A propos de la remise en cause des projets de LGV en Aquitaine et ailleurs

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Les informations qui nous parviennent sur les projets de Lignes à Très Grande Vitesse montrent que, de toutes parts, les inquiétudes financières sont très importantes. Les rapports commandés à diverses personnalités sur le sujet du ferroviaire comme les conclusions de la commission Mobilité 21, semblent nous mener vers un abandon de certains projets dont celui qui prévoit une ligne à très grande vitesse au sud de Bordeaux et peut être celle qui relierait Toulouse à Bordeaux.

D’autres projets en PACA ou la Lyon-Turin pourraient aussi faire les frais de la crise.

Ce 24 juin, lors de la séance plenière du Conseil Régional d’Aquitaine une motion était présentée visant à demander au gouvernement de ne pas suivre les recommandations qui pourraient être celles de la commission Mobilité 21. Elles ne sont pas connues mais des fuites dans la presse disent que le sort de la LGV Bordeaux-Hendaye serait scellé et qu’ elle ne pourrait pas être lancée avant 2030. Quant à la Bordeaux-Toulouse rien n’est sûr mais la commission la placerait comme réalisable avant 2030…à condition de trouver des financements.

Compte tenu de ces informations il semble urgent de se mobiliser sur l’objectif de la rénovation des voies classiques afin qu’elles puissent accueillir la Grande Vitesse ( au sens de l’Union International des Chemins de fer ) c’est à dire des trains roulant entre 200 et 240 km/h.

C’est cette position que j’ai exprimée au nom du groupe EELV du Conseil Régional d’Aquitaine qui a voté contre la motion visant à demander au gouvernement de maintenir le projet GPSO et de ne pas suivre les recommandations des divers rapports qui alertent sur l’énormité globale du coût des projets de LGV programmés.

 

« Mes chers collègues

Nous voulons des trains plus rapides et plus modernes pour l’Aquitaine.

Nous voulons la grande vitesse pour les trains aquitains.



Nul ne peut se réjouir du fait que la crise et la rareté de l’argent public vienne arbitrer les 
débats sur la modernisation du réseau ferroviaire. 

Les décisions qui s’annoncent en matière d’investissement ferroviaire ne doivent pas nous faire 
oublier que l’objectif qui nous est commun est que l’Aquitaine bénéficie dans les plus brefs 
délais d’un réseau ferroviaire qui répondra aux besoins présents et futurs de la population et 
aux besoins d’un développement équilibré des territoires.



Partons de ce qui existe et de ce qui est en cours de réalisation. La ligne à très grande vitesse de 
Paris à Bordeaux sera achevée d’ici quatre ans.

Il restera à faire en sorte que le réseau ferré aquitain permette de relier Bordeaux aux autres villes 
d’Aquitaine dans les meilleures conditions. Ce ne sera peut-être pas à 300 km/h mais ce peut 
et doit être au moins entre 200 et 240 km/H.



Cet objectif est tout à fait réaliste et il correspond aux recommandations des deux rapports 
publiés récemment (Auxiette et Bianco). Il semble que ce soit aussi une des 
recommandations de la commission Mobilité 21.



La Région Aquitaine fait de gros efforts en matière d’amélioration du réseau et du matériel. Elle 

répond en cela à la demande grandissante des habitants de notre région.

La mise à la norme « grande vitesse » pour les lignes classiques qui relient Bordeaux à Pau, 
Hendaye et Toulouse est possible techniquement. Pour l’UIC, ( Union Internationale des chemins de fer) l’expression « grande vitesse » appliquée au ferroviaire concerne toutes les installations et matériels permettant de dépasser 220 km/h. La confusion est souvent faite entre la Grande Vitesse et les lignes réservées à des trains roulant à Très Grande Vitesse c’est à dire dépassant les 250 Km/h.

La grande vitesse telle qu’elle est entendue par l’UIC, est une réponse adaptée à la situation 

financière qui nous est imposée par la crise. C’est le choix qui est fait dans bon nombre de 

pays européens.

Ce choix d’améliorer les lignes existantes est compatible avec les problèmes énergétiques et 

environnementaux auxquels nous sommes confrontés, et il est désormais urgent.



Cela nous permettra de réduire considérablement le temps de parcours entre Bordeaux et les 

principales villes d’Aquitaine et de développer en même temps un service de trains du quotidien 

de qualité.



Nous n’oublions pas les lignes dites secondaires qui doivent aussi profiter d’améliorations. 
La ligne Bayonne-Pau-Toulouse fait aussi partie de nos préoccupations, comme la ligne 
internationale Pau-Canfranc pour laquelle la Région Aquitaine a déjà pris toutes ses 
responsabilités afin qu’elle soit réhabilitée. 




Soucieux du développement du rail, nous redisons qu’il est possible d’améliorer le confort des 
trains, de réduire les temps de parcours, de développer l’offre tout en tenant compte des 
contraintes budgétaires et écologiques. » 



 

 

Pour information un extrait du rapport Auxiette sur le ferroviaire

« La dette du gestionnaire d’infrastructures, de 31,5 Mds€ au 31 décembre 2012, pourrait atteindre 60 Mds€ en 2022. Cette dérive financière est le résultat conjugué de la décision de réaliser simultanément 4 nouvelles lignes à grande vitesse, avec un financement impliquant une hausse importante de l’endettement, et du manque de financement dédié à l’effort de renouvellement du réseau amorcé suite à l’audit du Professeur Rivier.

Le projet de SNIT élaboré en 2011, qui fixe les orientations de l’Etat à l’horizon 2030 en matière de développement, de modernisation et d’entretien des réseaux de transport, constitue la meilleure expression d’une certaine culture de l’irresponsabilité : cette liste pléthorique et non hiérarchisée de projets, dont le coût prévisionnel est évalué à 245 Mds€, est infinançable en l’état. Il comprend des investissements ferroviaires pour 174 Mds€, dont 107 Mds€ de développement, illustration de la prépondérance donnée depuis 30 ans aux lignes nouvelles au détriment de la modernisation, voire du simple maintien en l’état des infrastructures existantes.
En effet, l’audit Rivier en 2005 a permis de mettre en exergue l’insuffisance des ressources consacrées à l’entretien et au renouvellement lors des 30 dernières années, menaçant ainsi la pérennité du coeur de réseau. Le dernier audit réalisé en 2012, s’il montre que des progrès significatifs ont été accomplis, pointe encore une insuffisance de renouvellement.
Or, le contexte budgétaire actuel impose de faire des choix clairs : développement tous azimuts du train à grande vitesse, vitrine du ferroviaire français, ou transports du quotidien ? Qualité et pérennité du service pour les 900 000 voyageurs quotidiens de TER et les 3 millions d’usagers de Transilien, ou construction de lignes nouvelles sur l’ensemble du territoire, dont la part d’autofinancement devient de plus en plus faible? Ces choix devront se traduire par des arbitrages courageux en matière de nouveaux projets, mais aussi en matière de fonctionnement de l’existant. Alors que la Deutsche Bahn a décidé de baisser la vitesse de ses ICE à 250 km/h afin d’économiser sur les coûts de maintenance des voies et d’énergie de traction sans que cela semble engendrer de baisse significative du trafic, il est souhaitable que nous sortions de la logique du « toujours plus vite ». Il est indispensable de poser la question des temps de parcours et du niveau de service attendus par les voyageurs et de s’autoriser tant à examiner les investissements indispensables pour rendre les temps de parcours ferroviaires attractifs sur certaines lignes, – en particulier sur le réseau classique -, que les réductions de vitesse qui permettraient de diminuer certains coûts de maintenance ou de renforcer la ponctualité de l’ensemble des circulations sur d’autres lignes »

 

 

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Soutenons les écoles qui enseignent dans nos langues

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Il faut changer la loi sur l’aide aux écoles associatives

 

Les écoles basques de la fédération Seaska appellent à une manifestation ce samedi 22 juin pour protester contre la décision du sous préfet de Bayonne annoncée à propos de l’ikastola d’Hendaye.

Je ne pourrai malheureusement pas être présent à cette manifestation pour apporter tout mon soutien à Seaska comme je l’avais fait lors d’une première manifestation il y a quelques mois. Mais je m’associe aux demandes de Seaska et de tous ceux qui défendent les écoles associatives qui enseignent dans une des langues dites régionales. Je m’inquiète aussi des conséquences que tout cela pourrait avoir pour les écoles Calandreta.

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La première manifestation à Hendaye en fevrier 2013 (Photos CLB)

 

En effet, le représentant de l’État dans le département des Pyrénées Atlantiques, saisi par deux élus, vient de déclarer que la délibération de la commune d’Hendaye relative à la construction de locaux nouveaux pour l’ikastola (école en langue basque) n’était pas conforme à la loi.

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Les calandretas du Béarn étaient présentes à Hendaye en février

 

C’est la loi Falloux qui est évoquée parce qu’elle interdit d’aider pour des investissements les écoles privées. La loi est archaïque. Il faut la changer. La demande des écoles associatives qui enseignent en basque en occitan ou en breton n’est peut-être pas conforme à une loi archaïque mais elle est légitime.

Les écoles associatives et laïques, qui enseignent en occitan ou dans une autre langue dite régionale, ne sont pas des écoles confessionnelles privées. Elles sont laïques, respectent les programmes et forment des enfants bilingues dans le respect des grands principes de la République.

L’affaire d’Hendaye vient après d’autres qui concernent aussi bien les Calandretas ( écoles en occitan) que les écoles Diwan ( écoles en langue bretonne). D’autres affaires suivront si une solution légale n’est pas trouvée.

Chacun sait que depuis des années ces écoles jouent un rôle de service public. Elles enseignent dans des langues qui sont « un patrimoine de la France » comme le dit la constitution et elles participent à leur transmission. Elles forment des locuteurs de ces langues et sans elles l’Éducation nationale n’aurait jamais mis en place des écoles bilingues. Elles ont innové et pris en charge une responsabilité collective qui est celle de sauver des langues en danger.

Il faut que la loi permette aux collectivités qui le souhaitent de mettre à disposition des locaux pour les écoles, collèges et lycées qui enseignent dans une des langues dites régionales.

Une loi doit autoriser la mise à disposition de locaux pour ces écoles. Rappelons qu’elles ne cherchent pas a être propriétaires des locaux mais simplement à les utiliser en vue de scolariser des enfants.

Il faut réformer la loi car celle-ci nie une réalité et une demande sociale. Des milliers de familles, attachées aux principes de la laïcité scolarisent leurs enfants dans ces établissements scolaires. La loi n’est plus adaptée. Il faut la réformer.

 

Non podem pas contunhar atau de víver dab ua concepcion desaviada de la laïcitat. Ensenhar en occitan, en basco o en breton qu’ei un servici public. E tà un servici public que cau dar los mejans de víver.

Quant de temps e contunharam de jogar a aqueth jòc qui consisteish a arrefusar de véder que las collectivitats ajudan aqueras escòlas a maugrat la lei.

Que i a monde entà voler escanar las escòlas immersivas, qu’ac sabem. Mes que van a contra- istòria. En escríver dens la lei que l’enenhament e podèva estar bilingüe, los senators e los deputats qu’an començat de pausar lo problèma. Adara que cau anar dinc au cap e dar los mejans legaus de víver à las escòlas associativas qui hèn un tribalh que d’autes non vòlen pas tostemps har.

Esssajar d’estofar las iniciativas ciutadanas qu’ei estofar la democracia.

La societat nosta que crèba de la manca d’engatjament e d’inovacion. Que cau deishar de descoratjar los qui son militants de la causa publica. Que’us cau ajudar. Qu’ei lo sens deu men sostien a aqueras escòlas.

David Grosclaude

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Avec Paxkal Indo, le président de Seaska, à Hendaye en février dernier

 

Ua lei importanta per las lengas/une loi importante pour les langues

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Un vote historique pour les langues régionales

En votant la loi sus la refondation de l’école les députés ont adopté un texte qui légalise enfin l’enseignement bilingue et qui fait entrer dans la loi les langues régionales de façon claire. C’est une victoire collective. Il aura en effet fallu la pression du monde associatif, d’élus locaux et régionaux, de députés et de sénateurs (les trois sénateurs des P.A et plusieurs députés d’Aquitaine se sont engagés) pour faire comprendre au ministre de l’Éducation que la loi ne pouvait pas ignorer ces langues.

Le ministre dit aujourd’hui qu’il se félicite de ce texte et de cet article 27 bis. Tant mieux.

Il va falloir maintenant que ce texte permette un vrai développement des écoles bilingues, associatives ( Calandreta, ikastolas) ou de l’Éducation nationale.

La loi est claire et les parents pourront demander qu’elle s’applique.

Le dialogue que les collectivités ont avec les autorités académiques n’en sera que meilleur et plus fructueux puisqu’il s’appuiera sur une vraie base légale.

Chaque année en Région Aquitaine 5 à 6 sites bilingues sont ouverts pour l’occitan grâce au travail commun des collectivités ( départements et Région) et de l’Éducation Nationale. Il en faut plus demain pour répondre à la demande et il faut plus de maitres formés.

Tout ne se fera pas en quelques semaines ou quelques mois mais il y a aujourd’hui des possibilités nouvelles ; parce que dans une République c’est la loi qui dit le droit.

Un droit pour les langues a été conquis. C’est un pas. Il reste d’autres droits à conquérir. Gageons que ce gouvernement aura a coeur d’aller jusqu’au bout qu’il travaillera à une loi sur les autres domaines où les langues doivent trouver leur place.

je m’impliquerai dans ce combat comme j’ai modestement participé à cette avancée concernant l’école.

David Grosclaude

Ua lei istorica

Los deputats qu’an adoptat uei la lei sus la refondacion de l’escòla. En aquesta lei, peu prumèr còp desempuish 1951, quan estó votada la lei Deixonne, que trobam ua avançada en favor de las lengas ditas regionaus.

L’article 27 bis de la lei que reconeish l’ensenhament de las lengas regionaus e tanben l’ensenhament bilingüe. Qu’ei la legalizacion d’un sistèma qui ei estat desvolopat pauc a pauc desempuish un trentenat d’annadas per las escòlas associativas Calandreta e en seguida per l’Educacion Nacionau.

La reconeishença dens la lei de la possibilitat d’un ensenhament bilingüe que va perméter d’avançar mei rapidament dens lo desvolopament de l’auhèrta d’aquera fòrma d’ensenhament.

Lo partenariat qui s’ei hicat en plaça enter los rectorats, las regions e uns departaments a aqueth nivèu que’n sortirà ahortit.

Que’s cau felicitar deu tribalh hèit per senators e deputats de totas las regions pertocadas e de partits diferents entà har compréner au govèrn que calèva integrar aquera question en la lei.

Que cau saludar lo tribalh deus parlamentaris occitans ( deputats e senators) qui se son implicats en lo debat e qui l’an hèit víver.

Lo Partit Occitan que vòu tanben marcar lo ròtle important qu’a jogat lo deputat Paul Molac, deputat de Regions e Pòbles solidaris, estacat au grop EELV.

Tot n’ei pas reglat de segur. Que demoran hòrt de causas a har entà aver ua vertadèra politica lingüistica publica en favor de las lengas ditas regionaus. Mes un tabó qu’ei cadut e un pas qu’ei estat hèit.

Monde associatiu, elegits locaus e parlamentaris qui’s senteishen pertocats qu’auràn enqüèra de’s mobilizar per d’autas iniciativas pertocant la preséncia de las lengas aus mèdias e en la vita publica.

Ua collectivitat pròpia au País Basco /Une collectivité propre au Pays Basque

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Qu’èri present a la manifestacion en favor de la collectivitat territoriau pròpia au País Basco. En conformitat dab las posicions deu Partit Occitan e de la federacion RPS qu’ei logic de sostiéner ua reivindicacion qui ei portada per la màger part deus elegits bascos e per la majoritat de la populacion basca.
La descentralizacion n’ei pas pro audaciosa. Lo centralisme que ns’ahoneish enqüèra mei en pregondor dens la crisi.
Qu’èran milierats de personas aqueste dissabte vrèspe per la carrèras de Baiona.
Qu’ei desesperant d’enténer lo ministre de l’Interior a díser que n’ei pas question d’anar de cap a la creacion d’aquera collectivitat. Mes que calerà plan que lo govèrn comprenga que se’n va temps d’aviar ua vertadèra descentralizacion.

Lo comunicat de premsa /Le communiqué de presse

David Grosclaude
Conseiller régional
Partit Occitan
Membre du Groupe EELV

Une collectivité propre au Pays Basque et un État décentralisé

Conformément à la position que j’ai toujours défendue je suis favorable à la création de la création d’une collectivité
propre au Pays Basque. Je ne peux que soutenir la manifestation qui se déroulera ce samedi à Bayonne.
A partir du moment  où cela correspond  à une demande exprimée par la population basque et par de très nombreux élus
il ne serait pas compréhensible que le gouvernement ne prenne pas en compte cette demande.
La modernisation de notre pays passe par la mise en place de collectivités disposant de plus de pouvoirs e de plus de capacité
d’initiative.
Que ce soit sur le plan économique, écologique, social, linguistique et culturel on ne peut tout attendre de l’État.
La modernisation de celui-ci passe par une vraie décentralisation.
Le centralisme dont souffre notre pays est, de mon point de vue, un facteur aggravant de la crise.
Le Béarn ne sera pas orphelin s’il existe une collectivité propre au Pays Basque mais ce sera sans doute une
opportunité pour les Béarnais de se retrouver face à leur destin et une bonne occasion de mettre en place un projet
commun.

Samedi à Bayonne avec des élus de tous bords pour une collectivité propre au Pays Basque (Photo CLB)
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Langues régionales : le Sénat fait un pas positif qu’il faut confirmer

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Le Sénat vient de faire un pas très positif en votant hier soir un article sur les langues régionales dans la loi de refondation de l’école.

Cet article permet enfin la reconnaissance par la loi de l’enseignement des langues, et dans les langues, puisqu’il consacre l’existence du droit à l’enseignement bilingue français-langue régionale.

Cet enseignement existe déjà dans l’Education nationale et dans les écoles associatives laïques.

Cependant, la reconnaissance par la loi permettra de consolider ces filières et de les développer.

Il s’agit d’une victoire collective du monde associatif, des élus des collectivités et de nombreux parlementaires qui ont fait comprendre au ministre de l’Éducation qu’il existait une vraie demande sociale en ce domaine.

Si la loi est votée en ces termes par les sénateurs et ensuite par les députés en deuxième lecture, ce sera une avancée, comparée à la loi Deixonne de 1951. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Il reste cependant d’autres combats à mener afin de hisser la France à la hauteur des autres démocraties qui savent protéger et développer la diversité linguistique.

Il s’agit particulièrement de faire en sorte que la future loi sur les collectivités précise clairement ce que sera la place de l’État et des collectivités dans une future politique publique en faveur des langues régionales. Notre souhait, concernant l’occitan, penche vers une politique menée de façon coordonnée par l’ensemble des régions qui ont la langue occitane en partage.

Il reste donc encore du travail au législateur mais gageons que ce qui s’est passé au Sénat sera le commencement d’une époque nouvelle pour la diversité linguistique sur le territoire de la République.

Les attentes sont d’autant plus grandes que la ratification de la Charte européenne a été abandonnée. Certes la Charte n’est pas tout et elle a en premier lieu une valeur hautement symbolique.

Afin de montrer que le président de la République n’a pas renoncé à ses promesses nous espérons qu’il aidera à la mise en place d’une législation complète.  Nous attendons du premier ministre qu’il prenne une initiative audacieuse afin de régler la question des langues régionales dans la vie publique et dans les médias qui sont avec l’école les deux piliers d’une politique linguistique publique.

 

 

Nous voulons plus de postes au CAPES de langues régionales

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Le ministre de l’Éducation s’était engagé à mettre plus de postes aux concours pour les langues régionales. Malheureusement la publication du nombre de postes pour l’an prochain ne correspond pas à cette promesse.

La Commission langues Régionales de l’ARF a demandé au président Alain Rousset , président de l’Association des Régions de France d’écrire à Vincent Peillon : Voici sa lettre .Image

Enseigner en anglais à l’université : Retour de bâton

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Voilà un beau débat ! Faut il enseigner en anglais dans les universités pour attirer les étudiants étrangers ? La question est un peu simpliste parce qu’il en faut certainement plus pour être attrayant pour les étudiants ; mais enfin admettons que ce soit un moyen d’en faire venir plus, quel est le problème ?

Ce pays, la France, a un problème avec les langues. Elle les enseigne mal quand elles sont étrangères et très mal quand elles sont sur son territoire depuis des siècles. Ne serait-ce pas dû au fait que l’on nous a expliqué que le français était LA langue de la philosophie, LA langue de la liberté, LA langue par excellence ? Donc la plus grande. Certainement un peu.

Aujourd’hui il y a ceux qui pensent que l’anglais est indispensable parce que ce serait la langue des affaires, de l’économie etc…

Ils ont en partie raison…pour le moment. Mais demain ? L’espagnol est en train de gagner du terrain un peu partout et d’autres évoquent le chinois comme langue d’avenir. Et d’ailleurs « langue d’avenir» est une expression qui, quand on y réfléchit, ne veut rien dire.

Pourtant la question n’est pas de savoir qui va gagner et quelle langue prendra le pas sur l’autre. La question est de savoir comment garder la capacité à apprendre d’autres langues, à apprendre à les parler ou à simplement les comprendre. Et pour cela, tous les spécialistes ( psycholinguistes et linguistes ) sont d’accord ; rien de mieux que d’apprendre très tôt plusieurs langues.

Le mal dont nous souffrons en France est de croire que d’apprendre tôt une deuxième langue fait oublier la première ou crée des mélanges. Et pourtant c’est le contraire.

D’où l’importance de mettre en place une législation en faveur des langues qui sont menacées de disparition ; comme le sont l’occitan, le basque , le corse, le breton… D’un strict point de vue utilitaire ( puisque c’est l’argument un peu simpliste donné pour l’anglais) la disparition des langues est une catastrophe.

Mais la France a du mal à comprendre le multilinguisme parce qu’elle ne sait pas le défendre chez elle. Elle l’a même combattu, durement.

Le fait de donner des cours en anglais dans les universités ne réglera rien, mais cette affaire aura peut-être la vertu de faire comprendre que le français est mis en danger par des arguments qui lui ont servi à empêcher l’expression d’autres langues. Retour de bâton ? Peut-être mais personne ne peut s’en réjouir. Toutes les langues sont égales en valeur et en dignité ; je dis bien toutes. Toutes sont utiles à la diversité de la pensée et des idées ; je dis bien toutes. A oublier ce principe on laisse s’organiser la destruction de la diversité linguistique dont personne ne tirera profit, pas plus les anglophones que le reste de l’humanité.

Ce monde unilingue dont certains croient qu’il serait celui de l’entente générale est un leurre. Il sera suivi d’une phase qui sera le gommage de la diversité de la pensée par la disparition progressive des concepts contenus dans les quelques mots qui nous resteront. Il ne restera plus que les mots utiles au quotidien. Rien ne dit que Liberté, Libertat, Freedom,Libertad ….seront dans la liste finale pas plus que Penser, Créer, Imaginer...

Il nous restera à méditer sur les vers du poète espagnol Rafael Alberti voyant la haine et les armes remplacer les mots :

« cuando desde el abismo de su idioma quisiera
gritar lo que no puede por imposible, y calla.
Siento esta noche heridas de muerte las palabras »

« Quand de l’abîme de sa langue il voudrait

crier ce qui est impossible, il se tait.

Je les sens cette nuit, bléssés à mort, les mots »

C’est un poète comme Alberti, et avec quelques autres auteurs qui ont écrit sur le sujet, que je me suis renforcé dans mes convictions occitanistes. Je ne défends pas l’occitan parce que ce serait la plus belle langue mais parce que je sais qu’il faudra à l’Humanité les mots de l’occitan et ceux des autres milliers de langues pour ne pas sombrer dans le monde où les mots qui nous donnent la liberté de penser seront blessés à mort.

David Grosclaude