Langues régionales : la ministre de la Culture confirme les engagements du président de la République

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Le ministère de la Culture et de la Communication a indiqué jeudi, en réponse à une question d’un sénateur socialiste, que « la France mettra en œuvre le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ».

La ministre confirme ainsi l’engagement que le président de la République avait pris lors de la campagne électorale et qu’il avait précisé par un courrier envoyé au mois d’aout dernier au président de l’Association des Régions de France. Dans ce courrier François Hollande disait qu’il veillerait à ce que la France ratifie la Charte et qu’il souhaitait la mise en place d’un « statut légal clair » pour les langues régionales.

Je me réjouis de la déclaration de la ministre qui indique à propos de la ratification de la Charte : « ce travail sera fait de manière transversale et coopérative, et visera, en liaison étroite avec les parlementaires et l’ensemble des élus, à assurer un plein développement aux langues de France ».

Dans les jours qui viennent je me mettrai en relation avec Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, afin que la commission de l’Association des Régions de France qui a en charge les langues régionales, puisse apporter sa connaissance et son expertise en ce domaine et ainsi faire avancer plus rapidement le processus de ratification.

Bien entendu, cela signifie aussi que nous souhaitons que la ratification de la Charte européenne ne soit qu’un premier pas, le second étant l’adoption rapide d’une loi qui donnera aux langues ce statut évoqué par le président de la République.

Tout cela s’ajoute à ce qu’a dit la ministre chargée de la réforme territoriale. Elle indique que la question des langues sera de la compétence des régions. je suis à 100% d’accord avec cette idée.

Il faut, bien entendu, que pour ce qui concerne les régions occitanes cette compétence soit déléguée à un organisme commun aux différentes régions qui permettra de faire une politique harmonisée, cohérente et plus économique.

Cet outil nous sommes en train de le créer entre les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. D’autres viendront certainement plus tard. Il s’agit de l’Office Public de la Langue Occitane.

Mes que cau estar prudents pr’amor los opausants a la reconeishença de las lengas que son tostemps capables de miar ua  ofensiva a l’encòp contra la ratificacion de la Carta europèa e contra lo depaus d’un projècte de lei. 

Que cau donc mantiéner la pression. Que i avèva 30 000 personas a Tolosa au mes de març passat entà demandar la reconeishença de la lenga occitana e lo vòte d’ua lei. Que podom enténer lo sostien deu president deu Senat qui representava lo candidat François Hollande. Que cau donc que las promessas sian tiengudas e a un nivèu haut.

Totas las associacions e los elegits de tot nivèu que deven har pression suus paralmentaris entà que lo govèrn comprenga que la question ei seriosa e que i a ua atenta hòrta dens la populacion sus aqueth tèma.

Non devem pas considerar que las causas avançaràn shens estar acompanhadas d’ua accion permanenta dinc au vòte de la lei e après entà la soa aplicacion. L’istòria que’ns pròva que i a tostemps fòrças( a derat coma a esquèrra) qui an per sola preocupacion d’empachar la reconeishença de la diversitat linguistica suu territòri de la Republica. 

L’audiovisuel public doit se décentraliser …vraiment

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Le centralisme audiovisuel n’est que la traduction  médiatique d’un centralisme qui empêche de penser et nous infantilise. La crise que connait France 3 illustre cette situation. 

 

Le système audiovisuel français public est en crise. La situation de France 3, avec cette pitoyable et minable suppression temporaire de programmes locaux, en est la preuve.

Les salariés de France 3 font les frais d’un système qui n’a qu’une logique depuis des années : celle de la centralisation.

France 3 n’a jamais eu de vrai rôle de télévision régionale et il n’y a jamais eu de télévision régionale véritable en France dans l’audiovisuel public ( et pas plus dans le privé d’ailleurs).

C’est une maladie de ce pays. Il ne supporte pas que les décisions puissent se prendre ailleurs que dans des bureaux parisiens. C’est vrai pour la politique comme pour l’audiovisuel.

La holding France Télévisions va devoir faire des économies. Les fera t-elle sur une des chaines les plus récentes  (France 4, France 5 France 24) ? Non c’est sur France 3 que se feront ces économies en priorité. Cela signifie que la télévision régionale, déjà quasi virtuelle deviendra l’ombre d’elle-même.

On va augmenter de 4 euros la contribution à l’audiovisuel public ( la redevance) pour récolter 164 millions d’euros de plus. Cet argent ira pour plus de 75 % à France Télévisions et le reste ira à Radio France (environ 18%)  puis enfin à Arte, l’INA et les sociétés de l’audiovisuel extérieur.

 

La télévision et la radio

 

La redevance c’est environ 3 milliards d’euros par an. C’est énorme, mais c’est moins que dans d’autres pays. Oui, mais ailleurs on a pas peur de faire des télévisions publiques régionales ou ayant vocation à  donner la parole à un territoire qui a parfois sa langue propre.

Certains pays n’ont pas de redevance. Nous, nous en avons une et nous n’avons pas de télévisions régionales, aucun espace pour nos langues ; et les fréquences de la télévision numérique ont été livrées à de grands groupes privés (centralisés aussi)  qui nous proposent une soupe audiovisuelle peu digeste.

France 3 va mal, mais France 3 n’est pas la préoccupation première de sa société mère France Télévisions. Le personnel va donc trinquer et payer les erreurs du passé et le refus de décentraliser enfin l’audiovisuel public.

Et ce n’est pas qu’une maladie télévisuelle. Regardez, ou plutôt écoutez  Radio France et ses locales de France Bleu. Jamais la radio publique n’a osé la régionalisation, la vraie autonomie, la vraie différence. Le cordon est bien toujours là entre les locales et Paris. Le choix du local est d’ailleurs officiellement couvert par un discours sur la proximité, sur le local ; on aurait pu faire pour la radio le choix du régional mais non, on a fait celui du local. C’est un choix qui n’est pas neutre politiquement.

 

Dynamisme social et culturel

 

Je ne vois pas d’issue pour l’énorme machine de l’audiovisuel public dans cette crise. On va encore nous mettre une dose de centralisme que l’on va justifier par des besoins d’économies.

Nous devons  dire qu’il faut créer des télévisions de plein exercice hors Paris, de vraies télévisions dans les grandes capitales régionales qui seront capables de regarder le monde depuis chez nous.

Nous sommes handicapés par le centralisme audiovisuel comme nous le sommes par le centralisme politique. L’un alimente l’autre et vice-versa.

C’est une catastrophe pour le dynamisme social, économique et culturel de nos territoires. La télévision publique, qui court après l’audience comme la télévision  privée, est monopolisée par de petits groupes, liés au pouvoir politique et économique. La plupart des émissions sont faites par les mêmes qui chaque année, à l’occasion du Mercato audiovisuel, échangent leurs sièges. Combien sont ils au total ? 50 ? 100 ?

 

Classe dominante

 

Regardez aussi ceux qui sont les invités dans les émissions de ce petit monde ! Toujours les mêmes qui viennent faire de la promotion de leurs livres, de leurs spectacles, quand ce n’est pas la promotion de l’émission qui se fait sur une autre chaine. Nous sommes dans l’auto alimentation, dans le narcissisme le plus achevé.

 A la classe dominante, politique et économique, est venu s’ajouter un petit groupe de personnes qui tient le PAF, sur un kilomètre carré. Il y a quelques années certains sociologues estimaient la classe dominante en France à un groupe de 5000 personnes parmi lesquelles il y avait les politiques, les économiques et quelques membres de la haute administration. Vous y ajoutez aujourd’hui quelques personnalités des médias, et particulièrement de la télévision et vous en avez fait le tour. On étouffe ! 

 Alors comment, par exemple, être un artiste hors-Paris dans ces conditions si ce n’est en étant condamné au provincialisme et aux regards condescendant des vrais artistes, ceux qui occupent l’écran. Il faut du courage pour casser ce système. Il régente tout, hiérarchise tout en partant du haut, du centre.

L’étouffoir médiatique est général, privé et public. Il partage le pays (et même le monde) entre ce qui est à Paris et hors-Paris.

 

Partageons la redevance

 

Alors oui, ayons le courage de dire que dans ces conditions l’audiovisuel public ne fait pas son travail  et qu’il doit se réformer en profondeur. France 3 pourra t-il se transformer pour donner naissance à de vraies  télévisions régionales  autonomes ?  Je l’espère mais j’en doute. Il y a des blocages  pour une telle réforme, ne serait-ce que la peur de lâcher la bride aux régions.

Mais les blocages sont aussi internes à France Télévisions et à France 3. Et ils existent même dans la classe politique des régions qui n’ose imaginer dans sa grande majorité de pouvoir prétendre à ce que toutes les régions d’Europe ont depuis longtemps. Le manque d’audace prouve que

le centralisme nous à infantilisé. Il empêche de penser, il rend peureux, craintif.

Alors disons clairement qu’il y en a assez de payer une « contribution à l’audiovisuel public » qui n’est qu’un moyen de plus de renforcer ce système. Exigeons qu’une partie conséquente (30, 40, 50%?)  de la redevance que nous payons soit dédiée au financement de télévisions  publiques régionales autonomes.

je n’évoque même pas la situation des langues dites régionales tellement le sort qui leur est fait dans l’audiovisuel public est honteux. J’admire ceux qui font leur travail dans une de ces langues dans l’audiovisuel public. C’est la bataille permanente pour exister, pour être reconnu par le centre (et même pour être  reconnu dans sa propre maison ) et je sais de quoi je parle.

Quant à suppression de  la publicité sur les ondes du service public, certes elle est responsable du manque à gagner qui grève le budget de France Télévisions, mais c’est un autre problème. Que l’on soit dépendant en partie de rentrées publicitaires est une chose ; l’autre est d’être dépendant des décisions d’un système qui ne connait que son centre, pour ne pas dire que son nombril.

 

David Grosclaude

Décentralisation : on ressort les épouvantails 

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Je suis abasourdi par les déclarations du ministre de l’Intérieur à propos du Pays Basque. 

Il vient de fermer la porte à l’une des mesures les plus symboliques en matière de décentralisation qui soit à savoir la création d’une collectivité propre au Pays Basque. C’est un symbole dans une période où des espoirs importants de voir la décentralisation avancer étaient nés des déclarations du président de la République et de la ministre Marylise Lebranchu. 

Le ministre de l’Intérieur a décidé que les demandes qui viennent des élus et de la population basques ne sont rien. C’est un signe très négatif pour tous ceux qui souhaitent une régionalisation forte, une décentralisation audacieuse. Combien de temps va t-il s’écouler avant que la France ne se trouve des dirigeants capables de la faire sortir de cet archaïsme qu’est le centralisme qui nous entrave depuis tant d’années ? 

J’espère que Manuel Valls sera contredit par le premier ministre et par le président de la République. 

Quant à l’amalgame fait avec la question d’ETA je ne le comprends pas. Quel rapport y a t-il avec ce projet de collectivité basque sur le territoire français ? Parce que c’est bien d’un projet dans le cadre de la République française dont on parle. Le temps des épouvantails que l’on agite pour que chacun se réfugie dans l’immobilisme serait-il de retour ? 

En plus, ETA a décidé de déposer les armes depuis plusieurs mois. C’est une excellente nouvelle pour tous les démocrates et tous ceux qui comme moi ont toujours refusé la violence.  Des élections ont eu lieu il y a quelques jours en Euskadi, de façon démocratique. Aller donner des gages à la droite espagnole qui s’entête à refuser toute concession et qui refuse donc de dynamiser le processus de paix en cours n’était pas une bonne idée.