Amor acabat ! /Fin d’amour

(article bilingue )

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Photo : Coyau/wikioedia commons/CC-BY-SA-3.0

Non tornarà pas ! Aqueste còp qu’ac èi comprés. Qu’ei partida non sabi pas tà on, mes qu’ei partida. Que m’a calut temps entà compréner que non la tornarèi pas véder.

E totun, be n’avem viscut annadas holejadissas, de las urosas, shens qu’ajam besonh de’ns preocupar de l’aviéner ! Enfin, qu’ac vedèvam atau nosautes dus !

Los nostes mainatges qu’ac avèvan tot, e nosautes non manquèm pas jamei d’arren a casa. Amor e opuléncia : qué demandar mei ?

Cada dia, era, qu’avèva ua idea navèra e cada dia que’u ne demandavi mei.

Non tornarà pas ! Adara qu’ac sabi.

Segur, que n’avom pelejas, conflictes e guèrras. Mes que i avèva tostemps un « après ». Lo noste amor que’s tornava abrandar com se cada crisi e vienèva avitar lo noste huec, la nosta fe en doman. Que ns’arribava quasi de desirar la guèrra entà ahortir lo noste amor.

De crisi en crisi que’ns calèva tostemps mei ; benlhèu tròp ; tostemps mei, tostemps tròp !

L’ambient a casa que començava d’estar emposoat.

Non tornarà pas !

Quan ei partida que l’èi cercada pertot. Que’m disèvan tà’m consolar qu’anava tornar e que dab era tornarén los beròis dias.

Que la tròbi de manca. Shens era non sabi pas se la Tèrra contunharà de virar. Que cau créder que virarà enqüèra. Mes dab era, tot deser se cambiava en besonh e cada besonh en deser. Que la tròbi de manca.

Los amics que’m disen que cau estar pacient. D’autes que’m disen : « 1% de perdut ! 10% d’arretrobats ! ».

Mes que soi segur adara que non tornarà pas. Lo noste amor que ns’arroganhava, que ns’estofava , que ns’asfixiava, que’ns consumiva.

Quan se n’anè, qu’avoi ideas de las negras. Que’n volèvi a la Tèrra sancèra. E m’avèva deishat per un aute, un estrangèr ?

Adara non credi pas mei a las paraulas doças de’us qui’m vòlen har tornar l’esperança deu son retorn. Qu’ei partida e que calerà har shens. Que’m demandi adara se lo noste amor n’èra pas fin finala tròp exclusiu, egoïsta e toxic. Non tornarà pas, que’n soi segur…la creishença.

Editorial de la revue « Occitania, Viure al país » du

Partit Occitan de ce mois de mars

Fin d’amour

Elle ne reviendra pas ! Cette fois-ci je l’ai compris. Elle est partie, je ne sais où, mais elle est partie. Il m’en a fallu du temps pour comprendre que je ne la reverrai pas.

Et pourtant nous en avons vécu des années d’insouciance, des années heureuses, sans que nous ayons besoin de nous préoccuper de l’avenir. Enfin, c’est ainsi que nous voyions les choses, tous les deux !

Nos enfants avaient tout et nous-mêmes ne manquions de rien à la maison. Amour et opulence : que demander de plus ?

Chaque jour elle avait une idée nouvelle et chaque jour je lui en demandais plus.

Elle ne reviendra pas ! Maintenant je le sais.

C’est vrai, nous eûmes des conflits et des guerres. Mais il y avait toujours un « après ». Notre amour s’embrasait à nouveau, comme si chaque crise venait attiser notre feu, notre foi en l’avenir. Il nous arrivait parfois de souhaiter la guerre pour renforcer notre amour. De crise en crise il en fallait toujours plus ; peut-être trop ; toujours plus, toujours trop !

L’ambiance à la maison commençait à être empoisonnée.

Elle ne reviendra pas !

Quand elle est partie je l’ai cherchée partout. On me disait pour me consoler qu’elle allait revenir et qu’avec elle reviendraient les jours heureux.

Elle me manque. Sans elle je ne sais pas si la Terre continuera de tourner. Il faut croire qu’elle tournera encore. Mais avec elle, tout désir se changeait en besoin et chaque besoin en désir. Elle me manque !

Les amis me disent qu’il faut être patient. D’autres me disent : « 1% de perdu ! 10% de retrouvés ! ».

Mais je suis sûr, maintenant, qu’elle ne reviendra pas. Notre amour nous rongeait, nous étouffait, nous asphyxiait, nous consumait.

Quand elle est partie, j’ai eu des idées noires. j’en voulais à la Terre entière. M’avait-elle laissé pour un autre, un étranger ?

Maintenant je ne crois plus aux douces paroles de ceux qui veulent que je retrouve l’espoir de son retour. Elle est partie et il faudra s’accommoder de son absence.

Je me demande si notre amour n’était pas finalement trop exclusif, égoïste et toxique. Elle ne reviendra pas j’en suis sûr…la croissance.

Régions : après le charcutage, voici l’assaisonnement et l’enfumage !

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Régions : après le charcutage, voici l’assaisonnement et l’enfumage !

Nous y voici ! Quel sera le nom des nouvelles régions ? Les naïfs croyaient que les habitants de ces nouveaux territoires auraient le droit de dire leur point de vue. Il n’en sera rien. Ils n’auront droit qu’à l’impression d’avoir donné leur avis. Pour le reste l’Etat s’en chargera. C’est lui qui « proposera » des noms. C’est ce que l’on apprend dans une lettre qui a été rendue publique et que signe le préfet de la nouvelle région constituée de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon.(allez lire cette lettre hallucinante qui a été publiée par le blog occitan de France 3  http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2016/03/11/le-gouvernement-va-proposer-par-decret-un-nom-pour-chaque-region.html

Après le charcutage inoubliable qui a donné les nouvelles régions, voici venu le temps du choix du nom. Charcuter c’est bien, mais il faut assaisonner ! Et ce n’est pas le moment le moins important de la recette.

La technique est assez simple. Il faut laisser discuter dans les régions et, si possible, faire émerger les propositions les plus absurdes et les plus farfelues qui soient. Par exemple, pour éviter toute référence à l’Alsace on aura laisser émerger « Alcalie » formé par ALsace Champagne Ardennes Lorraine. Il est vrai que pour Nord-Pas-de-Calais-Picardie on a fait fort : « Hauts de France ».

Il y aura bien un farfelu pour proposer un « Bas de France », qui apparaitra comme tellement idiot qu’à côté un « Sud de France » paraitra presque un moindre mal. Cela permettra aussi de noyer toutes les idées qui pourraient être divergentes, voire déviantes comme les noms qui contiendraient le mot «occitan » ou « catalan ».

On évoque même pour désigner la nouvelle région qui abrite à la fois Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble un très poétique « Rhovergne » !

Une fois toutes ces foutaises exprimées et mises sur la place publique, l’État n’aura aucun mal à nous expliquer que la récréation est terminée ; et il sortira de son chapeau une pincée de « Pyrénées -Languedoc » un bien fade « Rhin-Champagne ». Quant à l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes elle risque bien de se retrouver en « Sud-Ouest Atlantique ».

Tout cela se fera sur la même partition que celle qui a présidé à la fusion des régions. On prétendra que toutes les consultations des habitants sur les noms coûtent cher, qu’elles durent trop longtemps, qu’elles frisent le pinaillage, et on découvrira un beau matin, dans la presse, la liste officielle des noms de ces nouvelles régions.

Mais ne croyez pas que cela se fera sans complicités locales. Il y a des forces, dans nos territoires, toujours prêtes à rendre service au pouvoir parisien et à son administration à qui ils doivent tout…

Et vous verrez que ce sont ceux-là qui, demain, nous expliqueront que le nom fadasse que l’on nous propose pour notre région est un « nom moderne pour une région de taille européenne, a l’heure de la mondialisation ». On leur aura fourni les éléments de langage et ils les reprendront sans broncher dans les colonnes des ( de leurs ? ) journaux ou sur les plateaux des TV d’information en continu.

Charcutage, puis assaisonnement, pas garanti sans conservateur (tisme ?), ne reste plus qu’à nous enfumer…Et voilà le produit ! Il semble typique mais sa fadeur ne cessera de nous surprendre !

Pendant ce temps là nous n’aurons pas le temps de disserter sur ces régions qui n’ont aucun pouvoir, aucun moyen budgétaire, aucun levier fiscal. L’essentiel sera sauf : nous serons resté dans le superflu et l’anecdotique.

Arrêtez de vouloir nous faire croire que vous mangez des limaces !

P1060110.JPGTentative de petite fable sur les promesses de loi sur les langues dites régionales et autre ratification de la Charte européenne

Lorsque je lis les justifications de certains députés pour expliquer pourquoi la proposition de loi de Paul Molac a été rejetée, je pense à un épisode de mon enfance lorsque mon grand-père maternel s’amusait à me faire croire qu’il était un amateur de limaces, de « loches», comme il disait en français, dans son français qui n’était pas celui de référence, mais du vrai français quand même.
Je m’explique.
Voilà que tout serait de la faute de Paul Molac qui aurait oublié de se concerter avec tous ses petits camarades députés sur sa proposition de loi ou qu’il n’aurait pas présenté un texte convenable.
Tout cela c’est très bien, mais quand un texte sera t-il convenable ? Quand nos langues seront mortes ?
Cela fait des années que ça dure. Jamais ça n’est le moment, jamais le texte ne convient, jamais les termes du texte ne sont corrects, jamais on n’a le temps, jamais…jamais.
Pourtant j’y ai cru que mon-grand père mangeait des limaces. Il me le disait. Et chaque fois que je voyais une « loche » qui me paraissait d’une taille raisonnable je lui demandais : « Tiens, tu la veux celle-là, tu vas la manger ? ».
La réponse était toujours bien argumentée pour décliner mon invitation : « non pas celle-ci, elle est trop grasse ! » ou alors « non, celle-là n’est pas assez rouge ! » ou encore : « non pas à cette saison, elle ne sont pas bonnes ! ».
Bref, mon grand-père n’a jamais mangé de limaces devant moi ! Mais son intérêt gastronomique pour les loches me paraissait tout à fait vraisemblable puisqu’il mangeait des escargots. Après tout il pouvait bien se faire un petit plat de loches de temps en temps !
J’y ai cru ! J’étais un enfant, c’était mon grand-père. Disons qu’il peuplait mon imaginaire, il jouait son rôle. J’ai appris un peu plus tard de sa bouche que, franchement, les limaces il n’en avait jamais mangé et qu’il n’avait pas l’intention de commencer.
Disons qu’il m’a appris ainsi que ceux qui affirment qu’ils mangent des limaces vous racontent des craques. J’ai refait le coup à mes enfants plus tard, pas avec les limaces, mais en changeant les protagonistes.
J’ai peuplé leur imaginaire. Et j’ai sans doute aussi, je l’espère, par ce biais, aiguisé leur esprit critique comme mon grand-père l’avait fait avant pour moi avec cette simple histoire.
Alors, à chaque fois que l’on promet une loi, une ratification de la Charte ( promise à plusieurs reprises), l’application de mesures contenues dans un rapport, l’introduction d’une phrase dans une constitution, la publication de décrets…je pense à cette histoire.
Nous sommes en face de gens qui nous disent qu’ils mangeraient bien des loches mais qu’ils leur trouvent toujours un défaut au moment de passer à table !
Mais nous ne sommes pas leurs enfants et nous n’avons pas besoin que l’on peuple notre imaginaire.

Quant aux limaces, aux loches, qu’elles me pardonnent de les avoir mêlées à de tristes affaires de lenteur ( pour ne pas dire de paralysie) parlementaire…Peut-être me suis-je laisser guider inconsciemment par leur apparente nonchalance .

David Grosclaude

On appelle « loches » des limaces de différentes couleurs. Pour les spécialistes la grande grise est appelée la Limax maximus, la petite grise est Deroceras reticulatum, la noire est Arion ater, et la rouge Arion rufus. « Loche » est le nom vernaculaire comme l’on dit en français. Nous dirons populaire. 

Monsieur le député vous manquez de classe !

Fin de dialogue avec Jean Luc Laurent ! Je me permets cependant de lui envoyer une réponse à sa réponse  toute aussi méprisante que son premier article. Il a juste changé un peu de vocabulaire.

Carcassona 2009 5

Monsieur le député,

Votre réponse aux nombreuses lettres que vous avez reçues à propos de votre article insultant est totalement insuffisante.

Vous essayez de faire oublier que votre première réaction a été l’insulte.

A cette dernière vous ajoutez maintenant le mépris dans votre prétendue réponse. Il ne s’agirait que d’un malentendu. Nous serions tellement idiots et stupides ( vous l’avez dit, de vrais « dingues») que nous n’aurions pas compris que votre titre était seulement destiné à certains de vos collègues députés ! Nous ne saurions pas lire.

Nous sommes tellement stupides que vous nous gratifiez d’un tas de lieux communs comme celui-ci : « La langue a une double nature, culturelle et politique ». Ah quelle découverte !  Il suffit de vous lire pour savoir que langue et politique peuvent être liées pour le meilleur parfois, et pour le pire en ce qui vous concerne.

Mais vous ne contentez pas de nous abreuver de raisonnements aussi profonds que celui que je viens de citer, vous utilisez les bonnes vielles méthodes de la déqualification en parlant « d’identités folkloriques ». Nous ne sommes donc pas des partenaires sérieux. Nous ne faisons que du « folklore». Mais qui êtes vous pour juger de ce qu’est notre identité ?

Vous parlez de ce vous ne connaissez pas. Vous écrivez à propos de la proposition de loi  : « Je trouve dingue que ses auteurs parlent de « bilinguisme » alors que l’enseignement se ferait exclusivement en langue régionale ». Pourquoi utilisez vous le conditionnel ? Parce que vous ne savez pas que ces écoles existent déjà et qu’elles ont déjà formé des jeunes qui ont aujourd’hui plus de quarante ans pour certains. Et savez-vous que cela existe même dans le service public, pas seulement dans les écoles associatives ?

Vous êtes un député qui vote sur un sujet pour lequel il ne s’est même pas documenté.

Votre réponse aurait d’abord dû commencer par des excuses ; vous auriez pu simplement reconnaitre que vous aviez été insultant et maladroit dans votre rédaction. Vous n’avez visiblement pas la classe nécessaire pour cela. Non, décidément, monsieur, vous manquez de panache.

David Grosclaude

A propos des « dingues » / Quauques informacions mei a prepaus deus calucs, tocats e autes pècs, desvaratats e destimborlats

 

Voici quelques informations sur des réactions qui font suite à l’affaire de la proposition de loi rejetée de façon assez étrange lors d’un vote à l’Assemblée Nationale jeudi dernier. 

Assem Nationale 1 - copie

Qu’èm dens l’espèra de responsas a las letras qui avem mandat a las diferentas personalitats qui son pertocadas per aqueth ahar de la proposicion de lei deu 14 de genèr.

Nous attendons des réponses aux lettres que nous avons envoyées aux différentes personnalités qui sont concernées par l’affaire de cette proposition de loi du 14 janvier.

 

Que comptam plan que lo president deu grop socialista Bruno Le Roux nos harà ua responsa.

Que podetz enqüèra enviar ua letra se n’ac avetz pas hèit.

Non podem pas deishar aqueth ahar shens seguida.

Se recebetz responsas de deputats qui avetz sollicitats que las me podetz mandar. Que las publicarèi .

Deu costat deus deputats justament, qu’enregistram ua reaccion qui ei la de la deputada de Baiona, Colette Capdevielle. La deputada qu’escriu a Paul Molac e a Armand Jung qui son los dus deputats qui asseguran la presidéncia deu grop d’estudis parlamentaris ( un centenat de deputats que hè partida d’aqueth grop d’estudis. Que vienen de partits diferents representats a l’Assemblada Nacionau e que son deputats qui disen lo lor interè per la question de las lengas).

La letra de Colette Capdevielle que ditz :

Messieurs les Co-Présidents,

Au lendemain de l’échec de la proposition de loi relative à l’enseignement immersif des

langues régionales et à leur promotion dans l’espace public, je souhaite vous faire part de ma surprise et de mon mécontentement.

Je regrette que le groupe d’étude sur les langues régionales n’ait pas été associé dès le

début des travaux, à ce texte de loi qui aurait pu et du tous nous rassembler dans un travail collectif sur des objectifs et des moyens ambitieux. Je viens d’apprendre également que des auditions auraient été effectuées, notamment celle de David Grosclaude.

Or, le texte proposé n’est pas satisfaisant, tant sur le fond que sur la forme : il ne règle pasla question des écoles immersives privées (ex Seaska) et sa rédaction sur le plan juridique aurait nécessité des ajustements.

Je veux croire que cette initiative précipitée n’est qu’une maladresse et non une tentative de récupération sur un sujet très sensible.

Or, c’est en abordant cette question de façon transpartisane et pragmatique que nous

avions pu obtenir le vote très largement majoritaire sur la proposition de loi constitutionnelle visant la ratification de la Charte européenne des langues régionales lors de son examen à l’Assemblée nationale en janvier 2014. Notre groupe d’étude s’était alors largement mobilisé. Après l’échec au Sénat de l’adoption du texte constitutionnel pour ratifier la Charte et maintenant de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale, il est urgent de lancer une grande concertation avec les acteurs locaux des langues régionales, par exemple sous l’égide du groupe d’étude afin de travailler en toute transparence sur un calendrier et une méthodologie partagée, en lien étroit avec le gouvernement.

En outre, il convient d’associer tous les parlementaires concernés pour proposer des

avancées concrètes en faveur des langues régionales en matière d’enseignement, de diffusion dans les médias, de signalétique dans l’espace public et de pérennisation d’outils institutionnels.

Dès lors, je vous demande de bien vouloir convoquer dans les meilleurs délais, une réunion du groupe d’étude langues régionales afin d’étudier de nouvelles pistes de réflexions pour faire avancer ce dossier majeur avant la fin du quinquennat.

Enfin, je vous informe que je rends cette lettre publique.

Je vous prie de croire, Messieurs les Co-Présidents, à l’assurance de ma considération

distinguée.

D’abord il faut saluer cette lettre de la la députée de Bayonne qui est pour le moment la seule à avoir réagi. Elle a pris des engagements a plusieurs reprises et connait le sujet.

Elle estime que ce texte était mal préparé et qu’il ne pouvait pas passer en l’état. C’est un point de vue.

Elle fait aussi la liste des échecs ou des textes qui ne sont pas arrivés au bout du processus législatif. On pourrait donc lui répondre que c’était une raison de plus pour que les députés se mobilisent autour de ce texte et viennent le débattre en séance.

Elle propose que le groupe d’étude travaille à un autre texte afin qu’il soit présenté avant la fin de la législature. On sait que ce sera difficile parce que l’agenda parlementaire est chargé.

Elle indique que j’ai été consulté par Paul Molac sur son texte. C’est exact. J’ai donné mon point de vue sur la proposition à la demande du député breton il y a un peu plus d’un mois. J’ai notamment fait des remarques concernant la question de l’audiovisuel que je connais bien.

Nous avons d’ailleurs à cette occasion discuté avec Paul Molac des propositions qui sont contenues dans un rapport remis il y a plus de deux ans à la ministre de la Culture qui avait commandé ce travail à un groupe de dix personnes, dont j’étais. De ce rapport très concret dans ses propositions, rien n’est sorti, aucune application concrète. Il existe toujours et peut très bien être utilisé pour y puiser des décisions qui peuvent être prises très rapidement an faveur des langues dites régionales.

Cela me fait dire que le groupe d’étude sur les langues régionales composé de députés peut s’économiser les consultations dont la députée parle parce que la commission qui avait travaillé en 2013 avait invité pour les entendre, les principales associations et organisations qui s’intéressent à la question des langues dites régionales, et ce dans tous les domaines ( école, médias, création culturelle, recherche universitaire, collectivités…).

Maintenant il apparait que plus on avance moins les promesses faites sur le sujet des langues son crédibles. Cependant le gouvernement dispose d’une majorité à l’Assemblée Nationale et il peut donc très vite faire débattre d’un texte de loi. Au Sénat, où l’opposition est majoritaire, la droite dit qu’elle ne veut pas de la Charte mais qu’elle est prête à voter un texte. Alors, chiche ! Et nous verrons qui fait quoi, à gauche ou à droite.

Le blog de Colette Capdevielle est consultable à cette adresse :

http://www.colettecapdevielle.fr

Vous pouvez consulter aussi pour vous informer, le discours de présentation de sa proposition de loi par Paul Molac. Vous le trouverez sur son blog :

www. paulmolac.bzh

Que i a avut tanben ger tres reaccions mei mandadas per organizacions a la premsa.

La prumèra qu’ei la deu president de l’IEO que ditz :

« L’IEO (Institut D’Estudis Occitans) denóncia aut e fòrt que l’Assemblada Nacionala ague fach rebuta a la proposicion de lèi de Paul Molac, relativa a l’Ensenhament immersiu dei lengas regionalas e a sa promocion dins l’espaci public e audiovisuau.

 Per memòria, aquesta denegada vèn après: la promessa vana dau candidat Hollande sus la ratificacion de la Carta europenca dei Lengas Regionalas ò Minoritàrias (ambé lo debat mancat a l’Assemblada Nacionala), lo rapòrt Filippetti de julhet 2013 e sei 42 prepausicions passadas per malhas, tornat mai en octòbre de 2015 l’engatjament dau president de la Republica per la Carta, rebutat per la drecha senatoriala e que dire de l’ensenhament dei lengas regionalas assecat (…)Acceptar la postura dau Govèrn actuau de la França que mespresa de lengas que parlan sei ciutadans a milierats se pòt pas mai !

 L’IEO demanda per aquò au Govèrn d’iniciativas nòvas que laissan oblidar lei còps que s’es mancat.

 Coma lo digueriam encara en octòbre 2015, a Montpelhier, volèm una lèi !

Volèm una lèi que done un estatut vertadier ai lengas regionalas e garantisse sei locutors de tota exclusion e discriminacion ».

La segonda qu’ei deu Partit Occitan :

Dens un comunicat enviat aus diferents mèdias francés denóncia las insultas deu deputat aparentat socialista e ditz : « Que demandam au grop socialista, republican e ciutadan se compta de guardar com sòci aqueth deputat qui, pr’amor de non pas aver mei arguments argumenta dab insultas (…)

Que volerem saber se au demiei deus « dingues », e cau comptar , en mei deus ciutadans de basa, los deputats, senators e quitament membres deu govèrn qui parlan ua de las lengas ditas regionaus ( occitan, breton, basco, catalan, còrse…) ?

Au mensh, excusas de las parts d’aqueth deputat que serén un minimum. Hòrt de monde que las espèran.

Après, los parlamentaris socialistas deveràn har çò qui cau entà qu’un tèxte navèth e sia presentat, rapidament, e que sia debatut e votat en condicions mei confòrmas a l’idea qui’ns hèm de la democracia ».

 

Régions et Peuples Solidaires, la fédération des partis régionalistes et autonomistes de France a envoyé aussi un communiqué dans lequel il écrit :

« Le Parti socialiste tombe le masque !

En octobre 2015 au Sénat, la droite bloquait le processus de ratification par la France de la Charte du Conseil de l’Europe sur les langues régionales. Le 14 janvier, à l’Assemblée nationale, les socialistes viennent à leur tour de tomber le masque sur leurs intentions profondes en la matière (…)

On pouvait certes s’attendre à ce genre de reculade du côté socialiste dans le cadre du jeu classique de la « patate chaude » que droite et gauche se refilent systématiquement à chaque changement de majorité. Mais on n’aurait pas osé imaginer que cela se fasse aussi rapidement, avant même la fin de la mandature en cours, surtout après avoir tenté de vendre aux tenants des langues régionales le projet de ratification rejeté par la droite. Il faut bien (enfin !) se rendre à l’évidence : la représentation nationale actuelle, côté formations « de gouvernement », de gauche comme de droite, en dépit de leurs proclamations respectives, ne veut pas d’un statut d’avenir pour les langues régionales ».

Et Régions et Peuples Solidaires termine en écrivant : « La France n’est plus très loin d’une situation à la hongroise et maintenant à la polonaise : le populisme en voie de généralisation n’épargne pas l’Hexagone et dépasse largement l’aire d’influence de l’extrême droite. Manifestement le passéisme et la réaction sont loin d’être du côté des défenseurs des langues régionales ! »