L’Office Public de la Langue Occitane/ L’Ofici Public de la Lenga Occitana

Neishença de l’Ofici Public de la Lenga Occitana

Lo Conselh Regionau d’Aquitània qu’a adoptat uei, 23 de junh, la deliberacion qui permet de crear l’Ofici Public de la Lenga Occitana. En fin de setmana, lo Conselh Regionau de Mieidia-Pirenèus que deu estudiar e adoptar lo medish tèxte.

Las duas deliberacions que permeteràn de har espelir un organisme comun a las duas regions qui aurà per objectiu de definir ua politica publica en favor de l’occitan. Aqueth tribalh que’s harà en relacions dab las autas collectivitats (comunas, intercomunalitats e departaments) e dab lo monde associatiu.

L’Ofici Public de la Lenga Occitana qu’ei constituït sonque de regions. Peu moment que son duas e lèu d’autas regions que deverén arribar au Conselh d’Administracion. Negociacions que son estadas aviadas dab l’Estat entà que, eth tanben, vienga a l’entorn de la taula.

L’objectiu qu’ei de poder amassar lèu cinc regions (Lemosin, Ròse -Aups e Lengadòc-Rosselhon an participat a las discussions per la constitucion) e l’Estat.

Qu’ei un eveniment istoric per la lenga occitana pr’amor qu’ei lo prumèr còp qu’un organisme public aurà per mira prumèra de definir ua politica lingüistica publica.

L’OPLO que serà un interlocutor a disposicion de tots los qui auràn per volontat d’ajudar lo desvolopament de la lenga e de la soa preséncia en la societat.

En adoptar aquera deliberacion, la Region Aquitània qu’obreish un periòde navèth en l’istòria de la politica en favor de l’occitan. La lenga occitana, lenga mei importanta deu punt de vista numeric au demiei de las lengas ditas regionaus en França, qu’aurà d’ara enlà un lòc d’elaboracion de la politica qui poderà perméter d’anar cap a la formacion de locutors complets. L’OPLO que darà prioritat a las joenas generacions, portairas de l’aviéner de la lenga.

 

Naissance de l’Office Public de la Langue Occitane

 

Le Conseil Régional d’Aquitaine a adopté à l’unanimité aujourd’hui, 23 juin, la délibération qui permet de créer L’Office Public de la Langue Occitane. En fin de semaine le Conseil Régional de Midi-Pyrénées doit étudier et devrait adopter le même texte.

Les deux délibérations permettront de faire naitre un organisme public commun aux deux régions qui aura pour objectif de définir une politique publique en faveur de l’occitan. Ce travail se fera en relation avec les autres collectivités (communes, intercommunalités, départements) et en relation avec le monde associatif.

L’Ofici Public de la Lenga Occitana/ Office Public de la Langue Occitane est constitué de régions. Elles seront deux pour commencer et rapidement d’autres régions devraient venir autour de la table, dans le conseil d’administration. Des négociations ont aussi été entamées avec l’État pour qu’il fasse lui aussi partie de l’OPLO. L’objectif est de pouvoir rassembler autour de la table et au plus vite cinq régions (Limousin, Languedoc -Roussillon et Rhône-Alpes ont participé aux discussions sur la constitution de l’OPLO), et l’État.

La création de l’OPLO est un événement historique pour la langue occitane puisque c’est la première fois qu’un organisme aura pour objectif de définir une politique linguistique publique.

L’OPLO sera un interlocuteur à disposition de tous ceux qui auront la volonté d’aider le développement de la langue et sa présence dans la société.

En adoptant cette délibération la Région Aquitaine ouvre une voie nouvelle dans l’histoire de la politique en faveur de l’occitan. La langue régionale de France la plus parlée et la plus étendue aura désormais avec L’OPLO un outil qui travaillera pour l’avenir. Il se tournera en priorité vers les jeunes générations, porteuses de l’avenir de la langue.

Débat sur la réforme des collectivités territoriales Conseil Régional d’Aquitaine/CESER à Sciences-Po Bordeaux

VIntervention du Groupe Europe Ecologie – Les Verts

Plénière extraordinaire sur la réforme territoriale

 

Chers collègues, mesdames et messieurs les représentants du CESER,

 

Nous sommes d’accord sur le principe d’une réforme et pour que les régions en soient la base. L’opinion le demande. La réforme doit être ambitieuse ; plus ambitieuse, en tout cas, que le projet de loi qui nous est proposé. A vouloir faire trop vite, on fait mal !

 

Des cartes ont été publiées dans la presse, nombreuses, contradictoires. On a l’impression que l’avis des populations et des élus ne compte pas. On crée ainsi encore plus de distance entre les citoyens et les responsables politiques.

Tout cela est contreproductif : au lieu d’un vrai débat sur la régionalisation, sur la façon de redonner un souffle à la démocratie, on est passé à une empoignade sur des découpages hasardeux. Certains médias n’ont d’ailleurs pas tardé à caricaturer l’affaire, laissant entendre que les collectivités territoriales c’est Clochemerle et compagnie…

 

Cette réforme est œuvre purement bureaucratique, agrémentée d’impréparation, de parisianisme et d’une pointe de condescendance. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que des idées caricaturales progressent, selon lesquelles les collectivités territoriales seraient responsables d’une prétendue dérive de la dépense publique. Ne le laissons pas croire !

Ne laissons pas croire non plus qu’une réforme territoriale bâclée serait une solution économique miracle. Cette réforme peut être un outil à condition de bien comprendre que le dynamisme régional, la capacité à innover, sont aussi des facteurs humains, historiques et culturels. Une vision «économiciste » et purement technocratique de la régionalisation ne règlera rien.

 

Nos priorités

 

La question de la taille des régions n’est pas la question la plus importante. Il faut avant tout définir clairement des points essentiels : les pouvoirs de la région, ses moyens budgétaires, ses ressources fiscales.

 

— Il faut définir la capacité de la Région à prendre des initiatives. Cela devra aller jusqu’à un pouvoir réglementaire et d’adaptation législative, avec un droit d’initiative et bien sûr de nouveaux domaines de compétences. Dans ce cadre, la clause de compétence générale doit être maintenue afin que les compétences des collectivités ne soient pas « saucissonnées ». La transversalité plutôt que le parallélisme, tel est notre choix.

La région devra disposer selon nous de moyens budgétaires beaucoup plus importants qu’aujourd’hui. Les dotations ne peuvent rester le seul moyen de financer nos politiques régionales. Des ressources fiscales propres et une fiscalité dynamique sont indispensables. Les élus régionaux doivent en être responsables devant aux citoyens. Ce serait un progrès pour la démocratie locale.

Un système de solidarité-péréquation est nécessaire afin que les écarts entre régions pauvres et régions riches ne s’aggravent pas, ni au niveau français ni au niveau européen.

 

La prise en compte des territoires infrarégionaux est essentielle. L’effacement des départements doit permettre la naissance de « pays », des bassins de vie qui peuvent être constitués des nouvelles intercommunalités. La commune doit continuer d’exister comme première collectivité de proximité.

 

Profitons de cette loi pour améliorer la qualité de la démocratie avec une généralisation du mode de scrutin proportionnel, l’application du non cumul des mandats, et la création d’un véritable statut de l’élu. Profitons de cette réforme pour améliorer la qualité des services publics. Saisissons l’occasion pour renforcer la construction européenne : nous sommes favorables à une Europe des régions. N’oublions pas le développement des coopérations transfrontalières.

L’État doit aussi se réformer. Son administration doit elle aussi, se réorganiser, se simplifier.

 

Quelle architecture institutionnelle ?

 

Cela nous amène à faire des propositions pour une nouvelle architecture institutionnelle. Nous proposons que la région fonctionne avec deux assemblées afin que tous les territoires soient bien représentés, notamment les territoires ruraux, et afin d’améliorer la démocratie.

Nous souhaitons d’une part une assemblée citoyenne élue dans une circonscription régionale unique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, d’autre part une assemblée représentant les territoires (les « pays», les nouvelles intercommunalités) issue, elle aussi, d’un vote de tous les. Le gain démocratique est évident.

Ces deux assemblées, élues à la proportionnelle, seront sur un pied d’égalité et géreront les affaires de la région. Elles éliront un exécutif, distinct du bureau des assemblées, qui constituera gouvernement régional responsable devant les assemblées.

 

La simplification sera au rendez-vous. L’Aquitaine compte aujourd’hui cinq assemblées départementales et un conseil régional. D’un total de six assemblées, on passerait à deux assemblées seulement, avec un véritable gain démocratique et une compensation intelligente de la perte des conseils départementaux.

 

Quel avenir pour cette réforme ?

 

Pour nous, l’essentiel du débat réside dans les compétences et les moyens des régions. On peut s’interroger sur le rôle des métropoles. Leur création est le résultat d’une logique économique de concentration et de compétitivité. Quelle réponse peut-on apporter, avec une telle architecture, aux interrogations voire aux angoisses des populations rurales ? C’est pour cela que nous insistons sur le rôle des communes, des pays et sur la qualité des services publics.

 

Quant à la carte des régions, sujet très médiatisé, c’est selon nous un sujet secondaire. Nous regrettons que le redécoupage ne soit que le fruit de négociations et d’arbitrages entre les grands élus, le gouvernement et la haute administration. Ce redécoupage doit au contraire prendre en compte le point de vue des populations, des forces vives de la société civile et des assemblées élues. Sans consultation citoyenne, la réforme ratera sa cible. On peut imaginer une consultation sur des projets précis de fusion.

 

La taille des régions est-elle un critère pertinent : il faut garder à l’esprit que sur-dimensionner une région peut porter préjudice à la volonté initiale, qui est de faire des économies.

Se limiter aux frontières actuelles des régions (fusion bloc par bloc) est réducteur. Il faut pouvoir aller plus dans le détail quand la demande émane du terrain. Enfin, les critères de redécoupage doivent être géographiques, économiques, sociaux, culturels, historiques. En conséquence nous ne ferons pas l’économie d’un débat sur la demande d’une collectivité territoriale spécifique au Pays Basque.

 

 

Pour le groupe Europe Ecologie – Les Verts

Bernard Péré, Président du groupe – 06 74 19 84 43

David Grosclaude, Conseiller régional – 06 45 59 46 66

Les leçons de l’Histoire ! Las leçons de l’Istòria (bilingue)

On ne peut tirer des leçons que de ce que l’on connait. Si tous les électeurs ne connaissent pas l’histoire du siècle passé au point de comprendre les similitudes avec la situation actuelle, les responsables politiques sont impardonnables de ne pas la connaitre et de ne pas réagir plus vite.

Las leçons de l’Istòria ! Òc per los que vòlon plan prendre la pena de conéisser l’istòria. Lo vòte en favor de l’extrèma dreta nos met davant una situacion que lo sègle passat nos prepausèt ja. La classa politica a una responsabilitat de las grandas dins aquel afar. Subretot que, tre lendoman de las eleccions europèas, un gran partit prepausèt un espectacle pietadós. D’autres o faguèron abans e son de l’autre bòrd. Son d’argupments de mai per l’extrèma dreta.

Segur cal prepausar de solucions novèlas per las questions economicas (donc ecologicas) e las questions socialas. Benlèu poiriam tirar profièit de la reforma territoriala per cambiar un sistèma que favoriza la dramatizacion de cada eleccion locala e subretot que dona a cada còp l’ocasion als electors de votar contra lo cap de l’executiu mentre que la question es pas aquesta.

 

Le Choc ! C’est ce que la presse a dit. Mais depuis le temps que l’on en parle et que l’on sait que le mur est là, devant nous, on aurait pu ou dû s’y préparer. Mais est-il possible de se préparer à voir les idées simplistes gagner l’opinion sans se demander à quel moment on a oublié de dire des choses basiques. Visiblement les leçons de l’histoire ne suffisent pas. Il est vrai qu’il faut connaitre l’histoire pour en tirer les leçons. Pourtant elle est simple : chaque fois qu’une crise économique arrive, elle a les mêmes effets. Elle aggrave les injustices et les rend encore plus insupportables. Mais chaque fois les solutions simplistes se font passer pour du bon sens, à chaque fois on désigne des bouc-émissaires.

 

Le bon sens et le mélange mortel

 

Il se trouve aussi qu’à chaque fois des millions de personnes ont envie qu’on leur dise ce qu’elles souhaitent entendre. A chaque fois il y a des responsables politiques pour le leur dire : « Il faut faire des efforts », « la croissance va revenir ! » « Il faut relancer la croissance ! » etc… Et comme les voeux pieux ne suffisent pas , que les remèdes d’autrefois ne fonctionnent pas, il se trouve qu’arrivent ensuite ceux qui expliquent que le bon sens nous dit que le salut viendra d’un bon repli sur soi, qu’il faut chercher le mal chez ceux qui viennent d’ailleurs, que sans ceux-là tout ira mieux…

Vous ajoutez la petite dose d’antiparlementarisme qui vient pimenter le tout. N’oubliez pas la maladresse d’un système déboussolé qui n’arrive pas à se réformer et qui offre ainsi quelques scandales politico-financiers qui accréditent le fameux « tous pourris ». Voilà, le mélange mortel est prêt.

 

Je crois qu’il y a de la morbidité depuis quelques années dans la société, comme une envie de chaos. Cette envie elle est toujours diffusée par ceux qui pensent tirer profit de ce chaos, qui imaginent que de lui peut venir leur salut, leur chance. C’est le calcul des médiocres. C’est la théorie du « grand coup de balai ». Rien que cette expression soulève pour moi des effluves nauséabondes.

La classe politique doit certes commencer par balayer devant sa porte. Ce sera salutaire. Elle doit avoir le courage de dire ce qui n’est pas facile à entendre, même par elle. Non la croissance ne reviendra pas comme avant. Non, la question du chômage ne se résoudra pas avec les recettes d’hier. Non, la société de consommation que nous avons inventée ne peut combler toutes les insatisfactions. Oui il va falloir consommer autrement —et parfois moins— et il va falloir partager. Oui, certaines situations d’enrichissement qui font enfler le sentiment d’injustice, sont inacceptables et intolérables.

Mais oui aussi, nous devons reconnaitre que nous ne sommes pas les plus mal nourris, les plus mal logés, les plus maltraités sur la planète. Non, la compétition dont on nous rebat les oreilles ne se fera pas sans qu’il y ait des perdants et donc d’autres insatisfactions. Non, l’exportation, n’est pas la solution parce que la logique veut que les pays ne peuvent être tous excédentaires en même temps.

Il faut donc inventer autre chose. La solution ? Elle ne se trouve pas aujourd’hui dans les programmes des partis politiques installés. Elle n’est pas non plus chez ceux qui pensent avoir gagné hier.

Elle est ailleurs, éparpillée, éclatée. Il faut trouver le moyen d’agréger tout cela, d’en faire un programme cohérent, un projet identifiable.

Cependant me faites pas dire que les partis ne servent à rien. Ils sont en crise mais on finira par les réinventer parce qu’il n’y a pas de démocratie sans structuration des courants d’opinion. Mais tout cela demande des règles nouvelles, notamment un statut de l’élu, un vrai contrôle du cumul et des mandats successifs.

 

« On a tout essayé alors pourquoi pas eux ! »

 

Il ne faut surtout pas accepter l’idée que les solutions aux difficultés actuelles viendront seulement après qu’on ait essayé les solutions dont l’histoire nous dit qu’elles apportent la tempête. Se résigner, c’est accepter la morbidité dont je parlais. Il y en a assez d’entendre les médias banaliser l’extrême droite en diffusant de façon complaisante des micro-trottoir où l’on dit : « on a tout essayé, ça n’a pas marché, alors maintenant on peut bien essayer ceux-là ! ».

S’il est vrai que c’est dans la crise que l’on trouve parfois de nouvelles voies, des solutions audacieuses, que c’est dans la crise que notre imagination se surpasse, il serait préférable d’éviter la crise majeure et d’aller au fait, tout de suite.

Mais ça ne se fera pas en un coup de baguette magique. Cela aussi il faut le dire.

Nous devons en plus prendre en compte les blocages spécifiques à notre pays. On nous dit que la réforme des collectivités va venir très vite. Tant mieux si elle est audacieuse, intelligente, concertée.

Parce que le centralisme est un facteur bloquant supplémentaire à toute innovation économique, sociale, écologique, culturelle. Mais là aussi la classe politique dans son ensemble va devoir faire des efforts.

En effet, quand on écoute les commentaires autour de l’élection européenne, autour de la crise dans tel ou tel parti, on ne se préoccupe que de la future élection présidentielle en se demandant qui sera bien placé en 2017. Curieux paradoxe alors même que l’on disserte sur l’incapacité du même président à influer sur les réalités concrètes.

 

Ne pas polluer l’Europe avec nos idées monarchiques

 

 

Il faut des lieux de décision plus nombreux, plus variés. Il faut des contre pouvoirs. Il faut lâcher la bride aux régions et leur donner les moyens de construire des solutions plus adaptées au terrain dans tous les domaines.

Mais si la classe politique doit être innovante les citoyens doivent aussi se libérer de cette monarchie républicaine qui fait que chacun croit ( ou fait semblant de croire) qu’il y a un homme providentiel, un monarque inspiré qui peut sortir du suffrage universel une fois tous les cinq ans. Rien ne nous paralyse autant que ce rythme électoral, cette obsession présidentielle.

Je plaide pour que l’on dédramatise les élections et qu’on les désacralise. Je ne suis pas et n’ai jamais été favorable à une élection d’un président au suffrage universel ; pas plus en France qu’en Europe. N’allons pas polluer l’Europe avec cette idée monarchique !

Dédramatiser les élections c’est répartir le pouvoir et faire en sorte qu’il n’y ait pas une bataille électorale qui noie les autres. En clair, si les régions peuvent élire leurs assemblées et si on ne choisissait pas la même date pour toutes les élections régionales on décollerait ces scrutins des autres considérations. En Espagne toutes les communautés autonomes ne votent pas en même temps.

D’avoir collé le mandat présidentiel à celui des députés est une erreur. On connait les effets pervers de la chose. Quel paradoxe alors même que l’on prétendait donner plus de pouvoir au Parlement.

Notre système fait que chaque élection locale ou régionale se transforme en référendum sur la politique (au mieux) ou sur la personnalité (au pire) du monarque. Et alors tout bascule d’un côté ou de l’autre. Mais si l’on votait de façon décalée dans les régions par exemple, l’effet ne serait pas le même et la dramatisation ne serait pas celle que l’on connait.

Il y aurait aussi un autre effet très positif pour la démocratie. Les médias parisiens ne seraient pas aussi omnipotents. Il faut décentraliser aussi la parole.

Une élection régionale à enjeu régional nous libérerait de ce poids médiatique centralisé. Le système médiatique centralisé ne voit que par l’activité ou les tribulations de la classe politique centrale. Et c’est sans compter la condescendance, pour ne pas dire le mépris, dont les médias parisiens font preuve avec tout ce qui touche à la « province ». Ecoutez ce qui se dit sur le débat autour du découpage régional !

Il faut créer les conditions d’émergence de vrais médias locaux et régionaux, lieux de débats et d’expression des territoires. Ils n’existent pas chez nous.

Créer un pouvoir régional, avec les contrepouvoirs nécessaires est indispensable pour équilibrer le pouvoir central et le pouvoir de l’Europe.

Certes la mise en place d’un pouvoir régional n’est pas le remède miracle à la montée des idées de l’extrême droite mais ça peut aider à éviter qu’un jour tout bascule du même côté, en même temps.

 

La votz de França

 

Vòli acabar sus una remarca pertocant los comentaris de qualques responsables politics en sortir de las eleccions europèas. Ai ausit de responsables franceses de partits de dreta e d’esquèrra que disián que crentavan per la representacion de França al Parlament europèu. Pensan que, amb un FN a 25 % França serà pas ausida a Brussèlas e al Parlament europèu. An paur que la votz de França sia pas pro fòrta.

Mas aquí tanben sèm dins l’analisi falsa de las realitats. Los eurodeputats son pas elegits per representar los interèsses dels Estats mas per far de politica al nivèl europèu e per èstre de parlamentaris europèus. Lor preocupacion dèu èstre l’avenir d’Euròpa e la mesa en plaça d’una legislacion europèa. Un còp de mai aqueles arguments sul pes de França a l’Euròpa pòrtan d’aiga al molin dels ultranacionalistas.

 

BASTIR ! contunha lo son tribalh e los elegits occitanistas s’organizan / BASTIR ! continue et les élus occitanistes s’organisent

 

Résumé

Ce dimanche17 mai à Muret BASTIR ! a décidé de poursuivre son travail. Après les élections municipales qui ont permis de voir l’élection de 55 élus qui se revendiquent de BASTIR ! le mouvement a décidé de rester actif afin de permettre que la question occitane soit toujours plus présente dans la vie publique. BASTIR ! reste un mouvement social dans lequel se retrouvent des personnes de sensibilité politique diverses et qui acceptent comme base le texte du Manifeste Occitaniste.

BASTIR ! se donne pour objectif de travailler à une réflexion sur la future réforme des collectivités et sur les futures élections territoriales de façon à ce que des candidats occitanistes soient présents, comme cel a été fait pour les municipales.

A côté de BASTIR ! et de façon indépendante du mouvement travaillera une association des élus occitans. Créée sur la base de l’ancienne association ACEOC, cette association sera ouverte à tous les élus qui souhaite que soit mise en place une politique publique en faveur de la langue occitane.

l’association des élus sera ouverte aux diverses sensibilités politiques et aux élus des diverses collectivités ainsi qu’aux parlementaires.

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En seguida de las eleccions municipaus deu mes de març passat qu’èra organizada aqueste dimenge 17 de mai, a Murèth, ua amassada de BASTIR ! e deus navèths elegits municipaus entà parlar de l’aviéner de Bastir ! e tanben de la futura associacion deus elegits occitanistas.

Un cinquantenat, de personas, au demiei de lasquaus la mitat d’elegits, qu’a tribalhat lo matin entà har lo bilanç de las municipaus e de BASTIR !

Qu’ei l’adjunta au maire de Murèth qui arcuelhó oficiaument l’amassada. Que cau senhalar que ua conselhèra municipau de BASTIR ! qu’ei presenta dens l’equipa municipau de la vila. En tot mei de 120 candidats èran estats labelizats BASTIR ! e 55 son estats elegits.

Desempuish que son estats mantuns elegits municipaus, qui n’avèvan pas lo labèl de BASTIR ! a demandar se podèvan participar au tribalh comun qui’s harà en l’associacion deus elegits occitans. Quauques uns qu’èran d’aulhors presents a Murèth. Un vintenat d’elegits qu’avèvan hèit saber que non podoren estar presents fisicament mes qu’èran part-prenents a la seguida deu tribalh començat abans las eleccions.

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Dus talhèrs

Lo vrèspe, que son estats mes en plaça dus talhèrs. Lo prumèr qu’èra consacrat a la seguida deu movement BASTIR ! e lo segond a l’estructuracion de l’associacion deus elegits.

Per çò qu’ei de BASTIR ! qu’estó decidit de contunhar lo tribalh entamenat. Que significa que BASTIR ! en tant que movement ciutadan ubèrt, que contunharà d’existir. Qu’ei hèit entà arcuélher tots los qui, en acòrd dab lo tèxte basic deu Manifèste Occitanista, e desiran seguir lo tribalh de reflexion sus la preséncia de l’occitanisme dens lo domeni politic au sens larg deu mot.

BASTIR ! que demora donc un lòc de reflexion e de concertacion ubèrt qui n’ei pas un partit politic mes un movement sociau.

Que tribalharà per l’aviéner sus dus tèmas màgers.

Lo prumèr qu’a per mira de soscar e de har proposicions sus la question de la refòrma territoriau anonciada peu govèrn. BASTIR ! que deu portar ua espiada e ua analisi occitanista d’aqueth projècte. Qu’ac harà pro rapidament gràcias a çò que portaràn tots los qui volhan participar a la reflexion sus aquera question centrau entà l’aviéner de las collectivitats deu territòri occitan.

La segonda question a laquau tribalharà lo movement que serà d’aprestar la preséncia de candidats occitanistas, labelizats BASTIR!, per las eleccions territoriaus a viéner. Segur, vist lo contèxte politic, non sabem pas enqüèra çò que seràn aqueras eleccions ni quan se debanaràn. Totun que cau, en la dralha de çò hèit per las municipaus, pensar a recercar lo biais d’estar presents en aqueths escrutins e perméter l’emergéncia d’un grop d’elegits occitanistas.

BASTIR ! que seguirà de foncionar dab comitats locaus ubèrts (qui son lòcs de discussion tau com foncionèn per la municipaus) e un comitat de pilotatge nacionau compausat de tretze personas qui coordonan las accions e los debats, en tot respectar ua hòrta autonomia deus grops locaus.

Associacion deus elegits

Lo segond talhèr de la vrespada que tribalhè sus la question de l’associacion deus elegits. Que’s tròba que, dempuish 1999, qu’existeish l’ACEOC (Associacion dels conses e elegits occitans). Aquesta associacion n’a pas dempuish quauques annadas de vertadèra activitat mes qu’a tostemps ua existéncia legau e estatuts depausats.

Qu’estó prepausat d’organizar per las setmanas qui arriban (segurament a la fin de l’estiu) ua amassada generau de l’ACEOC entà prepausar de la cambiar en Associacion deus Elegits Occitans a laquau e s’associaràn los navèths elegits gessits de l’escrutin de març

L’associacion que serà ubèrta a tots los elegits occitans, que sian estats labelizats per BASTIR ! o pas. Qu’arcuelherà tots los elegits quau que sia la lor etiqueta, dab resèrvas taus qui non son pas respectuós deus principis republicans e de tolerància en conformitat dab las valors qui pòrta la cultura occitana. Los elegits municipaus que seràn segurament los mei nombrós mes l’associacion que serà ubèrta a tots los elegits que sian conselhèrs generaus, regionaus o parlamentaris.

La volontat qu’ei tanben d’arcuélher los elegits de tot lo territòri occitan, çò que significa que serà ubèrta aus aranés e aus de las valadas italianas.

L’associacion deus elegits occitans que deu estar ua estructura d’escambis enter elegits qui vòlen tribalhar en favor de la lenga e de la cultura occitana. La mesa en plaça d’ua politica publica en favor de la lenga qu’ei l’objectiu marcat dens los estatuts de l’associacion. N’aurà pas a har nada intervencion dens lo domeni electorau o partisan. Que volerà miar accions de sensibilizacion e d’intervencion auprès deus poders publics e tanben prepausar conselhs e ajuda a aqueths qui voleràn méter en plaça en la lor collectivitat ua politica publica en favor de l’occitan.

Dab aquera jornada de Murèth BASTIR ! qu’a provat la soa capacitat a perméter lo dialògue enter personas qui an sensibilitats o apartenéncias politicas divèrsas mes qui son unidas per la volontat de dar a l’occitanisme un lòc de reflexion e de coordinacion tà har entrar la question occitana en la vita publica.

 

Régions : peu importe la taille, il leur faut du pouvoir

(tribune proposée à la presse le 14 mai 2014)

Une réforme des collectivités est indispensable. Voilà des années que l’on se cherche des prétextes pour ne pas la faire. Souhaitons qu’on y parvienne enfin. Pour cela il faut prendre les choses dans l’ordre. Le sujet n’est pas la taille des collectivités, mais leur pouvoir. Le redécoupage c’est secondaire.

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Au mois d’octobre 2012 Marylise Lebranchu était venue s’exprimer à Lyon devant le congrès de l’Association des Régions de France. On croyait la régionalisation en marche…depuis peu de choses ont changé (Photo DG)

 

 

Il faut renforcer le pouvoir des régions. Elles doivent disposer de rentrées fiscales. Aujourd’hui l’État leur distribue de l’argent sous forme de dotations. Ce n’est pas sain et ce n’est pas démocratique. Les régions doivent être responsables devant les citoyens-contribuables de ce qu’elles dépensent. L’État doit prélever moins d’impôts et céder une partie du droit à lever l’impôt aux collectivités, et en premier lieu aux régions. Ainsi les élus locaux auront la responsabilité de l’argent qu’ils dépensent et en rendront compte aux électeurs. La démocratie c’est cela. Aujourd’hui les élus régionaux et locaux ne décident de rien ou presque en matière fiscale.

 

Une solution originale

 

Pou être efficaces les régions doivent avoir des moyens financiers et de vrais pouvoirs : réglementaires, d’adaptation législative, un droit d’initiative, d’expérimentation et bien sûr de nouveaux domaines de compétences. Dans ce cadre, celui d’une régionalisation forte, la clause de compétence générale doit être maintenue.

Il faut réduire le nombre de collectivités. S’il faut supprimer le département il faut trouver un moyen pour que tous les territoires soient représentés par des élus. Il existe des solutions et nous sommes quelques uns à réfléchir à une architecture originale du pouvoir régional pour que les territoires ruraux par exemple, ne soient pas oubliés. Nous proposons, notamment avec Gérard Onesta, ancien vice-président du parlement européen, qu’il y ait deux chambres régionales. On aurait ainsi, au niveau régional, une chambre citoyenne et une chambre représentant les territoires. Ceux-ci pourraient être des « pays » ou si l’on veut des intercommunalités. Cela permettrait de réduire le nombre d’assemblées. En Aquitaine de six assemblées (cinq conseils généraux et un conseil régional) on passerait à deux. La réduction du nombre d’assemblées serait donc très significative en France.

 

Pas un problème de taille

 

La taille des régions est-elle en cause ? Les régions actuelles sont de taille tout à fait normale en Europe. Ce qui compte c’est le pouvoir, les moyens d’entreprendre. A cela il faut ajouter la solidarité entre régions et territoires par un système de péréquation qui doit s’organiser au niveau français et européen.

S’il faut redécouper, on redécoupera, mais pas n’importe comment ! Entre ceux qui se la jouent façon technocratique depuis leurs bureaux parisiens et ceux qui dénoncent de façon caricaturale le retour à l’ancien régime, il y a de l’espace pour des régions cohérentes sur le plan économique, culturel, historique et géographique.

Je m’étonne de ne voir que l’hexagone dans la plupart des cartes proposées. Si l’on montrait cet hexagone dans une carte globale de l’Europe des régions on verrait que la taille de nos régions est plus européenne que certains le disent. Et d’ailleurs peut-on ignorer dans ce travail de redécoupage la question des relations transfrontalières ?

 

Et l’État ?

 

L’État doit lui aussi faire un effort. On veut moins d’élus, moins d’assemblées ! Et pourquoi ne pas supprimer aussi des préfectures ? L’État n’a jamais su se défaire du peu de pouvoir qu’il a abandonné depuis les premières lois de décentralisation. Il a maintenu des administrations qui doublonnent le travail des collectivités et qui les contrôlent. La défiance coûte toujours plus cher que la confiance ! Parce qu’il y a défiance, toujours et par principe. Le centre se méfie de la périphérie.

Bon nombre de pays d’Europe, que certains citent en exemple, sont des pays décentralisés, fédéraux. On veut les copier dans plusieurs domaines mais pas dans celui-ci. On nous dit que notre « tradition républicaine » ne pourrait le supporter. C’est une affirmation gratuite ; ceux qui combattent pour l’idée républicaine savent que faire un sort à certaines traditions est souvent la seule voie pour s’engager vers le progrès. Sinon, au nom des traditions, la situation des femmes n’aurait guère évolué, l’esclavage existerait encore, les enfants travailleraient dès six ans… Je ne ferai pas ici la liste complète des traditions auxquelles on a bien fait de ne plus se conformer ; elle serait longue. De toute façon l’idée républicaine ne doit pas être confondue avec le centralisme bonapartiste.

 

David Grosclaude

Président du Parti Occitan

conseiller régional d’Aquitaine membre du groupe EELV