Pas de Charte, rien dans la loi sur l’école !

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L’État ne semble vouloir prendre aucune responsabilité en matière de langues dites régionales. Pas de Charte et un débat caricatural sur les langues à l’école. Si c’est ça la base de la politique linguistique publique, ce sera difficile de bâtir du solide. En une semaine les principales promesses ont été enterrées.

Ainsi donc la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ne sera pas ratifiée !

On commençait à se douter que la chose arriverait. Un bon prétexte d’inconstitutionnalité, qui ne tient pas la route, nous a été servi une fois de plus. La gauche annonce ainsi qu’elle est capable de faire aussi mal que la droite.

Tout cela ne serait rien s’il n’y avait eu, en même temps, l’épisode du débat sur la loi de rénovation de l’école. On y a entendu des propos d’un autre temps. On sait très bien que le ministre de l’Éducation a fait semblant de faire des concessions pendant plusieurs semaines pour enfin se ranger derrière ceux qui ne voulaient rien laisser passer.

Que l’on ne me dise pas que tout cela n’est que le fruit du travail occulte d’un groupe qui serait quelque part, actif dans l’administration ou que ce serait le travail de sape d’une organisation qui se tapie dans l’ombre. Non tout cela est une décision politique assumée et le produit d’une idéologie d’un autre temps.
D’un autre temps, parce que c’est ainsi depuis près d’un siècle lorsque l’on débat des langues dites régionales dans ce pays. L’État ne veut rien lâcher. Il est convaincu qu’il joue son existence dans cette affaire. Il craint le débat et donc l’esquive.

N’ayant pas la culture philosophique de Vincent Peillon, mon socle des connaissances étant certainement moins vaste que celui du ministre de l’Éducation, je me permets cependant de regretter, que lui, homme de gauche, n’ait pas lu ou relu un ou deux articles de Jaurès sur la question.

Les informations que nous avons pu avoir montrent clairement que les plus hauts responsables de l’État étaient parfaitement au courant de ce qui se jouait. Les ministres les plus influents ont été approchés par des élus (parlementaires et autres) afin de leur dire que le moment était venu de lâcher du lest. Ils n’ont rien voulu savoir et cela réjouit les plus durs des pourfendeurs de « patois et dialectes locaux ». Ils sont heureux ! Le gouvernement n’a même pas osé essayé de présenter la ratification de la Charte lors d’un débat sur la modification de la constitution.

Deixonne

Il nous reste la nostalgie de la loi Deixonne, époque lointaine de ce député du Tarn qui n’avait rien à faire ou presque de la question des langues — il n’était pas un militant — mais qui revendiquait le fait d’être un « parlementaire consciencieux». Il avait donc fait voter une loi, certes à minima, mais il l’avait faite passer malgré les pressions de l’époque, très fortes. Deixonne, agrégé de philosophie comme notre ministre de l’Éducation me semble t-il, m’avait dit qu’il était hésitant et qu’il n’était pas enthousiaste de rapporter sur ce sujet (il était le rapporteur de la loi). Mais c’est la lecture de deux articles de Jaurés qui l’avait convaincu, m’avait-il confié. Dommage que Vincent Peillon ne les ait pas lus !

Hors des partis 

Nous voilà donc revenus aux réalités d’une question qui se moque bien des partis. Des députés de la majorité et de l’opposition ont bataillé pour que quelques amendements soient votés. Parmi eux il y avait bien entendu Paul Molac le député RPS soutenu par ses collègues du groupe EELV.
Il y a eu Martine Faure, Colette Capdevielle du PS aussi et d’autres encore. On a vu Marc Le Fur de l’opposition qui tentait de se faire entendre en compagnie d’Alain Marc. Bref on a vu des députés faire leur travail. En 1951, pour la loi Deixonne on aurait cherché en vain autant de députés capables de nourrir le débat avec des propositions documentées. Deixonne n’était pas seul mais l’ambiance était moins favorable.

C’est peut-être cela qui a rendu les opposants si combattifs ! Le rapporteur du texte particulièrement, a fait un travail très soigné pour écarter peu à peu tous les amendements, sauf un, qu’il a réécrit en lui donnant une couleur fin XIX ème siècle.

Mais cela ne se fait pas sans autorisation, sans encouragement venus de plus haut. Et c’est sans doute cela qui met de mauvaise humeur un certain nombre de responsables socialistes qui se demandent ce qui a pris le gouvernement de se renier à ce point. Il faut dire que la future loi sur les collectivités a déjà coupé les pattes des plus enthousiastes.

Les promesses

Il nous reste maintenant à aller voir ceux qui ont fait les promesses et à leur demander ce que sera la suite.

D’abord il y a le président de la République. Il nous a promis un statut « clair et stable» pour les langues régionales. Vu l’ambiance je crains que ce statut ne soit la mort programmée. Il est vrai que la mort c’est clair et on ne peut plus stable…

Il y a aussi le président du Sénat, venu à Toulouse en mars 2012, pour dire que l’on pouvait « compter sur lui » pour défendre les langues.

C’est le moment de tenir cette promesse. Le texte de loi sur l’école va passer au Sénat et il y a des sénateurs prêts à batailler. Alors rien n’empêche le Sénat de renvoyer, corrigé, le texte aux députés. Il faudra ensuite négocier. Mais qui sait si le Sénat ne sera pas prié, lui aussi, de ne rien laisser passer.

Mais cette affaire n’est pas une affaire de droite et de gauche. Les partisans et les adversaires se trouvent d’un bord et de l’autre. Il se trouve juste que l’État vient de montrer qu’il ne voulait aucune responsabilité en ce domaine. Il ne veut rien faire pour les langues si ce n’est les laisser dans une situation de fragilité, menacées à chaque instant d’un petit coup d’article 2 derrière les oreilles.

Quelle politique publique ?

Je ne vois pas trop comment il sera possible de bâtir une « politique linguistique publique » dans ce contexte. Il faudrait que je relise attentivement le discours de la ministre de la Culture lors de l’installation du Comité Consultatif qu’elle a créé il y a peu, et aux travaux duquel je dois participer. Je m’interroge ; et il serait étonnant que je sois le seul membre de ce comité à s’interroger sur la suite.

Il nous reste à voir du côté des collectivités, et en particulier des régions. N’en déplaise à ceux qui pensent que sans l’État comme arbitre rien ne pourra se faire, nous avons aujourd’hui l’impression que le peu que peuvent faire les collectivités est menacé par une absence de politique d’État et même par une hostilité.

L’avenir nous dira, et certainement plus vite qu’on ne le croit, si cette menace est véritable.

Une pression supplémentaire sur les collectivités pour qu’elles réduisent leurs budgets et le tour sera joué ! Alors soyons attentif !

Il reste une chance au gouvernement mais la porte est étroite. Vite une loi ! Oui, parce que la Charte ce n’est finalement que du symbole. Ce qui compte c’est de mettre en place une politique et de la consolider avec un cadre. C’est ça le vrai choix, le vrai courage politique.

Ne désespérez pas la démocratie !

Pour terminer, je voudrais dire combien il est dommage que l’on ait pas compris dans certains ministères et cabinets ministériels que, lorsque l’on a des réseaux associatifs, des parents d’élèves, des enseignants, des artistes, des militants prêts à se battre pour un intérêt aussi peu matériel que la survie d’une langue, il s’agit d’un véritable engagement citoyen, un acte d’une rare qualité républicaine, un bien précieux en démocratie.

Ces militants, ces bénévoles, sont aussi pris dans la réalité économique et sociale et ses difficultés ; ce n’est donc pas la peine de leur chanter le refrain des priorités face à la crise ; ils les connaissent et les vivent comme les autres. Mais ils ne sont pas des désespérés de la démocratie ; enfin pas encore. Si l’on pouvait éviter de les décourager ce serait salutaire.

David Grosclaude

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Avec ou sans la Charte européenne il faut donner un statut à nos langues

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La ministre de la Culture et de la Communication demande que lui soient faites des propositions pour une « politique linguistique publique en faveur des langues régionales »

Le Comité Consultatif pour le Promotion des Langues Régionales et la Pluralité Linguistique Interne a été installé mercredi par la ministre de la Culture et de la Communication.

Le discours prononcé par Aurélie Filippetti était intéressant. Elle rappelé les engagements pris par le président de la République. Elle a déclaré :« Comme vous le savez, le président de la République a exprimé sa volonté que la France puisse ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (…) signée par la France le 7 mai 1999(…)Il faut voir dans cette volonté présidentiellele souhait de donner enfin aux langues de France —c’est à dire aux langues parlées historiquement sur notre territoire, aux côtés du français— un droit de cité au sens profond du terme »

Elle a insisté que le Comité qu’elle installait devrait tracer les grandes lignes d’une  : « politique linguistique publique en faveur des langues régionales qui nous a fait défaut jusqu’ici, et que —au-delà même de la ratification—je souhaite contribuer à définir ».

Voilà une formule nouvelle dans la bouche d’un membre du gouvernement.

Certes rien n’a été promis en matière de ratification de la Charte et la ministre n’a pas caché que les difficultés étaient grandes pour y parvenir. Cependant la mission du Comité va au delà de la question de la Charte puisque la ministre a ajouté que ce qu’elle attendait, c’était des réponses à ces questions : « Quelles langues ? Quelles mesures ? et, subsidiairement, quelle mise en œuvre ? : ce sont les points sur lesquels je souhaite, si vous le voulez bien, que porte prioritairement votre réflexion ».

La mission affectée au groupe de dix personnes qui vont travailler pendant les trois mois qui viennent, a été précisée par la ministre une fois de plus dans son discours lorsqu’elle a expliqué :     « Votre comité, je l’ai dit, n’a pas vocation à se prononcer sur la réforme constitutionnelle, mais à éclairer le gouvernement sur les modalités de mise en oeuvre des 39 engagements pris par la France en signant la Charte européenne, et plus généralement à formuler des recommandations visant à valoriser la pluralité linguistique interne à notre pays. Car la ratification de la Charte n’est pas une fin en soi et ne saurait constituer, à mon sens, le seul horizon de notre politique en faveur de la diversité linguistique. Elle ne prend sens que dans une ambition plus vaste: penser et organiser dans notre pays une politique du multilinguisme, qui soit à la hauteur des enjeux sociaux, économiques et culturels liés à la maîtrise de plusieurs langues. Il nous faut rompre une fois pour toutes avec l’idée que d’apprendre une langue implique d’en désapprendre une autre »

Tous les domaines seront concernés : de l’enseignement aux médias en passant par la création artistique et la vie publique.

Le rôle que peuvent jouer les collectivités locales sera aussi l’objet de la réflexion de ce Comité.

Le travail ne fait donc que commencer et je souhaite qu’il débouche vraiment sur du concret. Je n’ai pas l’habitude de me contenter de promesses et je sais que l’ensemble du mouvement en faveur des langues attend vraiment que ce qu’il dit depuis des années soit entendu.
Comme ce mouvement ne se contente pas de dire mais qu’il fait aussi beaucoup de choses concrètes— il enseigne, il crée, il forme, il édite, il entreprend—il n’est plus possible de l’ignorer et de se limiter à de vagues promesses et à des symboles.

Je partage l’idée que la ratification de la Charte européenne n’est pas une fin en soi. Peu importe quels sont les moyens qui feront que les langues auront droit de cité, auront droit au développement et à la reconnaissance légale. Que ce soit une loi ou que ce soient plusieurs lois ce n’est pas important ; ce qui compte c’est qu’enfin la voix d’un mouvement, qui ne cesse de croître depuis des années, soit pris en compte par la République. Car ce sont des citoyens à part entière qui demandent que leurs langues soient reconnues et valorisées et qu’elles disposent enfin de vrais moyens de développement.

David Grosclaude

Lutter contre l’illettrisme oui, mais si on prenait en compte la diversité linguistique ?

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Je suis intervenu ce lundi 4 mars en séance plénière du Conseil Régional d’Aquitaine sur le plan de lutte contre l’illettrisme qui fait l’objet d’une convention entre la Région et l’Éducation Nationale.

La Région Aquitaine consacre plusieurs millions d’euros à cette question.

Je mets en copie le texte de mon intervention.

 

 

« Mes chers collègues

  Je voudrais juste faire une remarque quant à ce document. Je trouve qu’il est caractérisé par une ambigüité sur le plan du vocabulaire employé. J’imagine qu’il s’agit d’une mauvaise habitude de l’Education nationale puisque l’ambiguité est particulièrement évidente pour ce qui est de la partie du texte concernant le dépistage à l’école.

Je lis à plusieurs reprises dans ce document que pour l’évaluer et ensuite combattre l’illettrisme il faut évaluer et améliorer « la maitrise de LA langue ».

Il me semblerait plus juste de parler de maîtrise du langage.

De parler de « la langue » laisse à penser que seule la maîtrise du français, puisque j’imagine que c’est du français dont il serait  le seul critère juste et pertinent pour détecter un illettré.

 

S’il est indéniable que la maîtrise du français est un élément majeur d’insertion professionnelle elle ne peut être un élément d’évaluation universel de l’illettrisme.

Je ne vois nulle part apparaitre l’idée que l’on pourrait s’appuyer sur les compétences linguistiques autres, chez les enfants et les adolescents repérés comme ayant des difficultés à lire et à écrire, afin de les sensibiliser à la lecture et à l’écriture.

N’est il pas dommage de ne pas prendre en compte les compétences linguistiques de centaines de milliers de personnes qui vivent chez nous, qui pratiquent une langue en famille qui n’est pas le français, mais qui ne pourront jamais, à l’école, avoir la moindre sensibilisation à la forme écrite de leur propre langue ? Ne serait ce pas un moyen efficace de les mener à une maîtrise de l’écrit aussi en français ?

Que de compétences gaspillées ! Alors que ces compétences pourraient être utiles à la collectivité toute entière !

Nous avons pratiqué cela dans notre pays pendant des années avec des enfants de notre territoire arrivés à l’école sans maîtriser le français et nous suivons la même voie aujourd’hui avec les enfants de l’immigration.

 Aujourd’hui nous ne manquons pas d’expérience dans notre région en ce domaine du bilinguisme précoce et de sa capacité à améliorer les compétences langagières, et donc la maitrise de la lecture et de l’écriture.

Dommage que l’on ne trouve pas trace de cela dans le document et que l’on ne s’appuie pas sur cette expérience »

Création d’un Comité Consultatif pour la promotion des langues régionales

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La ministre de la Culture et de la Communication a décidé de mettre en place un

« Comité Consultatif pour la promotion des langues régionales et la pluralité linguistique interne».

Dix personnes constitueront ce Comité Consultatif qui est chargé de remettre un rapport avant l’été.

Je fais partie de ces dix personnes. Il y aura aussi des députés et des sénateurs (Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées Atlantiques a été sollicitée tout comme  Paul Molac député breton tous deux  bon connaisseurs de ces questions)  Le Comité comptera aussi des personnalités qualifiées.

Le travail qui nous sera demandé n’est pas encore connu dans le détail puisque ce Comité sera installé le 6 mars prochain. Cependant il semble que la création d’un tel groupe de travail avait été envisagée afin de préparer la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.

La perspective de cette ratification s’éloigne avec la difficulté que rencontre le gouvernement à trouver une majorité des 3/5, requise chez les parlementaires réunis en congrès, afin de modifier la constitution. En effet la voie la plus adaptée pour ratifier la Charte était de rédiger dans la constitution un article spécifique, dans le chapitre des traités, permettant la ratification. Sans rendez-vous pour modifier la constitution cette possibilité n’est plus une hypothèse plausible. Il reste la possibilité de mettre en oeuvre par la loi les dispositions qui sont contenues dans la Charte que la France a signée sans la ratifier.

Il appartient au gouvernement de savoir s’il veut mettre en place une politique en faveur des langues ou pas. Et cela peut se faire avce la ratification de la Charte ou  sans.

Le vote d’une loi ( ou de plusieurs) ne nécessite qu’une majorité simple à l’Assemblée Nationale.

Le Comité qui se réunira porte un nom qui élargit ses missions puisqu’il doit travailler sur la promotion des langues régionales.

C’est un objectif assez large qui peut laisser penser que le gouvernement cherche à donner aux langues dites régionales un « statut légal clair et stable » ainsi que s’y est engagé le président de la République. Je serai heureux de travailler en ce sens. .

Il reste aussi que ce Comité pourra sans doute aussi donner quelques pistes au gouvernement afin de ne pas oublier la question des langues dans la future loi de                   « décentralisation et de réforme de l’action publique ». Je le souhaite aussi.

Je porterai dans ce Comité la parole de mes collègues élus des régions qui siègent à la commission Langues régionales de l’Association des Régions de France. Nous sommes une dizaine d’élus à nous rencontrer régulièrement sur les questions linguistiques et à faire des propositions pour améliorer la situation de nos langues ( occitan, basque, corse, breton, catalan, alsacien, franco-provençal, créole de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Réunion). Cette concertation est utile et je ferai en sorte qu’elle soit utile aux travaux du Comité consultatif.

Loi sur l’école: la bataille parlementaire doit commencer

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Une délégation de l’ARF était reçue au ministère de l’Éducation

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Une délégation de la commission Langues Régionales de l’Association des Régions de France a été reçue au ministère de l’Education mercredi dernier 30 janvier.

Composée de trois élus et d’un technicien (Léna Louarn vice-président de la Région Bretagne, Pascale Schmidiger vice-présidente de la région Alsace et David Grosclaude président de la commission Langues Régionales et délégué aux langues régionales en Aquitaine et  Edmond Kieffer, chargé de mission langue régionale en Alsace ) , la délégation a rencontré J.M Panazol chargé des questions de langues régionales au Cabinet du ministre Vincent Peillon.

Durant les presque deux heures qu’a duré l’entrevue les élus ont pu aborder l’ensemble des questions liées aux langues régionales et à leur enseignement, insistant évidemment sur l’absence tout à fait anormale d’une mention explicite de ces langues dans le projet de loi sur l’école.

La commission de l’ARF avait depuis plusieurs semaines fait des propositions d’amendements de ce texte de loi. Il n’en a pas été tenu compte pas plus que des dizaines d’interventions de parlementaires sur le sujet ou des dizaines de lettres venues du monde associatif.

Le conseiller du ministre a reconnu que le projet de loi n’apportait donc rien en ce domaine mais a expliqué que d’autres sujets importants concernant l’école n’étaient pas mentionnés dans le projet.

Les trois élus ont expliqué que cela ne pouvait justifier l’absence de nos langues.

L’enseignement de nos langues et dans nos langues évolue et se développe. Le législateur se doit de le mentionner et d’en tenir compte.

J.M Panazol a noté que la réponse du ministre au député Molac, quelques heures avant l’entrevue, laissait penser que des amendements pourraient être apportés à la loi. Les élus de la délégation ont donc demandé au ministère de tout faire pour que ces amendements futurs soient accueillis avec bienveillance et que le ministère ne s’y oppose pas.

Il est évident que le débat sera rude et l’entrevue a fait apparaître que le ministère n’a pas souhaité lui-même s’engager sur un sujet qu’il sait polémique à droite comme à gauche.

La délégation estime que cette crainte ne peut en aucun cas servir de prétexte à ignorer le travail qui est fait entre les Régions et l’État au travers des conventions qui sont passées depuis plusieurs années et qui permettent de progresser.

Le Cabinet du ministre reconnaît que l’enseignement de nos langues et dans nos langues se développe et qu’il correspond à une demande qui se renforce.

Il annonce que le ministère envisage de systématiser les conventions entre les régions et les rectorats. C’est une bonne nouvelle pour les régions où il n’en existe pas ( Limousin, Auvergne…).

La formation pour les enseignants de langue et en langue sera intégrée dans le programme des futurs ESPE les établissements qui forment les professeurs des écoles. C’est une bonne nouvelle.

La délégation a noté cela tout en expliquant qu’il faudrait s’assurer que les moyens seront mis à disposition.

Les élus de l’ARF ont évoqué plusieurs questions autres :

— La question de l’enseignement immersif et des difficultés qu’il connaît aujourd’hui (remise en cause des  aides apportées par les collectivités, 5 années de fonctionnement pour être contractualisées). La question semble embarrasser ce ministre comme les autres avant lui car il faut trouver une solution pour que la loi soit à la hauteur de la réalité vécue. On se heurte là aux pressions de ceux qui mettent dans le même sac les écoles confessionnelles et les écoles associatives laïques et gratuites. Une bataille législative est indispensable. Dans la loi sur l’école ? Dans la loi sur la réforme des collectivités ? Dans la modification constitutionnelle ?

— La question de la formation de professeurs des écoles qui possèdent la langue mais ont besoin d’une formation spécifique pour enseigner en langue. Ils ont fait leur carrière en français et seraient prêts à enseigner dans une des langues régionales à la condition de bénéficier d’une formation longue, et pas quelques heures seulement pour être habilités.

—   La reconnaissance du Franco-Provençal comme langue régionale par l’Éducation Nationale.

—   La question de l’ambiguïté quant à la reconnaissance de l’allemand comme  langue régionale. En Alsace comme ailleurs c’est une langue reconnue comme étrangère et cela rend les choses plus difficiles. L’allemand est la langue régionale d’Alsace.

La ratification éventuelle de la Charte européenne des langues régionales aura des conséquences sur l’école. Le ministère étudie ces conséquences. La commission de l’ARF a demandé à être associée à la réflexion que mène le gouvernement  sur ce sujet.

Les trois élus ont aussi demandé à ce que le ministère de l’Éducation soit attentif au texte sur la réforme des collectivités qui, dans son projet, comporte des dispositions totalement inadaptées à la réalité de l’enseignement de nos langues.

Bien entendu la commission langues Régionales de l’ARF demande à être associée à la réflexion sur la ratification de la Charte.

La bataille maintenant consiste à écrire aux députés et sénateurs afin qu’ils soient mobilisés lorsque le texte sur l’école leur sera présenté et qu’ils en débattront.

Les enseignants, les associations, les militants et les élus doivent d’ores et déjà commencer ce travail de sensibilisation.

Il faut écrire à son sénateur et à son député pour lui dire que la loi ne peut ignorer une réalité et une demande sociale évidente et croissante.

Rencontre avec des députés

En marge de cette rencontre il faut noter que quelques heures avant David Grosclaude a rencontré la députée de Gironde Martine Faure (chargée de l’Éducation au groupe PS) et Paul Molac (député RPS  membre du groupe EELV).

Paul Molac avait interrogé la veille à l’Assemblée le ministre de l’Éducation à propos de la future loi. Le ministre a répondu qu’il était ouvert à des amendements sur le texte. Cela signifie que les députés vont devoir être les porteurs de ces amendements avec les sénateurs.

Martine Faure, qui porte aussi de façon régulière ces questions parmi ses collègues, nous a assuré de son soutien.

Les propositions d’amendement de la commission de l’ARF ont été remises aux deus députés comme à l’ensemble de leurs collègues de nos régions.

Il y aura aussi des contacts avec les députés et sénateurs des autres groupes sachant que la question n’est pas une question partisane. Il  y des parlementaires à gauche et à droite qui soutiendront les amendements et d’autres qui les combattront.

Charte européenne et constitution

Le premier ministre  a annoncé que les consultations sur la réforme de la constitution commençaient. Parmi les sujets abordés il y aura les langues et la Charte européenne.

La commission langues régionales de  l’ARF a demandé et redemandera à être associée à ces réflexions.

L’occitanisme qu’ei un movement sociau / L’occitanisme est un mouvement social (article bilingue )

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L’occitanisme qu’ei un movement sociau

La societat que deu préner en carga lo noste projècte e las nostas proposicions

 

Aquò ne’s pòt pas har shens la nosta participacion. Qu’ei lo camin qui prepausa lo Manifèste Occitanista. Qu’èm un movement sociau portaire d’un projècte. Qu’avem a préner part a las decisions.

 

Lo movement qui ei de cap a espelir dab lo Manifèste Occitanista que s’amplifica. las amassadas qui son organizadas un pauc pertot en país occitan qu’ac pròvan. De mei anar mei, militants occitanistas que comprenen qu’an ua plaça legitima a préner en la societat e dens las decisions pertocant la vita publica.

Lo caminament dessenhat peu Manifèste Occitanista e l’implicacion prepausada dens las eleccions municipaus de 2014 que deven estar vists com ua seguida naturau e logica de la mobilizacion viscuda desempuish quauques annadas. Qu’ei lo camin naturau e indispensable entà poder securizar çò de ganhat e anar cap a d’autas conquistas.

Non deu pas estar vist com qui seré un passatge traumatizant de l’accion culturau, qui seré neutra e natra, cap a l’accion politica qui seré comprometenta ; qu’ei meilèu ua implicacion mei hòrta en la vita sociau. Préner armas diferentas entà estar entenuts.

De segur que demanda ua cèrta determinacion, ua volontat d’anar au cap los projèctes qui portam. Qu’ètz nombrós a sentir en la vòsta accion associativa los limits impausats per aquera posicion qui plaça çò d’associatiu darrèr ua paret de veire qui la dessepara de la decision finau.

L’occitanisme que deu préner la plaça legitima qui ei soa ; senon que pren lo risc d’estar marginalizat e de non pas poder profieitar deus fiançaments publics entà la soa acccion qui a permetut de méter en plaça estructuras au servici de la societat sancèra. Los exemples son nombrós qui illustran aqueth risc. l’actualitat que’n horneish. Per exemple la redaccion de la lei navèra sus l’educacion, qui ignòra la nosta lenga e las autas lengas regionaus. E vam deishar l’escòla ignorar çò d’existent e denegar lo dret au desvolopament d’aqueth existent ?

E vam deishar la lei sus las collectivitats territoriaus ignorar l’identitat deus nostes territòris ? E vam deishar doman las comunas o comunitats de comunas organizar activitats periescolaras shens préner en compte las nostas reivindicacions ? Que seré suicidari. E que son quauques exemples au demiei de hòrt d’autes.

Qu’ei ua necessitat vitau tà l’occitanisme d’estar present dens las decisions de las assembladas comunaus, intercomunaus e autas. Qu’ei indispensable de poder dispausar doman d’un grop d’elegits capables d’interviéner sus aqueras questions qui son vitaus tau projècte qui portam.

De mei la societat qu’ei en atenta de proposicions e d’idèas qui vienen deu terrenh. Que cau arribar a installar a pòstes claus personas qui mestrejan las questions qui’ns preocupan. E que dispausam de las ressorças umanas e de las competéncias.

Que devem deishar de’ns har desvalorizar e desqualificar. las questions qui portam que son autant importantas com d’autas — e mei còps que i a — e que s’ameritan que la ciutat las prenga en carga clarament, shens las marginalizar.

Qu’ei la basa deu jòc democratic. E serem ua fòrça sociau qui ignoraré aquerò ? E serem pro nècis entà créder que la qualitat deu noste tribalh e seré pro entà convéncer d’autas personas de defénder en plaça nosta lo projècte occitanista ?

Ont que siam en país occitan, qu’avem la possibilitat de préner ua plaça, quitament petita, en la cadena de decision, en la gestion deus ahars publics e de la moneda publica. Nombrós, que seram mei hòrts e mei en capacitat de parlar publicament au nom d’un movement qui creish en la societat.

Alavetz anatz signar lo Manifèste Occitanista e entratz dens la dinamica qui hè que doman l’occitanisme e’s poderà har enténer.

Non s’ageish pas d’un partit de mei mes d’ua mobilizacion de ciutadans pragmatics e qui n provat la lor capacitat a montar projèctes d’interès collectiu.

 

David Grosclaude

 

Informacions sus los lòcs, las datas de las amassadas a viéner e tà la signatura sus : http://www.manifeste-occitaniste.com

 

 

 

L’occitanisme est un mouvement social

Il faut que la société porte notre projet et nos propositions

 

Cela ne peut se faire sans notre participation. C’est le chemin que propose le Manifeste Occitaniste. Nous sommes un mouvement social porteur d’un projet. Nous devons prendre part aux décisions.

 

Le mouvement qui est en train de naitre autour du Manifeste Occitaniste prend de l’ampleur ; les réunions qui se déroulent un peu partout en pays occitan le prouvent. De plus en plus de militants occitanistes comprennent qu’il y a une place légitime à prendre dans la société et dans les décisions qui concernent la vie publique

La voie que propose le Manifeste Occitaniste, et l’implication qu’il propose dans les élections municipales de 2014 doivent être vus comme une suite logique et naturelle à la mobilisation vécue depuis quelques années. C’est la voie indispensable afin de pouvoir sécuriser ce qui a été gagné et aller vers d’autres conquêtes.

Cela ne doit pas être vu comme un passage traumatisant d’une action culturelle qui serait neutre vers une action politique qui serait une compromission. Prendre des armes différentes pour être entendus c’est une implication plus forte dans la vie sociale.

Bien sûr, cela demande de la détermination, une volonté d’aller au bout des projets que nous portons. Vous êtes nombreux à ressentir dans votre action associative les limites imposées par cette position qui place ce qui est associatif derrière une paroi de verre qui le sépare de la décision finale.

L’occitanisme doit prendre la place légitime qui est la sienne ; sinon il prend le risque d’être marginalisé et de ne pas pouvoir profiter des financements publics pour son action, qui a pourtant permis de mettre en place des structures au service de la société toute entière.

Les exemples qui illustrent ce risque sont nombreux, l’actualité récente nous en fournit de nouveaux. La rédaction de la loi nouvelle sur l’école qui ignore notre langue et les autres langues dites régionales ; allons nous laisser l’école ignorer ce qui existe et nier le droit au développement de ce que nous avons réussi à mettre en place ?

Allons nous laisser les collectivités territoriales ignorer l’identité de nos territoires ? Allons nous laisser demain les communes et communautés de communes organiser des activités périscolaires sans prendre en compte nos revendications ? Ce serait suicidaire. Et ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

 

C’est une nécessité vitale pour l’occitanisme que d’être présent dans les décisions des assemblées communales, intercommunales et autres. Il est indispensable de pouvoir disposer d’un groupe important d’élus capables d’intervenir sur ces questions, qui sont vitales pour le projet que nous portons.

En plus la société est en attente de propositions e d’idées, venant du terrain. Il faut arriver à installer à des postes clés des personnes qui maitrisent les questions qui nous préoccupent. Nous disposons des ressources humaines et des compétences pour cela.

Nous devons refuser de nous laisser dévaloriser et déqualifier parce que les questions que nous portons sont aussi importantes que d’autres — et parfois plus — et elles méritent que la Cité les prenne en charge, clairement, sans les marginaliser.

C’est la base du jeu démocratique. Serions nous une force qui ignore cela ? Serions nous assez naïfs pour croire que la qualité de notre travail serait un élément suffisant pour que d’autres soient convaincus qu’ils doivent défendre notre projet à notre place ?

Où que nous soyons en pays occitan, nous avons la possibilité de prendre une place, même petite et modeste, dans la chaine de décision, dans la gestion des affaires et de l’argent public.

Nombreux nous serons plus forts et plus en capacité de parler publiquement au nom d’un mouvement qui monte dans la société.

Alors allez lire et signer le Manifeste Occitaniste et entrez dans la dynamique qui fait que demain

l’occitanisme pourra se faire entendre.

Il ne s’agit pas d’un parti de plus mais de la mobilisation de citoyens pragmatiques qui ont prouvé leur capacité à monter des projets d’intérêt collectif.

 

David Grosclaude

 

Informations sur les lieux, les dates des prochaines réunions et pour signer sur : http://www.manifeste-occitaniste.com

 

Cumul des mandats : une oeuvre d’insertion sociale !

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Le plus pathétique des arguments en faveur du cumul des mandats consiste à dire que celui qui  ne serait que député (entendons qui ne serait pas  député-maire, député président de conseil général ou régional), serait coupé des réalités concrètes. La même chose se dit pour les sénateurs.  Voilà qui serait dommageable ! Il est donc sous entendu que le cumul rapproche des réalités.

Pour certains c’est un postulat. Admettons que ce soit… une hypothèse. Vérifiée elle nous amènerait à conclure que les élus qui n’ont qu’un mandat, les citoyens qui n’en ont aucun ou n’ont aucune  responsabilité politique sont coupés de la réalité. Travailler tous les jours, être au chômage, chercher du travail, élever ses enfants, militer dans des associations… ne serait pas une façon d’être en contact avec la réalité globale mais seulement avec une partie de cette réalité. Tout cela est un vilain prétexte à ne rien lâcher.

Un élu en contact avec la réalité pourrait être avant tout un élu inséré dans la société à certains moments de sa vie personnelle. Et les choix sont nombreux pour ne pas perdre le contact avec  la réalité. Amenez vos enfants à l’école, allez au marché, militez dans une association…que sais-je encore !

En revanche, quelle vision de la réalité a celui qui cumule, au travers des notes faites par ses divers cabinets ou des visites plus ou moins encadrées  « sur le terrain » ?

Je ne suis qu’un modeste élu régional qui se demande  parfois ce qu’il pourrait comprendre par exemple à la question des trains régionaux s’il ne devait les prendre plusieurs fois par mois ? Je ne suis qu’un modeste élu qui, pour comprendre, s’appuie  souvent pour sur l’expérience acquise durant une vie professionnelle qui n’est pas encore terminée.

Je ne cumule pas et il me semble que ma connaissance du terrain s’enrichit chaque jour  par la pratique…du terrain. Chaque jour lorsque je rentre à la maison, chaque jour lorsque je dois me consacrer à des tâches très  matérielles qui ont trait à ma vie privée…j’apprends. Pas très original, mais efficace ; ça ne fait pas rêver, c’est un peu terre à terre, mais c’est rassurant.

 

Toujours plus technique

 

Certes je suis loin de savoir nager comme certains (ou comme ils le prétendent) au milieu des dossiers « toujours plus techniques », pour reprendre une phrase toute faite. Ce serait cela la politique moderne. La politique serait de la technique et rien d’autre. Donc laissons faire les spécialistes…ceux qui n’ont fait que ça de toute leur vie et qui, pauvres d’eux, ont besoin de deux ou trois mandats afin de garder le contact avec la réalité.

Le cumul des mandats serait une oeuvre d’insertion sociale pour des gens qui seraient marginalisés s’ils ne restaient en contact avec la réalité grâce au mandat multiple. Alors, ne créons pas de nouveaux exclus de la réalité !!!

S’en étant éloignés depuis longtemps ( c’est un sacrifice qu’ils font de leur vie, bien entendu) ils prétendent ne garder le  contact avec elle que par la rencontre au quotidien de citoyens qui viennent leur faire entendre leurs doléances. Mais pour que la dose soit suffisante il est nécessaire qu’ils entendent ces doléances à plusieurs titres.

Si des élus cumulent et veulent cumuler ce serait donc parce que la réalité politique est de plus en plus complexe. On vous le répète ! C’est de la technique la politique, et donc ça nécessite des techniciens. Et des techniciens ce sont des gens de plus en plus pointus, qui ont leur langage, leurs codes, leur culture…et leurs choix implicites.

Comment voulez-vous que des profanes, issus de la société civile, n’exerçant qu’un seul mandat puissent s’y faire une place ? Comment voulez-vous que ces gens qui viennent faire de la politique  après quelques années de vie professionnelle soient compétents ?

Voilà ! La boucle est bouclée. La politique c’est un métier et c’est technique. Les choix autres, c’est de l’utopie, de l’idéologie pure. Place à la technique !

 

La politique c’est pour les pros !

 

Les mauvaises langues diront que c’est aussi pour cela peut-être que l’administration, faite de techniciens, a tendance à déborder les politiques et à prendre les décisions à leur place ? Un argument de plus pour les tenants du cumul : eux,  ils savent tenir les techniciens donc maîtriser leur  administration !

Vous n’êtes pas convaincus ? La réalité du terrain ( encore elle !) vous prouve le contraire ? Vous devez être de mauvaise foi ou alors vous ne maitrisez pas assez la technique pour comprendre les choix qui sont faits. Vous voyez que la politique c’est pour les pros !

Vous remarquerez enfin, que les tenants du cumul comme moyen de rester en contact avec la réalité, ne contestent pas la présence à leurs côtés d’assemblées consultatives composées de professionnels. Ces socioprofessionnels doivent permettre de mieux cerner la réalité. Mais si l’on ouvrait les assemblées d’élus en réduisant le cumul on pourrait peut-être y retrouver la diversité de la société ? Et c’est là le débat sur le statut de l’élu qu’il faudra bien ouvrir.

 

Il y a trop d’élus !

  

Le débat sur le cumul des mandats est aussi l’occasion d’entendre les arguments de ceux qui considèrent qu’il y a trop d’élus. Logique, puisque certains prouvent qu’un seul peut faire le travail de deux ou de trois ! Le font-ils vraiment ? J’en doute ou alors au prix d’une délégation à des techniciens de l’administration d ‘une part des décisions. On en a déjà parlé.

Mais l’idée qu’il y aurait trop d’élus peut s’entendre dans la mesure où l’on se montre incapable de simplifier le système politico-administratif français. Faisant partie de ceux qui considèrent qu’il faut le simplifier je dois m’expliquer. Je ne  considère pas qu’il y a trop d’élus mais je pense que les niveaux de décision doivent être plus pertinents qu’ils ne le sont aujourd’hui et que les doublons sont paralysant.

Si vous ajoutez en plus un État qui ne veut rien lâcher et une Europe en déficit démocratique, le tableau n’est pas satisfaisant.

Pourtant, à ceux qui disent que nous avons trop de députés et en proportion de la population plus que les État-Unis, l’Allemagne (la Russie disent même certains qui n’ont pas peur d’aller chercher là où la démocratie n’est pas exemplaire) il faut rappeler que ces États sont fédéraux et que les parlements régionaux doivent être comptabilisés. Et surtout dans un État fédéral les parlements des États ou des régions ont de vrais pouvoirs. Donnons donc  des pouvoirs aux régions !

Trop d’élus ! En France cet argument revient à dire que finalement un Parlement, un gouvernement, une bonne administration et des préfets, ce serait largement suffisant ! Un peu court pour faire de la démocratie moderne ; mais ça aide à comprendre pourquoi la décentralisation dans son acte III risque  de nous décevoir beaucoup.

 

David Grosclaude