En vallée d’Aspe les travaux avancent / En vath d’Aspa lèu lo trin tornarà.

Que trobaratz ací quauques fotografias de las òbras sus la via deu trin enter Auloron e Bedós .

Aspa 3Lo trin que tornarà lèu pujar en vath d’Aspa, dinc a Bedós entà començar. Las òbras en Aspa qu’avançan viste e aquò pr’amor lo Conselh Regionau d’Aquitània qu’ac a decidit sol. E qu’ei d’aulhors lo sol a pagar aqueras òbras de reabilitacion.

Qu’ei lo prumèr pas abans lo restabliment de la via internacionau qui passa per la gara de Canfranc en Haut-Aragon, au pè deu Sompòrt.

Ubèrta en 1928 après annadas e annadas de tribalhs, aquera via qu’estó abandonada en 1970. E desempuish n’avem pas jamei deishat de demandar que la tòrnen obrir. Plan qu’avem hèit !

Il n’y a pas tous les jours des raisons de se réjouir mais j’ai fait un tour en vallée d’Aspe et j’ai vu les travaux de réhabilitation de la ligne entre Oloron et Bedous. C’est la Région Aquitaine qui a décidé de faire enfin quelque chose pour qu’un train circule à nouveau dans la vallée.

Près de 100 millions d’euros pour que des trains arrivent à nouveau à Bedous et ensuite il restera une trentaine de kilomètres pour que l’on retrouve la ligne internationale qui passe par la gare de Canfranc.

Aspa 1

Pour faire court et pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, c’est en 1970 que la ligne internationale est interrompue. Il n’y a plus que la bagnole et le camion qui comptent à l’époque alors on ne veut pas rétablir la ligne. Pourtant ça n’aurait pas coûté cher : un petit pont à reconstruire après Bedous.

Dix ans après, en 1980, le train est supprimé complètement et s’arrête à Oloron.

Des années de bataille ont été menées par différentes associations, des syndicats et des partis politiques, dont les occitanistes et des écolos. Pourtant rien n’a bougé pendant plus de quarante ans.

Personne ne voulait payer. Pas RFF, pas la SNCF, et pas l’État. Les trains circulent jusqu’a Canfranc en Aragon mais pas chez nous.

Alors en septembre dernier la Région Aquitaine a lancé seule les travaux de rénovation de cette ligne jusqu’à Bedous. C’est un véritable ouvrage d’art mais aussi une porte sur l’Aragon et la péninsule ibérique. Il faut espérer que l’on trouvera de quoi payer la suite, les trente kilomètres qui restent. Mais il faudra que d’autres paient aussi.

Il semble qu’on ait oublié que de l’autre côté du tunnel il y avait nos voisins et que c’est aussi l’Europe.

Aspa 2

Enfin je vous présente quelques photos d’un chantier rare : une voie ferrée qui est en réfection totale dans les Pyrénées. On n’a pas vu ça depuis longtemps.

Je ne regrette pas d’avoir manifesté depuis des années pour demander la réouverture de cette ligne.

On finira un jour par pouvoir aller à Saragosse par le train, ce qui est la moindre des choses quand on prétend faire l’Europe !

si vous voulez en savoir plus allez sur le site du CRELOC : http://creloc.intermodalite.com/

L’éclipse éclipsée ou, les astres victimes des lunettes hexagonales

On dit souvent que la question des médias est un élément majeur dans le fonctionnement du centralisme à la française. Je pense en effet que le système médiatique centralisé joue un rôle néfaste dans la façon dont fonctionne notre démocratie.

J’aurais pu choisir un thème politique, social, culturel pour vous donner un exemple de ce que cette centralisation médiatique peut provoquer comme déformation de l’information ( je n’ai pas dit désinformation ! mais ça y ressemble parfois).

600px-NASA-Apollo8-Dec24-Earthrise-1

La Terre vue de la Lune par un vaisseau Apollo

Alors permettez moi de faire ma démonstration à partir d’un événement céleste. Ce 20 mars en effet le Soleil, la Lune et la Terre étaient alignées. Aucun événement ne peut être plus universel et plus objectif que celui-ci. En théorie, il ne devrait donner lieu à aucune déformation lorsqu’on le relate…et pourtant.

Ce 20 mars une éclipse de soleil totale était visible en Atlantique Nord et les Islandais ont pu en profiter. Cette éclipse très médiatisée en France n’était visible qu’à 70% ou 80%. Rien à voir avec celle de 1999 qui avait été de 100%, donc totale, à Paris. Chez nous, au sud de l’hexagone elle n’avait pas été beaucoup plus importante que celle de ce 20 mars (85% à Toulouse).

Or, depuis 1999, on nous a appris que nous n’aurions pas d’éclipse majeure avant 2089. Cette information, qui est le résultat de calculs précis d’astrophysiciens, ne devrait souffrir aucune contradiction. « Nous n’aurons plus l’occasion de voir en France une telle éclipse avant 2089 ». Cette phrase, je l’ai entendue répétée à maintes reprises sur plusieurs médias, durant les quelques jours qui viennent de passer. Elle semble objective.

Les astres seraient donc respectueux des frontières. Il n’y aurait pas d’éclipse « française » majeure avant la fin de ce siècle !

Sans remettre an cause les calculs des spécialistes sur le jour, l’heure et le parcours de l’éclipse totale de 2089, je souhaite interpréter cette information d’une façon non hexagonale. En effet, quand on m’envoie le message selon lequel je ne verrai pas, chez moi, d’éclipse majeure avant 2089, je cherche à savoir pourquoi la France et les habitants de l’hexagone sont ainsi ignorés par les astres pendant tant d’années !!!

En réalité l’information est déformée. La véritable information est la suivante : « Il n’y aura pas d’éclipse totale avant 2089…à Paris ! ». Etrangement cette information s’est transformée en « Il n’y aura pas de tel phénomène en France avant 2089 ». Et je passe sur les commentaires qui vous incitaient à profiter de celle de ce 20 mars parce que, en 2089, nous ne serons pas tous en mesure d’observer la chose. Donc pas d’éclipse pour les Français avant longtemps sauf pour ceux qui pourront voyager sur des terres lointaines, là où les astres sont plus généreux.

Mais alors, où est l’information juste ?

Elle est la suivante : une éclipse de soleil totale traversera le nord de l’Espagne le 12 août 2026 et l’éclipse sera totale au nord de l’Aragon à 20h28, presque trois-quarts d’heure avant le coucher du soleil. Elle traversera la péninsule ibérique depuis la Galice pour se terminer aux Baléares à l’heure du coucher du soleil. Cela veut dire que l’éclipse sera, pour les régions qui sont au nord des Pyrénées, de 98 % ( Bayonne, Pau, Tarbes, Foix, Carcassonne, Perpignan et que pour les autres régions occitanes bien plus importante que celle de ce 20 mars et que celle de 1999 ( entre 85% et 90%). Elle sera originale puisque le soleil sera très bas. La Lune l’éclipsera puis le libèrera partiellement avant qu’il ne se couche.

Pour les médias français parisiens (et relayés par les médias régionaux) il existe des éclipses aux couleurs nationales. Celle de 2026 n’est pas mentionnée parce qu’elle sera « espagnole ». Pourtant une bonne partie de l’hexagone pourra l’observer…mais pas son centre. Donc elle n’existe pas.

Vous allez me dire que tout cela est anecdotique. Effectivement ce n’est pas grave mais c’est très révélateur.

Cela nous éclaire aussi sur la façon dont peuvent être interprétées ( déformées ?) d’autres informations. Si tout est traité, interprété, pré-mâché, digéré et restitué par le seul centre et ses médias, voilà ce qui arrive. Même un alignement de la Terre avec la Lune et le Soleil peut être éclipsé quand il ne concerne pas le centre.

Je vous laisse maintenant méditer les conséquences de cette déformation sur le reste des informations — bien moins universelles et beaucoup moins objectives qu’un alignement céleste — qui nous sont servies chaque jour dans le domaine politique, social, économique, culturel. Le filtre est puissant. Il arrête bien des rayons, il déforme la lumière. Il nous fait de l’ombre.

Non, pas plus que la Terre n’est au centre de l’Univers, le centre du monde n’est pas hexagonal.

David Grosclaude

Un Center Parc en Òut e Garona ?

Lo conselh generau deu departament d’Òut e Garona que prepausa la creacion d’un Center Parc au ras de Castèth-Gelós ( Casteljaloux). Que seré un investiment de 170 milions d’euros. 20 milions que serén portats peu departament e 15 milions per la Region Aquitània.

La discussion d’aqueth projècte qu’ei estada animada au Conselh Regionau d’Aquitània pr’amor qu’èm nombrós a non pas créder a la validitat economica deu projècte e qu’èm nombrós tanben a considerar que lo projècte ei ua eresia toristica e culturau. Totun que s’i a trobat ua majoritat entà votar en favor de la participacion de la Region Aquitània au projècte.

Quin créder que poderé estar creatora d’activitats la creacion d’ua boishòrla en laquau e’s vienerén embarrar toristas ? E sortiràn los toristas de la lor boaishòrla entà anar descobrir lo país ? En los autes Center Parcs existents los toristas n’an pas briga tendéncia a sortir entà anar frequentar los marcats e los comèrcis deu parçan. Tot l’enjòc que seré justament de’us har sortir mes lo conceptor deu projècte non i a pas nat interès. Tà eth qu’ei mei important que los toristas despensen moneda a l’interior,on tot ei previst entà aquò har.

Que s’i parla de quauques 300 emplecs mes quau serà lo lor prètz ? Que sembla evident que per çò qu’ei de l’emplec que seré mei pertinent de consacrar 15 milions a projèctes mei nombrós, mei plan pagerats e mei plan repartits suu territòri de la region.

Lo Conselh Economic Sociau e Environamentau Regionau ( CESER) qu’a dit lo son descacòrd dab aqueth projècte en considerar que la soa pertinéncia n’èra pas briga provada e en explicar qu’aqueth sistèma d’amainatjament toristic qu’avèva tocat la fin de la soa logica en d’autas regions. Qu’evòca tanben lo montatge financièr qui sembla fragile puish que s’apèa sus investissors privats qui deven crompar los « cottages» en profieitar de mesuras de desficalizacion.

Lo CESER en lo son rapòrt que s’interròga sus d’autes punts com per exemple la qualitat deus emplecs e las retombadas exterioras. Que s’i parla tanben de las questions d’environament (aiga, espaci).

230 ectaras que serén necessàrias entà aqueth projècte qui ei sostiengut per quauques elegits qui pensan lo territòri en question a besonh absoludament d’estar reviscolat.

Tota la question qu’ei de saber se n’èm pas devant un projècte d’ua auta epòca, d’ua fòrma de torisme qui s’acaba.

Lo projècte que sembla sustot sortit rapidament, e lhèu tròp rapidament. Precipitacion devuda a la proximitat de las eleccions departamentaus, manca de concertacion, que son uns elements qui riscan de miar a un conflicte tau com ne coneishem en d’autes endrets on projèctes d’aquera natura son en cors.

Las zònas escuras en lo projècte que son nombrosas e que son logicament un factor d’inquietud.

N’èi pas votat en favor d’aqueth dossièr pr’amor que i a tròp de questions qui demoran shens responsas e tanben pr’amor lo torisme non pòt pas estar, segon jo, ua activitat hòra-sòu.

Que dit le CESER ?

Selon le Conselh Economic et Social et Environnemental Régional d’Aquitaine ce projet ne garantit pas que les retombées en matière d’emplois seront vraiment positives. Le CESER note en effet que le ratio aides publiques/emploi et de 130 000 euros. Il dit je cite : « le même niveau d’investissement consenti sur ce territoire au profit des acteurs locaux pourrait certainement générer une autre dynamique de développement porteuse d’un nombre d’emplois plus conséquent ».

Le CESER note par ailleurs à propos de ce projet qu’il représente : « une mobilisation de fonds publics au titre de la promotion et au bénéfice de l’opérateur, sans pour autant que ladite offre ne corresponde à la stratégie touristique des collectivités mais bien plus à celle de Pierre & Vacances » .

Expo universelle, J.O : Paris va nous coûter cher !

Encore un grand projet rentable ! Que dis-je ? Encore deux grands projets rentables !

Les Jeux Olympiques à Paris en 2024  et l’Exposition Universelle en 2025.

Cette dernière ne coûtera rien ou presque à en croire ses promoteurs. On dépensera 2,9 milliards d’euros pour en gagner 3,1 milliards. 200 millions de bénéfice ! On se réjouit d’avance. Nous sommes d’ailleurs appelés à nous réjouir.

Presque aussi rentables que d’autres projets que l’on nous avait annoncés comme tels. Il y en a de nombreux comme le nucléaire et l’EPR, les lignes LGV pour parler des plus récents. Il y a des ancêtres comme Concorde.

Non, ne riez pas ; 2024 et 2025 ce sera le gros lot pour…Paris.

P1020536La Tour Eiffel : symbôle de ce que Paris doit à l’expo universelle

Certes, jamais le centralisme ne s’est renié. Tout a toujours été fait pour que l’on n’ait qu’une seule et grande ambition ; celle d’aller à Paris le plus vite et le plus souvent possible. Mais depuis quelques années des mots avaient circulé comme « décentralisation » et « régionalisation ». On se disait que peut-être il y aurait quelques changements. Les ambitions décentralisatrices n’ont pas fait long feu.

Comme c’est la crise, plus de complexes ; on revient aux bonnes vielles méthodes. La présentation du projet d’exposition universelle à Paris en 2025 est un exemple du genre. On va nous refaire une tour Eiffel, (numérique je vous prie) mais surtout on va investir beaucoup d’argent pour moderniser Paris. Et rien n’est caché, on dit clairement les choses : ExpoFrance 2025 a signé un partenariat « avec la société du Grand Paris, qui pourrait permettre de booster la future métropole et notamment le projet de métro Grand Paris Express ».

P1050728

Concorde : prestigieux, mais coûteux

C’est vrai que le coup se prépare depuis des années. Les lignes LGV (payées en partie par les contribuables des communes, départements et régions éloignées) pour aller plus vite à Paris …donc à l’exposition et aux J.O. Mais la ficelle était grosse et on s’aperçoit aujourd’hui que certains groupes de BTP ont voulu se gaver avec des chantiers où le contribuable paye et où les bénéfices sont pour les actionnaires. Donc voici le nouveau projet qui va permettre de lancer un très gros chantier. Expo Universelle qui appelle le nouveau métro circulaire du Grand Paris.

On aurait voulu créer une machine à remonter le temps que l’on aurait pas fait mieux. Paris aura la meilleure part, pour ne pas dire tout le gâteau. Mais ce n’était pas possible de le dire ainsi, alors on explique à Expofrance 2025 que le troisième cercle de l’événement concernera les grandes villes de provinces qui pourront organiser des colloques, faire « des présentations d’innovations technologiques et même présenter des réhabilitations patrimoniales et architecturales ». Rien que ça, ça donne déjà envie !

Bon, on ne dit pas avec quel argent. Ce ne sera pas avec celui des collectivités qui sont déjà plumées. Pas avec les impôts que les collectivités vont percevoir ; la fiscalité c’est l’affaire de l’État qui ramasse et ensuite fait des dotations aux collectivités, si possible en les réduisant régulièrement.

Mais ne vous inquiétez pas, vous verrez tout à la télé si vous n’avez pas la possibilité d’aller à Paris !

Je ne voudrais pas être mal compris. Que l’on organise une expo universelle est en soi une bonne chose. Mais on aurait pu choisir, Clermont-Ferrand, Toulouse, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg, Bordeaux…Les italiens ont bien choisi Milan, les espagnols avaient choisi Saragosse pour l’expo internationale.

P1090733Saragosse et son pont sur l’Ebre construit pour l’exposition Internationale  de 2008. Les expos internationales ne durent que trois mois. Six mois pour les expos universelles.

Mais chez nous c’est différent ! Il y a la machine à déménager le territoire. Elle fonctionne toujours. Elle s’est emballée depuis longtemps, elle grossit. Elle nous cache l’horizon européen, elle nous condamne à ne regarder que vers un point unique, à n’écouter qu’une voix.

Nous serons dans le troisième cercle. Nous aurons les échos de l’Expo, pas les retombées mais nous aurons le prix à payer. Parce que qu’il faut dire le devis semble bien modeste quand on regarde les factures des autres.

Expofrance 2025 parle de plus ou moins trois milliards d’euros, alors que la facture sera de 15 milliards à Milan cette année ! Elle serait de 20 milliards pour Dubai 2020.

Celle de Hanovre en 2 000 s’est soldée par un manque à gagner de 1,2 milliards d’euros !

Qui gagne et qui paye ? Je ne parle pas des J.O dont on sait qu’ils ne sont pas rentables. Ce n’est pas leur rôle. Mais au moins si ces événements servaient à développer des villes qui en ont besoin. Si on avait l’idée simple de ne pas toujours tout faire au même endroit ce serait déjà une innovation… qui vaudrait une exposition.

Ua manifestacion per la lenga occitana ! Òsca !/Une manifestation pour la langue occitane ! Bravo !

Article bilingüe francés e occitan

 Article bilingue français/occitan

 

Ua manifestacion per la lenga occitana ! Òsca !

Que pòdi díser, shens tròp riscar d’orgulhosejar, que n’estoi pas per arren dens la mesa en plaça de la prumèra manifestacion « Anem Òc ! Per la lenga occitana ! » en 2005 a Carcassona.

La decision qu’estó presa de har aquera manifestacion, e d’aperar las autas organizacions a i participar, au moment de l’amassada generau de l’IEO deu mes de mai de 2004, a Castras.

Qu’èri lavetz president de l’IEO. Que podoi préner la pagèra de las dificultats que i avèva a convéncer los occitanistas que calèva gausar aquera aventura federatora e portaira de dinamisme collectiu. Qu’entenoi, en mei de hòrt de declaracions estrambordadas per l’idea, quauques votz qui disèvan que calèva meilèu non pas essajar de har ua grana manifestacion pr’amor que riscàvam de non pas estar nombrós… pr’amor n’èra pas aisit de federar, pr’amor non podèvam pas estar entenuts, pr’amor…non sabi pas qué mei !

Carcassona 2009 3

L’istòria que la coneishem. Qu’estom 10 000 a Carcassona en 2005 e puish au cap de quate manifestacions,      30 000 a Tolosa en 2012. Los mei dubitatius que s’èran carats e qu’èran vienguts dar la man au tribalh collectiu. Tant de bon !

Que seré l’occitanisme de uei non i avosse pas avut tot aquò ?

Donc òsca a’us qui an decidit de’ns convidar a ua manifestacion lo 24 d’octobre a Montpelhièr ! Que i serèi e que harèi tot çò que pòdi entà har viéner monde.

Òc, qu’ei la bona estrategia. Òc, qu’averí jo tanben rasons de trobar que tau o tau lòc seré mei plan adaptat, que tau o tau data seré mei plan causida. Qu’averí rasons de díser nhiu o nhau e de criticar. Que poderí…solide, mes que serí irresponsable. Que poderí jo tanben sortir arguments entà trobar qu’èra miélher abans e que desmpuish que non soi pas mei dens l’organizacion las causas non van pas autan de lis. Mes non ! Òsca ! Los qui apèran a manifestar qu’an hèit plan e que soi disponible entà dar la man. Urosament non i a pas arrés qui sian indispensables en lo noste combat ; mes que soi convençut qu’avem besonh tot lo monde pr’amor cadun de nosautes qu’ei utile.

Las manifestacions de 2005 dincà 2012 qu’estón ua maquina subèrbèra entà federar l’occitanisme. Que la cau tornar avitar.

La pròva qu’ac cau har : dempuish lo mes de març de 2012 n’avem pas avut lo parat de’ns tornar trobar. Que vòli díser tots los qui d’ua faiçon o d’ua auta son portaires de la promocion deus drets de la lenga occitana. Que harà lèu tres ans ! E que s’i passa ? Que comença de s’enténer a díser que tau o tau non hè pas çò qui cau, que tau aute n’a pas mei lo nhac ! Que s’enten a díser que tot va mau e qu’ei la fauta de l’un o de l’aute, qu’un aute enqüèra e vòu recuperar. Tots qu’èm portaires mei o mensh portaires de paraulas negativas. Que’ns hèm desesperar per la crisi e per tots los qui n’an pas d’aute objectiu que de ns’explicar que çò qui demandam n’ei pas legitime o n’ei pas d’actualitat. Que caleré d’abòrd resòlver d’abòrd tots los autes problèmas de la societat qui serén prioritaris ! Mes qui decideish las prioritats ?

Òc, que cau tornar federar a l’entorn de çò de màger ! E çò de màger qu’ei lo noste dret a har enténer la nosta votz legitima ! Òc que disi plan legitima ! Quitament se i a la crisi, quitament se i a dificultats economicas ! Quitament se i a ua pujada deu racisme e de l’intolerància qui miaçan la democracia. Qu’èm legitimes a manifestar pr’amor lo noste messatge qu’ei un element de solucion a aqueths problèmas.

Promòver la diversitat lingüistica qu’ei defénder la democracia, la convivéncia. Qu’ei tanben defénder lo dret a un desvolopament intelligent deus nostes territòris. Qu’ei respóner a’us qui vòlen har créder que defénder la Republica passa per l’uniformizacion mentre qu’ei lo contrari. Demandar drets tà l’occitan qu’ei defénder la laïcitat.

E puish la crisi economica que’ns tòca tanben. Occitans qui n’an pas tribalh, qui se’n veden entà víver, que’n coneishem tots. Òm pòt estar caumaire e defénder la soa lenga. Desirar trobar un tribalh e resòlver las dificultats de la vita quotidiana non significa pas que cau deishar de pensar e de reivindicar per d’autes drets fondamentaus ! Qu’èm ciutadans de la Republica e ciutadans de Euròpa, per çò qui va plan mes tanben per çò qui va mau. Alavetz non n’i a pas nat qui sia legitime tà causir en plaça nosta las prioritats e tà díser que non seré pas lo moment de manifestar pr’amor la nosta reivindicacion non seré pas prioritària!

Lo combat noste qu’ei legitime, utile per la democracia, utile entà trobar solucions per doman. N’ei pas la solucion a tot segur, mes qu’ei un combat qui no’s pòt pas dissociar deu combat en favor de la libertat e deus drets elementaris.

Que serèi a Montpelhièr lo 24 d’octobre pr’amor que sabi que cau federar. Qu’apèri tots los occitans democratas qui son sensibles a aqueth messatge, los qui creden au messatge portat per l’occitanisme, quau qui sia la lor origina, la lor apartenéncia politica, la lor apartenéncia associativa, las lors credenças, la lor sensibilitat, a’s federar entà que siam  40 000 a Montpelhièr, lo 24 d’octobre de 2015, dètz ans après Carcassona.

Lo messatge que serà utile, hòrt. Que serà ua reivindicacion clara per un estatut en favor de la lenga, per ua politica lingüistica publica. Que serà ua manifestacion virada tanben de cap a’us qui viven en Occitania entà’us díser qu’an la responsabilitat d’ua lenga e d’ua cultura qui non pòden pas estar enviadas a las escobilhas. pr’amor que son apèrs qui pòden ajudar a trobar solucions taus problèmas qui viu la nosta societat. Non son pas utís miraculós, mes que’ns permeten d’estar diferents e donc d’existir au ras deus autes, dab los autes pòbles d’Euròpa e deu Monde. Diferents e solidaris.

David Grosclaude

 

Une manifestation pour la langue occitane ! Bravo!

Je peux dire, sans trop risque de pécher par orgueil, que je ne fus pas pour rien dans la mise en place de la première manifestation « Anem Òc ! Per la lenga Occitana ! » en 2005 à Carcassonne.

La décision fut prise de faire cette manifestation et d’appeler les autres organisations à y participer lors de l’assemblée générale de l’IEO du mois de mai 2004, à Castres.

J’étais alors président de l’IEO. J’ai pu prendre la mesure des difficultés qu’il y avait à convaincre les occitanistes qu’il fallait oser cette aventure fédératrice et porteuse de dynamisme collectif.

J’eus l’occasion d’entendre, en plus de nombreuses déclarations enthousiastes, quelques voix qui disaient qu’il valait mieux ne pas essayer de faire une grande manifestation parce que nous risquions de ne pas être nombreux…parce que ce n’était pas facile de fédérer, parce que non ne pouvions pas être entendus, parce que …je ne sais plus quoi encore.

Carcassona 2009 5

L’histoire nous la connaissons. Nous étions        10 000 à Carcassonne en 2005 et puis au bout de quatre manifestations, 30 000 à Toulouse en 2012. Les plus perplexes s’étaient tus et étaient venus participer au travail collectif. Tant mieux !

Que serait l’occitanisme d’aujourd’hui s’il n’y avait pas eu tout cela ?

Donc, bravo à ceux qui ont décidé de nous inviter a une manifestation le 24 octobre à Montpellier. J’y serai ; je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour y faire venir le plus de monde possible.

Oui, c’est la bonne stratégie. Oui, j’aurais moi aussi la possibilité de trouver des raisons pour dire que ce serait mieux de manifester ailleurs, autrement, à une autre date…Je pourrais aussi trouver des raisons de critiquer et de dire que je ne viendrai pas. Je pourrais, certes, mais je serais irresponsable. Je pourrais aussi trouver des arguments pour dire que c’était mieux avant et que depuis que je ne suis plus dans l’organisation les choses vont moins bien. Mais non ! Bravo ! Ceux qui appellent à manifester ont bien fait et je ne peux que leur dire que je suis disponible pour donner un coup de main. Heureusement personne n’est indispensable dans ce combat qui est le nôtre ; mais je suis convaincu que tout le monde est utile.

Les manifestations de 2005 à 2012 furent la machine à fédérer l’occitanisme. Il faut la relancer. La preuve que c’est nécessaire : depuis le mois de mai 2012 nous n’avons pas eu l’occasion de nous retrouver ; je veux dire tous ceux qui d’une façon ou d’une autre sont porteurs de la promotion de la langue occitane. Bientôt trois ans ! Et que se passe t-il ? On commence à entendre dire que si les choses n’avancent pas c’est la faute à un tel ou que c’est parce que l’autre ne fait pas son travail, ou encore que celui-là veut récupérer, ou encore qu’un autre n’a pas su ou pas voulu…

Nous sommes tous plus ou loins porteurs de paroles négatives. Nous nous faisons désesperer par la crise et par ceux qui n’ont pas d’autre objectif que de nous expliquer que ce que nous demandons n’est pas légitime et n’est pas d’actualité. Il faudrait d’abord résoudre tous les autres problèmes de la société qui seraient prioritaires !? Mais qui décide des priorités ? Oui, il nous faut fédérer à nouveau autour de l’essentiel. Et ce qui est essentiel c’est de faire entendre notre voix qui est légitime.

Oui, je dis bien légitime ! Même si c’est la crise, même s’il y a des difficultés économiques ! Même s’il y a une montée du racisme et de l’intolérance qui menancent la démocratie. Nous sommes légitimes pour manifester parce que notre message est un élément de solution à ces problèmes.

Promouvoir la diversité linguistique c’est promouvoir la démocratie le vivre-ensemble. C’est aussi défendre le droit à un développement intelligent de nos territoires. C’est répondre à ceux qui veulent faire croire que la République passe par l’uniformisation alors que c’est le contraire. C’est défendre la laïcité que de demander des droits pour l’occitan.

Et puis la crise économique nous touche aussi. Des occitans qui n’ont pas de travail, qui ont du mal à vivre, nous en connaissons tous. On peut être chômeur et défendre sa langue. Désirer trouver un travail et résoudre les difficultés de la vie quotidienne, cela ne signifie pas qu’il faut cesser de penser et de revendiquer pour d’autres droits fondamentaux.

Nous sommes citoyens de la République, citoyens de l’Europe, pour ce qui va bien et pour ce qui va mal. Alors il n’y a personne qui soit légitime pour choisir à notre place les priorités et pour dire que ce ne serait pas le moment de manifester parce que notre revendication ne serait pas dans les urgences !

Le combat qui est le nôtre est légitime, utile à la démocratie, utile afin de trouver des solutions pour demain. Ce n’est pas la solution à tout, bien sûr, mais c’est un combat qui ne peut se dissocier du combat en faveur de la liberté et des droits élémentaires.

Je serai à Montpellier le 24 octobre parce que je sais qu’il faut fédérer. Et j’appelle tous les occitans démocrates qui sont sensibles à ce message, ceux qui croient au message porté par l’occitanisme, quelle que soit leur origine, leur appartenance politique, leur appartenance associative, leur sensibilité, leurs croyances, à se fédérer pour que nous soyons 40 000 à Montpellier le 24 octobre 2015, dix ans après Carcassonne.

Le message sera utile, légitime, fort. Ce sera une revendication claire pour un statut en faveur de la langue, pour une politique linguistique publique. Ce sera une manifestation en direction des habitants d’Occitanie pour leur dire qu’ils ont la responsabilité d’une langue et d’une culture qui ne peuvent être envoyées à la poubelle, parce que ce sont des outils qui peuvent aider à trouver des solutions aux problèmes que connait notre société. Ce ne sont pas des outils miracle, mais ce sont des outils qui permettent d’être différents, donc d’exister à côté des autres, avec les autres peuples d’Europe et du Monde. Différents et solidaires.

David Grosclaude