus de cohérence le fait que le message envoyé à l’extérieur sur le respect de la diversité culturelle s’appliquera aussi aux langues parlées sur le territoire de la République.

Les discussions ont permis de se mettre d’accord sur quelques actions simples :

1) Il est important que les associations, les organisations diverses ainsi que les élus des collectivités qui souhaitent que la Charte soit ratifiée, aillent rencontrer les parlementaires de leurs territoires. Il s’agit bien de rencontrer ces députés et sénateurs en sollicitant une entrevue et en demandant à ces parlementaires de voter en faveur de la ratification. Cette démarche doit se faire de façon collective afin de bien montrer que dans chaque territoire ceux qui souhaitent la ratification sont nombreux.

2) Ces entrevues doivent être préparées et la presse doit en être informée. Un texte proposé par l’Association des Élus Occitans sera disponible comme base afin de permettre à chacun de développer les arguments en faveur de la ratification de la Charte. Nous sommes des citoyens de la République et nous sollicitons nos représentants afin que nous puissions donner à notre langue, patrimoine de la France, le droit de se développer.

3)Un deuxième texte sera proposé ; ce sera un exemple de motion ou de voeu qui pourra être envoyé à des élus afin qu’ils le présentent dans leurs assemblées et qu’ils le fassent adopter. Si des conseils municipaux, départementaux et régionaux votent une motion ou un voeu en faveur de la ratification, ce sera un encouragement supplémentaire adressé aux parlementaires et un moyen de médiatiser la question.

4) Il serait judicieux que des entrevues soient sollicitées au moment des universités d’été des partis politiques afin de rencontrer les dirigeants de ces partis. De la même façon une rencontre au moment des journées parlementaires organisées par les différents partis serait bénéfique. Le mieux serait que ces rencontres soient demandées par un groupe représentant les diverses langues, par une coordination des langues.

Pour information voici le texte qui a été adopté par l’Assemblée Nationale le 28 janvier 2014. Il n’a pas été transmis au Sénat mais pourrait servir de base à un projet de loi constitutionnelle. Il semblerait logique que la Garde des Sceaux s’en inspire largement pour répondre à la demande du président de la République puisque ce texte a été largement approuvé par les députés. IL pourrait trouver la majorité requise dans le cas d’une réunion du parlement en congrès.

Rappelons que la France a signé ce texte en 1999 mais que depuis il n’a jamais été ratifié. Le Conseil Constitutionnel avait été saisi et avait considéré que certains éléments de la Charte étaient contraires à la loi fondamentale. Le texte qui suit tient compte de cela et propose une « déclaration interprétative » faite pour éviter cet écueil.

Art. 53-3.

La République peut ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée à Strasbourg le 5 novembre 1992, signée le 7 mai 1999, complétée par la déclaration interprétative exposant que :

« 1. L’emploi du terme de groupes” de locuteurs dans la partie II de la

Charte ne conférant pas de droits collectifs pour les locuteurs des langues régionales ou minoritaires, le Gouvernement de la République interprète la Charte dans un sens compatible avec la Constitution, qui assure l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ;

« 2. Le d du 1 de l’article 7 et les articles 9 et 10 de la Charte posent un principe général n’allant pas à l’encontre de l’article 2 de la Constitution, en application duquel l’usage du français s’impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public, ainsi qu’aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics. »